Les enfants de la liberté – Marc Levy

9782221107133

Auteur : Marc Levy

Edition : Robert Laffont

Langue originale : Français

Genre : Contemporain

Date de parution : 2007

Nombre de pages : 433

ISBN : 978-2-221-10713-3

 

Résumé

« On est tous l’étranger de quelqu’un.
Jeannot,
Tu leur diras de raconter notre histoire, dans leur monde libre. Que nous nous sommes battus pour eux. Tu leur apprendras que rien ne compte plus sur cette terre que cette putain de liberté capable de se soumette au plus offrant. Tu leur diras aussi que cette grande salope aime l’amour des hommes, et que toujours elle échappera à ceux qui veulent l’emprisonner, qu’elle ira toujours donner la victoire à celui qui la respecte sans jamais espérer la garder dans son lit. Dis-leur Jeannot, dis-leur de raconter tout cela de ma part, avec leurs mots à eux, ceux de leur époque. Les miens ne son faits que des accents de mon pays, du sang que j’ai dans la bouche et sur les mains. »

L’avis de la Papote

Je pense ne pas avoir besoin de présenter l’auteur. Marc Levy, grand écrivain contemporain à succès, nous régale depuis plusieurs années avec ses récits originaux, souvent teintés de romance. Connaissant l’auteur dans des ouvrages comme le très connu « Et si c’était vrai » ou encore « Sept jours pour une éternité » (que j’ai très envie de relire soit dit en passant), j’ai voulu le découvrir dans un tout autre registre avec « Les enfants de la liberté » : une lecture qui s’annonçait poignante, difficile mais surtout, pleine d’espoir.

L’histoire se déroule au moment de la Seconde Guerre Mondiale. Jeannot (de son vrai nom Raymond) et Claude sont deux frères juifs de moins de 20 ans, qui s’opposent ouvertement à l’occupation allemande et désirent rejoindre la Résistance. Ils parviennent à intégrer une brigade, et nous les suivons dans leurs missions, prêts à tout pour empêcher les forces ennemies à gagner du terrain. C’est Jeannot qui s’adresse à nous, lecteurs, et qui nous raconte son histoire ainsi que celle de ses copains comme il aime les appeler.

« Aujourd’hui, c’est une sale journée. Les Allemands ont fait une descente à l’université. Ils ont interpellé dix jeunes dans le hall, les ont traînés vers les marches en les faisant avancer à coups de crosse de fusil, et puis ils les ont embarqués. Tu vois, nous ne renoncerons pas; même si nous crevons de faim, même si la peur hante nos nuits, même si nos copains tombent, nous continuerons de résister. » (p.138)

Mes attentes ne m’ont pas trompée, il s’agit en effet d’une lecture très touchante, difficile et, malgré tout, pleine d’espoir.

Tout d’abord, j’ai vraiment apprécié le style très simple et très fluide de l’auteur, ainsi que la narration qui s’adresse directement à nous. On se sent vraiment impliqués en tant que lecteur, on perçoit l’importance du message que le narrateur veut faire passer, et l’empathie ressentie vis-à-vis des personnages s’en trouve renforcée. Les personnages, parlons-en d’ailleurs. Il m’arrivait parfois de me perdre un peu parmi le flot de jeunes adolescents présents dans le récit, mai rien de déroutant. L’histoire de chacun d’entre eux vous prend aux tripes, et vous fait longuement réfléchir sur leur condition. Ce qui m’a véritablement frappée, c’est cette force, ce courage, cette détermination à agir, en dépit de leur âge, de la peur, de la faim, du désespoir, de la souffrance physique. On ne peut être qu’admiratifs devant ces enfants qui faisaient la guerre et l’entraide présente entre eux malgré leurs origines, leurs nationalités, leur langue. Une belle leçon en ces temps noircis par le terrorisme et la cruauté humaine. L’Histoire ne devrait-elle pas remémorer aux hommes les erreurs du passé, afin que ces atrocités ne se répètent pas ?

« Le père Joseph, l’aumônier de la prison, sacrifiait ses tickets de rationnement pour lui venir en aide. Chaque semaine, il lui apportait un petit colis de biscuits. Pour nourrir Chahine, je les émiettais et le forçais à manger. Il lui fallait plus d’une heure pour grignoter un biscuit, parfois le double. Épuisé, il me suppliait de donner le reste aux copains, pour que le sacrifice du père Joseph serve à quelque chose. Tu vois, c’est l’histoire d’un curé qui se prive de manger pour sauver un Arabe, d’un Arabe qui sauve un Juif en lui donnant encore raison de croire, d’un Juif qui tient l’Arabe au creux de ses bras, tandis qu’il va mourir, en attendant son tour ; tu vois, c’est l’histoire du monde des hommes avec ses moments de merveilles insoupçonnées. » (p.221)

Il me paraît important de préciser que Jeannot (ou Raymond), le narrateur, est en fait le père de Marc Levy. Ce livre est donc basé sur des faits réels, il s’agit d’un témoignage et d’un héritage familial que l’auteur a voulu transmettre au monde. Un bel hommage à tous ces enfants de la liberté.

Entre moments de gloire et de défaite cuisante, entre l’incompréhension du comportement humain cruel et la bravoure des civils prêts à venir en aide à ces Résistants, entre les larmes que l’on ne peut contenir et les sourires devant l’humour indémontable des personnages, « Les enfants de la liberté » vous procurera des émotions fortes du début à la fin. Une lecture indispensable pour faire renaître le souvenir de ces êtres hors du commun qui ont tout donné pour notre liberté. 

Notation : ♥♥♥♥

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