Book haul #6 Spécial Foire du livre de Bruxelles 2017

Si vous êtes des papoteurs belges comme moi, vous attendez probablement cet événement chaque année avec la plus grande impatience. La Foire du livre de Bruxelles est particulièrement appréciée chez nous. On y trouve un programme riche en conférences et autres animations, les grandes maisons d’édition comme les plus petites, des grands auteurs renommés comme de plus petits auteurs auto-édités, bref il y en a pour tout le monde!

Je n’ai pas dérogé à la règle et me suis rendue fébrilement à cet événement le weekend dernier. Je n’ai évidemment pas pu garder mon portefeuille dans mon sac, vous vous en doutez bien (niark niark). Voici donc le résultat d’une après-midi de razzia dans l’antre des Bookaddicts belges!

DSC_0327
Photo : La papote livresque

Tout d’abord, j’ai jeté mon dévolu sur « Demain les chats » de Bernard Werber, paru aux éditions Albin Michel (2016). J’avais évidemment prévu de le faire dédicacer par l’auteur, mais la looooongue file d’attente m’a complètement découragée. L’ayant déjà rencontré une fois à Lille lors d’une mini conférence pour son roman « Le sixième sommeil », je me suis dit que je ferais signer celui-là après l’avoir lu, quand il reviendra nous voir. Perso, je trouve cela quand-même plus sympa de pouvoir discuter du contenu du livre avec l’auteur, plutôt que d’y aller sans connaître l’histoire.

DSC_0332
Photo : La papote livresque

Ensuite, il fallait absolument que je me procure « Le livre des Baltimore » paru au tout début du mois de mars dans les éditions de Fallois poche (2017) et écrit par Joël Dicker. « La vérité sur l’affaire Harry Québert » fut un tel coup de coeur intersidéral que je ne pouvais pas passer à côté de celui-ci. J’attendais patiemment la version poche, pour que les deux livres soient l’un à côté de l’autre dans ma bibliothèque (#lanévrosée). J’ai hâte de retrouver Marcus Goldman et le talent de Joël Dicker!

dsc_0334.jpg
Photo : La papote livresque

Le dernier roman que je me suis procuré n’est autre que « Le coeur des louves » de Stéphane Servant, paru aux Editions du Rouergue (2013). Influencée par Margaud liseuse, encore. Que voulez-vous, je suis faible. Je ne connais rien de l’histoire, et c’est comme ça que j ‘ai envie de le découvrir !

dsc_0322.jpg
Photo : La papote livresque

Je ne me suis pas arrêtée en si bon chemin et j’ai craqué pour « Irena, tome 1 : Le ghetto » de Jean-David Morvan, Séverine Tréfouël, David Evrard et Walter (2017) aux éditions Glénat (2017). C’est Piko Books qui en avait parlé sur sa chaîne et qui m’avait convaincue d’ajouter cette BD à ma Wishlist. Je ne me souviens plus du résumé exact, juste que l’histoire se déroule pendant la seconde guerre mondiale et qu’il ne faut pas mettre cette BD dans les mains des plus jeunes, au vu de la grande sensibilité du sujet exploité. Une façon différente d’en apprendre davantage sur cette période si sombre.

DSC_0328
Photo : La papote livresque

Restons dans les Bandes Dessinées avec « Tintin au pays des Soviets » de Hergé paru chez Casterman (2017). Je n’ai pas pu résister à l’engouement actuel autour de cette sortie, le premier tome des aventures de Tintin, initialement en noir et blanc, et colorisé cette année par Michel Bareau et Nadège Rombaux. Je suis une grande fan de notre reporter national, tellement hâte de découvrir cette première histoire!

DSC_0340
Photo : La papote livresque

Enfin, je me suis laissée tenter par « Le monstre du placard existe et je vais vous le prouver… », écrit par Antoine Dole et illustré par Bruno Salamone, paru chez Actes Sud junior (2016). Non mais regardez-moi cette couverture ! C’est d’abord le travail graphique qui m’a attirée, puis l’histoire m’a transportée, enfin l’illustrateur étai en dédicaces, donc j’ai craqué, CQFD. Bruno Salamone a réalisé une magnifique dédicace à ma petite fille Sasha, qui n’a que 4 mois et une bibliothèque presque aussi grande que celle de sa maman !

DSC_0335
Photo : La papote livresque
DSC_0337
Photo : La papote livresque

Et vous, vous êtes allés à la Foire du livre cette année? Quels sont les derniers trésors ayant rejoint votre bibliothèque?

Publicités

Muchachas 1 – Katherine Pancol

muchachasAuteur : Katherine Pancol

Edition : Albin Michel

Genre : Contemporain

Langue originale : Français

Date de parution : 2014

Nombre de pages : 417

ISBN : 978-2-226-25444-3

Tome 2 : Muchachas 2

Résumé

« Les filles sont partout dans ce roman. Elles mènent la danse. De New York à Paris, de la Bourgogne à Londres ou à Miami. Des filles qui inventent, s’enflamment, aiment. Des filles qui se battent pour la vie. Et les hommes ? Ils sont là aussi. Mais ce sont les muchachas qui dansent, dansent, dansent. Elles font voler les destins en éclats. Et ça n’en finit pas ! »

L’avis de la Papote

J’adore Katherine Pancol. J’ai lu sa première trilogie il y a quelques années maintenant (« Les yeux jaunes des crocodiles » – « La valse lente des tortues » – « Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi ») et je m’étais terriblement attachée aux personnages et à leur histoire. Une belle littérature contemporaine et une écriture simple qui m’avait séduite. Lorsque cette deuxième trilogie est sortie en 2014, je me suis ruée sur les deux premiers tomes que j’ai lus dans la foulée, mais je n’ai jamais lu le tome 3. Et comme l’histoire n’était plus très fraîche dans ma mémoire, j’ai préféré recommencer du début. Il s’agit donc d’une relecture pour le coup!

Je me souviens avoir été surprise de retrouver les personnages de la première trilogie dans Muchachas. Pour celles et ceux qui les reconnaîtront, on commence notre lecture en retrouvant Hortense, la fille de Joséphine Cortès, déterminée et sûre d’elle, ainsi que son compagnon Gary, musicien prodige. Puis l’auteur nous parle de Joséphine et de son amour Philippe, ainsi que de Zoé, la fille cadette de Joséphine. Enfin, Katherine Pancol nous introduit de nouveaux personnages, Léonie et sa fille Stella ainsi que leur famille assez… compliquée. Certains diront qu’il n’est pas indispensable de lire la première trilogie de l’auteur pour comprendre la saga Muchachas. Personnellement, je vous déconseille de la commencer sans avoir fait connaissance au préalable avec la famille Cortès, certains détails pourraient vous échapper.

« (Hortense) – Tous habillés de marron, de gris, de noir. Pas de boutons rouges ni d’écharpe verte ! Des chaises, je te dis, des chaises. Une armée de chaises qui attendent en tremblant le postérieur du patron. Tu veux que je te dise, Gary? Ces gens portent le deuil. Ces gens n’ont plus d’espoir. Ils marchent dans la rue parce qu’on leur a dit de se lever tôt, de prendre le train ou le métro, de se rendre à leur bureau, de hocher la tête devant le bellâtre pommadé qui leur sert de maître. Je refuse d’être une chaise! » (p.12)

Puisque le résumé ne nous donne pas d’information claire sur l’intrigue de l’histoire, je m’y suis plongée les yeux fermés, sans savoir à quoi m’attendre. Certes, ce premier tome met en avant des femmes au caractère souvent bien trempé, qui prennent leur destin en main et qui survivent à des situations pas toujours simples. Au risque de vous spoiler quelque peu, je tiens à vous avertir que les thèmes abordés dans ce roman sont très durs : violence conjugale, abus moraux et physiques, viol, secrets de famille, manipulation. Oui, oui, tout ça.

« Stella promenait ses doigts sur le bras de sa mère. Elle caressait les bleus qui noircissaient sa peau comme pour réparer sa chair tuméfiée. Elle avait envie de demander pourquoi on appelle ça des bleus alors que c’est jaune, violet, rouge et noir? Mais elle n’osait pas. Elle pensait juste qu’en la caressant la peau repousserait rose et lisse. Il y avait tellement de choses qu’elle ne comprenait pas. Tellement de choses dont elle ne pouvait parler à personne. La honte remplissait chaque mot qu’elle avait dans la bouche. » (p.87)

J’ai beaucoup apprécié retrouver ces personnages auxquels je m’étais tant attachée dans la première saga de l’auteur. En ce qui concerne cette nouvelle famille (très) dysfonctionnelle, mes sentiments sont plus mitigés. Entre cette mère, Léonie, qui se laisse tabasser et qui ne fait strictement RIEN pour s’en sortir, ce mari violent, Ray, au passé difficile qui m’a complètement dégoûté et cette fille, Stella, qui pardonne à sa mère des choses qui me paraissent impardonnables, j’ai eu beaucoup de mal à les apprécier autant que les autres. Logique, me direz-vous.

Même si on se perd un peu au début dans le caractère désorganisé du roman (on parle de Joséphine, puis on parle de Hortense, puis on revient à Stella…) et qu’on ne comprend pas trop le lien entre la famille Cortès et la nouvelle famille, Katherine Pancol nous dévoile à la toute fin de l’histoire comment les destins de toutes ces personnes sont liés. Et ça, j’ai a-do-ré ! J’ai tellement hâte de lire la suite pour en savoir davantage, vous n’avez pas idée ! De plus, la dernière phrase nous laisse sur un suspense de OUF, impossible pour moi de ne pas continuer cette saga là maintenant tout de suite. Ça ne m’arrive pas souvent, mais je pense enchaîner les trois tomes les uns après les autres. Je reconnais bien là Katherine Pancol !

Muchachas est une saga familiale riche et intense, qui aborde des thèmes difficiles et controversés. Avec son écriture simple mais efficace, Katherine Pancol nous emmène au cœur de la vie de ces femmes au destin entremêlé. Un premier tome fort qui laisse présager une suite très intéressante !

Notation : ♥♥♥♥

Les silences de Dieu – Gilbert Sinoué

Auteur : Gilbert Sinoué513eRAjV8lL._SX195_

Edition :  Albin Michel

Langue originale : Français

Genre : Policier – thriller

Date de parution : 2003

Nombre de pages : 365

EAN : 978-2-702-88437-1

Résumé

« Peut-on croire que l’auteur d’un carnet codé, trouvé près d’un cadavre au fin fond de l’Ecosse, ne soit autre que… l’archange Gabriel? Est-il possible qu’un tueur en série sévisse au paradis? Est-il pensable que Jésus, Moïse et Mahomet fassent partie des suspects? Mrs. Clarissa Gray, célèbre auteur de romans policiers, va se retrouver, malgré elle, entraînée dans une enquête aux portes de la folie. »

L’avis de la Papote

Plutôt alléchant comme résumé, vous ne trouvez pas? Lorsque l’une des tantes de mon mari m’a tendu ce bouquin et que j’ai découvert ce quatrième de couverture, j’ai su que c’était une histoire faite pour moi. Un zeste de crime, dans une ambiance mystique, se déroulant dans les paysages verdoyants et mystérieux de l’Ecosse, et un carnet codé par-dessus le marché? Hop hop hop, illico presto dans ma bibliothèque !

Clarissa Gray est donc une auteur de romans policiers renommée, vivant isolément sur une petite île au large de l’Ecosse. Autant vous dire que le cadre dans lequel se déroule l’histoire ne pouvait pas être mieux choisi. Les bourrasques, la pluie, les grandes plaines et surtout, les légendes si caractéristiques de ce pays en font un lieu parfait pour une enquête policière aux allures paranormales.

« La patrie de l’inexplicable […]. Je suis policier, mais je suis aussi et avant tout écossais. Nous vivons dans un pays qui respire le surnaturel. Les chemins, les tourbes, les lacs, les montagnes. Et jusqu’à notre drapeau ! Lié sur une croix, au fin fond de la Grèce, saint Andrew, notre protecteur, a continué de prêcher l’Évangile jusqu’à sa mort. Le roi Angus eut une vision où saint Andrew lui disait de marcher sur ses ennemis avec une croix blanche diagonale contre le ciel bleu. Cette bannière qui le mena à la victoire est aujourd’hui notre drapeau national. Le drapeau d’une légende! Vous pouvez sourire, mais je sais, pour en avoir été témoin, que dans certaines maisons résonnent certains soirs les lamentations de la fée Bean Sidhe, lorsque la mort s’apprête à fondre sur l’un des membres de la famille. Non loin d’ici, vous n’êtes pas sans savoir qu’à Machrie Moor se dressent de mystérieux cercles de pierres hantés par l’esprit des druides. Le Kelpie, ce cheval magique qui peut prendre la forme d’un homme afin d’attirer les jeunes filles au loin, galope dans nos vallons les nuits de pleine lune. Rappelez-vous aussi les Selkies, capables de changer de forme à volonté, pour se montrer tantôt humains, tantôt phoques. Et je ne vous parlerai pas de Nessie. Notre montre du Loch Ness. Tout, chez nous, baigne dans la fantasmagorie. Nous ne sommes pas un pays, nous sommes un mythe incarné. » (p.164-165)

L’histoire débute sur les chapeaux de roue. Le ton est donné dès les premières lignes du roman, et je me suis surprise à ne pas pouvoir poser le livre avant d’avoir atteint les 100 premières pages. Question suspense, on peut dire que Gilbert Sinoué est plutôt doué ! L’action s’enchaîne et le rythme de lecture est, par conséquent, vraiment très fluide et agréable.

Clarissa Gray, le héros principal, est une dame d’une septantaine d’années aux manies un peu vieillottes mais très attachante. J’ai trouvé très intéressant de voir comment une romancière de fictions policières allait à son tour mener l’enquête face aux différents meurtres qui se déroulent tout au long de l’histoire. J’ai vraiment aimé sa façon de s’identifier au héros de ses propres bouquins, Archie Rhodenbarr, pour la guider dans cette aventure.

Un autre point fort de ce roman, c’est la richesse des thèmes abordés. En plus d’être un thriller haletant, il soulève des sujets parfois délicats et même métaphysiques. Tout d’abord, une enquête qui se déroule au paradis, avec pour suspects des personnages bibliques historiques, nous fait réfléchir à l’éventualité de la vie après la mort, et de l’existence véritable de Dieu. De plus, l’auteur met l’accent sur les différences qui contrastent les religions monothéistes et exploite de très nombreuses références bibliques, ce qui nous pousse à réfléchir aux différents conflits soulevés au cours de l’Histoire de l’humanité au nom de la foi (un sujet d’une actualité brûlante). Il se sert également des personnages de Jésus, Moïse et Mahomet pour tenter d’apporter des explications concrètes (ou du moins l’interprétation que l’auteur en fait) aux phénomènes surnaturels des Écritures comme la résurrection de Jésus ou encore la traversée des eaux par Moïse. Il en profite aussi pour donner la parole à ces personnages mythiques afin de discuter des particularités propres à certaines religions et régulièrement pointées du doigt, comme le port du voile par exemple.

« Apprends, petit, qu’il existe deux sortes d’hommes, ceux qui déforment les Écritures à leur convenance et ceux qui en prennent le meilleur. Allah n’y est pour rien si l’humanité dans sa grande majorité n’y puise que le pire. D’autre part, apprends aussi que le djihad, c’est la lutte du croyant contre les passions et les mauvais penchants de l’âme. S’ils ont défiguré les mots sacrés c’est leur problème » (p.315)

L’auteur introduit aussi quelques références historiques écossaises comme Marie Stuart d’Ecosse et son code secret de communication, des données sur la numérologie et les mathématiques, etc. Bref, un beau petit mélange !

« Les silences de Dieu » de Gilbert Sinoué est une très belle découverte, une enquête policière haletante et énigmatique à l’intrigue maîtrisée, une réflexion sur les croyances religieuses et leurs conséquences, une escapade dans les plaines verdoyantes de l’Ecosse, bref, une lecture comme je les aime et que je conseille vivement de découvrir !

Notation : ♥♥♥♥