Matilda – Roald Dahl

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Auteur : Roald Dahl

Edition : Folio Junior

Genre : Jeunesse

Langue originale : Anglais

Date de parution : 1988

Nombre de pages : 257

ISBN : 978-2-07-057696-8

Résumé

«A l’âge de cinq ans, Matilda sait lire et a dévoré tous les classiques de la littérature. Pourtant, son existence est loin d’être facile, entre une mère indifférente, abrutie par la télévision et un père d’une franche malhonnêteté. Sans oublier Mlle Legourdin, la directrice de l’école, personnage redoutable qui voue à tous les enfants une haine implacable. Sous la plume acerbe et tendre de Roald Dahl, les événements se précipitent, étranges, terribles, hilarants. Une vision décapante du monde des adultes !»

L’avis de la Papote

Aaaaaah, Matilda, Matilda… C’était LE film de mon enfance. Aujourd’hui encore, je pourrais vous réciter les dialogues que je connais sur le bout des doigts, vous chantonner la bande originale et vous décrire le scénario comme si c’était moi qui l’avais écrit ! Matilda était l’un de ces films qui tournait en boucle pendant mes devoirs, mes sessions de jeux, de dessins, comme un bruit de fond rassurant. Je ne savais évidemment pas à l’époque que cette oeuvre génialissime du grand écran était en fait tirée d’un livre. C’est seulement lors de ma découverte de Roald Dahl, bien des années plus tard, que je l’ai appris.

J’avais très envie de revoir le film cette année, une façon indéniable de replonger l’histoire de quelques instants dans les tendres souvenirs de mon enfance. Mais, en bonne passionnée de lecture que je suis, j’ai plutôt pris le parti de suivre l’exemple de Matilda et de me réfugier dans le livre.

Matilda est une petit fille de 5 ans qui, avouons-le, n’a pas eu beaucoup de chance jusqu’à présent. Née dans une famille qui ne pense qu’à la réussite financière, peu importe le chemin (honnête ou pas) pour y arriver, elle passe son temps à fuir les émissions de télévision sans grand intérêt et se réfugie à la bibliothèque pour dévorer les livres. Parce que, oui, à 5 ans, Matilda lit du Charles Dickens. Si, Si.

– Papa, dit-elle, tu crois que tu pourrais m’acheter un livre?

– Un livre? dit-il. Qu’est-ce que tu veux faire d’un livre, pétard de sort !

– Le lire, papa.

– Et la télé, ça te suffit pas? Vingt dieux! on a une belle télé avec un écran de 56, et toi tu réclames des bouquins! Tu as tout de l’enfant gâtée, ma fille.  (p.11-p.12)

J’ai bien évidemment adoré cette lecture. J’étais rassurée de constater que le film est assez fidèle à l’oeuvre originale de Roald Dahl. Immersion totale et réussie donc dans cet univers que j’adorais tant! A l’exception de quelques ajouts de scènes et de quelques personnages secondaires, on s’y retrouve complètement. Notamment ce fameux Bruce, qui a eu le malheur de manger une part du gâteau au chocolat de Mlle Legourdin. Vous vous souvenez de cette scène? Eh bien dans le livre, en tout cas dans la traduction française, ce petit garçon s’appelle… Julien. Mouais.

Les personnages sont tels que je les percevais dans le film : une Matilda attachante et désireuse d’évoluer malgré le milieu familial très peu adapté à ses besoins, des Verdebois complètement à côté de la plaque, en bons spécimens de la société de consommation, une Mlle Candy adorable, douce, empathique et dévouée à son métier et, ne l’oublions pas celle-là, une Mlle Legourdin ignoble, sans vergogne, directrice impitoyable qui n’hésite pas à user de sa position de supérieure pour faire régner la terreur dans son établissement.

J’ai encore une fois été séduite par l’écriture de Roald Dahl. Un véritable conteur d’histoires, avec des phrases simples mais vraies, des dialogues finement construits, une construction rythmée. J’ai retrouvé les thèmes si chers à son coeur : un enfant incompris, à qui il arrive des aventures extraordinaires, une remise en question de la société avec une emphase sur les déboires de la télévision, peut-être aussi une remise en question du système scolaire et, bien sûr, une belle HAPPY END comme on les aime.

Bref, malgré la date de parution de ce roman (1988, cette histoire est plus âgée que moi!), je l’ai trouvé d’une actualité cinglante. Ce n’est pas ça, la définition d’un classique de la littérature? Un livre qui traverse le temps sans prendre une ride?

Amateur d’excellente littérature jeunesse, régalez-vous avec Matilda de Roald Dahl. Encore un conte merveilleux, des thèmes on ne peut plus actuels, une histoire qui ravira petits et grands et qui continuera de persister. Belle lecture!

Notation : ♥♥♥♥

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La voyageuse: tome 1 – Iman Eyitayo

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Auteur : Iman Eyitayo

Edition : CreateSpace

Genre : Romance – Fantastique

Langue originale : Français

Date de parution : 2017

Nombre de pages : 248

ISBN : 978-1548588687

Résumé

«À 18 ans, Kanyin vient de terminer son lycée avec brio et ne tient plus en place à l’idée d’entrer enfin à l’université. Toutefois, lorsque sa mère lui annonce qu’elle doit passer ses vacances au Bénin, auprès de son père, sa bonne humeur s’évapore. Ce dernier étant constamment accaparé par son métier de chirurgien, la jeune fille s’attend à deux mois d’ennui et de solitude. Elle ne prévoyait certainement pas retrouver un vieil ami d’enfance dans une situation plus qu’inattendue : dans le coma. Et elle s’attendait encore moins à ce qu’en le touchant, elle se retrouve projetée dans un endroit des plus étranges…»

L’avis de la Papote

Cette fois-ci, c’est l’autrice qui m’a directement proposé de découvrir le premier tome de « Voyageuse », une romance fantastique young adult. Avouez-le, vous aussi vous auriez accepté sans hésitation à la lecture de ce résumé. Parce que même si la romance et moi on n’est pas très copains, il faut bien dire ce qui est : se retrouver dans un autre monde simplement en touchant un jeune homme dans le coma, c’est assez intriguant… C’est donc plutôt le côté fantastique de l’intrigue qui m’a happée.

Nous suivons donc Kanyin, la narratrice, une jeune fille de 18 ans qui se voit forcée de passer l’été avec son-père-le-chirurgien-qui-ne-fait-que-bosser. En arrivant au Bénin, elle découvre que l’un de ses meilleurs amis d’enfance, Jun (pour qui elle avait le béguin OF COURSE), est dans le coma depuis deux semaines. Rusant pour lui rendre visite, elle se retrouve bien malgré elle emportée dans un monde parallèle après avoir touché le bracelet qu’il portait au poignet. Evidemment, les aventures qui vont suivre seront loin d’être de tout repos…

Je clignai des yeux sans comprendre pendant un long moment. Puis, je m’extirpai de la voiture et rejoignis mon père, qui ouvrait les portes du garage :

– Comment ça, dans le coma?

La nouvelle n’avait aucun sens. Jun n’avait que dix-neuf ans, pourquoi serait-il dans un tel état? (p.22)

J’ai passé un très bon moment de lecture avec cet ouvrage. La construction du récit m’a, je dois l’avouer, complètement surprise. J’ai dévoré les pages les unes après les autres, avide de savoir ce qui allait se dérouler sous mes yeux. Un petit page turner qui fait du bien au moral pendant l’été!

L’univers construit est très intéressant bien que difficilement visualisable, si vous voyez ce que je veux dire par là. Selon moi, il manquait quelques descriptions supplémentaires pour rendre le tableau plus clair et moins confus. J’ai parfois ressenti quelques difficultés à imaginer l’endroit… Si vous aimez la culture asiatique, je pense que vous pourriez être séduit par ce monde parallèle. Il y a notamment de nombreuses allusions aux caractères chinois et aux signes astrologiques qui constituent des éléments primordiaux de l’intrigue. Encore une fois, ne vous attendez pas à un univers extrêmement fouillé, mais c’est plaisant à lire malgré tout.

Pour ce qui est de l‘écriture, rien de transcendant au niveau du style employé. Simple mais efficace, suffisant pour un livre Young Adult. Si vous recherchez une écriture marquée, incisive ou au contraire douce et poétique, passez votre chemin! Ce n’est pas pour ça qu’il faut lire « La voyageuse », mais bien pour la construction du récit et l’intrigue qui valent le coup d’être découverts.

Un petit point concernant les personnages. Les deux protagonistes principaux, Kanyin et Jun, m’ont bien souvent agacée de par leur comportement que j’ai rarement compris. Les jet’aime-moi-non-plus, ça m’a un peu gavé… Je pense sincèrement que les adolescents et très jeunes adultes peuvent s’y retrouver, mais à mon âge (ça va hein, j’ai pas encore 30 ans ^^) ça ne l’a pas fait du tout. Certains personnages secondaires m’ont parus mieux construits, plus réalistes et moins clichés. Après, c’est une question de feeling !

Malgré les quelques petits bémols cités dans cette chronique, je vous invite évidemment à découvrir le travail de l’autrice (sur son site ici) et à vous lancer dans ce premier tome de saga afin de vous en faire votre propre avis! L’important, c’est que j’ai passé un très bon moment en compagnie de Kanyin, Jun et les autres et que, malgré tout, j’ai quand-même envie de connaître la suite de l’histoire …

La voyageuse, premier tome d’une saga fantastique Young Adult, vous transportera dans un univers original bien que trop peu exploité à mon goût. Un très bon page turner qui vous fera passer un agréable moment !

Notation : ♥♥♥♥♥

Les forêts d’Acora – Thomas Clearlake

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Auteur : Thomas Clearlake

Edition : Moonlight

Genre : Science-fiction – Fantasy

Langue originale : Français

Date de parution : 2017

Nombre de pages : 362

ISBN : 978-2-9561316-0-1

Tome 2 Sur le seuil des mondes

Résumé

«Dans un futur très lointain, aux confins de l’univers, à des milliers de cycles-lumière de notre galaxie… De mystérieux objets célestes viennent de s’écraser sur une planète du nom d’Acora. Sous le sceau de l’Alliance universelle secrète, trois agents y sont envoyés en mission. Leur objectif : entrer en contact avec un ordre siégeant au sein d’une cité-monastère perdue dans les montagnes. Les rudes conditions du protocole autarcique en vigueur sur cette planète vont rendre le voyage des plus périlleux. Des profondes forêts jusqu’aux vallées de glace, en passant par les déserts, les trois émissaires vont être mis à l’épreuve malgré eux. Mais ils ne sont pas les seuls à chercher à rejoindre la cité-monastère. La plus terrible des menaces qu’ait connu l’Univers les poursuit dans l’ombre…»

L’avis de la Papote

La science-fiction et moi, on n’a jamais fait bon ménage. C’est comme la fantasy un peu trop riche, je trouve ça toujours beaucoup trop complexe, trop long pour comprendre l’univers, pour retenir les termes spécifiques qui définissent des peuples ou des royaumes. Et c’est bien dommage pour une lectrice telle que moi qui SURKIFFE la littérature de l’imaginaire. Dès que cela devient trop poussé, très peu pour moi.

Quand la toute jeune maison d’édition Moonlight m’a proposé de recevoir et de lire « Les forêts d’Acora » écrit par Thomas Clearlake, j’ai tout de suite été … sceptique. Je comptais gentiment décliner leur offre, mais ils ont eu  l’excellente idée d’inclure dans leur mail le premier chapitre de l’ouvrage. Et, contre toute attente, je me suis laissée emporter par ce début de récit!

« Les forêts d’Acora » est le premier tome de la saga « Au-delà des étoiles ». Dans ce Space Opera, on suit les aventures de Jaadhur, Esval et Hoggar qui ont pour mission de se rendre sur la planète Acora afin de récupérer un objet mystérieux dans un monastère. Evidemment, l’objet en question est convoité par d’autres personnes aux intentions plutôt… mauvaises. De la réussite de ces trois émissaires dépend l’avenir de l’Univers tout entier. Sympa, hein?

Les faits qui vont être évoqués à travers les lignes de ce manuscrit prennent place dans les galaxies de notre nouveau cosmos, situé à des milliards de cycles-lumière de la Voie lactée… et de la Terre, qui vit l’Homme naître, grandir, et partir coloniser les confins… (p.9)

De prime abord, je dirais que c’est une lecture TRÈS complexe. En tout cas, c’est le sentiment que j’ai éprouvé pendant toute ma lecture. N’y voyez là aucune critique négative, mais simplement un sentiment tout à fait personnel et subjectif. Je pense que je me suis enfin sentie à l’aise avec l’univers à la fin du récit. Vous êtes prévenus, ce n’est probablement pas un livre fait pour vous si vous êtes comme moi des novices en science-fiction. L’univers est tellement riche, tellement complexe, tellement difficile à imaginer (en tout cas ça l’a été pour moi) que je m’y suis souvent perdue. D’ailleurs, à la fin du livre, vous pourrez trouver un lexique reprenant tous les termes inventés par l’auteur pour caractériser les lieux, les peuples, les planètes, les systèmes métriques et autres. Et les nombreux allers et retours vers cette annexe ont cassé mon rythme de lecture… J’ai également eu beaucoup de peine à m’attacher aux personnages. Je n’avais pas forcément envie de savoir ce qui allait leur arriver. Bref, vous l’aurez compris, j’ai pris le risque de sortir de ma zone de confort et ça ne l’a pas trop fait avec moi.

Cela étant dit, il me paraît très important de souligner l’important travail de création fourni par Thomas Clearlake. L’univers est extrêmement fouillé et je pense que les amateurs de science-fiction y trouveront leur bonheur. L’objet livre est absolument irréprochable, vous trouverez même une double page en couleur dans l’annexe décrivant la carte du nouveau cosmos. Ne vous contentez donc pas de mon avis en demi-teinte, tentez l’expérience si le coeur vous en dit!

Les forêts d’Acora n’a pas réussi à me convertir définitivement en amatrice de Space Opera. L’univers trop complexe a eu raison de moi. Perdue, je n’ai pas pu m’attacher aux personnages et à l’intrigue. Je ne le conseille pas aux novices en science-fiction, mais si ce genre littéraire n’a plus de secrets pour vous, alors foncez, vous y trouverez probablement tous les éléments de la bonne pure SF !

Notation : ♥♥♥♥♥

Sonderkommando – Shlomo Venezia

Sonderkommando-dans-l-enfer-des-chambres-a-gazAuteur : Shlomo Venezia

Edition : Le livre de poche

Genre : Témoignage

Langue originale : Italien

Date de parution : 2009

Nombre de pages : 250

ISBN : 978-2-253-12891-5

Résumé

«Issu de la communauté juive italienne de Salonique, Shlomo Venezia fut déporté à l’âge de vingt et un ans à Auschwitz-Birkenau, et incorporé dans les Sonderkommandos, ces « équipes spéciales » chargées par les SS de vider les chambres à gaz et de brûler les corps des victimes, avant d’être éliminées à leur tour au bout de quelques mois. Plus d’un demi-siècle après, le témoignage d’un des rares rescapés.»

L’avis de la Papote

Premier tirage de la Bookjar des booktubeurs… Et quel tirage, je ne vous le fais pas dire. Pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas encore le principe de la Bookjar des booktubeurs (la vidéo ici), il s’agit en fait d’un ensemble de livres conseillés par les booktubeurs lorsque je leur ai posé la question suivante : quel est LE livre qui doit être lu au moins une fois dans sa vie?

J’ai donc pioché le titre conseillé par Eric things, « Sonderkommando ». Un témoignage bouleversant sur la vie dans les camps de concentration, et sur le travail immonde de ces juifs faisant partie de la brigade des Sonderkommandos. Il y a plus léger comme lecture d’été me direz-vous, et je suis bien d’accord avec vous. Mais ce livre est vraiment un indispensable. Vraiment.

La préface a été écrite par Simone Veil, notre chère et tendre disparue il y a maintenant quelques semaines. Rien qu’en lisant cette introduction, je vous mets au défi de ne pas verser une larme. Vient ensuite le témoignage à proprement parler, sous forme d’une interview. Le livre est également doté de documents inédits : dessins, plans, photos.

Ce témoignage a été rédigé à partir d’une série d’entretiens que j’ai eus avec Shlomo Venezia à Rome, aidée par l’historien Marcello Pezzetti, entre le 13 avril et le 21 mai 2006. Les entretiens, menés en italien, ont été traduits et  transcrits au plus près de la version originale et revus par Shlomo Venezia lui-même afin de ne pas altérer l’authenticité de son récit. Pour avoir été au coeur de cette machine à broyer les vies humaines, Shlomo Venezia fait partie des rares survivants à pouvoir porter le témoignage des victimes « absolues », celles noyées dans la multitudes des visages oubliés qui n’ont pas été sauvés par le hasard et l’exception. Son témoignage va au-delà de l’acte de mémoire : c’est un document historique qui apporte la lumière sur le point le plus sombre de notre histoire. (p.17)

Cette chronique est de loin la plus difficile que j’ai eu à écrire depuis le commencement du blog. Tout simplement parce que les mots ne semblent pas assez forts pour rendre hommage à ce témoignage. Rien de ce que je pourrais écrire ici ne reflétera avec exactitude ce que j’ai ressenti tout au long de cette lecture. Poignant, bouleversant, fracassant, insupportable par moments. Vous voyez, je ne parviens même pas à sélectionner les mots justes.

Il m’était impossible de lire ce livre le soir, avant de m’endormir, raison pour laquelle j’ai mis pas mal de temps à le terminer. Moi qui suis dotée d’une empathie immense et d’une grande hypersensibilité, chaque phrase, chaque mot, chaque idée évoquée me donnait la nausée. Comment diable l’être humain peut-il être à ce point violent, détestable, méprisant? Comment est-ce possible de considérer l’autre avec tant de dégoût, tant de haine? Comment le meurtre d’enfants, de mères, de pères a pu être possible à cette échelle? J’ai refermé le bouquin avec un seul mot à la bouche : INCOMPRÉHENSION.

Shlomo Venezia insiste beaucoup dans ses réponses sur le fait qu’il tente au maximum de décrire ce qu’il a vécu, ce qu’il a vu, et rien de plus. Il dément parfois certaines anecdotes ou certaines suppositions qui ont été véhiculées. Il donne des détails affolants sur le système mis en place, sur la sensation de froid et de faim extrême qui ne les quittait jamais, sur les actes méprisables des SS. J’ai été profondément marquée par un épisode en particulier. Si vous comptez lire le livre, vous penserez à moi quand vous arriverez au passage du SEUL survivant des chambres à gaz…

Naïvement, j’ai toujours pensé qu’à l’intérieur des camps, les prisonniers ne pouvaient que s’entraider, se soutenir, faire en sorte d’alléger leurs souffrances mutuelles. Après avoir lu Sonderkommando, il me paraît maintenant évident que, dans de telles conditions, la survie primait avant tout. Chacun pour soi et ses proches, pour tenter de vivre même si la mort paraissait alors plus belle.

Shlomo Venezia est décédé en septembre 2012, à Rome, à l’âge de 89 ans. Encore une des trop nombreuses voix juives éteintes.

Je remercie encore vivement Eric pour son excellent conseil de lecture.

Sonderkommando est un témoignage unique sur la période la plus tristement célèbre de l’histoire de l’humanité. A l’heure où tous ces miraculés, survivants des camps de l’enfer, disparaissent les uns après les autres, à l’heure où la tolérance et l’amour de l’autre sont bien trop souvent oubliés au profit de la haine et de la violence, Sonderkommando est et restera une lecture indispensable.

Notation : ♥♥♥♥

 

Elle vivait dans nos yeux – Sophie Blitman

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Auteur : Sophie Blitman

Edition : Autoédition

Genre : Contemporain

Langue originale : Français

Date de parution : 2017

Nombre de pages : 201

ISBN : 978-782955961605

Résumé

« Ils sont amis et croient se connaître. A l’aube de la trentaine, ils se sont installés dans un quotidien tranquille qu’ils n’auraient jamais imaginé voir basculer si brutalement. Mais il est des secrets dont la révélation bouleverse une vie. Aveuglement, perte de repères ou résistance : comment vont-ils réagir, tiraillés entre l’envie de savoir et la peur de ce qu’ils pourraient découvrir ? « Elle vivait dans nos yeux » plonge dans l’intimité d’hommes et de femmes en proie au doute et à la désillusion. Un roman psychologique, sinueux et captivant. »

L’avis de la Papote

J’adore lire des romans auto-édités. Pourquoi? Parce qu’au-delà de la publicité et du succès que peuvent susciter certains ouvrages promus par les maisons d’édition, commencer un livre auto-édité m’invite bien souvent à ouvrir une parenthèse dans ce flot de lectures dont tout le monde parle. D’autant plus quand l’autrice vous contacte personnellement pour découvrir son travail. C’est toujours un immense plaisir, une énorme fierté et une très grande pression également. Oui, parce qu’un auteur qui a pris la décision de contourner le système de publication traditionnel attend bien souvent un véritable retour constructif sur son oeuvre, et pas forcément un coup de pub. Bon, je retrousse mes manches, et je vous en parle sans plus tarder.

Sophie Blitman est agrégée de lettres modernes et journaliste free-lance. « Elle vivait dans nos yeux » est son premier roman. Dans cette histoire, on suit le quotidien d’un groupe de cinq amis, quotidien complètement chamboulé suite à un événement tragique qui les prend de court. Sophie Blitman explore et nous propose alors de découvrir les réactions de chacun face à cet obstacle de la vie. Un roman contemporain psychologique, donc.

Au début de ma lecture, je dois vous avouer que le pari était loin d’être remporté. Il faut attendre la page 54 exactement pour que l’histoire prenne un tournant intéressant. Sur un roman d’à peine 200 pages, ça fait long. L’autrice pose les bases de la personnalité de chacun des personnages, et je comprends bien sûr que ce soit une étape indispensable dans l’écriture d’un roman psychologique. Mais j’ai ressenti un certain déséquilibre au final. J’aurais préféré que la deuxième partie du roman, la plus intéressante, soit plus longue et plus développée. L’autrice, selon moi, ne va pas au bout de sa réflexion. Peut-être dans l’optique de laisser le lecteur se faire sa propre idée de l’évolution des personnages… Le thème abordé est pourtant très intéressant (vous verrez, sans spoil aucun, que le mensonge prend une place prépondérante), mais il m’a manqué quelque chose. J’ai refermé le livre avec ce sentiment de frustration gênant, le même que j’avais ressenti en fermant « Chanson douce » de Leïla Slimani. Je vais finir par croire qu’un bon roman psychologique doit imposer une forme de liberté dans les réflexions finales du lecteur. Mouais, pas totalement convaincue.

Parlons un peu du style. Oui, parce que ça, c’est le gros point fort du roman selon moi. Sophie Blitman mériterait vraiment d’être lue, ne serait-ce que pour la beauté de son écriture. Personnellement, elle m’a complètement séduite. Très fluide, très simple, mais très poétique également.

Camille attend, elle s’applique à faire taire la petite voix lucide au fond d’elle. Mais elle sent bien que le grand A de l’amour qu’elle espérait se rapetisse à vue d’œil. Et que peut-on écrire avec des minuscules?

Un dernier mot sur le travail éditorial, parce que je trouve là aussi que le boulot mérite d’être souligné. La couverture est vraiment très belle, avec une illustration sobre et un toucher doux. La qualité de la reliure est parfaite. Aucun défaut à souligner de ce côté-là. Vous ne verrez absolument pas la différence avec un livre publié via un éditeur. Un objet livre totalement réussi donc selon moi !

Elle vivait dans nos yeux est un roman psychologique qui, malgré ses petits défauts, vous fera passer un très bon moment de lecture. Un auto-édité au style magnifique qui vaut le coup d’être découvert !

Notation : ♥♥♥♥♥

CONCOUUUUUURS !

Eh oui! Je vous fait remporter un exemplaire de ce livre (encore merci à Sophie Blitman pour sa générosité), avec un beau bonus à l’intérieur! Pour connaître les conditions de participation et tenter votre chance, rendez-vous sur la chaîne youtube La papote livresque en cliquant sur la photo ci-dessous!

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Les royaumes du Nord – Philip Pullman

couv8123741Auteur : Philip Pullman

Edition : Folio Junior

Genre : Fantasy Jeunesse

Langue originale : Anglais

Date de parution : 1998

Nombre de pages : 482

ISBN : 978-2-07-054188-6

Tome 2 :  La tour des anges

 

Résumé

«Pourquoi la jeune Lyra, élevée dans l’atmosphère confinée d’une prestigieuse université anglaise, est-elle l’objet de tant d’attentions? De quelle mystérieuse mission est-elle investie? Lorsque son meilleur ami, Roger, disparaît, victime des ravisseurs d’enfants qui opèrent dans tout le pays, elle n’hésite pas à se lancer sur ses traces. Un voyage vers le Grand Nord, périlleux et exaltant, qui lui apportera la révélation de ses extraordinaires pouvoirs et la conduira à la frontière d’un autre monde.»

L’avis de la Papote

Philip Pullman est un grand maître de la littérature jeunesse. Un conteur d’histoires, comme il aime se faire appeler. Ne faisant pas partie de celles et ceux qui ont eu la chance de découvrir la trilogie « A la croisée des mondes » pendant mon enfance, je me suis décidée à l’acquérir lors de mon périple alsacien, après avoir fait le tour des magnifiques marchés de Noël de la région.

J’aurais pu le lire en hiver, me direz-vous. C’était évidemment le moment idéal pour entamer ce voyage dans le grand Nord. Mais bébé papote ne me laissait pas beaucoup d’opportunités d’ouvrir un bouquin (dur dur la vie de jeune maman!). Le challenge du mois de la fantasy de mai m’a finalement convaincue de le sortir de ma PAL. Que je suis heureuse de l’avoir fait ! Ce premier tome est une véritable petite pépite !

Nous suivons Lyra, petite fille au caractère bien trempé, au cœur de Londres, à l’université d’Oxford. Orpheline, elle est élevée par les Érudits du Jordan College. Elle mène une vie relativement paisible, jusqu’à ce que les Enfourneurs, horribles ravisseurs d’enfants, enlèvent Roger, son meilleur ami. Bien déterminée à le récupérer, elle s’engage dans un périple vers le grand Nord.

Je n’ai qu’un mot pour qualifier cet univers hors du commun : WAOUW. Ce livre m’a totalement envoûtée. L’aspect fantasy créé par Philip Pullman est extrêmement riche et même complexe par moment, mais quel talent ! Pour ma part, la majorité de mes excellentes lectures ont toutes un point commun  : l’ascenseur émotionnel. Et là pour le coup, mon petit cœur s’est régalé ! Émerveillement, surprise, avidité, impatience, abattement, espoir, tristesse, bref, un véritable arc-en-ciel d’émotions.

Ce qui a grandement contribué à mon adoration pour cette histoire, ce sont les personnages et le concept de daemons. Lyra est extrêmement attachante, et ce dès les premières pages. Iorek, l’ours polaire, l’est également à sa façon. Leur personnalité est si bien dépeinte qu’on a l’impression de les connaître depuis toujours. Les petits deamons qui accompagnent chaque être humain sont d’un génie saisissant. Plus qu’un animal de compagnie, les daemons sont une partie inséparable de l’âme de chacun. Leur reflet.

Et cette plume, on en parle ? Raffinée. Poétique. Naïve. Merveilleuse. Enchanteresse. Captivante. Saisissante. Convaincus ou je continue?

Je sens qu’il y a un bel enseignement à tirer de cette lecture, en tant qu’adulte. Et même si j’ai compris bon nombre de subtilités dans le récit et réalisé les bonnes inférences, j’ai le sentiment très puissant qu’il me faut une deuxième lecture pour en apprécier véritablement l’intensité. Un peu comme « Le petit prince » de Saint-Exupéry. Avant de lire le tome 2 (cette fois-ci, je me le garde pour cet hiver), je pense bien relire celui-ci. Histoire de bien m’en imprégner et de ne rien laisser au hasard.

Je conclurai en insistant sur l’importance de mettre ce genre de livre entre les mains des enfants. C’est de la pure bombe de littérature jeunesse, un joyaux à l’état pur. L’auteur ne prend pas les enfants pour des imbéciles, et c’est ça que j’aime par-dessus tout dans la littérature jeunesse. C’est un livre qui marquera leurs esprits, qui guidera leur réflexion, qui enchantera leurs soirées de lecture. 

Notation : ♥♥♥♥♥

Dans les forêts de Sibérie – Sylvain Tesson

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Auteur : Sylvain Tesson

Edition : Folio

Genre : Récit de voyage

Langue originale : Français

Date de parution : 2011

Nombre de pages : 304

ISBN : 978-2-07-045150-0

 

Résumé

«Assez tôt, j’ai compris que je n’allais pas pouvoir faire grand-chose pour changer le monde. Je me suis alors promis de m’installer quelque temps, seul, dans une cabane. Dans les forêts de Sibérie. J’ai acquis une isba de bois, loin de tout, sur les bords du lac Baïkal. Là, pendant six mois, à cinq jours de marche du premier village, perdu dans une nature démesurée, j’ai tâché d’être heureux. Je crois y être parvenu. Deux chiens, un poêle à bois, une fenêtre ouverte sur un lac suffisent à la vie.
Et si la liberté consistait à posséder le temps ?
Et si le bonheur revenait à disposer de solitude, d’espace et de silence – toutes choses dont manqueront les générations futures ?
Tant qu’il y aura des cabanes au fond des bois, rien ne sera tout à fait perdu.»

L’avis de la Papote

Encore une fois, c’est grâce à Margaud liseuse si ce livre s’est retrouvé d’abord sur ma Wishlist avant de finir sur les planches de ma bibliothèque (sa chronique ici). Elle en vantait tant les mérites, la couverture me faisait des clins d’oeil à chaque fois que je passais devant en librairie, bref, je n’ai pas pu résister bien longtemps.

Sylvain Tesson, grand voyageur et aventurier dans l’âme, décide de passer six mois seul dans une cabane au bord du lac Baïkal en Sibérie. Coupé de tous les affres de notre société consumériste, il retrouve une liberté perdue, il dispose de son temps sans pression, il pêche, il lit, il vit.

La pluie a été inventée pour que l’homme se sente heureux sous un toit. (p.219)

J’ai commencé cette lecture sur un coup de tête, après avoir passé une bien mauvaise journée, alors que j’avais déjà deux romans entamés. En plus, une intrigue qui se déroule dans un pays froid alors qu’on est en pleine saison printanière, si vous me connaissez, vous savez probablement que c’est une chose que je ne fais JA-MAIS. Mais bon, comme on dit chez moi, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Un livre qui vous promet de vous évader au bord d’un lac sibérien, l’isolement, la nature, la reconquête de son être, la lecture, le feu de bois, c’est tout ce dont j’avais besoin pour recharger les batteries. Et globalement, je n’ai pas été déçue du voyage.

Nous sommes seuls responsables de la morosité de notre existence. Le monde est gris de nos fadeurs. La vie paraît pâle? Changez de vie, gagnez les cabanes. (p.225)

Un petit mot d’abord sur le format particulier de l’ouvrage. L’auteur prend le parti de décrire son aventure sous forme d’un journal de voyage. Chaque jour (ou presque), le lecteur a l’immense privilège de prendre connaissance de sa vie en ermite au milieu des bois. L’agencement du quotidien, les routines qui s’installent malgré tout (observer les mésanges sur le rebord de la fenêtre, pêcher son dîner, couper le bois), la liste des livres qu’il a emportés avec lui, ses réflexions personnelles suite à ses lectures, l’observation en pleine conscience de la nature, des animaux, de la lumière du jour. Ouvrir ce livre, se plonger dans ses pages, c’est rejoindre Sylvain Tesson dans cette petite cabane en bois et s’accorder ces moments magiques hors du temps.

Sylvain Tesson, c’est également un style d’écriture bien particulier. Sa plume, je ne peux pas le nier, est incroyablement belle et poétique. Ses textes respirent la passion. Il choisit ses mots avec une précision d’orfèvre, il les enrobe avec douceur, il jongle avec les aphorismes (ce qui, d’ailleurs, a le don d’agacer de nombreux lecteurs). Pour ma part, j’ai adoré ce style riche. D’ailleurs, mon livre est rempli de post-it !

Il y a tout de même eu quelques petits points noirs dans cette lecture. Pas grand-chose me direz-vous, mais quand-même… Le premier que j’ai envie de citer, c’est le nombre incroyable de références littéraires qui m’étaient complètement inconnues. C’est pas de la faute de Sylvain, je suis d’accord avec vous, mais moi qui pense avoir un minimum de culture littéraire, eh ben je me sentais parfois complètement ignare. Pas très cool comme sensation. Vous êtes donc prévenus, vous avez plutôt intérêt à vous y connaître vachement beaucoup!

Et puis une chose, un tout petit passage dans l’entièreté du livre, a largement baissé mon niveau d’estime pour l’ouvrage. La voici :

Ce matin, Irina me fait les honneurs de sa bibliothèque. Dans de vieilles éditions de l’époque soviétique, elle possède des oeuvres de Stendhal, Walter Scott, Balzac, Pouchkine. Le livre le plus récent est le Da Vinci Code. Légère baisse de civilisation. (p.59-60)

S’il y a bien une chose que je ne peux tolérer, c’est la dévalorisation gratuite d’une oeuvre littéraire, quelle qu’elle soit. Alors certes, Dan Brown est un auteur que je chéris depuis très longtemps, mais même s’il s’agissait de Pierre-Paul-Jacques, chacun est libre de lire et d’apprécier un livre, même si celui-ci ne remporte pas un vif succès auprès des critiques littéraires, même s’il est qualifié de « roman de gare ». Et là, pour le coup, notre ami Sylvain Tesson ne s’est pas vraiment gêné. Il était même très loin d’émettre une critique négative constructive (comme j’essaie de le faire quand je vous chronique un livre que je n’ai pas aimé, parce que OUI ça arrive). Moi je dis, la lecture, c’est comme la nourriture. On ne dit pas « C’est dégueulasse », on dit juste « Je n’aime pas ». Légère baisse de civilisation, non mais Oh?!

Cela étant dit, je ne peux enlever la beauté de l’aventure à laquelle il nous fait participer. J’ai adoré suivre le cours de la nature, qui sort doucement de son manteau d’hiver pour s’éveiller au printemps. Je voyais les couleurs vives, je ressentais le froid polaire et la chaleur du feu de bois, je sentais les odeurs de poisson grillé, je m’émerveillais devant la bonté des chiens. Vous l’aurez compris, lire du Sylvain Tesson, c’est vivre une très belle aventure.

A tous les amoureux de la nature, à tous ceux qui ressentent le besoin de s’isoler de la société, de mettre la pression et le stress au fond d’un tiroir, de vivre une aventure exceptionnelle au cœur d’une nature sauvage, ouvrez « Dans les forêts de Sibérie » de Sylvain Tesson et laissez-vous emporter par la beauté de l’écriture. 

Notation : ♥♥♥♥♥