La papoteuse #5 Comment faire naître le plaisir de la lecture à nos enfants

Chaque jour, pendant les séances de logopédie avec mes petits patients, je suis sidérée de voir à quel point la lecture est absente de leur vie. Du plus petit au plus grand d’entre eux, rares sont ceux qui lisent et qui aiment lire. Et mon petit coeur de lectrice se brise à chaque fois que j’entends « C’est nul de lire », « moi j’aime pas lire », « ça sert à rien », « c’est trop chiant de lire des livres pour l’école ». A côté de ça, d’autres enfants en réelles difficultés avec la lecture, souffrant de dyslexie mais aussi de troubles envahissants du développement, de troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité ou encore de dyspraxie, ne prennent aucun plaisir à lire parce que le matériel proposé n’est souvent pas en adéquation avec leurs difficultés.

Au travers de cet article, j’aimerais explorer avec vous l’importance du rôle des parents, enseignants, professionnels de la petite enfance mais aussi grands frères, grandes soeurs, cousins, cousines,  afin d’allumer l’étincelle qui enflammera le coeur de tous ces lecteurs de demain.

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Photo libre de droits : Pixabay

Donner l’accès aux livres aux tout-petits

La lecture, c’est possible dès le plus jeune âge. Déjà pendant la grossesse, lire des histoires à voix haute à votre bébé lui permettra de se familiariser avec le son de votre voix et les différences d’intonations. Cela donne également l’occasion au papa de prendre une place non négligeable s’il s’adonne lui aussi à cette petite routine. La lecture à voix haute sera votre petit rituel rien qu’à vous, à poursuivre bien évidemment dès la naissance de bébé. Même si vous avez l’impression que cela ne sert à rien puisque « Bébé ne comprend pas ce que je raconte », continuez, je peux vous assurer qu’il aime beaucoup ce moment privilégié entre vous!

Il existe une multitude de livres adaptés pour les futurs petits lecteurs : livres sonores, à toucher, en plastique pour le bain, en tissus. Certains livres sont plus adéquats que d’autres en fonction du stade de développement de vos enfants. Pour les bébés dès l’âge de trois mois, privilégiez les livres au contraste très fort (noir/blanc) pour attirer leur regard. Dès qu’ils peuvent manipuler le livre par eux-mêmes, mixez les présentations : différence de format, de thèmes, de textures, de bruitages. Bref, amusez-vous !

L’importance est de donner accès aux livres le plus tôt possible afin de susciter leur intérêt.

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Photo libre de droits : Pixabay

Montrer l’exemple !

Bien souvent, lorsque je rencontre des enfants de plus de six ans qui n’aiment pas lire, je demande aux parents s’ils se considèrent comme lecteurs, ce qu’ils lisent et à quelle fréquence. Bien souvent, je suis étonnée de constater qu’ils sont eux-mêmes grands lecteurs et que les armoires de la maison débordent de livres.

Là où le bât blesse, c’est qu’ils lisent… quand ils sont seuls ! Le soir, avant de dormir, tôt le matin avant d’aller les réveiller, pendant le temps de midi au boulot. Bien que je puisse tout à fait comprendre que la lecture soit un moment privilégié baigné de calme et de sérénité, pourquoi ne pas instaurer un moment de lecture en famille? Chacun sur une place du canapé, avec sa lecture en cours, sa BD, son roman graphique, son journal, peu importe. Une petite vingtaine de minutes ensemble, lire chacun de son côté et puis, pourquoi pas, partager ses ressentis ? Parents de bébés en bas âge, n’hésitez pas non plus à prendre votre bouquin pendant que bébé joue à côté de vous. Intrigué, il viendra voir ce que vous faites et là vient le moment idéal pour lui donner l’un de ses propres livres, il sera ravi de faire comme vous!

Montrer aux enfants que l’on possède des livres, c’est super ! Mais leur montrer qu’on les lit vraiment et qu’on en retire le plus grand des plaisirs, c’est encore mieux!

Varier les expériences de lecture

Nombreux sont les parents qui attendent que l’école et les enseignants fassent naître le plaisir de la lecture à leurs enfants. Bien que le rôle de l’éducation scolaire soit indiscutable pour l’apprentissage de la lecture, bon nombre d’enfants considèrent les lectures de cours comme harassantes, fatigantes, sans intérêt. Une obligation. Les lectures imposées ne sont pas toujours appréciées. Là encore, vous, parents, profs et autres professionnels de la petite enfance, avez les clés en main pour faire découvrir toutes les expériences inédites qui gravitent autour des livres !

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Photo libre de droits : Pixabay
  • Conteur d’histoire : certaines librairies proposent des après-midis ludiques autour d’une histoire contée par un professionnel. Assis par terre sur un tas de coussins moelleux, les enfants écoutent attentivement le récit avant de réaliser un bricolage, une peinture, un dessin, un jeu autour de ce qu’ils viennent d’écouter.
  • Bibliothèque : il n’est évidemment pas nécessaire d’acheter une bibliothèque remplie de livres pour votre enfant (sauf si ça vous fait plaisir, of course!). Les bibliothèques publiques recèlent de trésors inestimables. Le choix est vaste et vous permettra de tester mille et un livres et de mieux cibler les goûts de votre enfant ! De plus, ces établissements organisent souvent des rencontres entre les enfants autour d’une thématique de lecture, des animations pour les bébés et même des temps de rencontres avec des auteurs.
  • L’histoire du soir : c’est probablement le rituel le plus instauré, et tant mieux! Les enfants adorent écouter une histoire avant de s’endormir. Les écrans avant le sommeil sont loin d’être adaptés si vous désirez que votre enfant passe une nuit paisible. Progressivement, passez-lui les rennes, laissez-le décrire les images, raconter l’histoire à sa façon ou demandez-lui de lire un livre au petit frère ou à la petite soeur. Quelle fierté pour lui !
  • Les salons littéraires : encore une façon de rendre le livre attrayant ! Les salons littéraires regorgent d’activités conçues pour les enfants, d’animations, d’auteurs et illustrateurs en dédicace! Le choix de livres est immense et l’effervescence qui découle d’un salon est unique. Faire la file pour obtenir un beau dessin dans son album préféré, feuilleter les livres dans les stands des maisons d’éditions, rencontrer l’auteur qui a écrit cette histoire qu’on lit ensemble tous les soirs. Magique!

Respecter ses intérêts et ses limites

Votre enfant ne lit que des Bandes dessinées? Pas la peine de lui mettre Charles Dickens entre les mains. Votre petit garçon veut lire « La vie compliquée de Léa Olivier »? Non, ce n’est pas qu’un livre pour filles ! Vous voyez probablement où je veux en venir : la lecture doit rester un plaisir. Notre rôle, en tant que lecteurs adultes désireux de leur transmettre cette passion, c’est de les laisser aller vers ce qui leur plaît, ne pas leur mettre de barrières inutiles, de leur proposer une variété de formats sans leur imposer quoi que ce soit. De plus en plus de professeurs proposent des listes de livres aux élèves en leur demandant de choisir celui qu’ils préfèrent : quelle idée merveilleuse! Une belle façon de cadrer tout en laissant un minimum de liberté !

Respecter les intérêts, certes, mais respecter les limites de l’enfant me semble tout aussi important. Bien qu’il me paraisse logique de respecter les limites d’âge conseillées sur les ouvrages (et encore, certaines sont discutables…), il est tout aussi indispensable de proposer un matériel adapté aux difficultés rencontrées par votre petit. Malheureusement, la dyslexie, le TDA/H, la dyspraxie (et j’en passe…) sont autant de troubles qui peuvent affecter le ressenti de votre enfant vis-à-vis de la lecture. En cas de troubles de l’attention, il ne sert à rien d’attendre de votre enfant qu’il puisse lire attentivement pendant une heure! Aménagez un cadre temporel clair et scindé. Des ouvrages spécialement adressé aux enfants dyslexiques sont maintenant disponibles sur le marché. Choisissez des livres à gros caractères, avec des interlignes plus importants. La liseuse a également révolutionné la lecture pour toutes ces personnes : vous avez la possibilité de choisir la police de caractère qui convient, la taille, les interlignes. Gardez à l’esprit les obstacles que vos enfants peuvent rencontrer afin d’adapter au mieux leur moment de lecture!

La lecture est un plaisir merveilleux qu’il est important de transmettre à nos chérubins : elle ouvre les portes d’un monde illimité, elle renforce l’imagination, apaise les peurs, apporte des réponses, permet l’évasion et la connaissance. Et même s’il me paraît utopique de faire aimer la lecture à TOUS, on peut au moins essayer 

 

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Dans une coque de noix – Ian McEwan

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Auteur : Ian McEwan

Edition : Gallimard

Genre : Contemporain

Langue originale : Anglais

Date de parution : 2016

Nombre de pages : 212

ISBN : 978-2-07-269680-0

Résumé

«À l’étroit dans le ventre de ma mère, alors qu’il ne reste plus que quelques semaines avant mon entrée dans le monde, je veille. J’entends tout. Un complot se trame contre mon père. Ma mère et son amant veulent se débarrasser de lui. La belle, si belle Trudy préfère à mon père, John, poète talentueux en mal de reconnaissance et qui pourtant l’aime à la folie, cet ignare de Claude. Et voilà que j’apprends que Claude n’est autre que mon oncle : le frère de mon père. Un crime passionnel doublé d’un fratricide qui me fera peut-être voir le jour en prison, orphelin pour toujours ! Je dois les en empêcher. » Il y a quelque chose de pourri au royaume d’Angleterre du XXIe siècle? Après L’intérêt de l’enfant, Ian McEwan n’en finit pas de surprendre et compose ici, dans un bref roman à l’intensité remarquable, une brillante réécriture d’Hamlet in utero.»

L’avis de la Papote

Lorsque François Busnel a présenté ce livre dans une émission « La grande librairie », j’ai tout de suite été séduite par l’intrigue hyper originale. Un foetus qui raconte ce qu’il entend autour de lui et qui veut empêcher le meurtre de son père? Avouez que c’est quand-même vachement accrocheur comme idée! Et puis François Busnel a l’art de me faire craquer pour beaucoup d’ouvrages. Sa manière de les présenter, de mener le débat avec les auteurs qui parlent de leur livre, ça le fait complètement pour moi. Je craque (beaucoup) trop souvent. Dans une coque de noix de Ian McEwan n’a d’ailleurs pas traîné trop longtemps dans ma PAL, à peine quelques semaines et je commençais ma lecture, impatiente de découvrir la plume de l’auteur.

Me voici donc, la tête en bas dans une femme. Les bras patiemment croisés, attendant, attendant et me demandant à l’intérieur de qui je suis, dans quoi je suis embarqué. (p.13)

Mon sentiment fut très partagé en refermant ce livre. L’ambiance était loin d’être celle que j’imaginais. Avec un meurtre en préparation, je m’attendais à un beau suspense, un page turner de malade, un rythme de lecture effréné. Eh ben non. Rien de tout ça finalement. Certaines scènes sont un peu malsaines et manquent de cohérence à mon goût. Exemple: Trudy, la jolie maman blonde, qui boit de l’alcool enceinte et qui vit dans une maison délabrée pleine de détritus, écoute des conférences podcastées sur l’état du monde et des livres audio d’accomplissement personnel. Mouais, ça me paraît un peu louche tout ça.

Ce foetus qui réfléchit, c’est plutôt perturbant au premier abord. Ma grossesse avait pris fin depuis quelques mois déjà, et j’avais beaucoup de peine à imaginer un petit être doté d’une raison incroyablement construite. On est d’accord, là n’est pas la question de démontrer qu’un foetus pense et peut avoir des réflexions poussées sur le monde qu’il perçoit au travers de la paroi utérine, mais tout de même, le côté cartésien de mon esprit avait du mal à lâcher prise.

Ce sont ces réflexions justement qui m’ont dérangée pendant la lecture. L’auteur n’hésite pas, à de très (trop) nombreuses reprises, à donner des points de vue personnels (ou pas d’ailleurs) à travers ce foetus qui cassent complètement le rythme de l’intrigue, selon moi. Petit à petit, on en apprend plus, et puis PAF une réflexion sur l’écologie par-ci, une réflexion sur le terrorisme par-là, et me voilà perdue dans les méandres d’une pensée qui ne m’intéresse pas plus que ça finalement. Je veux juste savoir si l’oncle va tuer le père, pas à quel rythme fondent les glaciers d’après le podcast qu’a écouté la mère la veille. Pigé?

Quant à l’espoir : j’ai entendu beaucoup de choses sur les récents massacres au nom d’une vie rêvée dans l’au-delà. Chaos dans ce monde, béatitude dans le suivant. Des jeunes gens avec une barbe toute neuve, une peau magnifique et des armes de guerre sur le boulevard Voltaire, qui regardaient droit dans les yeux magnifiques, incrédules, d’autres jeunes de la même génération. Ce n’est pas la haine qui a tué les innocents, mais la foi, ce fantôme insatiable encore vénéré, même dans les quartiers les plus paisibles. (p.174)

Je ne peux pas remettre en question la profondeur de ces réflexions, bien au contraire, mais je ne m’attendais pas à en trouver autant. La beauté de l’écriture, le choix des mots, les tournures de phrases sont évidemment à souligner. Le style de Ian McEwan est magnifique, j’en conviens. Je suis ravie d’avoir pu découvrir sa plume (traduite mais bon ça compte quand-même), même si ce livre est un peu l’ovni de ma bibliothèque.

Pour finir, je ne peux rien vous dire concernant l’aspect réécriture d’Hamlet de William Shakespeare, tout simplement parce que je n’ai jamais lu Hamlet. Je ne sais pas du tout à quel point l’histoire de Ian McEwan lui est fidèle, et je ne peux que vous encourager à commenter cet article si vous avez la possibilité d’en faire une comparaison, cela m’intéresse évidemment beaucoup!

Pour celles et ceux qui apprécient la plume d’Ian McEwan, vous serez ravis d’ajouter Dans une coque de noix à votre palmarès. Malgré l’intrigue originale laissant planer une atmosphère pleine de suspense et de rebondissement, il n’en est rien… Une belle lecture, mais j’en attendais probablement de trop.

Notation : ♥♥♥♥♥

Matilda – Roald Dahl

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Auteur : Roald Dahl

Edition : Folio Junior

Genre : Jeunesse

Langue originale : Anglais

Date de parution : 1988

Nombre de pages : 257

ISBN : 978-2-07-057696-8

Résumé

«A l’âge de cinq ans, Matilda sait lire et a dévoré tous les classiques de la littérature. Pourtant, son existence est loin d’être facile, entre une mère indifférente, abrutie par la télévision et un père d’une franche malhonnêteté. Sans oublier Mlle Legourdin, la directrice de l’école, personnage redoutable qui voue à tous les enfants une haine implacable. Sous la plume acerbe et tendre de Roald Dahl, les événements se précipitent, étranges, terribles, hilarants. Une vision décapante du monde des adultes !»

L’avis de la Papote

Aaaaaah, Matilda, Matilda… C’était LE film de mon enfance. Aujourd’hui encore, je pourrais vous réciter les dialogues que je connais sur le bout des doigts, vous chantonner la bande originale et vous décrire le scénario comme si c’était moi qui l’avais écrit ! Matilda était l’un de ces films qui tournait en boucle pendant mes devoirs, mes sessions de jeux, de dessins, comme un bruit de fond rassurant. Je ne savais évidemment pas à l’époque que cette oeuvre génialissime du grand écran était en fait tirée d’un livre. C’est seulement lors de ma découverte de Roald Dahl, bien des années plus tard, que je l’ai appris.

J’avais très envie de revoir le film cette année, une façon indéniable de replonger l’histoire de quelques instants dans les tendres souvenirs de mon enfance. Mais, en bonne passionnée de lecture que je suis, j’ai plutôt pris le parti de suivre l’exemple de Matilda et de me réfugier dans le livre.

Matilda est une petit fille de 5 ans qui, avouons-le, n’a pas eu beaucoup de chance jusqu’à présent. Née dans une famille qui ne pense qu’à la réussite financière, peu importe le chemin (honnête ou pas) pour y arriver, elle passe son temps à fuir les émissions de télévision sans grand intérêt et se réfugie à la bibliothèque pour dévorer les livres. Parce que, oui, à 5 ans, Matilda lit du Charles Dickens. Si, Si.

– Papa, dit-elle, tu crois que tu pourrais m’acheter un livre?

– Un livre? dit-il. Qu’est-ce que tu veux faire d’un livre, pétard de sort !

– Le lire, papa.

– Et la télé, ça te suffit pas? Vingt dieux! on a une belle télé avec un écran de 56, et toi tu réclames des bouquins! Tu as tout de l’enfant gâtée, ma fille.  (p.11-p.12)

J’ai bien évidemment adoré cette lecture. J’étais rassurée de constater que le film est assez fidèle à l’oeuvre originale de Roald Dahl. Immersion totale et réussie donc dans cet univers que j’adorais tant! A l’exception de quelques ajouts de scènes et de quelques personnages secondaires, on s’y retrouve complètement. Notamment ce fameux Bruce, qui a eu le malheur de manger une part du gâteau au chocolat de Mlle Legourdin. Vous vous souvenez de cette scène? Eh bien dans le livre, en tout cas dans la traduction française, ce petit garçon s’appelle… Julien. Mouais.

Les personnages sont tels que je les percevais dans le film : une Matilda attachante et désireuse d’évoluer malgré le milieu familial très peu adapté à ses besoins, des Verdebois complètement à côté de la plaque, en bons spécimens de la société de consommation, une Mlle Candy adorable, douce, empathique et dévouée à son métier et, ne l’oublions pas celle-là, une Mlle Legourdin ignoble, sans vergogne, directrice impitoyable qui n’hésite pas à user de sa position de supérieure pour faire régner la terreur dans son établissement.

J’ai encore une fois été séduite par l’écriture de Roald Dahl. Un véritable conteur d’histoires, avec des phrases simples mais vraies, des dialogues finement construits, une construction rythmée. J’ai retrouvé les thèmes si chers à son coeur : un enfant incompris, à qui il arrive des aventures extraordinaires, une remise en question de la société avec une emphase sur les déboires de la télévision, peut-être aussi une remise en question du système scolaire et, bien sûr, une belle HAPPY END comme on les aime.

Bref, malgré la date de parution de ce roman (1988, cette histoire est plus âgée que moi!), je l’ai trouvé d’une actualité cinglante. Ce n’est pas ça, la définition d’un classique de la littérature? Un livre qui traverse le temps sans prendre une ride?

Amateur d’excellente littérature jeunesse, régalez-vous avec Matilda de Roald Dahl. Encore un conte merveilleux, des thèmes on ne peut plus actuels, une histoire qui ravira petits et grands et qui continuera de persister. Belle lecture!

Notation : ♥♥♥♥

La voyageuse: tome 1 – Iman Eyitayo

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Auteur : Iman Eyitayo

Edition : CreateSpace

Genre : Romance – Fantastique

Langue originale : Français

Date de parution : 2017

Nombre de pages : 248

ISBN : 978-1548588687

Résumé

«À 18 ans, Kanyin vient de terminer son lycée avec brio et ne tient plus en place à l’idée d’entrer enfin à l’université. Toutefois, lorsque sa mère lui annonce qu’elle doit passer ses vacances au Bénin, auprès de son père, sa bonne humeur s’évapore. Ce dernier étant constamment accaparé par son métier de chirurgien, la jeune fille s’attend à deux mois d’ennui et de solitude. Elle ne prévoyait certainement pas retrouver un vieil ami d’enfance dans une situation plus qu’inattendue : dans le coma. Et elle s’attendait encore moins à ce qu’en le touchant, elle se retrouve projetée dans un endroit des plus étranges…»

L’avis de la Papote

Cette fois-ci, c’est l’autrice qui m’a directement proposé de découvrir le premier tome de « Voyageuse », une romance fantastique young adult. Avouez-le, vous aussi vous auriez accepté sans hésitation à la lecture de ce résumé. Parce que même si la romance et moi on n’est pas très copains, il faut bien dire ce qui est : se retrouver dans un autre monde simplement en touchant un jeune homme dans le coma, c’est assez intriguant… C’est donc plutôt le côté fantastique de l’intrigue qui m’a happée.

Nous suivons donc Kanyin, la narratrice, une jeune fille de 18 ans qui se voit forcée de passer l’été avec son-père-le-chirurgien-qui-ne-fait-que-bosser. En arrivant au Bénin, elle découvre que l’un de ses meilleurs amis d’enfance, Jun (pour qui elle avait le béguin OF COURSE), est dans le coma depuis deux semaines. Rusant pour lui rendre visite, elle se retrouve bien malgré elle emportée dans un monde parallèle après avoir touché le bracelet qu’il portait au poignet. Evidemment, les aventures qui vont suivre seront loin d’être de tout repos…

Je clignai des yeux sans comprendre pendant un long moment. Puis, je m’extirpai de la voiture et rejoignis mon père, qui ouvrait les portes du garage :

– Comment ça, dans le coma?

La nouvelle n’avait aucun sens. Jun n’avait que dix-neuf ans, pourquoi serait-il dans un tel état? (p.22)

J’ai passé un très bon moment de lecture avec cet ouvrage. La construction du récit m’a, je dois l’avouer, complètement surprise. J’ai dévoré les pages les unes après les autres, avide de savoir ce qui allait se dérouler sous mes yeux. Un petit page turner qui fait du bien au moral pendant l’été!

L’univers construit est très intéressant bien que difficilement visualisable, si vous voyez ce que je veux dire par là. Selon moi, il manquait quelques descriptions supplémentaires pour rendre le tableau plus clair et moins confus. J’ai parfois ressenti quelques difficultés à imaginer l’endroit… Si vous aimez la culture asiatique, je pense que vous pourriez être séduit par ce monde parallèle. Il y a notamment de nombreuses allusions aux caractères chinois et aux signes astrologiques qui constituent des éléments primordiaux de l’intrigue. Encore une fois, ne vous attendez pas à un univers extrêmement fouillé, mais c’est plaisant à lire malgré tout.

Pour ce qui est de l‘écriture, rien de transcendant au niveau du style employé. Simple mais efficace, suffisant pour un livre Young Adult. Si vous recherchez une écriture marquée, incisive ou au contraire douce et poétique, passez votre chemin! Ce n’est pas pour ça qu’il faut lire « La voyageuse », mais bien pour la construction du récit et l’intrigue qui valent le coup d’être découverts.

Un petit point concernant les personnages. Les deux protagonistes principaux, Kanyin et Jun, m’ont bien souvent agacée de par leur comportement que j’ai rarement compris. Les jet’aime-moi-non-plus, ça m’a un peu gavé… Je pense sincèrement que les adolescents et très jeunes adultes peuvent s’y retrouver, mais à mon âge (ça va hein, j’ai pas encore 30 ans ^^) ça ne l’a pas fait du tout. Certains personnages secondaires m’ont parus mieux construits, plus réalistes et moins clichés. Après, c’est une question de feeling !

Malgré les quelques petits bémols cités dans cette chronique, je vous invite évidemment à découvrir le travail de l’autrice (sur son site ici) et à vous lancer dans ce premier tome de saga afin de vous en faire votre propre avis! L’important, c’est que j’ai passé un très bon moment en compagnie de Kanyin, Jun et les autres et que, malgré tout, j’ai quand-même envie de connaître la suite de l’histoire …

La voyageuse, premier tome d’une saga fantastique Young Adult, vous transportera dans un univers original bien que trop peu exploité à mon goût. Un très bon page turner qui vous fera passer un agréable moment !

Notation : ♥♥♥♥♥