Dans les forêts de Sibérie – Sylvain Tesson

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Auteur : Sylvain Tesson

Edition : Folio

Genre : Récit de voyage

Langue originale : Français

Date de parution : 2011

Nombre de pages : 304

ISBN : 978-2-07-045150-0

 

Résumé

«Assez tôt, j’ai compris que je n’allais pas pouvoir faire grand-chose pour changer le monde. Je me suis alors promis de m’installer quelque temps, seul, dans une cabane. Dans les forêts de Sibérie. J’ai acquis une isba de bois, loin de tout, sur les bords du lac Baïkal. Là, pendant six mois, à cinq jours de marche du premier village, perdu dans une nature démesurée, j’ai tâché d’être heureux. Je crois y être parvenu. Deux chiens, un poêle à bois, une fenêtre ouverte sur un lac suffisent à la vie.
Et si la liberté consistait à posséder le temps ?
Et si le bonheur revenait à disposer de solitude, d’espace et de silence – toutes choses dont manqueront les générations futures ?
Tant qu’il y aura des cabanes au fond des bois, rien ne sera tout à fait perdu.»

L’avis de la Papote

Encore une fois, c’est grâce à Margaud liseuse si ce livre s’est retrouvé d’abord sur ma Wishlist avant de finir sur les planches de ma bibliothèque (sa chronique ici). Elle en vantait tant les mérites, la couverture me faisait des clins d’oeil à chaque fois que je passais devant en librairie, bref, je n’ai pas pu résister bien longtemps.

Sylvain Tesson, grand voyageur et aventurier dans l’âme, décide de passer six mois seul dans une cabane au bord du lac Baïkal en Sibérie. Coupé de tous les affres de notre société consumériste, il retrouve une liberté perdue, il dispose de son temps sans pression, il pêche, il lit, il vit.

La pluie a été inventée pour que l’homme se sente heureux sous un toit. (p.219)

J’ai commencé cette lecture sur un coup de tête, après avoir passé une bien mauvaise journée, alors que j’avais déjà deux romans entamés. En plus, une intrigue qui se déroule dans un pays froid alors qu’on est en pleine saison printanière, si vous me connaissez, vous savez probablement que c’est une chose que je ne fais JA-MAIS. Mais bon, comme on dit chez moi, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Un livre qui vous promet de vous évader au bord d’un lac sibérien, l’isolement, la nature, la reconquête de son être, la lecture, le feu de bois, c’est tout ce dont j’avais besoin pour recharger les batteries. Et globalement, je n’ai pas été déçue du voyage.

Nous sommes seuls responsables de la morosité de notre existence. Le monde est gris de nos fadeurs. La vie paraît pâle? Changez de vie, gagnez les cabanes. (p.225)

Un petit mot d’abord sur le format particulier de l’ouvrage. L’auteur prend le parti de décrire son aventure sous forme d’un journal de voyage. Chaque jour (ou presque), le lecteur a l’immense privilège de prendre connaissance de sa vie en ermite au milieu des bois. L’agencement du quotidien, les routines qui s’installent malgré tout (observer les mésanges sur le rebord de la fenêtre, pêcher son dîner, couper le bois), la liste des livres qu’il a emportés avec lui, ses réflexions personnelles suite à ses lectures, l’observation en pleine conscience de la nature, des animaux, de la lumière du jour. Ouvrir ce livre, se plonger dans ses pages, c’est rejoindre Sylvain Tesson dans cette petite cabane en bois et s’accorder ces moments magiques hors du temps.

Sylvain Tesson, c’est également un style d’écriture bien particulier. Sa plume, je ne peux pas le nier, est incroyablement belle et poétique. Ses textes respirent la passion. Il choisit ses mots avec une précision d’orfèvre, il les enrobe avec douceur, il jongle avec les aphorismes (ce qui, d’ailleurs, a le don d’agacer de nombreux lecteurs). Pour ma part, j’ai adoré ce style riche. D’ailleurs, mon livre est rempli de post-it !

Il y a tout de même eu quelques petits points noirs dans cette lecture. Pas grand-chose me direz-vous, mais quand-même… Le premier que j’ai envie de citer, c’est le nombre incroyable de références littéraires qui m’étaient complètement inconnues. C’est pas de la faute de Sylvain, je suis d’accord avec vous, mais moi qui pense avoir un minimum de culture littéraire, eh ben je me sentais parfois complètement ignare. Pas très cool comme sensation. Vous êtes donc prévenus, vous avez plutôt intérêt à vous y connaître vachement beaucoup!

Et puis une chose, un tout petit passage dans l’entièreté du livre, a largement baissé mon niveau d’estime pour l’ouvrage. La voici :

Ce matin, Irina me fait les honneurs de sa bibliothèque. Dans de vieilles éditions de l’époque soviétique, elle possède des oeuvres de Stendhal, Walter Scott, Balzac, Pouchkine. Le livre le plus récent est le Da Vinci Code. Légère baisse de civilisation. (p.59-60)

S’il y a bien une chose que je ne peux tolérer, c’est la dévalorisation gratuite d’une oeuvre littéraire, quelle qu’elle soit. Alors certes, Dan Brown est un auteur que je chéris depuis très longtemps, mais même s’il s’agissait de Pierre-Paul-Jacques, chacun est libre de lire et d’apprécier un livre, même si celui-ci ne remporte pas un vif succès auprès des critiques littéraires, même s’il est qualifié de « roman de gare ». Et là, pour le coup, notre ami Sylvain Tesson ne s’est pas vraiment gêné. Il était même très loin d’émettre une critique négative constructive (comme j’essaie de le faire quand je vous chronique un livre que je n’ai pas aimé, parce que OUI ça arrive). Moi je dis, la lecture, c’est comme la nourriture. On ne dit pas « C’est dégueulasse », on dit juste « Je n’aime pas ». Légère baisse de civilisation, non mais Oh?!

Cela étant dit, je ne peux enlever la beauté de l’aventure à laquelle il nous fait participer. J’ai adoré suivre le cours de la nature, qui sort doucement de son manteau d’hiver pour s’éveiller au printemps. Je voyais les couleurs vives, je ressentais le froid polaire et la chaleur du feu de bois, je sentais les odeurs de poisson grillé, je m’émerveillais devant la bonté des chiens. Vous l’aurez compris, lire du Sylvain Tesson, c’est vivre une très belle aventure.

A tous les amoureux de la nature, à tous ceux qui ressentent le besoin de s’isoler de la société, de mettre la pression et le stress au fond d’un tiroir, de vivre une aventure exceptionnelle au cœur d’une nature sauvage, ouvrez « Dans les forêts de Sibérie » de Sylvain Tesson et laissez-vous emporter par la beauté de l’écriture. 

Notation : ♥♥♥♥♥

Quand souffle le vent du nord – Daniel Glattauer

Auteur : Daniel Glattauercouv22324997

Lecteurs : J.-M. Delhausse – N. Hugo

Edition : Audiolib (paru chez Grasset)

Genre : Contemporain Epistolaire

Langue originale : Allemand

Date de parution : 2010

Heures d’écoute : 5 heures 26 minutes

EAN : 9782356412300

Tome 2 : La septième vague

Résumé

«Un message anodin peut-il bouleverser votre vie ? Leo Leike reçoit par erreur un courriel d’une inconnue, Emmi Rothner. Poliment, il le lui signale. Elle s’excuse et, peu à peu, un dialogue s’engage, une relation se noue. Au fil des courriels, ils éprouvent l’un pour l’autre un intérêt grandissant.
Emmi est mariée, Leo se remet à grand-peine d’un chagrin d’amour. De plus en plus attirés l’un par l’autre, Emmi et Leo repoussent néanmoins le moment fatidique de la rencontre.»

L’avis de la Papote

« Quand souffle le vent du nord » est ma deuxième expérience d’écoute de livre. J’avais tellement adoré écouter « Le tailleur de pierre » de Camilla Läckberg que je n’ai pas traîné à commencer un nouveau livre audio. Cette petite romance contemporaine épistolaire me paraissait parfaite pour agrémenter mes trajets en voiture.

L’histoire, relativement peu originale, est la suivante : Emmi décide un jour de mettre fin à son abonnement périodique à un journal. Dans l’envoi du mail, elle se trompe de destinataire. Le message parvient dans la boîte de Leo Leike. S’ensuit une correspondance, un dialogue, le début d’une relation particulière où la vision de l’autre n’est que fantasme et imagination. Schéma classique d’une romance épistolaire moderne.

Cette deuxième expérience en livre audio ne fut pas aussi agréable et riche que la première. D’abord, je dois vous signaler que les romances et moi, ça fait dix. Ce n’est pas du tout mon genre de prédilection et je me dirige très rarement vers ce type d’intrigue. Mais je pense que la raison principale à mon sentiment négatif par rapport à cette écoute découle du format : un échange de mail doit se lire, non pas s’écouter. Entendre mille fois « 30 minutes plus tard. Objet : pas d’objet. Cher Leo… », je vous avoue que mes nerfs ne l’ont pas supporté très longtemps. J’ai trouvé le rythme monotone, ennuyant, écrasant, lourd. Heureusement, ce qui m’a permis de continuer l’écoute, c’est le fait que deux lecteurs différents vous racontent cette histoire : un homme et une femme. Malgré le format répétitif, cela ajoutait une dynamique non négligeable au récit.

Autre petit point noir : le personnage de Emmi est juste im-bu-va-ble. Pour moi en tout cas. Je n’ai pas du tout accroché avec ce personnage. J’ai levé les yeux au ciel plus d’une fois tant ses réactions m’incommodaient. Très indécise, un comportement de pré-adolescente dans certaines situations, inintéressante, bref, vous l’aurez compris, c’était pas ma grande copine.

Et finalement, j’ai ressenti une très grande frustration totalement liée au format épistolaire : à aucun moment vous n’accédez aux pensées véritables des personnages. C’est comme si vous tombiez par hasard sur cet échange de mail, mais sans narrateur omniscient, on n’en sait pas plus. Frustration. Frustration. Frustration.

Cela étant dit, ce ne fut pas un flop total puisque je lui ai tout de même accordé une note de 3/5. Malgré ma réticence tout au long de l’écoute, j’ai tenu bon jusqu’au bout. Et vous me trouverez certainement paradoxale, mais la fin m’a donné envie de lire le tome suivant (oui oui, il y un second tome!), « La septième vague ». Cliffhanger. Que voulez-vous, je suis faible face aux fins ouvertes, je dois savoir ! Il n’existe pas au format audio, mais je n’aurai de toute façon pas réitéré l’expérience. Par contre, j’irai probablement le louer en bibliothèque, hors de question de l’acheter neuf!

Quand souffle le vent du nord est une romance épistolaire au schéma classique. Si vous aimez les romances (et surtout le format épistolaire si particulier), n’hésitez pas à lire ce livre, vous serez probablement dans votre zone de confort. Je ne le conseille toutefois pas au format audio, qui écrase le rythme de l’histoire. 

Notation : ♥♥♥♥♥

Les disparus du Clairdelune – Christelle Dabos

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Auteur : Christelle Dabos

Edition : Gallimard Jeunesse

Genre : Fantasy Jeunesse

Langue originale : Français

Date de parution : 2015

Nombre de pages : 550

ISBN : 978-2-07-066198-5

Tome 3 :  La mémoire de Babel

 

Résumé

«Fraîchement promue vice-conteuse, Ophélie découvre à ses dépens les haines et les complots qui couvent sous les plafonds dorés de la Citacielle. Dans cette situation toujours plus périlleuse, peut-elle seulement compter sur Thorn, son énigmatique fiancé? Et que signifient les mystérieuses disparitions de personnalités influentes à la cour ? Ophélie se retrouve impliquée malgré elle dans une enquête qui l’entraînera au-delà des illusions du Pôle, au cœur d’une redoutable vérité.»

L’avis de la Papote

C’est parce que la sortie du tome 3 est imminente que j’ai voulu poursuivre cette série débutée l’hiver dernier. J’avais apprécié la lecture du premier tome de cette saga bien connue, sans que ce ne soit pour autant un coup de cœur. Certains personnages m’agaçaient un peu de trop et la fin ne m’avait pas laissé sur un cliffhanger suffisant pour enchaîner le tome 2 tout de suite après. Je dois vous dire que ce second tome fut bien plus plaisant à lire pour ma part ! D’ailleurs, c’est bien simple, je lui ai attribué un bon gros coup de cœur ! Rien que ça !

Pour rappel, on suit les aventures d’Ophélie, jeune habitante de l’arche Anima, héroïne un peu gauche et maladroite, ayant la capacité de lire le passé des objets en les touchant et de voyager en traversant les miroirs. Elle est vouée à un mariage arrangé avec le mystérieux Thorn, intendant de l’arche du Pôle. Ophélie se voit donc forcée à quitter sa famille et ses proches, et à se rendre sur cette arche où complots et manigances ne tarderont pas à faire leur apparition.

Je ne vous cache pas que je me suis surprise à sourire lorsque j’ai commencé ce deuxième opus. Oui, finalement, j’étais bien contente de retrouver l’univers si atypique construit par Christelle Dabos. Petit point positif à l’ouverture du livre : un arbre généalogique et une carte ! Parfait pour se replonger dans l’histoire en visualisant clairement les clans, les familles et les endroits décrits. Parce que mine de rien, c’est quand-même vachement compliqué de s’y retrouver parfois…

J’ai eu l’occasion de lire quelques chroniques sur la blogo depuis ma lecture et, bien qu’il rencontre majoritairement un franc succès, il lui est souvent reproché de posséder ce vilain défaut des seconds tomes : le lien entre le premier et le troisième opus, avec un manque cruel de révélations. Personnellement, je ne suis pas du tout de cet avis. Il y a une véritable intrigue qui tient en haleine, des personnages de plus en plus construits, du suspense, et, pour ma part, un nombre satisfaisant de révélations qui mènent à des réflexions qui me torturent l’esprit depuis la fin de ma lecture. Certainement que l’autrice aurait pu en donner davantage, mais c’est justement ça que j’ai apprécié : il fallait en garder pour la suite de la saga! Maintenant, je suis complètement happée par l’histoire et je VEUX savoir! Et, soit dit en passant, ne revenons plus sur la qualité de la plume de Christelle Dabos. Simple mais efficace!

Ophélie s’affirme de plus en plus au fur et à mesure de ses aventures, alors que Thorn reste supermégagigaultra mystérieux. J’ai vraiment appris à apprécier ce personnage. Pourtant, c’était loin d’être le cas dans le premier opus de la saga. Trop froid, trop sauvage, trop abrupt, il avait tendance à m’agacer fortement. Là, il se dévoile un tout petit peu (mais vraiment rikiki mini hein) mais suffisamment pour attiser ma curiosité. Quant à Archibald, ce personnage qui m’avait laissé une impression en demi-teinte, il n’est pas aussi présent que je l’aurais souhaité dans ce tome. Ô frustration.

Et cette fin !! On en parle de cette fin? Bah non, évidemment, sinon je spoile. Pas bien. Non mais, qui l’a déjà lu? Qu’on en parle de cette fin de ouf !

Vous l’aurez compris, je suis hyper impatiente d’avoir le troisième tome entre les mains (sortie prévue le 1er juin * niark niark) et d’obtenir une réponse à toutes les questions qui restent encore en suspens. De plus, il nous promet encore de voyager dans un univers inconnu jusqu’alors, puisque l’intrigue se déroule sur l’arche de Babel ! Et vous connaissez probablement la bonne nouvelle, mais je vous le dis quand-même parce que ça réchauffe mon petit coeur de lectrice : il y aura un tome 4 !!

A tous ceux qui, comme moi, avaient fait l’expérience d’une lecture en demi-teinte pour le commencement de la saga « La passe-miroir », je ne peux que vous encourager à lire la suite. Et à tous ceux qui n’auraient pas encore commencé le premier tome, n’hésitez plus!

Notation : ♥♥♥♥♥

Tout se joue avant le petit déj’ – Jeff Sanders

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Auteur : Jeff Sanders

Edition : Marabout

Genre : Développement personnel

Langue originale : Anglais

Date de parution : 2016

Nombre de pages : 265

ISBN : 978-2-501-11499-8

 

Résumé

«Levez-vous tôt et pilotez votre journée avant le petit-déjeuner! Vous avez entre les mains LE guide qui vous permettra de vous concentrer sur ce qui compte le plus pour vous. Jeff Sanders vous propose, en 7 étapes, d’adopter un style de vie sain et équilibré et d’atteindre vos objectifs grâce à une multitude de conseils et de stratégies ayant fait leurs preuves. Vous comprendrez comment et pourquoi : fixer une limite à votre journée de travail, rédiger aujourd’hui le programme de demain, booster votre énergie pour la journée, répartir vos objectifs annuels en périodes de 3 mois, mettre en oeuvre vos projets. »

L’avis de la Papote

Il m’arrive assez souvent de lire des ouvrages de développement personnel. Bien consciente qu’on peut apprendre mille et une choses grâce à la fiction, j’aime parfois me plonger dans un ouvrage consacré uniquement à un sujet particulier, l’approfondir, prendre des notes, appliquer au quotidien les bénéfices que j’ai pu retirer de ma lecture. Certains de ces livres font partie de mes indispensables, et je les relis très souvent (je pense notamment à « L’art de la simplicité » de Dominique Loreau, pas encore chroniqué sur ce blog – tiens?).

« Tout se joue avant le petit déj' » traite de cette fameuse Miracle Morning dont tout le monde parle en ce moment. J’ai toujours aimé cette idée de se lever plus tôt pour avoir du temps pour soi. Je suis de ceux qui aiment être debout alors que la maison est encore silencieuse et endormie, quand le calme et la sérénité emplissent l’air ambiant, et que le monde est encore plongé dans un profond sommeil. Une véritable bénédiction pour bien commencer sa journée. J’étais donc très curieuse de lire davantage à ce sujet, de voir si je pouvais retirer quelque chose de cette Miracle Morning que je ne mettais pas encore en place. Parce que, mine de rien, ce n’est pas toujours évident à appliquer… J’ai jeté mon dévolu sur ce livre en particulier parce qu’il me paraissait plus terre à terre que le « Miracle Morning » de Hal Elrod. Et puis j’en avais marre de le voir partout celui-là… J’ai préféré donner sa chance à Jeff Sanders!

Pour commencer, un premier mot sur  la structure même du livre. L’auteur nous apporte d’abord une partie plus théorique en nous détaillant clairement en quoi consiste cette routine matinale, ses bienfaits, comment il en est arrivé à la mettre en place dans sa vie personnelle. Puis, il s’attarde sur la feuille de route, un véritable guide hyper complet sur toutes les étapes à mettre en place afin de devenir un lève-tôt efficace, frais et dispo. Enfin, il donne un plan d’action en 30 jours pour nous aider à appliquer toutes les étapes de la feuille de route. Chaque chapitre se clôture par un résumé très succinct reprenant les idées principales, et d’un plan d’action à mettre en oeuvre. Des espaces libres sont prévus afin que le lecteur puisse mettre par écrit son plan d’action personnalisé. En bref, on peut dire que l’ouvrage est très bien construit et très complet, pas de doute là-dessus.

Afin de vous donner un aperçu du contenu de ce bouquin, voici les 10 premiers bienfaits d’un réveil matinal selon Jeff Sanders :

Plus de temps pour organiser sa journée et être efficace. Se lever ne serait-ce que 15 minutes plus tôt pour préparer sa journée promet une plus grande productivité.

L’heure idéale pour un moment de calme. Le temps où vous serez le seul levé dans la maison est probablement le seul que vous aurez de toute la journée : en profiter pour rassembler ses pensées et ralentir le rythme.

Un sommeil de meilleure qualité et  plus régulier. Se lever tôt nécessite de se coucher tôt, donc d’arrêter plus tôt sa journée, donc d’être plus efficace avant ce temps d’arrêt.

Un regain d’énergie et d’optimisme. En mettant en place une routine matinale qui vous plaît, vous cesserez de vous réveiller en mode « JE VEUX MON LIIIIIIIT ». Vous serez frais, prêt et dispo pour attaquer la journée.

Une meilleure concentration. Le matin, pas de bruit, pas d’interruption, pas de distraction.

Un cerveau en meilleure forme : des idées plus claires et plus créatives. Il est plus difficile de réaliser des choses vraiment importantes en fin de journée.

Plus beau et plus en forme. Vous pouvez profiter de ce moment précieux du matin pour faire du sport !

Une hausse constante de la productivité quotidienne. Réfléchissez aux jours où vous  faites la grasse matinée. Généralement, la productivité va de paire avec un réveil matinal. Les jours où vous vous levez tard, votre journée n’est pas aussi bien gérée.

De meilleures chances d’atteindre vos grands objectifs. Avec ce temps libéré qui n’existait pas avant, vous pouvez littéralement faire tout ce que vous  voulez. Absolument tout. Courir un marathon, écrire un livre, monter une entreprise. Tout.

10° Bienvenue dans le club très fermé des grands de ce monde. Le PDG de Starbucks, la rédactrice en chef de Vogue, le PDG d’Apple, Benjamin Franklin, Barack Obama. Ce sont tous des lève-tôt !

J’ai vraiment beaucoup apprécié cette lecture, même si je ne peux évidemment pas appliquer à la lettre cette méthode. Là où le bas blesse pour moi, c’est qu’en semaine, je me lève déjà à 5h30 pour avoir le temps de me préparer, de déjeuner, de m’occuper de bébé papote au réveil avant de partir la conduire chez la nounou et de me rendre au travail. J’ai testé pendant une semaine le lever à 5h, et le temps de me réveiller, de descendre me faire un café, il ne me reste déjà plus que 20 minutes pour faire quelque chose. Un peu court pour écrire un roman…  Le temps d’allumer l’ordi, d’ouvrir le document Word, c’est fichu, plus que 10 minutes au compteur. Et là, bébé décide de se réveiller plus tôt. Tout ça pour rien!

Bref, vous l’aurez compris, je n’ai pas mis mon réveil plus tôt que d’habitude après avoir lu ce livre. Par contre, j’ai compris l’intérêt de l’organisation, de la planification des journées, de la mise en place de grands objectifs et de sous-objectifs. En planifiant correctement mes journées, je libère du temps non pas le matin au réveil, mais tout au long du jour! Et en deux semaines de temps, j’ai réaliser toutes les étapes nécessaires à l’ouverture de ma chaîne Youtube, alors que j’étais persuadée de ne pas avoir le temps pour réaliser ce projet qui me trottait dans la tête depuis des mois. Optimiser son temps, c’est vraiment la leçon que j’ai retenue de cette lecture. On est d’accord qu’il ne sert à rien de mettre son réveil à 5h si c’est pour traîner jusque 7h sur les réseaux sociaux. On est d’accord aussi sur le fait que l’on gaspille du temps à tort et à travers, pour un oui ou pour un non, alors que chacune de ces minutes jetées à la poubelle pourrait servir à réaliser un objectif, un rêve, une envie !

Je vous conseille vivement cette lecture si vous vous sentez débordé, si vous pensez que vous n’avez le temps de rien, si vous désirez vous octroyer du temps pour vous. Jeff Sanders m’a ouvert les yeux sur l’importance de rêver, et sur la possibilité de tout mettre en oeuvre pour réaliser les plus grands objectifs de notre vie. Même si je ne me lève toujours pas à 5h du matin !

Notation : ♥♥♥♥

La tailleur de pierre – Camilla Läckberg

couv20357020Auteur : Camilla Läckberg

Lectrice : Christine Pâris

Edition : Audiolib (paru initialement chez Actes Sud dans la collection Actes noirs)

Genre : Policier

Langue originale : Suédois

Date de parution : 2009

Heures d’écoute : 13 heures 50 minutes

ISBN : 978-2-35641-220-1

Résumé

«Un pêcheur de Fjällbacka trouve une petite fille noyée. Bientôt, on constate que Sara, sept ans, a de l’eau douce savonneuse dans les poumons. Quelqu’un l’a donc tuée avant de la jeter à la mer. Mais qui peut vouloir du mal à une petite fille ? Alors qu’Erica vient de mettre leur bébé au monde et qu’il est bouleversé d’être papa, Patrik Hedström mène l’enquête sur cette horrible affaire. Car sous les apparences tranquilles, Fjällbacka dissimule de sordides relations humaines – querelles de voisinage, conflits familiaux, pratiques pédophiles – dont les origines peuvent remonter jusqu’aux années 1920. Quant aux coupables, ils pourraient même avoir quitté la ville depuis longtemps. Mais lui vouer une haine éternelle.»

L’avis de la Papote

Les livres de la collection Actes noirs chez Actes Sud m’ont toujours particulièrement intriguée de par leurs couvertures sombres aux illustrations un peu… glauques. Malheureusement, n’étant pas particulièrement fan des romans policiers, je n’ai jamais voulu dépenser 20€ dans un livre de cette collection. Jusqu’au jour où l’une de mes collègues m’a proposé, non pas de lire l’un de ces fameux romans à la couverture noire, mais de l’écouter. Un livre audio donc. Malgré les quelques réserves que j’émettais secrètement dans ma tête bornée de lectrice de livres papiers, j’ai accepté de tester ce format totalement inédit pour moi (on en discute très prochainement dans un article #Lapapoteuse).

Nous sommes dans la ville de Fjällbacka, en Suède. Le corps sans vie de la petite Sara a été retrouvé dans les eaux maritimes par un pêcheur. Très vite, la police locale découvre la sordide vérité : Sara a été assassinée. La stupeur s’empare des habitants : qui pourrait en vouloir à une enfant?

« La dernière nasse était particulièrement lourde et il cala son pied sur le plat-bord pour la dégager sans se déséquilibrer. Lentement il la sentit céder et il espérait ne pas l’avoir esquintée. Il jeta un coup d’œil par-dessus bord mais ce qu’il vit n’était pas le casier. C’était une main blanche qui fendit la surface agitée de l’eau et sembla montrer le ciel l’espace d’un instant. Son premier réflexe fut de lâcher la corde et de laisser cette chose disparaître dans les profondeurs… »

Lorsque j’ai débuté l’écoute de ce livre, je n’avais pas la moindre idée de la trame de l’histoire. Je voulais me plonger dans cette nouvelle aventure livresque sans aucune attente particulière concernant l’intrigue. Mon cœur de maman n’a fait qu’un tour quand j’ai compris qu’il s’agissait du meurtre d’une petite fille. Autant vous dire que les larmes me sont vite montées aux yeux.

L’enquête policière nous emmène dans les plus sombres recoins de l’âme humaine et nous fait voyager à travers les époques. Il m’a fallu un petit temps d’adaptation pour comprendre que la narration était doublée : une partie de l’histoire se déroule de nos jours, et l’autre dans les années 1920 (« Hein? Elle regarde la télé? Mais je pensais qu’on était en 1920! » Hum.). Là où il est plus facile de revenir en arrière dans un livre au format papier, le livre audio ne permet pas une telle flexibilité. J’ai fini par comprendre, rassurez-vous.

Les thèmes abordés sont vraiment très noirs : conflits familiaux, querelles de voisinage, suicide, pédophilie, meurtre, bref, pas besoin de vous en dire davantage pour vous dresser le tableau. J’ai surtout apprécié le côté « petit village nordique où tout le monde sait tout sur tout le monde » et où rien ne reste secret bien longtemps (la femme du policier en charge de l’affaire est en fait la meilleure amie de la mère de la petite fille assassinée, z’avez compris?). C’est un peu comme les feux de l’amour Suédois en plus dramatique. On ne se doute pas du tout de la personne qui se cache derrière ce meurtre infâme, et tous les événements qui paraissent si disparates depuis le début se rejoignent d’un coup en une cohérence infaillible (Ah! C’était donc ça!).

Malgré la lourdeur et la noirceur du récit, je ne peux pas nier que ce livre a été un véritable coup de coeur pour moi. Une petite pépite qui me trotte encore dans la tête, plusieurs dizaines de jours après en avoir terminé l’écoute. Je ne sais pas si c’est le format audio qui a rendu cette expérience très marquante, mais quoi qu’il en soit, j’ai tout de suite rajouté « Le tailleur de pierre » dans ma Wishlist. Rien à faire, il me le faut physiquement parlant dans ma bibliothèque.

Après en avoir fait le retour auprès de ma collègue, voilà qu’elle m’apprend que ce livre fait en fait partie d’une loooooongue saga qui compte jusqu’à présent neuf tomes! NEUF! Les personnages principaux restent les mêmes au fil des histoires mais ils peuvent apparemment se lire indépendamment les uns des autres. Bon, pas de bol, « Le tailleur de pierre » est le troisième de la série, mais qu’à cela ne tienne, je commencerai par le premier (« La princesse des glaces ») dans pas très longtemps, ça c’est sûr!

Notez enfin qu’il existe une série créée par et pour la télé sur base de scénarii de Camilla Läckberg : « Les enquêtes d’Erica ». Affaire à suivre!

Bien qu’il ne s’agisse pas d’un chef d’oeuvre littéraire, « Le tailleur de pierre » de Camilla Läckberg aura au moins le mérite de se faire une place dans un coin de votre tête et de ne jamais en sortir. Touchant, émouvant, dégoûtant, intéressant, ce roman a toutes les qualités requises pour vous faire passer un moment de lecture (ou d’écoute ^^) intense. Coup de cœur!

Notation : ♥♥♥♥♥

Deception point – Dan Brown

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Auteur : Dan Brown

Edition : Le Livre de Poche

Genre : Thriller

Langue originale : Anglais

Date de parution : 2006

Nombre de pages : 699

ISBN : 978-2-253-12316-3

 

Résumé

« Quand un satellite de la NASA détecte une météorite d’une exceptionnelle rareté enfouie sous les glaces du cercle polaire, cela tombe à pic pour l’agence spatiale, impatiente de faire oublier une série d’opérations ratées. A la veille de l’élection présidentielle, alors que son avenir politique est en jeu, le président des Etats-Unis envoie dans l’Arctique Rachel Sexton, analyste des services secrets, vérifier l’authenticité de cette découverte. Elle y rejoint une équipe d’experts, dont le charismatique océanologue Michael Tolland. Ce que Rachel va découvrir est presque inconcevable : une mystification audacieuse qui risque de déclencher un scandale mondial. »

L’avis de la Papote

Ah, ce très cher Dan Brown. Si vous suivez mon blog depuis le début, vous devez probablement connaître mon amour inconditionnel pour les ouvrages de cet auteur. Après avoir lu « Da Vinci Code » pendant mes études universitaires (en plein blocus, je ne vous raconte pas la galère pour refermer le livre et me mettre à étudier…), j’ai dévoré chacun de ses romans avec la même intensité et la même impatience à chaque fois. Il manie le suspense avec brio et, moi qui adoooooooore le symbolisme et l’histoire de l’art, Robert Langdon ne pouvait que me plaire ! Je peux officiellement dire, après avoir refermé « Deception point », que Dan Brown est un auteur dont j’ai lu absolument tous les livres. La classe, n’est-ce pas ?

Rachel Sexton, fille du sénateur Sexton en lice pour les présidentielles et membre des services secrets du NRO, est contactée par le président des Etats-Unis en personne afin de découvrir le dernier trésor de la NASA. Cette agence, menacée de passer dans le domaine privé si le Sénateur Sexton est élu, fait une découverte absolument inattendue (dont je ne vous révélerai pas la nature exacte, bien entendu). Toute la campagne du Sénateur est menacée. La conquête spatiale redore le blason national. Et quand il s’agit de politique, les hommes très (trop) ambitieux sont généralement prêts à tout…

« La maison blanche est l’un des palais présidentiels les plus petits du monde puisqu’elle ne mesure que soixante-cinq mètres de longueur sur trente-deux mètres de profondeur et qu’avec son parc elle n’occupe que neuf hectares. Le plan de la demeure en parallélépipède rectangle, oeuvre de l’architecte James Hoban, avec son toit à arêtes, sa balustrade et son perron à colonnades, si banal qu’il soit, avait été choisi sur concours. Les juges avaient apprécié son aspect riant, digne et simple à aménager. Le président Zach Herney, même après trois ans et demi passés là, ne se sentait pas chez lui dans ce théâtre truffé de statues, d’imposants candélabres et de Marines armés. En ce moment, pourtant, alors qu’il se dirigeait à grandes enjambées vers l’aile ouest, il se sentait réconforté et, bizarrement, à l’aise. Il volait presque sur l’épaisse moquette. » (p.89)

« Deception point » est le deuxième ouvrage écrit par l’auteur. Comme dans « Forteresse digitale », Robert Langdon n’entre pas encore en scène. Pas de secte, de mystère, de symboles, d’art, mais la chasse aux indices est tout de même belle et bien présente. L’intrigue tourne autour de complots politiques, de découvertes scientifiques à couper le souffle, de mensonges, de crimes mais aussi un tout petit chouïa de romance, tous les ingrédients qui, mis ensemble, forment un formidable suspense et un page-turner fabuleux.

Contrairement aux autres livres mettant en scène Robert Langdon, le suspense n’apparaît qu’à la 150ème page. Oui, ça fait beaucoup. Dan Brown prend le temps de poser le contexte, de présenter les personnages et ne nous révèle la fameuse découverte autour de laquelle gravite la majorité de l’intrigue qu’à la page 144. Qu’à cela ne tienne, même si l’histoire met du temps à démarrer, le reste en vaut largement la chandelle. Moi qui ne porte aucun intérêt à la politique, j’ai complètement succombé aux complots et aux dysfonctions dans le système. L’auteur met brillamment en scène les conséquences désastreuses d’une recherche excessive du pouvoir, de la reconnaissance et du succès. On finit par douter de tout. Vraiment captivant !

Le livre contient également de très nombreuses références scientifiques liées à l’exploration spatiale, marine et glacière. Encore une fois, certains passages auraient pu, à mon sens, être écourtés et moins complexes, mais cela n’enlève en rien l’intérêt que le lecteur peut porter à ces informations. Elles restent malgré tout nécessaires à la compréhension du complot principal.

Vous l’aurez compris, cette lecture a été à la hauteur de mes attentes. Je n’irai pas jusqu’à lui mettre le coup de cœur, pour les diverses raisons énumérées ci-dessus, mais vraiment, ce livre est TOP. Une petite brique dévorée en quelques jours à peine, c’est pour vous dire.
J’ai appris très récemment que le prochain livre de l’auteur, « Origin », sortira dans nos librairies le 26 septembre 2017. Après mon coup de cœur intersidéral pour « Inferno », j’attends ce prochain chef d’œuvre avec la plus grande impatience !

Si vous avez aimé les best-sellers de l’auteur, vous apprécierez sans aucun doute « Deception point ». Dan Brown reste fidèle aux essentiels qui font de ses ouvrages un réel succès planétaire : le suspense, les complots, la chasse aux indices. Foncez, vous ne serez pas déçus, parole de papoteuse !

Notation : ♥♥♥♥

Chanson douce – Leïla Slimani 

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Auteur : Leïla Slimani

Edition : Gallimard

Genre : Contemporain

Langue originale : Français

Date de parution : 2016

Nombre de pages : 277

ISBN : 978-2-07-019667-8

 

Résumé

«Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d’un cabinet d’avocats, le couple se met à la recherche d’une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l’affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu’au drame.»

L’avis de la Papote

J’ai découvert Leïla Slimani lors de son passage à l’émission « La grande librairie ». La description qu’elle avait faite de son deuxième roman « Chanson douce » m’avait complètement hypnotisée. Le thème, très fort et très dur, ne m’avait pas laissée de marbre. L’histoire d’une nounou meurtrière, sous ses faux airs angéliques, me touchait d’autant plus que ma fille venait de naître. Puis, quand j’ai su que ce roman avait remporté le prix Goncourt 2016, je n’ai plus hésité une seule seconde. J’étais bien trop curieuse de voir à quoi ressemblait le style d’une lauréate de ce prix tant convoité!

J’ai attendu le moment fatidique de la reprise du travail et de l’inévitable recours à la nounou pour commencer ma lecture. Sadique, moi? Pas du tout, je voulais surtout être dans le même état d’esprit que les personnages du roman. Et puis, ma nounou, je la connais depuis bien longtemps, et j’ai une confiance infaillible en son excellente santé mentale !

Aucun suspense dans ce livre : nous savons dès les premières lignes qu’un drame indescriptible vient de s’abattre sur la famille de Paul et Myriam : leurs enfants viennent d’être assassinés par leur nounou. Autant vous dire qu’il faut avoir son petit cœur de jeune maman bien accroché.

« Le bébé est mort. Il a suffi de quelques secondes. Le médecin a assuré qu’il n’avait pas souffert. » (p.13)

Le reste de l’intrigue se concentre sur le quotidien de Louise avec Mila et Adam. C’est là tout l’intérêt de ce roman : un travail poussé sur la psychologie du personnage de la nounou, et une seule question qui nous tambourine le cerveau tout au long de notre lecture : « Mais comment diable ces parents ont-ils pu se tromper sur cette atroce bonne femme? ». Eh bien vous verrez, si le cœur vous en dit de découvrir ce roman, que tous autant que nous sommes aurions pu commettre cette erreur. Louise est juste parfaite. Elle s’occupe à merveille des enfants, fait le ménage et cuisine même pour la famille entière. C’est bien simple, Myriam et Paul ne peuvent plus s’en passer, et Louise ne peut plus se passer d’eux. Et c’est bien là tout le problème…

Cette lecture vous prend aux tripes, littéralement. Le style de l’auteure est incisif, coupant, direct. C’est d’ailleurs très surprenant au départ, mais cela colle tellement avec la lourdeur de l’histoire qu’on se laisse emporter par ces phrases courtes qui rythment à merveille le récit. Jusqu’au bout, on veut savoir POURQUOI.

« Elle adore pourtant ces deux enfants qu’elle passe des heures à observer. Elle en pleurerait, de ce regard qu’ils lui lancent parfois, cherchant son approbation ou son aide. Elle aime surtout la façon qu’a Adam de se retourner, pour la prendre à témoin de ses progrès, de ses joies, pour lui signifier que dans tous ses gestes, il y a quelque chose qui lui est destiné, à elle et à elle seule. Elle voudrait, jusqu’à l’ivresse, se nourrir de leur innocence, de leur enthousiasme. Elle voudrait voir avec leurs yeux quand ils regardent quelque chose pour la première fois, quand ils comprennent la logique d’une mécanique, qu’ils en espèrent l’infinie répétition sans jamais penser, à l’avance, à la lassitude qui viendra. » (p.211)

J’émets quand-même quelques petites réserves par rapport à certains éléments qui, selon moi, auraient dû faire partie de l’histoire et sont (à mon avis volontairement) omis. Quid de la réaction des parents face à ce drame? De la culpabilité ? Des remords ? De la descente aux enfers ? De la véritable explication du double meurtre ? Je pense que Leïla Slimani laisse les portes ouvertes à ses lecteurs, à nous de pousser la réflexion plus loin pour obtenir ces réponses. Il n’empêche que, moi, ça me laisse un peu sur ma faim…

Chanson douce est un roman à la construction originale, à l’intrigue douloureuse, poignante et au style percutant qui restera longtemps dans un coin de votre tête, une fois la lecture terminée. Une petite claque littéraire. Un prix Goncourt mérité, haut la main.  

Notation : ♥♥♥♥