La princesse des glaces – Camilla Läckberg

La_Princesse_des_glaces

Auteur : Camilla Läkberg

Edition : Babel noir

Genre : Policier

Langue originale : Suédois

Date de parution : 2012

Nombre de pages : 509

ISBN : 978-2-330-00656-3

Résumé

« Erica Falk, trentenaire installée dans une petite ville paisible de la côte ouest suédoise où elle écrit des biographies, découvre le cadavre aux poignets tailladés d’une amie d’enfance dans une baignoire d’eau gelée. Impliquée malgré elle dans l’enquête, Erica est vite convaincue qu’il ne s’agit pas d’un suicide. Sur ce point – et sur beaucoup d’autres -, l’inspecteur Patrik Hedström, amoureux transi, la rejoint. Stimulée par cette flamme naissante, Erica se lance à la conquête de la vérité et met au jour, dans la petite société provinciale qu’elle croyait bien connaître, des secrets détestables. Bientôt, on retrouve le corps d’un peintre clochard – encore une mise en scène de suicide… »

L’avis de la Papote

Souvenez-vous. Il y a plusieurs mois de cela, je vous clamais le coup de coeur ressenti à la découverte du livre « Le tailleur de pierre » écrit par Camilla Läckberg, que j’avais écouté en format audio (par ici). J’avais adoré la noirceur des thèmes abordés, les nombreux voyages entre les époques, la profondeur des personnages. Souvenez-vous aussi que je m’étais promis de commencer par le premier tome de cette longue série de polars, « La princesse des glaces », rapidement et de lire la suite dans l’ordre chronologique de parution. Je dois vous avouer qu’entre-temps, j’ai écouté le huitième opus, « La faiseuse d’anges », tout simplement parce que je ne pouvais pas résister à la tentation. Je ne vous l’ai pas chroniqué sur le blog, le temps a passé et sans traces écrites de l’histoire, j’ai bien peur que mon avis soit des plus flous. Soit, passons les détails, l’important est que je me suis enfin lancée dans ce premier tome, en livre papier cette fois-ci, et l’heure est venue de vous en parler !

Nous faisons la rencontre d’Erica Falk, autrice reconnue de biographies, revenue dans sa maison natale de Fjällbacka à la mort de ses parents. Alors qu’elle découvre le cadavre de sa meilleure amie d’enfance, les poignets tailladés dans sa baignoire, le corps recouvert de glace suite à une panne de chaudière, elle décide de mener l’enquête bien malgré elle, avec l’aide de Patrik Hedström, jeune policier ambitieux et… amoureux.

La maison était abandonnée et vide. Le froid pénétrait le moindre recoin. Une fine pellicule de glace s’était formée dans la baignoire. La peau de la femme avait commencé à prendre une teinte légèrement bleutée. C’est vrai, elle ressemblait à une princesse, là dans la baignoire. Une princesse des glaces. (p.9)

Certes, même lorsque les tomes peuvent tout à fait se lire dans un ordre aléatoire, je préfère quand-même commencer par le premier. It makes more sense. Maiiiis je dois dire qu’il y a malgré tout quelques points positifs dans le fait de lire des tomes plus avancés avant de retourner au premier. J’ai vraiment apprécié l’expérience de retrouver Erica à ses tous débuts alors que je savais pertinemment comment elle allait devenir plus tard dans sa vie. Comme si, accompagnée de ma boule de cristal, je pouvais prédire la suite de son évolution en fonction des éléments déjà connus. Plutôt cool !

Là encore, on retrouve des thèmes vraiment très noirs et dérangeants. Je ne vous en dirai pas beaucoup plus parce que je risquerais de vous dévoiler quelques mystères avant même le commencement de votre lecture. Le résumé au dos du roman en dévoile déjà un peu trop à mon goût. C’est le troisième livre que je lis de cette série, et encore une fois, Camilla ne plaisante pas avec ses personnages et leur passé. Loin d’être glauquissime, cela reste difficile à aborder.

L’écriture reste très simple, sans chichi, sans fioriture, tout en étant travaillée. C’est une bonne brique, mais elle se dévore en un rien de temps! Pas de lenteur, un bon suspense, des pistes que l’on élabore et qui éclatent finalement en mille morceaux, bref, tout ce qu’on attend d’un bon roman policier. Petit plus : certains passages m’ont fait hurler de rire ! Voyez plutôt :

Patrik avait le cœur étrangement léger et il grimpa quatre à quatre l’escalier de chez Dagmar Petrén. Arrivé en haut, il fut cependant obligé de souffler un instant, plié en deux les mains sur les genoux. Il n’avait plus vingt ans. La femme qui ouvrit la porte non plus, définitivement. Il n’avait rien vu d’aussi petit et fripé depuis la dernière fois qu’il avait ouvert un sachet de pruneaux. (p.192)

Redoutablement efficace !

La princesse des glaces est le premier opus d’une longue série de romans policiers suédois prometteurs. Comme moi, vous tomberez indéniablement sous le charme de cette ville côtière, de ses hivers sans fin, de ses habitants et surtout, de leurs innombrables secrets… Affaire à suivre !

Notation : ♥♥♥♥

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Frankenstein ou le Prométhée moderne – Mary Shelley

2940014048446_p0_v1_sAuteur : Mary Shelley

Edition : Feedbooks (numérique)

Genre : Classique Science-fiction

Langue originale : Anglais

Date de parution : 1818

Nombre de pages : 233

ISBN : –

Résumé

«Victor Frankenstein ! C’est l’inventeur, le savant maudit ! A quinze ans, il est témoin d’un violent orage : foudre, traînée de feu, destruction d’un chêne… Son destin est tracé. Après des années de labeur, il apprend à maîtriser les éléments ; l’alchimie est pour lui une seconde nature. Bientôt il détient le pouvoir de conférer la vie à la matière inerte. Nuit terrible qui voit la naissance de l’horrible créature faite d’un assemblage de cadavres ! L’oeuvre de Frankenstein. Un monstre ! Repoussant, inachevé mais doté, d’une force surhumaine et conscient de sa solitude. Échappé des ténèbres, il va, dans sa détresse, semer autour de lui crimes et désolation. D’esclave qu’il aurait dû être, il devient alors le maître, harcelant son créateur. Il lui faut une compagne semblable à lui… Pour Frankenstein, l’enfer est à venir….»

L’avis de la Papote

Celui-là, je me le gardais bien au chaud pour Halloween. Frakenstein, grand classique de la littérature anglaise du XIXè siècle, fait partie intégrante de l’imaginaire collectif. Bien que, souvent, le nom de Frankenstein soit associé à la créature, et non au créateur. Grossière erreur. C’est donc vers la fin du mois d’octobre 2017 que je me suis plongée dans cette lecture très courte qui m’intriguait depuis plusieurs années.

Frankenstein est devenu un éminent scientifique, reconnu de tous. Il a le projet secret (et, soit dit en passant, complètement barré) de créer un être vivant à partir de chair morte. Ses efforts le menèrent jusqu’à ce jour fatidique où la créature qu’il avait imaginée prend vie devant lui. Effrayé par ce monstre, il l’abandonne à son sort.

L’événement que nous venons de vivre est si étrange que je ne peux pas m’empêcher de vous le rapporter, même s’il est probable que nous allons nous revoir avant même que cette lettre soit parvenue en votre possession. […] Nous distinguâmes un chariot bas, fixé sur un traîneau et tiré par des chiens, passer au nord, à la distance d’un demi-mille. Une silhouette de forme humaine, de toute apparence de stature gigantesque, était assise dans le traîneau et guidait les chiens. (p.19)

La construction du récit est pour le moins originale, et c’est un gros point positif que j’ai envie de souligner. Nous assistons, nous lecteurs, à une correspondance entre un navigateur et sa soeur (uniquement les lettres du navigateur pour le coup), qui raconte en différé le récit de Victor Frankenstein. Brillant !

Lorsque je suis arrivée au bout de ma lecture, je savais qu’il fallait la laisser décanter quelques semaines. La digérer. Pourquoi, me direz-vous? Parce que je sentais que le message délivré était important, qu’il soulevait des interrogations on ne peut plus actuelles malgré l’âge avancé du roman, et que malgré cela, j’étais agacée. Oui oui, c’est le mot. Il y a deux aspects qui m’ont particulièrement dérangée pendant ma lecture, et ils prenaient tout le dessus. Je ne voulais pas rester sur cette impression pour le chroniquer, alors j’ai attendu. Et j’ai bien fait. La preuve? Je me souviens aujourd’hui du message incroyablement puissant de l’autrice, et non des petits désagréments qui ont pollué ma lecture.

La première critique que je pourrais faire concerne le personnage de Frankenstein lui-même. Je n’ai pas vraiment pu m’attacher à ce savant déterminé qui, après avoir réalisé l’un de ses plus grands rêves de scientifique, se plaint lamentablement à chaque page. Je peux concevoir qu’en voyant l’horreur qu’il avait créée, il prenne peur et regrette son geste. Mais de là à se morfondre tout le long du récit, ça m’a un peu gavé, let’s be honest. J’ai tellement regretté sa réaction ! Bien sûr qu’une créature faite de chair morte ne peut rivaliser avec Leonardo DiCaprio dans le Titanic (si si, j’ai osé), mais de la part de son créateur, j’aurais aimé qu’il s’intéresse à elle, qu’il tente de la guider, de lui apprendre le monde. Oui, Frankenstein a pris peur. Mais je ne pouvais m’empêcher de penser : « et la créature alors? Tu ne crois pas qu’elle a peur elle aussi? Elle n’a rien demandé à personne, merde! ». Voilà. C’est mon côté hypersensible. J’ai préféré de loin le personnage de la créature, totalement prise d’empathie pour elle. Au fond, était-elle si monstrueuse? N’est-ce pas le rejet de son créateur et des autres êtres humains qui est à la base de sa noirceur? Avait-elle tous les outils à portée de main pour évoluer différemment? Waouw, c’est vrai que ce livre questionne !

La deuxième et dernière critique concerne plutôt la forme que le fond, et plus particulièrement l’édition gratuite en Ebook avec laquelle j’ai découvert l’oeuvre. Je ne les ai pas comptabilisées, mais il devait y avoir pas moins de trente coquilles sur l’entièreté du bouquin. Pas des petites coquilles qui peuvent passer inaperçu! Non, des coquilles grosses comme des oeufs d’autruche! Et ça, ça a le don de m’agacer au plus haut point. D’ailleurs, si vous avez une chouette édition à me conseiller, j’aimerais beaucoup relire Frankenstein dans une version plus soignée, peut-être avec une étude de l’oeuvre en post-face?

Malgré tout, je pense très sincèrement que Frankenstein est une oeuvre qui doit être lue, qui doit être étudiée, tant elle relate des thèmes universels. J’aurais beaucoup aimé la découvrir en cours, avec une étude plus approfondie de l’étendue des messages véhiculés par ce livre. Je le relirai, c’est certain.

L’année 2018 signe le bicentenaire de l’oeuvre de Mary Shelley, et Frankenstein ou le Prométhée moderne n’a pas pris une ride. Choisissez votré édition avec soin, questionnez-vous, pleurez, souffrez avec cette créature incomprise qui a su me toucher et m’émouvoir. Et puis, revenez sur le blog pour en discuter !

Notation : ♥♥♥♥♥

Malenfer 1 : La forêt des ténèbres – Cassandra O’Donnel

couv59475289Auteur : Cassandra O’Donnel

Edition : Flammarion jeunesse

Genre : Fantasy Jeunesse

Langue originale : Français

Date de parution : 2014

Nombre de pages : 216

ISBN : 978-2-0813-4432-7

Tome 2 La source magique

Résumé

«Malenfer, la forêt maléfique, grandit et s’approche chaque jour davantage de la maison où vivent Gabriel et sa petite sœur Zoé. Seuls depuis le départ de leurs parents, partis chercher de l’aide en terre de Gazmoria, les enfants doivent faire face aux ténèbres qui recouvrent lentement Wallandar. Mais aussi à un tout nouveau danger : ni les visions de Zoé, ni ses pouvoirs magiques ne parviennent encore à l’identifier.»

L’avis de la Papote

Malenfer est une petite saga jeunesse qui fait beaucoup parler d’elle sur la blogo. Très souvent pendant mes escapades en librairie, les couvertures attisaient ma curiosité et, je ne sais pour quelle raison, je les reposais systématiquement sans parvenir à les ramener chez moi. Il faut dire ce qui est, Jérémie Fleury a fait un travail d’illustration incroyable, impossible de passer à côté. Finalement, c’est mon petit frère qui m’a offert les trois premiers tomes de cette série parue en quatre opus, et outre la beauté de son geste (dois-je rappeler qu’il est un non lecteur accompli?), j’étais très impatiente de découvrir le contenu de ces petits bijoux.

Nous suivons les aventures de Gabriel et Zoé, frère et soeur, qui vivent à l’orée d’une forêt maléfique, Malenfer, qui prend de l’ampleur à chaque instant et engloutit tout sur son passage. Afin d’obtenir l’aide d’un grand sorcier pour venir à bout de ces arbres destructeurs, les parents des deux enfants se sont absentés, laissant Gabriel et Zoé seuls à la maison depuis près de deux mois. Lorsqu’un camarade de classe disparaît dans les profondeurs du lac qui entoure leur école, Gabriel et Zoé, avec l’aide de quelques amis, décident de fourrer leur nez là où ils ne devraient pas …

 

Gabriel fut réveillé au petit matin par une sensation de froid intense. Il alluma sa lampe de chevet, se tourna vers sa petite soeur Zoé qui dormait dans le lit jumeau en face du sien et lui lança un oreiller sur la tête. Elle ouvrit aussitôt les yeux et posa sur lui un regard interrogateur.

– Que se passe-t-il?

– Les dévoreurs se rapprochent. Je le sens, dit-il d’une voix angoissée.

Zoé pinça les lèvres puis son regard s’échappa vers la fenêtre et la forêt de Malenfer. Les dévoreurs, les arbres magiques qui entouraient leur maison, s’approchaient de jour en jour en mangeant tout sur leur passage : les animaux, les humains et même les insectes. (p.7-8)

J’aimerais préciser d’emblée le contexte d’écriture très particulier de ce roman. Cassandra O’Donnel a basé la construction de cette saga sur les désirs de jeunes enfants de CM1/CM2 (4ème et 5ème primaire pour nous les belges), après leur avoir présenté les méthodes de construction d’une histoire. Plutôt sympathique comme projet de classe, non?

J’ai passé un bon moment de lecture avec ce premier tome, même si je peux vous le dire en toute transparence, ça ne casse pas trois pattes à un canard. On est loin de la profondeur de « A la croisée des mondes » de P. Pullman, certes. C’est très jeunesse, certes. C’est très survolé, on est d’accord. Mais en même temps, si c’est ce que veulent les lecteurs de 10 ou 11 ans, WHY NOT?

Je ne suis évidemment pas du tout le public visé pour ce genre de lecture, et c’est très compliqué de se mettre dans la peau de l’enfant que l’on était à 9 ans, mais une fois de temps en temps, ça fait du bien de prendre un peu de bon temps littéraire sans se prendre la tête. Et c’est exactement comme ça qu’il faut le voir. Malenfer, c’est pas OUF, mais c’est cool quand-même.

Il y a quelques rebondissements, des histoires de différences, de tolérance, de quête d’identité, de magie. Un directeur d’école qui se trouve être un loup-garou. Une infirmière sorcière. Bref, je pense que l’enfant de 9 ans qui sommeille en moi aurait été très satisfaite de sa lecture et le tome 2 sera lu très prochainement !

A noter : ce premier tome a été adapté en bande dessinée, il paraîtra le 17 janvier 2018 toujours chez Flammarion jeunesse !

Malenfer 1 : la forêt des ténèbres démarre bien la saga. Conseillé pour un public très jeune, il ne répondra probablement pas à vos attentes si vous vous attendiez à un chef d’oeuvre de la littérature jeunesse. Néanmoins, à lire avec ses enfants, ses frères et soeurs, nièces, neveux ou autres cousins et cousines, il vous fera passer un très chouette moment de lecture!

Notation : ♥♥♥♥♥

Origine – Dan Brown

couv70090563Auteur : Dan Brown

Edition : JC Lattès

Genre : Thriller

Langue originale : Anglais

Date de parution : 2017

Nombre de pages : 564

ISBN : 978-2-7096-5980-2

Résumé

«Robert Langdon, le célèbre professeur en symbologie, arrive au musée Guggenheim de Bilbao pour assister à la conférence d’un de ses anciens élèves, Edmond Kirsch, un éminent futurologue spécialiste des nouvelles technologies. La cérémonie s’annonce historique car Kirsch s’apprête à livrer les résultats de ses recherches qui apportent une réponse stupéfiante aux questions fondamentales sur l’origine et le futur de l’humanité. Ma la soirée va brusquement virer au cauchemar. Les révélations de Kirsch risquent d’être perdues à jamais. Contraint de quitter précipitamment Bilbao, Langdon s’envole pour Barcelone en compagnie d’Ambra Vidal, la directrice du musée. Ensemble, ils vont se lancer en quête d’un étrange mot de passe qui permettra de dévoiler au monde la découverte de Kirsch.»

L’avis de la Papote

Quatre ans, les amis ! Quatre ans que j’attendais ce nouveau roman de Dan Brown, l’un des auteurs que je chéris le plus au monde! Aussitôt disponible en librairie, aussitôt procuré, aussitôt lu, cela va sans dire. Mon état d’excitation était tel que je ne pouvais me résoudre à attendre. Et même si cette dernière aventure de Robert Langdon n’a pas détrôné la place d’Inferno sur la première marche du podium, elle m’a fait passer un vrai moment de plaisir de lecture. Je me suis régalée du début à la fin !

Robert Langdon, notre très cher professeur en symbologie, est invité à une conférence menée par l’un de ses anciens élèves et célèbre scientifique, Edmond Kirsh, qui promet au monde entier la réponse à ces deux questions existentielles : d’où venons-nous? Où allons-nous? Evidemment, tout ne va pas se passer comme prévu et Langdon se verra emporté dans une course contre la montre afin que les révélations de Kirsch ne tombent pas dans l’oubli !

Le vieux train à crémaillère gravissait la pente raide. Edmond Kirsh observait la crête déchiquetée. Au loin, accroché à la falaise, le monastère en pierre semblait suspendu dans le vide, comme s’il ne faisait qu’un avec la paroi verticale. Ce sanctuaire de Catalogne résistait à la gravité depuis plus de quatre siècles, sans jamais faillir à sa mission : couper ses occupants du monde extérieur. Et pourtant, ils vont être les premiers avertis ! songea Kirsch. (p.13)

Si vous vous attendiez à une quelconque innovation avec ce nouveau roman, il n’en sera rien, je peux vous le garantir. Dan Brown utilise toujours la bonne vieille recette de toutes les autres fictions faisant intervenir le professeur Langdon. Le schéma est répétitif, mais il faut s’y attendre avec l’auteur. C’est comme ça ! La science contre la religion, le rythme effréné, les mystères, la course contre la montre, les organisations secrètes, tout ça est encore une fois bien représenté dans ce roman.

Cela dit, Dan Brown a tout de même osé prendre quelques libertés avec « Origine », et bien que j’en fus décontenancée au premier abord, j’ai compris qu’au final, tout était très cohérent. Je m’explique :

Alors que les autres opus écrits par l’auteur étaient relativement traditionnels, celui-ci laisse une part très importante aux nouvelles technologies et autres moyens de communication modernes : médias, réseaux sociaux, intelligence artificielle. Ponctuellement, au sein du roman, vous verrez donc apparaître un bulletin d’information paru sur internet, donnant les dernières informations en direct. Ou des passages mettant en avant la rapidité avec laquelle les infos sont relayées sur les réseaux sociaux. Ce roman, plus que les autres, est davantage ancré dans notre époque, met en avant la place prépondérante de la technologie dans nos vies.

Le message du livre est très fort, quand on prend le temps de se questionner sur les découvertes scientifiques de Kirsch. D’autant plus quand, au tout début du bouquin, ce message est adressé aux lecteurs :

« Tous les lieux, oeuvres, théories scientifiques et organisations religieuses cités dans cet ouvrage sont authentiques. »

Bien que je ne vous révélerai pas la nature de ces découvertes (et bien que cela reste une théorie), cela fait réfléchir, il n’y a aucun doute sur la question.

Autre petit point que j’avais envie de souligner concernant cette lecture, c’est l’endroit où toute l’action se produit. Une grande première pour Dan Brown : l’intrigue se déroule en Espagne, plus précisément à Barcelone ! Encore une fois, la part belle est faite à l’histoire de l’art et aux anecdotes historiques, pour mon plus grand plaisir. Gaudi est bien évidemment mis à l’honneur, et tout cela m’a juste donné envie de partir à la découverte de cette ville incroyablement riche et surprenante!

Vous l’aurez compris, cette lecture a encore une fois été à la hauteur de mes attentes. Dan Brown est le seul auteur à ce jour dont j’ai lu tous les ouvrages, et il m’émerveille à chaque fois !

Origine de Dan Brown ne vous décevra pas si vous êtes de grands adeptes de l’auteur. Les ingrédients magiques qui en font des thrillers hors du commun sont tous réunis dans cette nouvelle aventure du professeur Langdon. Partez à la découverte des origines et du futur de l’humanité, avec à la clé une réflexion profonde sur notre attachement aux technologies modernes.

Notation : ♥♥♥♥

C’est quand la Saint-Nicolas ? – Luc Foccroulle & Annick Masson

Couv-C-est-quand-la-Saint-NicolasScénario : Luc Foccroulle

Illustrations : Annick Masson

Edition : Mijade

Langue originale : Français

Genre : Album jeunesse

Date de parution : 2017

Nombre de pages : 32

ISBN : 978-2-8077-0018-5

Quatrième de couverture

« Patrick et Michel ont été très sages, ils attendent avec impatience le plus beau jour de l’année… « Mais, c’est quand la Saint-Nicolas? » Une histoire tendre et amusante pour faire rêver les enfants et rappeler de délicieux souvenirs aux parents. »

L’avis de la Papote 

Ce très joli album m’a été envoyé par les éditions Mijade. Pour vous, lecteurs français, la fête de la Saint-Nicolas ne revêt probablement pas la même importance qu’ici, en Belgique, ou encore en Suisse. Pour nous, la Saint-Nicolas est une fête très attendue par tous les enfants sages!

Pour celles et ceux qui ne savent pas du tout de qui je parle, Saint-Nicolas est un personnage emblématique qui apporte des cadeaux et des friandises aux enfants méritants le 6 décembre de chaque année. Il est accompagné de son âne et de Père Fouettard, un compagnon de route dont le rôle est de corriger les enfants qui n’ont pas été sages… Aïe.

Vous imaginez donc l’état d’effervescence actuelle dans le coeur des petits bambins belges ! Il sont surexcités, impatients et certains enfants ont soudainement l’envie de se rendre utile et de soigner leur comportement. Sait-on jamais, Saint-Nicolas voit tout depuis son nuage !

« C’est quand la Saint-Nicolas? » est un album tout doux qui explore l’attente fébrile de ce jour de décembre. Les traditions répandues de la Saint-Nicolas sont reprises au travers de cette histoire : la visite de Saint-Nicolas à l’école, l’attente de la venue du grand Saint à la maison, la rédaction de la lettre de souhaits, les friandises dans les souliers, le verre de whisky et la carotte pour l’âne, la chanson de Saint-Nicolas et enfin l’arrivée du grand jour tant attendu !

L’histoire en elle-même reste très simple et relativement banale, mais c’est avec certitude que je peux vous avancer qu’elle plaira aux enfants (tests à l’appui, mes petits patients l’ont adoré!). J’ai beaucoup aimé la douceur des illustrations de Annick Masson. Je vous insère quelques dessins, pour que vous puissiez juger par vous-même de la beauté des planches !

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Je ne sais pas vous, mais moi je trouve la lettre pour Saint-Nicolas trop chou !

C’est quand la Saint-Nicolas? est un album centré sur la visite du grand Saint et ses traditions telles qu’elles le sont depuis des années en Belgique. Ne vous attendez pas à découvrir la véritable histoire de Saint-Nicolas, il ne s’agit pas de cela. Ce livre fera surtout patienter les petits papoteurs en attendant de recevoir leurs cadeaux !

La tour des anges – Philip Pullman

product_9782070541898_195x320Auteur : Philip Pullman

Edition : Folio Junior

Genre : Fantasy Jeunesse

Langue originale : Anglais

Date de parution : 1997

Nombre de pages : 404

ISBN : 978-2-07-054189-8

Tome 3 Le miroir d’ambre

Résumé

« Le jeune Will, à la recherche de son père disparu depuis de longues années, est persuadé d’avoir tué un homme. Dans sa fuite, il franchit une brèche presque invisible qui lui permet de passer dans un monde parallèle. Là, à Cittàgaze, la ville au-delà de l’Aurore, il rencontre Lyra. Ensemble, les deux enfants devront lutter contre les forces obscures du mal et, pour accomplir leur quête, pénétrer dans la mystérieuse tour des Anges.»

L’avis de la Papote

Souvenez-vous. En juin dernier, je vous chantais (ou plutôt je vous tapais sur le clavier de mon ordinateur. Hum) les louanges du premier tome de la saga « A la croisée des mondes : les royaumes du Nord » de Philip Pullman dans cet article (ici). Tout m’avait plu dans ce premier opus : l’univers, les personnages, la plume, les concepts, la réflexion. Je vous quittais en laissant entendre que j’entamerais le deuxième tome en hiver. Eh bien puisque je vous en fais la chronique maintenant, c’est que je n’ai pas pu résister bien longtemps. Et encore, je vous en parle un peu tard, puisque je l’ai lu au mois de septembre. C’est tellement rare quand je lis une saga entièrement (oups, spoiler alert, j’ai déjà lu le tome 3 pardi!) en si peu de temps. C’est la meilleure preuve que je puisse vous donner de la qualité de cette série jeunesse!

Si le premier tome commençait directement dans un monde différent du nôtre avec la petite Lyra, dans ce deuxième opus nous découvrons un nouveau personnage, Will, qui fait partie de notre monde à nous. Alors que deux hommes s’introduisent chez lui pour dérober un bien précieux, Will s’enfuit, après avoir violemment poussé l’un d’entre eux. Dans la rue, alors qu’il cherche un endroit sûr pour se cacher, il découvre une ouverture vers un autre monde.

De nouveau, le chat fit un bond en arrière, mais moins brutalement, avec moins de frayeur cette fois. Après quelques secondes de reniflements, de coups de patte timides, de tressaillements de moustaches, la curiosité l’emporta sur la méfiance. Le chat s’avança … et disparut. Will demeura bouche bée. (p.23)

De toute la saga, je peux vous affirmer que ce deuxième tome est de loin mon préféré. Je pense que la raison principale réside dans l’absence de longueurs, du début à la fin. L’histoire commence dans le vif du sujet, se poursuit avec de très nombreuses scènes d’action, et se termine sur un tel Cliff Hanger que j’ai dû enchaîner de suite avec le troisième tome, sans interruption ! J’ai adoré me retrouver dans notre monde, et j’ai obtenu beaucoup de réponses aux questions que je me posais après avoir refermé le premier opus. Certains termes très spécifiques dans le monde de Lyra, que je ne comprenais qu’à moitié, ont enfin trouvé leur traduction dans notre langage propre. Toute la lumière est faite sur l’existence de mondes parallèles, et les liens se font très vite. Ce tome est loin de la critique habituelle faite aux seconds d’une saga, à savoir qu’ils seraient des liaisons entre le premier et le troisième tome.

Le personnage de Will est particulièrement bien réussi. Il ne fait pas l’unanimité sur la blogo, mais personnellement, je l’ai adoré ! Alors certes, il a parfois des comportements que l’on pourrait qualifier de *pas terrible* (quand il ordonne à Lyra de faire la vaisselle, par exemple. Mouais.), mais il m’a beaucoup plu. Mme Coulter est toujours aussi méprisante, cela va de soi. Les nouveaux personnages sont également incroyablement  bien dépeints! Bref, vous l’aurez compris, je n’ai pas grand-chose à redire à ce niveau-là.

Encore une fois, le deuxième niveau de lecture est assez spectaculaire dans cette histoire. Les enfants se délecteront de l’intrigue passionnante, mais les adultes se questionneront sur des concepts absolument fascinants. Les Spectres, par exemple, qui se nourrissent de poussière et attaquent les adultes en épargnant complètement les enfants, sont terrifiants et présentent beaucoup de points communs avec les détraqueurs de J.K. Rowling.

– Quand un Spectre attrape un adulte, ce n’est pas beau à voir. Il lui mange toute la vie à l’intérieur, en quelques secondes. Je n’ai pas envie de devenir grande, vous pouvez me croire. Au début, quand ils comprennent ce qui se passe, les adultes ont peur, ils hurlent, ils pleurent ou ils essayent de regarder ailleurs, pour faire comme si ce n’était pas vrai. Mais c’est déjà trop tard. Et personne ne veut s’approcher pour les aider; ils sont tout seuls. Au bout d’un moment, ils deviennent tout pâles et ils ne bougent plus. Ils sont toujours vivants, mais c’est comme si on les avait dévorés de l’intérieur. Quand on les regarde dans les yeux, on voit l’arrière de leur crâne. C’est tout vide. (p.80-81)

Les messages sont profonds, les sens cachés sont nombreux, les thèmes abordés sont universels et posent question depuis des centaines d’années. Je suis tombée sous le charme de cette saga, j’encourage tout le monde à la lire depuis que je l’ai terminée. Restez connectés, je vous parle du troisième tome très bientôt !

La tour des Anges reste dans la lignée de son prédécesseur : un livre destiné aux petits comme aux plus grands, à la plume incroyablement belle, aux thématiques profondes. Une oeuvre à la densité incroyable, un chef d’oeuvre de la littérature jeunesse. A lire, à relire, à chérir longtemps.

Notation : ♥♥♥♥♥

Sauveur & fils saison 1 – Marie-Aude Murail

Sauveur-fils

Auteur : Marie – Aude Murail

Edition : L’école des loisirs

Genre : Jeunesse

Langue originale : Français

Date de parution : 2016

Nombre de pages : 329

ISBN : 978-2-211-22833-6

Tome 2 Sauveur & fils – saison 2

Résumé

«Quand on s’appelle Sauveur, comment ne pas se sentir prédisposé à sauver le monde entier ? Sauveur Saint-Yves, 1,90 mètre pour 80 kg de muscles, voudrait tirer d’affaire Margaux Carré, 14 ans, qui se taillade les bras, Ella Kuypens, 12 ans, qui s’évanouit de frayeur devant sa prof de latin, Cyrille Courtois, 9 ans, qui fait encore pipi au lit, Gabin Poupard, 16 ans, qui joue toute la nuit à World of Warcraft et ne va plus en cours le matin, les trois soeurs Augagneur, 5, 14 et 16 ans, dont la mère vient de se remettre en ménage avec une jeune femme…
Sauveur Saint-Yves est psychologue clinicien.
Mais à toujours s’occuper des problèmes des autres, Sauveur oublie le sien. Pourquoi ne peut-il pas parler à son fils Lazare, 8 ans, de sa maman morte dans un accident ? Pourquoi ne lui a-t-il jamais montré la photo de son mariage ? Et pourquoi y a-t-il un hamster sur la couverture ?»

L’avis de la Papote

Si vous vous intéressez un tant soit peu aux sorties livresques récentes, vous n’êtes certainement pas passés à côté de cette série de livres trop mignonne, mettant en avant un cochon d’inde (et oui, petit FAIL de la maison d’édition. La bestiole sur la couverture, ce n’est pas un hamster les gars ^^). Sauveur & fils, série jeunesse en quatre tomes (trois tomes sont déjà sortis) écrite par la grande Marie-Aude Murail, fait l’unanimité sur la blogo. Ni une ni deux, comme un gros mouton, je me suis laissée tentée par le premier ouvrage. Et quand Lilian du blog et de la chaîne The book of Lilian (ici et encore ici) m’a proposé de le lire avec lui en lecture commune, je n’ai pas hésité bien longtemps, vous en conviendrez.

Sauveur est un psychologue clinicien Antillais, papa du jeune Lazare. Nous suivons au cours de ce récit le vécu de petits patients aux troubles variés, allant de la scarification à la phobie scolaire en passant par l’énurésie. Mais Sauveur doit lui aussi faire face à la vie et à ses obstacles.

Sauveur ouvrit la porte de la salle d’attente en douceur. Si les gens n’étaient pas prévenus, ils avaient un mouvement de surprise en l’apercevant.

–  Madame Dutilleux?

Madame Dutilleux arrondit les yeux et Margaux baissa les siens.

–  Nous avons rendez-vous. Je suis Sauveur Saint-Yves. C’est par ici. (p.9)

Quelle chouette moment de lecture passé en compagnie de ce livre ! C’est assez déstabilisant au vu des thèmes très forts abordés, mais ce fut pour moi une lecture doudou par excellence. Et je pense que Lilian est du même avis que moi. Dans mon métier, j’ai l’habitude d’être confrontée à toutes sortes de situations sociales précaires et bon nombre des enfants que j’ai eu l’occasion de rencontrer dans le cadre professionnel présentaient des troubles associés à ceux du langage. Ce milieu paramédical, je le connais. Imaginez donc mon intérêt pour les thérapies entreprises dans ce livre.

C’est extrêmement touchant de rencontrer des enfants qui doivent, si tôt déjà dans leur vie, faire face à des situations difficiles. C’est également très important de savoir que le travail d’un psychologue est indispensable dans ces cas-là. Le statut et le rôle des psys est encore aujourd’hui largement méconnu, et bon nombre de parents hésitent encore trop souvent à faire appel à leur service. Avec Sauveur & fils, Marie-Aude Murail dépeint de réelles difficultés actuelles, avec une plume absolument incroyable qui vous fait sourire. Si si, je ne sais pas quelle est sa recette, mais elle est parvenue à me faire rire malgré la noirceur des thèmes abordés ! Nous, lecteurs, avons l’opportunité de nous glisser dans la peau d’une petite souris et d’assister à plusieurs séances de psychothérapie (et ça, Lazare l’a bien compris!), d’observer les bienfaits d’une aide comme celle-là, de prendre conscience de l’importance de l’accompagnement. Rien que pour ça, tout le monde devrait lire ce livre.

J’ai eu un immense coup de coeur pour le personnage de Gabin, cet adolescent de 16 ans qui passe ses nuits sur l’ordinateur, qui fuit les cours et qui se retrouve seul avec une maman très affaiblie psychologiquement. Marie-Aude Murail a réussi à dépeindre avec brio la personnalité de Gabin, les dialogues sont si proches de la réalité, bref un pur kif !

Côté structure, l’autrice a eu l’idée brillantissime de découper son livre en semaines de consultation plutôt qu’en chapitres. Un concept original qui nous plonge dans l’agenda du psy!

Le vendredi matin, Saint-Yves recevait en première heure une maman avec son bébé pleureur. Comme il ne dormait jamais la nuit, elle envisageait la semaine précédente de le jeter par la fenêtre. Ce vendredi, elle parla de se défenestrer elle-même, et Sauveur se demanda si c’était un progrès. Ce fut ensuite le tour d’un papy et d’une mamie à qui leur belle-fille interdisait de voir leurs deux petits-fils. Motif : les grands-parents mangeaient de la viande et allaient à la messe. Elle, elle était végétarienne et athée. « On ne va pas marcher sur la tête pour lui faire plaisir », s’indignaient-ils en choeur. Tous les trois quarts d’heure, Sauveur changeait de drame et d’univers tandis que le niveau de sa boîte à kleenex baissait. ( p.81)

Et puis, même si Sauveur a la vocation d’aider les gens, il n’en reste pas moins un papa et un être humain comme les autres, avec son vécu personnel, ses souffrances, ses désirs aussi. L’histoire de la vie de Sauveur est hyper intéressante, et l’autrice nous en apporte des éléments petit à petit sans trop en dévoiler à chaque fois. Bref, on tourne les pages, on veut savoir ce qui arrive aux patients, à Sauveur, à Lazare, à Gabin. Une pépite !

Vous l’aurez compris, j’ai adoré cette lecture, et j’entame à l’instant le deuxième tome de la série, toujours en lecture commune avec Lilian. On ne refait pas une équipe qui gagne!

Sauveur & fils fait partie de ces ouvrages de la littérature jeunesse qu’il faut mettre entre toutes les mains. Les plus jeunes y verront une occasion d’augmenter leur empathie, de faire la connaissance de personnages en lutte contre la vie. Les plus grands y verront l’opportunité de découvrir l’importance des psychologues, même (et surtout) pour les enfants. 

Notation : ♥♥♥♥