Les royaumes du Nord – Philip Pullman

couv8123741Auteur : Philip Pullman

Edition : Folio Junior

Genre : Fantasy Jeunesse

Langue originale : Anglais

Date de parution : 1998

Nombre de pages : 482

ISBN : 978-2-07-054188-6

Tome 2 :  La tour des anges

 

Résumé

«Pourquoi la jeune Lyra, élevée dans l’atmosphère confinée d’une prestigieuse université anglaise, est-elle l’objet de tant d’attentions? De quelle mystérieuse mission est-elle investie? Lorsque son meilleur ami, Roger, disparaît, victime des ravisseurs d’enfants qui opèrent dans tout le pays, elle n’hésite pas à se lancer sur ses traces. Un voyage vers le Grand Nord, périlleux et exaltant, qui lui apportera la révélation de ses extraordinaires pouvoirs et la conduira à la frontière d’un autre monde.»

L’avis de la Papote

Philip Pullman est un grand maître de la littérature jeunesse. Un conteur d’histoires, comme il aime se faire appeler. Ne faisant pas partie de celles et ceux qui ont eu la chance de découvrir la trilogie « A la croisée des mondes » pendant mon enfance, je me suis décidée à l’acquérir lors de mon périple alsacien, après avoir fait le tour des magnifiques marchés de Noël de la région.

J’aurais pu le lire en hiver, me direz-vous. C’était évidemment le moment idéal pour entamer ce voyage dans le grand Nord. Mais bébé papote ne me laissait pas beaucoup d’opportunités d’ouvrir un bouquin (dur dur la vie de jeune maman!). Le challenge du mois de la fantasy de mai m’a finalement convaincue de le sortir de ma PAL. Que je suis heureuse de l’avoir fait ! Ce premier tome est une véritable petite pépite !

Nous suivons Lyra, petite fille au caractère bien trempé, au cœur de Londres, à l’université d’Oxford. Orpheline, elle est élevée par les Érudits du Jordan College. Elle mène une vie relativement paisible, jusqu’à ce que les Enfourneurs, horribles ravisseurs d’enfants, enlèvent Roger, son meilleur ami. Bien déterminée à le récupérer, elle s’engage dans un périple vers le grand Nord.

Je n’ai qu’un mot pour qualifier cet univers hors du commun : WAOUW. Ce livre m’a totalement envoûtée. L’aspect fantasy créé par Philip Pullman est extrêmement riche et même complexe par moment, mais quel talent ! Pour ma part, la majorité de mes excellentes lectures ont toutes un point commun  : l’ascenseur émotionnel. Et là pour le coup, mon petit cœur s’est régalé ! Émerveillement, surprise, avidité, impatience, abattement, espoir, tristesse, bref, un véritable arc-en-ciel d’émotions.

Ce qui a grandement contribué à mon adoration pour cette histoire, ce sont les personnages et le concept de daemons. Lyra est extrêmement attachante, et ce dès les premières pages. Iorek, l’ours polaire, l’est également à sa façon. Leur personnalité est si bien dépeinte qu’on a l’impression de les connaître depuis toujours. Les petits deamons qui accompagnent chaque être humain sont d’un génie saisissant. Plus qu’un animal de compagnie, les daemons sont une partie inséparable de l’âme de chacun. Leur reflet.

Et cette plume, on en parle ? Raffinée. Poétique. Naïve. Merveilleuse. Enchanteresse. Captivante. Saisissante. Convaincus ou je continue?

Je sens qu’il y a un bel enseignement à tirer de cette lecture, en tant qu’adulte. Et même si j’ai compris bon nombre de subtilités dans le récit et réalisé les bonnes inférences, j’ai le sentiment très puissant qu’il me faut une deuxième lecture pour en apprécier véritablement l’intensité. Un peu comme « Le petit prince » de Saint-Exupéry. Avant de lire le tome 2 (cette fois-ci, je me le garde pour cet hiver), je pense bien relire celui-ci. Histoire de bien m’en imprégner et de ne rien laisser au hasard.

Je conclurai en insistant sur l’importance de mettre ce genre de livre entre les mains des enfants. C’est de la pure bombe de littérature jeunesse, un joyaux à l’état pur. L’auteur ne prend pas les enfants pour des imbéciles, et c’est ça que j’aime par-dessus tout dans la littérature jeunesse. C’est un livre qui marquera leurs esprits, qui guidera leur réflexion, qui enchantera leurs soirées de lecture. 

Notation : ♥♥♥♥♥

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Dans les forêts de Sibérie – Sylvain Tesson

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Auteur : Sylvain Tesson

Edition : Folio

Genre : Récit de voyage

Langue originale : Français

Date de parution : 2011

Nombre de pages : 304

ISBN : 978-2-07-045150-0

 

Résumé

«Assez tôt, j’ai compris que je n’allais pas pouvoir faire grand-chose pour changer le monde. Je me suis alors promis de m’installer quelque temps, seul, dans une cabane. Dans les forêts de Sibérie. J’ai acquis une isba de bois, loin de tout, sur les bords du lac Baïkal. Là, pendant six mois, à cinq jours de marche du premier village, perdu dans une nature démesurée, j’ai tâché d’être heureux. Je crois y être parvenu. Deux chiens, un poêle à bois, une fenêtre ouverte sur un lac suffisent à la vie.
Et si la liberté consistait à posséder le temps ?
Et si le bonheur revenait à disposer de solitude, d’espace et de silence – toutes choses dont manqueront les générations futures ?
Tant qu’il y aura des cabanes au fond des bois, rien ne sera tout à fait perdu.»

L’avis de la Papote

Encore une fois, c’est grâce à Margaud liseuse si ce livre s’est retrouvé d’abord sur ma Wishlist avant de finir sur les planches de ma bibliothèque (sa chronique ici). Elle en vantait tant les mérites, la couverture me faisait des clins d’oeil à chaque fois que je passais devant en librairie, bref, je n’ai pas pu résister bien longtemps.

Sylvain Tesson, grand voyageur et aventurier dans l’âme, décide de passer six mois seul dans une cabane au bord du lac Baïkal en Sibérie. Coupé de tous les affres de notre société consumériste, il retrouve une liberté perdue, il dispose de son temps sans pression, il pêche, il lit, il vit.

La pluie a été inventée pour que l’homme se sente heureux sous un toit. (p.219)

J’ai commencé cette lecture sur un coup de tête, après avoir passé une bien mauvaise journée, alors que j’avais déjà deux romans entamés. En plus, une intrigue qui se déroule dans un pays froid alors qu’on est en pleine saison printanière, si vous me connaissez, vous savez probablement que c’est une chose que je ne fais JA-MAIS. Mais bon, comme on dit chez moi, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Un livre qui vous promet de vous évader au bord d’un lac sibérien, l’isolement, la nature, la reconquête de son être, la lecture, le feu de bois, c’est tout ce dont j’avais besoin pour recharger les batteries. Et globalement, je n’ai pas été déçue du voyage.

Nous sommes seuls responsables de la morosité de notre existence. Le monde est gris de nos fadeurs. La vie paraît pâle? Changez de vie, gagnez les cabanes. (p.225)

Un petit mot d’abord sur le format particulier de l’ouvrage. L’auteur prend le parti de décrire son aventure sous forme d’un journal de voyage. Chaque jour (ou presque), le lecteur a l’immense privilège de prendre connaissance de sa vie en ermite au milieu des bois. L’agencement du quotidien, les routines qui s’installent malgré tout (observer les mésanges sur le rebord de la fenêtre, pêcher son dîner, couper le bois), la liste des livres qu’il a emportés avec lui, ses réflexions personnelles suite à ses lectures, l’observation en pleine conscience de la nature, des animaux, de la lumière du jour. Ouvrir ce livre, se plonger dans ses pages, c’est rejoindre Sylvain Tesson dans cette petite cabane en bois et s’accorder ces moments magiques hors du temps.

Sylvain Tesson, c’est également un style d’écriture bien particulier. Sa plume, je ne peux pas le nier, est incroyablement belle et poétique. Ses textes respirent la passion. Il choisit ses mots avec une précision d’orfèvre, il les enrobe avec douceur, il jongle avec les aphorismes (ce qui, d’ailleurs, a le don d’agacer de nombreux lecteurs). Pour ma part, j’ai adoré ce style riche. D’ailleurs, mon livre est rempli de post-it !

Il y a tout de même eu quelques petits points noirs dans cette lecture. Pas grand-chose me direz-vous, mais quand-même… Le premier que j’ai envie de citer, c’est le nombre incroyable de références littéraires qui m’étaient complètement inconnues. C’est pas de la faute de Sylvain, je suis d’accord avec vous, mais moi qui pense avoir un minimum de culture littéraire, eh ben je me sentais parfois complètement ignare. Pas très cool comme sensation. Vous êtes donc prévenus, vous avez plutôt intérêt à vous y connaître vachement beaucoup!

Et puis une chose, un tout petit passage dans l’entièreté du livre, a largement baissé mon niveau d’estime pour l’ouvrage. La voici :

Ce matin, Irina me fait les honneurs de sa bibliothèque. Dans de vieilles éditions de l’époque soviétique, elle possède des oeuvres de Stendhal, Walter Scott, Balzac, Pouchkine. Le livre le plus récent est le Da Vinci Code. Légère baisse de civilisation. (p.59-60)

S’il y a bien une chose que je ne peux tolérer, c’est la dévalorisation gratuite d’une oeuvre littéraire, quelle qu’elle soit. Alors certes, Dan Brown est un auteur que je chéris depuis très longtemps, mais même s’il s’agissait de Pierre-Paul-Jacques, chacun est libre de lire et d’apprécier un livre, même si celui-ci ne remporte pas un vif succès auprès des critiques littéraires, même s’il est qualifié de « roman de gare ». Et là, pour le coup, notre ami Sylvain Tesson ne s’est pas vraiment gêné. Il était même très loin d’émettre une critique négative constructive (comme j’essaie de le faire quand je vous chronique un livre que je n’ai pas aimé, parce que OUI ça arrive). Moi je dis, la lecture, c’est comme la nourriture. On ne dit pas « C’est dégueulasse », on dit juste « Je n’aime pas ». Légère baisse de civilisation, non mais Oh?!

Cela étant dit, je ne peux enlever la beauté de l’aventure à laquelle il nous fait participer. J’ai adoré suivre le cours de la nature, qui sort doucement de son manteau d’hiver pour s’éveiller au printemps. Je voyais les couleurs vives, je ressentais le froid polaire et la chaleur du feu de bois, je sentais les odeurs de poisson grillé, je m’émerveillais devant la bonté des chiens. Vous l’aurez compris, lire du Sylvain Tesson, c’est vivre une très belle aventure.

A tous les amoureux de la nature, à tous ceux qui ressentent le besoin de s’isoler de la société, de mettre la pression et le stress au fond d’un tiroir, de vivre une aventure exceptionnelle au cœur d’une nature sauvage, ouvrez « Dans les forêts de Sibérie » de Sylvain Tesson et laissez-vous emporter par la beauté de l’écriture. 

Notation : ♥♥♥♥♥