Le Bon Gros Géant- Roald Dahl

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Auteur : Roald Dahl

Edition : France Loisirs

Genre : Jeunesse

Langue originale : Anglais

Date de parution : 1984

Nombre de pages : 228

ISBN : 978-2-298-11442-3

Résumé

«Sophie ne rêve pas, cette nuit-là, quand elle aperçoit de la fenêtre de l’orphelinat une silhouette immense vêtue d’une longue cape et munie d’une curieuse trompette. Une main énorme s’approche… et la saisit. Et Sophie est emmenée au pays des géants. Terrifiée, elle se demande de quelle façon elle va être dévorée. Mais la petite fille est tombée entre les mains d’un géant peu ordinaire : c’est le BGG, le Bon Gros Géant, qui se nourrit de légumes, et souffle des rêves dans les chambres des enfants.»

L’avis de la Papote

Roald Dahl est l’un de ces rares auteurs qui me vend du rêve rien qu’au titre de ses livres. Chaque année, en automne/hiver, j’en ai fait une petite tradition : je lis un nouveau Dahl. L’an passé, j’avais découvert « Charlie et la chocolaterie ». Cette fois-ci, j’ai voulu me plonger dans « Le Bon Gros Géant », avant de filer voir l’adaptation cinématographique récente.

Sophie est une petite orpheline qui, un soir, se fait enlever par un géant. Personne ne peut voir les géants, au risque de voir une chasse aux monstres se déployer dans tout le pays et ça, aucun géant ne le permettrait. Par chance, Sophie a été kidnappée par le Bon Gros Géant, un géant pas comme les autres puisqu’il ne dévore pas les hommes! Ce qui n’est généralement pas le cas, comme le découvrira Sophie assez vite…

« Sous la clarté d’argent de la pleine lune, la rue du village qu’elle connaissait si bien avait un aspect tout différent. On aurait dit que les maisons s’étaient penchées; elles avaient l’air toutes tordues et semblaient sortir d’un conte de fées. Tout était pâle et fantomatique, d’une blancheur de lait. Sophie aperçut en face la boutique de Mme Rance, où l’on pouvait acheter des boutons, de la laine et des élastiques. Elle paraissait irréelle, baignée elle aussi de cette même pâleur brumeuse. Sophie laissa errer son regard un peu plus loin dans la rue, puis de plus en plus loin. Et soudain, elle se figea. Quelque chose remontait la rue, sur le trottoir opposé. Quelque chose de tout noir, de tout noir et de tout grand, de tout noir, de tout grand et de tout mince. » (p.11)

Je suis tombée folle amoureuse de l’ambiance très Dickens de l’ouvrage. On est en Angleterre, dans un village aux maisons tordues, avec une petite fille défavorisée et orpheline, et une histoire qui, sans vous spoiler outre mesure, se finit comme un conte de fées. Sophie est un personnage très attachant, sans parler du BGG qui est tout à fait remarquable! N’étant jamais allé à l’école, il possède un langage bien à lui, et les jeux de mots sont hilarants!

« – Mais si vous ne mangez pas des gens comme les autres géants, de quoi vous nourrissez-vous donc? demanda Sophie.

   –  C’est un problème bigrement difficultueux dans la région, répondit le BGG. Dans ce pays miteux et cala-minable, les bonnes mangeailles comme les ananas ou les six trouilles ne poussent pas. Et d’ailleurs, rien ne pousse ici, sauf une espèce de légume tout à fait nauséabeurk. On l’appelle le schnockombre. » (p.53)

Une seule chose a légèrement dérangé ma lecture : certains passages sont en fait des rédactions écrites de la main du BGG. Ces extraits sont, comme on pourrait l’attendre, bourrés de fautes d’orthographe. Avec mes lunettes de logopède, cela me paraît difficilement concevable de faire lire ce livre à des enfants… Les exposer délibérément à des erreurs orthographiques, très peu pour moi… Peut-être avec des enfants déjà plus âgés, qui pourront faire la part des choses, et encore…

Cela étant dit, on retrouve tous les ingrédients qui ont fait le succès de « Charlie et la chocolaterie ». Une histoire qui met l’accent sur l’imagination et la foi inébranlable des enfants en la magie présente dans ce monde, ce que ça fait du bien de lire une histoire comme celle-ci en cette période de fin d’année!

Le Bon Gros Géant est une histoire pleine de douceur, de bon sens et de scènes farfelues et hilarantes. Une bonne dose de magie, un zeste d’humour et une pointe de Dickens, et vous obtiendrez un merveilleux cocktail littéraire pour les plus petits et les plus grands. Un vrai régal ! 

Notation : ♥♥♥♥

Cold Winter Challenge 2016

Le mois de décembre arrive à grands pas, et cette année, j’ai bien envie de me lancer dans le Cold Winter Challenge. Vous ne connaissez pas ? Laissez-moi vous présenter cet événement tant attendu par les Bookaddict de la blogo et de Booktube !

Cette année, le Cold Winter Challenge fête ses 5 ans, et c’est Margaud Liseuse et Moody qui gèrent l’événement. Voici la description que vous pourrez trouver sur le blog de Margaud :

Chaque année depuis 2012, le challenge est là pour vous accompagner durant les mois les plus froids de l’année. On se réserve une petite pile à lire spéciale hiver et on pioche dedans sur toute la durée du challenge. L’avantage, c’est qu’on y met le nombre de livres que l’on souhaite, en lien avec la saison froide, les fêtes, ou pas du tout. Le but c’est de se faire plaisir, de se donner un petit challenge personnel, et de se dépasser si on en a envie. 

Les inscriptions se font sur le groupe Facebook. Et si vous n’avez pas Facebook, vous pouvez bien sûr participer tout de même, sans vous inscrire. Si vous êtes actif sur les autres réseaux sociaux, n’hésitez pas à parler du challenge avec le #ColdWinterChallenge. Et pour les dates, on fait chauffer les plaids à partir du 1er décembre 2016 jusqu’au 31 janvier 2017. On hiberne quoi en gros. 

C’est les fêtes! Et qui dit fête, dit menu de fête. Alors cette année on prévoit light (les chocolats sur le sapin ont déjà commencé à disparaître, je vous vois), et je vous propose deux petits menus, très simples à tenir. Il vous suffit de choisir l’un des deux, ou les deux. Le challenge est donc relevé une fois les lectures du menu terminées. Et totalement relevé quand vous aurez lu tous les livres que vous vous étiez imposés dans votre pile.
  • Montagne enneigée : lire 2 livres dont la thématique principale est le froid, la neige ou l’hiver.
  • La magie de Noël : lire 2 livres se déroulant durant la période des fêtes de fin d’année.

Voili Voilou. Sympa comme concept hein ? Maintenant que vous êtes familiarisés avec le fonctionnement du challenge, voici les livres que j’ai décidé d’intégrer à ma pile à lire spéciale Cold Winter. J’ai privilégié le menu Montagne enneigée, puisque je n’ai pas vraiment d’ouvrages dont l’intrigue se déroule à Noël dans ma bibliothèque.

Flocons d’amour ° J. Green – M. Johnson – L. Myracle ° Editions France Loisirs

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« Un noël très enneigé, un train immobilisé par la tempête, et une « Maison de la gaufre » comme unique refuge… Entre rencontres amicales et amoureuses, rires et larmes, des adolescents découvrent et dévoilent leurs sentiments. »

Bon, on est d’accord, celui-ci pourrait convenir pour les deux menus finalement. Mais c’est bien le seul … Il s’agit d’un petit recueil de trois nouvelles, que j’avais précieusement gardé pour pouvoir le lire pendant les fêtes ! Je l’avais acheté principalement parce que la couverture est juste à tomber et que John Green est l’un des auteurs. Hâte de relire sa jolie plume !

 La Passe-Miroir Tome 1 : Les fiancés de l’hiver ° C. Dabos ° Gallimard

couv52429656« Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l’Arche d’Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. À quelle fin a-t-elle été choisie ? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d’un complot mortel. »

Je vais enfin me plonger dans le premier tome de cette saga que tout le monde a lu et adoré ! Impatience impatience !

 Le flibustier du froid ° L. Rosmorduc ° Editions du Riez

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« L’arrivée d’un grand trois-mâts dans la cité portuaire de Trède va bousculer la vie de ses habitants, et notamment celle de Thibault. De caches secrètes en message codé, le jeune garçon va retrouver la piste d’un lointain pirate. Aux côtés d’Alastar, il va vivre la plus grande aventure de sa vie. La plus dangereuse aussi.
Au milieu d’une mer en furie, sillonnant entre icebergs et banquise, les deux héros se lancent dans une étourdissante chasse au trésor. Mais sont-ils les chasseurs ou les chassés ? »

Je vous en avais parlé il y a peu de temps dans un article entièrement consacré aux Editions du Riez. Le moment est venu de me plonger dans cette aventure du Grand Nord !

Personnellement, c’est la première fois que j’y participe et je trépigne d’impatience à l’idée de me plonger dans ma petite sélection hivernale ! Et vous, vous comptez y participer ? Quels sont les livres que vous avez sélectionnés ?

13 à table 2016 – Collectif

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Auteurs : Collectif

Edition : Pocket

Genre : Nouvelles

Langue originale : Français

Date de parution : 2015

Nombre de pages : 284

ISBN : 978-2-266-26373-3

 

Résumé

«Les plus grands auteurs de la littérature contemporaine ont pris cette année encore leur plus belle plume pour vous concocter un délicieux recueil de nouvelles autour d’un thème : frère et soeur. Ceux qui s’aiment, ceux qui se détestent … Souvenirs d’enfance, vie commune, haine larvée ou avouée, à chacun sa recette. Douze fratries à découvrir sans modération.»

L’avis de la Papote

Je me souviens très bien du jour où j’ai fait l’acquisition de ce recueil de nouvelles. Je venais de terminer « Le sixième sommeil » de Bernard Werber, et j’étais tombée sous le charme de la plume de cet auteur. Son nom, tout en bas de la couverture, avait attiré mon attention et puisque je voulais en apprendre davantage sur le style de Bernard, je n’ai pas hésité une seconde. De plus, pour 5€, je faisais une bonne action et je découvrais par la même occasion d’autres auteurs très connus mais dont je n’avais pas lu une seule ligne, comme Romain Puértolas ou encore Maxime Chattam .

A l’occasion de la sortie du nouveau « 13 à table 2017 », je me suis décidée à lire celui de 2016. Il faut dire que ça tombait à pic : Bébé papote devait bientôt faire son entrée en scène, et je ne voulais pas commencer de roman tant qu’elle n’était pas née. Quoi de mieux qu’un recueil de nouvelles pour arrêter la lecture à n’importe quel moment sans perdre le fil de l’histoire?

Treize auteurs ont donc participé à cet ouvrage, en proposant une nouvelle autour du thème de la fratrie. J’étais terriblement curieuse de découvrir certaines d’entre elles, et je dois dire que j’ai été agréablement surprise par la qualité du contenu de ce petit recueil. Je ne vais pas vous faire un résumé détaillé de chacune des nouvelles, je préfère vous laisser le loisir de découvrir de quoi il en retourne lors de votre lecture. Je peux toutefois vous mettre l’eau à la bouche en vous donnant mon avis bref et concis.

Personnellement, j’ai complètement adhéré aux histoires proposées par Maxime Chattam et Romain Puértolas. Quelles merveilles ! Maxime Chattam reste fidèle à son titre de maître du thriller français en racontant une nouvelle glauque basée sur une enquête et écrite avec un style très abordable. Romain Puértolas, quant à lui, mise sur une intrigue loufoque et pleine d’humour. Sa plume est tellement originale, un vrai régal ! D’autre part, j’ai trouvé la nouvelle de Françoise Bourdin sans grand intérêt. Je n’ai pas apprécié son style d’écriture et la fin ne casse pas trois pattes à un canard. La nouvelle la plus surprenante, que j’ai d’ailleurs dû relire plusieurs fois pour en comprendre toutes les subtilités, est celle écrite par Stéphane De Groodt. Il use et abuse de jeux de mots en tout genre, rendant parfois la compréhension difficile (d’où les nombreuses relectures). Karine Giebel a choisi d’écrire son histoire en narration alternée entre le frère et la sœur, ce qui la rend originale par rapport aux autres. L’issue est dramatique, j’ai vraiment ressenti la volonté de l’auteur de marquer les esprits à partir de faits réels. Alexandra Lapierre met l’accent sur le manque ressenti lié à l’absence de fratrie, et Agnès Ledig exploite le lien très fort pouvant unir deux personnes, sans forcément faire partie d’une fratrie de sang. Enfin, Bernard Werber nous montre le lien très particulier unissant des frères jumeaux.

N’hésitez pas à vous procurer un exemplaire de ces petits recueils de nouvelles. Pour 5€ dépensés, 4 repas seront distribués aux Restos du Cœur, et le contenu en vaut vraiment la peine. Une belle façon de découvrir des auteurs inconnus tout en faisant une bonne action, vous auriez tort de vous en priver!

Notation : ♥♥♥♥

Les secrets de l’immortel Nicolas Flamel Tome 1 : l’Alchimiste – Michael Scott

les-secrets-de-limmortel-nicolas-flamelAuteur : Michael Scott

Edition : PKJ

Genre : Fantastique Jeunesse

Langue originale : Anglais

Date de parution : 2008

Nombre de pages : 392

ISBN : 978-2-266-21392-9

Tome 2 Les secrets de l’immortel Nicolas Flamel : le Magicien

Résumé

«Un manuscrit ancien a disparu. Le monde moderne court à sa perte. Seuls Josh et Sophie sont capables de sauver l’humanité. Les voilà sur le point d’entrer dans la plus grande légende de tous les temps !»

L’avis de la Papote 

Ce premier tome de la saga « Les secrets de l’immortel Nicolas Flamel » est dans ma PAL depuis une éternité. J’avais d’abord craqué sur la magnifique couverture aux allures de grimoire ancien. Puis, en tant que Potterhead qui se respecte, le nom de Nicolas Flamel était loin d’être inconnu. Une saga consacrée à l’alchimiste, je n’ai pas pu m’empêcher de passer en caisse…

Il faut dire qu’a priori, je ne suis pas une grande adepte des sagas interminables, et celle-ci comporte tout de même six tomes. Cela m’avait un peu freiné sur le coup, d’autant plus que les avis étaient extrêmement mitigés sur Livraddict, mais je me suis quand-même laissée tenter.

L’histoire se déroule aux Etats-Unis, à San Francisco, et tourne autour d’un manuscrit ancien, le Codex, dérobé aux mains de Nicolas et Pernelle Flamel qui en étaient les gardiens. Ce précieux manuscrit renferme des secrets qui permettront, s’il tombe dans de mauvaises mains, de mettre fin à l’humanité. Sophie et Josh, des jumeaux, se retrouvent malgré eux impliqués dans cette quête et doivent à tout prix retrouver le Codex s’ils veulent avoir une chance de sauver le monde.

« Je suis une légende. La mort n’a aucun droit sur moi, la maladie aucune emprise. Si vous pouviez me voir, vous auriez des difficultés à me donner un âge ; et pourtant, je suis né en l’an de grâce 1330, il y  a presque six cent quatre-vingts ans. J’ai exercé de nombreux métiers : médecin, cuisinier, libraire, soldat, professeur de langues et de chimie, homme de loi et voleur. Mais, avant tout, j’étais alchimiste. J’étais l’Alchimiste. Considéré comme le plus grand de tous les temps, j’ai été pourchassé par des rois et des princes, des empereurs, et même le pape. J’ai transformé des métaux ordinaires en or, j’ai changé de banals cailloux en pierres précieuses. Plus remarquable encore, j’ai découvert le secret de la vie éternelle enfoui dans les pages d’un vieux livre de magie. Il y a quelques jours, ma femme, Pernelle, a été enlevée et le manuscrit volé. Sans lui, Pernelle et moi vieillissons. Lorsque la lune aura achevé son cycle, nous dépérirons, et nous mourrons. A notre mort, le mal que nous avons si longtemps combattu triomphera. La race des Aînés reconquerra la Terre. Mais je ne partirai pas sans me battre. Foi de Nicolas Flamel, l’immortel. » (p.7-8)

Verdict ? Eh bien c’était vraiment pas mal du tout ! J’ai complètement accroché à l’intrigue, qui mêle différentes figures historiques existantes et autres créatures mythologiques bien connues comme des loup-garous, des déesses égyptiennes, le sphinx. Le postulat de base n’est pas vraiment recherché et suit un schéma que l’on retrouve très souvent dans les sagas fantastiques jeunesse : des gentils, des méchants, une quête, des prophéties. Mais la sauce a pris avec moi !

Les personnages ont tous leur personnalité bien établie. Les jumeaux, bien que très proches, ont des caractères bien distincts et une véritable identité. Nicolas Flamel est parfait dans son rôle de mentor, il représente la figure paternelle et rassurante dans cette aventure hors du commun. D’autres personnages hauts en couleur viennent apporter leur petite touche, et malgré le nombre important de références nouvelles et la richesse de l’univers construit par l’auteur, on ne s’y perd pas du tout.

Le vrai plus de l’ouvrage pour moi, c’est le rythme de lecture. Je me suis surprise à le lire à la manière d’un thriller. L’ensemble de l’histoire ne se déroule en fait que sur deux jours ! Les événements s’enchaînent à une allure assez soutenue, et le lecteur n’a pas le temps de s’ennuyer. Je n’ai pas du tout subi de longueurs descriptives inutiles, de passages à vides ou de moments creux, comme c’est le cas dans certains premiers tomes parfois trop introductifs.

La fin est bien évidemment ouverte, puisqu’il s’agit d’une saga. Juste ce qu’il faut pour titiller ma curiosité… Notons que la toute fin de l’ouvrage est consacrée à un petit aparté de Michael Scott. J’ai beaucoup apprécié cette note finale de l’auteur, qui précise comment il en est venu à créer cette histoire, à assembler les personnages, ainsi que les faits réels qui l’ont inspiré.

Bref, vous aurez compris que cette lecture a été une très belle découverte. J’ai déjà le tome 2 dans ma PAL et heureusement !

Le premier tome de la saga Les secrets de l’immortel Nicolas Flamel est un petit bijou pour les amateurs de littérature fantastique jeunesse. Une suite qui s’avère prometteuse et que je suis impatiente de découvrir !

Notation : ♥♥♥♥

Samedi 14 novembre – Vincent Villeminot

31x47jrktpl-_sx195_Auteur : Vincent Villeminot

Edition : Sarbacane (Exprim’)

Langue originale : Français

Genre : Contemporain Jeunesse

Date de parution : novembre 2016

Nombre de pages : 216

EAN : 978-2848659220

 

Résumé

« Vendredi 13 novembre 2015. B. était à la terrasse du café, quand les terroristes ont tiré. Son frère est mort, lui s’en sort presque indemne. Hagard, il quitte l’hôpital au matin, monte dans le métro. Son regard croise celui d’un passager… Stupeur, il reconnaît ce visage : il s’agit de l’un des hommes qui ont tué, la veille. Alors que ses proches le recherchent dans une capitale meurtrie, B., sous le choc, décide de suivre l’assassin jusqu’à sa planque. Samedi 14 novembre est le récit du jour qui va suivre. »

L’avis de la Papote

A la fin du mois d’octobre, j’ai eu l’immense joie de conclure mon tout premier partenariat pour La papote livresque avec les Editions Sarbacane ! Afin de commencer cette belle collaboration, ils m’ont proposé de recevoir « Samedi 14 novembre » de Vincent Villeminot, un roman paru depuis le 2 novembre 2016 et qui traite d’un sujet brûlant d’actualité : les attentats terroristes de Paris, le 13 novembre 2015. Je connaissais l’auteur de renommée, notamment de par son implication dans l’écriture des fameux « U4 » parus aux éditions Syros, mais je n’avais jamais eu l’occasion de découvrir sa plume. Touchée par le résumé de l’histoire, presque un an après les faits, je n’ai pas attendu très longtemps avant de m’y plonger.

B., 20 ans, rescapé des attentats terroristes ayant frappé la capitale française ce maudit vendredi 13 novembre 2015, décide de poursuivre l’un des tueurs lorsqu’il reconnaît son visage dans le métro. Complètement anéanti par la mort de son frère Pierre, nous le suivons à travers cette journée du 14 novembre dans sa quête de compréhension.

« B. marchait comme un somnambule. Il se sentait funambule, plutôt : en équilibre fragile au-dessus d’une douleur sans fond. » (p.23)

Commençons d’abord par les aspects purement techniques de l’ouvrage. Le format d’écriture est assez original puisque l’auteur a décidé de rédiger son roman selon le modèle du théâtre antique. L’histoire se déroule en cinq actes, entrecoupés d’entractes, et il propose pour chacun d’entre eux une playlist qui reflète l’ambiance de l’acte qui suit. Personnellement, j’ai joué le jeu et avant de lire un acte, j’écoutais la bande-son conseillée par Vincent Villeminot. L’expérience de lecture n’en a été que plus forte!

Ensuite, parlons du style de l’auteur. Un seul mot pourrait résumer ce que j’en ai pensé : Waouw ! Ses phrases sont courtes, précises, cinglantes, poétiques, les mots sont choisis à la perfection. Rien n’est laissé au hasard. La lecture est du coup très rythmée, très rapide, tout s’enchaîne et je me suis surprise à ne reposer le bouquin qu’après l’avoir terminé. Le vocabulaire employé est parfois cru et vulgaire, mais cela ne dénote pas avec l’ambiance et l’intrigue. Loin d’être choquée par l’utilisation de termes plus grossiers dans un ouvrage destiné aux adolescents, j’ai même trouvé que c’était indispensable dans ce contexte particulier.

Je dois dire que cette lecture m’a littéralement bouleversée. Le personnage principal, B. (dont vous ne découvrirez le prénom qu’à la moitié du bouquin environ), est vraiment bien construit. J’ai vécu intensément avec lui les différentes phases traversées après la mort de son frère : la besoin de vengeance, la peur, le désespoir d’être encore en vie, la raison, la tentative de donner un sens à tout ça et de continuer à vivre malgré tout. L’auteur exploite vraiment bien l’inversion des rôles bourreau-victime, ou rien n’est totalement blanc ni totalement noir. J’ai totalement compris le parti pris de l’auteur de ne pas se mettre dans la tête du tueur, de ne pas entendre sa parole, et de donner naissance au personnage de Layla, soeur du tueur, victime collatérale malgré elle.

Vincent Villeminot donne également la parole à d’autres personnages plus ou moins secondaires pendant les entractes, donnant ainsi une vision globale des ressentis différents selon les points de vue : entourage des victimes, témoins directs ou indirects, et même Pierre, le défunt frère.

« S’il [Pierre] n’était pas mort, peut-être aurait-il pu parler, cette nuit, avec Ninon. La rejoindre sur la place de la République, lui qui n’avait pas voulu y défiler, le 11 janvier. Que lui aurait-il dit, ce soir? A elle, debout à côté de sa bougie d’Arménie, sur cette place? Qu’il faut tenir? Qu’elle doit tenir? Que si elle tient vraiment à la vie libre, indomptable, si elle y tient autant qu’elle le dit, elle doit être prête à en mourir. Prendre ce risque – infime, statistiquement. Endosser du moins l’idée que la liberté coûte ; qu’elle vaut qu’on joue sa peau, dans un pays le plus libre possible, et moins sûr de ce fait … Ce sont des mots, ça ; des mots essentiels, mais des mots ; dont on se paie. On est intransigeant sur tout, les libertés, les droits, jusqu’à ce qu’on ait peur. Et à ce moment-là, on devient quoi… lâche? accommodant? prêt aux pires veuleries? A des états d’urgence? des complicités? Certainement, s’il n’était pas mort, Pierre aurait posé sa main sur l’épaule de Ninon. Il aurait certainement dit : « Petite sœur, il faut qu’on tienne ». » (p.123)

Samedi 14 novembre est un magnifique récit, tragique, certes, mais rempli d’espoir. Vincent Villeminot nous montre à quel point la littérature fictionnelle peut nous aider à trouver un sens aux moments les plus noirs de l’existence, et à croire en un avenir meilleur, coûte que coûte. A mettre dans les mains de tous les adolescents, jeunes adultes et adultes en quête de compréhension.  

Notation : ♥♥♥♥

Book haul #3

Oui je sais, le dernier Book haul en date est plutôt récent, mais que voulez-vous… Certains achats étaient plutôt indispensables en octobre, et j’ai déniché des petites merveilles dans les boîtes à livres (ou comment se trouver des excuses bidon). Voici donc les derniers ouvrages qui ont récemment rejoint ma PAL!

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Photo : La papote livresque

Commençons par les bouquins trouvés dans ces fameuses boîtes à livres du centre ville si chères à mon cœur. Oh joie quand j’ai ouvert la boîte cette fois-ci, puisque j’ai pu repartir avec les deux premiers tomes de la saga « L’héritage » écrite par Christopher Paolini, à savoir « Eragon » et « L’Aîné », publiés tous deux aux éditions Bayard Jeunesse (2004 et 2006). Comme vous pourrez le constater, ils sont dans un état plus que correct, on ne va pas se plaindre pour des livres que je n’aurai finalement pas payés, juste échangés avec des lectures qui ne me plaisaient pas. J’ai également fait l’acquisition ce jour-là de « Portrait du Joueur » de Philippe Sollers, paru aux éditions Folio (1986). Ce livre n’existait même pas sur Livraddict, j’en ai moi-même créé la fiche. J’ai juste été séduite par le résumé, qui finalement en révèle très peu sur l’intrigue principale. Tout ce que je peux vous dire, c’est qu’il a l’air de tourner autour de secrets de famille et ça, j’adore !

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Photo : La papote livresque

Je vous présente ensuite l’achat réalisé dans le catalogue Belgique Loisirs. Je ne savais vraiment pas vers quoi me diriger cette fois-ci, et puis je suis tombée sur le prix de l’imaginaire 2016, « Edwenn, le Monde des Faës » écrit par Charline Rose et paru aux éditions Nouvelles Plumes (2016). J’ai complètement craqué pour la couverture et l’histoire fantastique aux notes celtes, parfaite pour la saison automnale.

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Photo : La papote livresque

Enfin, j’ai jeté mon dévolu sur quelques ouvrages graphiques. Vous connaissez mon amour pour les belles illustrations, et ce Book haul ne déroge pas à la règle ! J’ai d’abord fait l’acquisition du premier tome de « Assassin’s Creed : l’épreuve du feu », scénarisé par Anthony Del Col & Conor Mccreery, illustré par Neil Edwards et colorisé par Ivan Nunes, paru aux éditions Les Deux Royaumes (2016). J’ai découvert ce comics aux notes médiévales sur la chaîne Booktube de Fancy Fany, et j’ai profité de l’offre de lancement de ce premier opus vendu à 10€ jusque fin décembre. Puis, je me suis enfin décidée à commander « Ce n’est pas toi que j’attendais », écrit et illustré par Fabien Toulmé et paru aux éditions Delcourt (2014). Cette BD sur la naissance et l’acceptation de sa fille trisomique par un papa m’a toujours beaucoup attirée et j’en ai tellement entendu de bien que j’ai fini par succomber à la tentation.

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Photo : La papote livresque

Finalement, mon dernier achat en date n’est autre que le « Harry Potter and the Chamber of Secrets » écrit par J.K. Rowling et illustré par Jim Kay, paru aux éditions Bloomsbury (2016). C’est un peu l’achat tradition depuis l’année dernière et encore pour les cinq prochaines années (danse de la joie) : l’édition illustrée du sorcier à lunettes ♥ Grâce à ces superbes objets livres, je peux découvrir la plume de l’auteur dans sa version originale et accompagnée de magnifiques illustrations en prime. Pour couronner le tout, la version originale est beaucoup moins chère que la version française (23€ contre 39€). Le top !

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Photo : La papote livresque

Et vous, quels achats avez-vous réalisés dernièrement ?

Les enfants de la liberté – Marc Levy

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Auteur : Marc Levy

Edition : Robert Laffont

Langue originale : Français

Genre : Contemporain

Date de parution : 2007

Nombre de pages : 433

ISBN : 978-2-221-10713-3

 

Résumé

« On est tous l’étranger de quelqu’un.
Jeannot,
Tu leur diras de raconter notre histoire, dans leur monde libre. Que nous nous sommes battus pour eux. Tu leur apprendras que rien ne compte plus sur cette terre que cette putain de liberté capable de se soumette au plus offrant. Tu leur diras aussi que cette grande salope aime l’amour des hommes, et que toujours elle échappera à ceux qui veulent l’emprisonner, qu’elle ira toujours donner la victoire à celui qui la respecte sans jamais espérer la garder dans son lit. Dis-leur Jeannot, dis-leur de raconter tout cela de ma part, avec leurs mots à eux, ceux de leur époque. Les miens ne son faits que des accents de mon pays, du sang que j’ai dans la bouche et sur les mains. »

L’avis de la Papote

Je pense ne pas avoir besoin de présenter l’auteur. Marc Levy, grand écrivain contemporain à succès, nous régale depuis plusieurs années avec ses récits originaux, souvent teintés de romance. Connaissant l’auteur dans des ouvrages comme le très connu « Et si c’était vrai » ou encore « Sept jours pour une éternité » (que j’ai très envie de relire soit dit en passant), j’ai voulu le découvrir dans un tout autre registre avec « Les enfants de la liberté » : une lecture qui s’annonçait poignante, difficile mais surtout, pleine d’espoir.

L’histoire se déroule au moment de la Seconde Guerre Mondiale. Jeannot (de son vrai nom Raymond) et Claude sont deux frères juifs de moins de 20 ans, qui s’opposent ouvertement à l’occupation allemande et désirent rejoindre la Résistance. Ils parviennent à intégrer une brigade, et nous les suivons dans leurs missions, prêts à tout pour empêcher les forces ennemies à gagner du terrain. C’est Jeannot qui s’adresse à nous, lecteurs, et qui nous raconte son histoire ainsi que celle de ses copains comme il aime les appeler.

« Aujourd’hui, c’est une sale journée. Les Allemands ont fait une descente à l’université. Ils ont interpellé dix jeunes dans le hall, les ont traînés vers les marches en les faisant avancer à coups de crosse de fusil, et puis ils les ont embarqués. Tu vois, nous ne renoncerons pas; même si nous crevons de faim, même si la peur hante nos nuits, même si nos copains tombent, nous continuerons de résister. » (p.138)

Mes attentes ne m’ont pas trompée, il s’agit en effet d’une lecture très touchante, difficile et, malgré tout, pleine d’espoir.

Tout d’abord, j’ai vraiment apprécié le style très simple et très fluide de l’auteur, ainsi que la narration qui s’adresse directement à nous. On se sent vraiment impliqués en tant que lecteur, on perçoit l’importance du message que le narrateur veut faire passer, et l’empathie ressentie vis-à-vis des personnages s’en trouve renforcée. Les personnages, parlons-en d’ailleurs. Il m’arrivait parfois de me perdre un peu parmi le flot de jeunes adolescents présents dans le récit, mai rien de déroutant. L’histoire de chacun d’entre eux vous prend aux tripes, et vous fait longuement réfléchir sur leur condition. Ce qui m’a véritablement frappée, c’est cette force, ce courage, cette détermination à agir, en dépit de leur âge, de la peur, de la faim, du désespoir, de la souffrance physique. On ne peut être qu’admiratifs devant ces enfants qui faisaient la guerre et l’entraide présente entre eux malgré leurs origines, leurs nationalités, leur langue. Une belle leçon en ces temps noircis par le terrorisme et la cruauté humaine. L’Histoire ne devrait-elle pas remémorer aux hommes les erreurs du passé, afin que ces atrocités ne se répètent pas ?

« Le père Joseph, l’aumônier de la prison, sacrifiait ses tickets de rationnement pour lui venir en aide. Chaque semaine, il lui apportait un petit colis de biscuits. Pour nourrir Chahine, je les émiettais et le forçais à manger. Il lui fallait plus d’une heure pour grignoter un biscuit, parfois le double. Épuisé, il me suppliait de donner le reste aux copains, pour que le sacrifice du père Joseph serve à quelque chose. Tu vois, c’est l’histoire d’un curé qui se prive de manger pour sauver un Arabe, d’un Arabe qui sauve un Juif en lui donnant encore raison de croire, d’un Juif qui tient l’Arabe au creux de ses bras, tandis qu’il va mourir, en attendant son tour ; tu vois, c’est l’histoire du monde des hommes avec ses moments de merveilles insoupçonnées. » (p.221)

Il me paraît important de préciser que Jeannot (ou Raymond), le narrateur, est en fait le père de Marc Levy. Ce livre est donc basé sur des faits réels, il s’agit d’un témoignage et d’un héritage familial que l’auteur a voulu transmettre au monde. Un bel hommage à tous ces enfants de la liberté.

Entre moments de gloire et de défaite cuisante, entre l’incompréhension du comportement humain cruel et la bravoure des civils prêts à venir en aide à ces Résistants, entre les larmes que l’on ne peut contenir et les sourires devant l’humour indémontable des personnages, « Les enfants de la liberté » vous procurera des émotions fortes du début à la fin. Une lecture indispensable pour faire renaître le souvenir de ces êtres hors du commun qui ont tout donné pour notre liberté. 

Notation : ♥♥♥♥