Quand souffle le vent du nord – Daniel Glattauer

Auteur : Daniel Glattauercouv22324997

Lecteurs : J.-M. Delhausse – N. Hugo

Edition : Audiolib (paru chez Grasset)

Genre : Contemporain Epistolaire

Langue originale : Allemand

Date de parution : 2010

Heures d’écoute : 5 heures 26 minutes

EAN : 9782356412300

Tome 2 : La septième vague

Résumé

«Un message anodin peut-il bouleverser votre vie ? Leo Leike reçoit par erreur un courriel d’une inconnue, Emmi Rothner. Poliment, il le lui signale. Elle s’excuse et, peu à peu, un dialogue s’engage, une relation se noue. Au fil des courriels, ils éprouvent l’un pour l’autre un intérêt grandissant.
Emmi est mariée, Leo se remet à grand-peine d’un chagrin d’amour. De plus en plus attirés l’un par l’autre, Emmi et Leo repoussent néanmoins le moment fatidique de la rencontre.»

L’avis de la Papote

« Quand souffle le vent du nord » est ma deuxième expérience d’écoute de livre. J’avais tellement adoré écouter « Le tailleur de pierre » de Camilla Läckberg que je n’ai pas traîné à commencer un nouveau livre audio. Cette petite romance contemporaine épistolaire me paraissait parfaite pour agrémenter mes trajets en voiture.

L’histoire, relativement peu originale, est la suivante : Emmi décide un jour de mettre fin à son abonnement périodique à un journal. Dans l’envoi du mail, elle se trompe de destinataire. Le message parvient dans la boîte de Leo Leike. S’ensuit une correspondance, un dialogue, le début d’une relation particulière où la vision de l’autre n’est que fantasme et imagination. Schéma classique d’une romance épistolaire moderne.

Cette deuxième expérience en livre audio ne fut pas aussi agréable et riche que la première. D’abord, je dois vous signaler que les romances et moi, ça fait dix. Ce n’est pas du tout mon genre de prédilection et je me dirige très rarement vers ce type d’intrigue. Mais je pense que la raison principale à mon sentiment négatif par rapport à cette écoute découle du format : un échange de mail doit se lire, non pas s’écouter. Entendre mille fois « 30 minutes plus tard. Objet : pas d’objet. Cher Leo… », je vous avoue que mes nerfs ne l’ont pas supporté très longtemps. J’ai trouvé le rythme monotone, ennuyant, écrasant, lourd. Heureusement, ce qui m’a permis de continuer l’écoute, c’est le fait que deux lecteurs différents vous racontent cette histoire : un homme et une femme. Malgré le format répétitif, cela ajoutait une dynamique non négligeable au récit.

Autre petit point noir : le personnage de Emmi est juste im-bu-va-ble. Pour moi en tout cas. Je n’ai pas du tout accroché avec ce personnage. J’ai levé les yeux au ciel plus d’une fois tant ses réactions m’incommodaient. Très indécise, un comportement de pré-adolescente dans certaines situations, inintéressante, bref, vous l’aurez compris, c’était pas ma grande copine.

Et finalement, j’ai ressenti une très grande frustration totalement liée au format épistolaire : à aucun moment vous n’accédez aux pensées véritables des personnages. C’est comme si vous tombiez par hasard sur cet échange de mail, mais sans narrateur omniscient, on n’en sait pas plus. Frustration. Frustration. Frustration.

Cela étant dit, ce ne fut pas un flop total puisque je lui ai tout de même accordé une note de 3/5. Malgré ma réticence tout au long de l’écoute, j’ai tenu bon jusqu’au bout. Et vous me trouverez certainement paradoxale, mais la fin m’a donné envie de lire le tome suivant (oui oui, il y un second tome!), « La septième vague ». Cliffhanger. Que voulez-vous, je suis faible face aux fins ouvertes, je dois savoir ! Il n’existe pas au format audio, mais je n’aurai de toute façon pas réitéré l’expérience. Par contre, j’irai probablement le louer en bibliothèque, hors de question de l’acheter neuf!

Quand souffle le vent du nord est une romance épistolaire au schéma classique. Si vous aimez les romances (et surtout le format épistolaire si particulier), n’hésitez pas à lire ce livre, vous serez probablement dans votre zone de confort. Je ne le conseille toutefois pas au format audio, qui écrase le rythme de l’histoire. 

Notation : ♥♥♥♥♥

Chanson douce – Leïla Slimani 

_chanson_douce____pourquoi_faut_il_absolument_lire_leila_slimani___5213

Auteur : Leïla Slimani

Edition : Gallimard

Genre : Contemporain

Langue originale : Français

Date de parution : 2016

Nombre de pages : 277

ISBN : 978-2-07-019667-8

 

Résumé

«Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d’un cabinet d’avocats, le couple se met à la recherche d’une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l’affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu’au drame.»

L’avis de la Papote

J’ai découvert Leïla Slimani lors de son passage à l’émission « La grande librairie ». La description qu’elle avait faite de son deuxième roman « Chanson douce » m’avait complètement hypnotisée. Le thème, très fort et très dur, ne m’avait pas laissée de marbre. L’histoire d’une nounou meurtrière, sous ses faux airs angéliques, me touchait d’autant plus que ma fille venait de naître. Puis, quand j’ai su que ce roman avait remporté le prix Goncourt 2016, je n’ai plus hésité une seule seconde. J’étais bien trop curieuse de voir à quoi ressemblait le style d’une lauréate de ce prix tant convoité!

J’ai attendu le moment fatidique de la reprise du travail et de l’inévitable recours à la nounou pour commencer ma lecture. Sadique, moi? Pas du tout, je voulais surtout être dans le même état d’esprit que les personnages du roman. Et puis, ma nounou, je la connais depuis bien longtemps, et j’ai une confiance infaillible en son excellente santé mentale !

Aucun suspense dans ce livre : nous savons dès les premières lignes qu’un drame indescriptible vient de s’abattre sur la famille de Paul et Myriam : leurs enfants viennent d’être assassinés par leur nounou. Autant vous dire qu’il faut avoir son petit cœur de jeune maman bien accroché.

« Le bébé est mort. Il a suffi de quelques secondes. Le médecin a assuré qu’il n’avait pas souffert. » (p.13)

Le reste de l’intrigue se concentre sur le quotidien de Louise avec Mila et Adam. C’est là tout l’intérêt de ce roman : un travail poussé sur la psychologie du personnage de la nounou, et une seule question qui nous tambourine le cerveau tout au long de notre lecture : « Mais comment diable ces parents ont-ils pu se tromper sur cette atroce bonne femme? ». Eh bien vous verrez, si le cœur vous en dit de découvrir ce roman, que tous autant que nous sommes aurions pu commettre cette erreur. Louise est juste parfaite. Elle s’occupe à merveille des enfants, fait le ménage et cuisine même pour la famille entière. C’est bien simple, Myriam et Paul ne peuvent plus s’en passer, et Louise ne peut plus se passer d’eux. Et c’est bien là tout le problème…

Cette lecture vous prend aux tripes, littéralement. Le style de l’auteure est incisif, coupant, direct. C’est d’ailleurs très surprenant au départ, mais cela colle tellement avec la lourdeur de l’histoire qu’on se laisse emporter par ces phrases courtes qui rythment à merveille le récit. Jusqu’au bout, on veut savoir POURQUOI.

« Elle adore pourtant ces deux enfants qu’elle passe des heures à observer. Elle en pleurerait, de ce regard qu’ils lui lancent parfois, cherchant son approbation ou son aide. Elle aime surtout la façon qu’a Adam de se retourner, pour la prendre à témoin de ses progrès, de ses joies, pour lui signifier que dans tous ses gestes, il y a quelque chose qui lui est destiné, à elle et à elle seule. Elle voudrait, jusqu’à l’ivresse, se nourrir de leur innocence, de leur enthousiasme. Elle voudrait voir avec leurs yeux quand ils regardent quelque chose pour la première fois, quand ils comprennent la logique d’une mécanique, qu’ils en espèrent l’infinie répétition sans jamais penser, à l’avance, à la lassitude qui viendra. » (p.211)

J’émets quand-même quelques petites réserves par rapport à certains éléments qui, selon moi, auraient dû faire partie de l’histoire et sont (à mon avis volontairement) omis. Quid de la réaction des parents face à ce drame? De la culpabilité ? Des remords ? De la descente aux enfers ? De la véritable explication du double meurtre ? Je pense que Leïla Slimani laisse les portes ouvertes à ses lecteurs, à nous de pousser la réflexion plus loin pour obtenir ces réponses. Il n’empêche que, moi, ça me laisse un peu sur ma faim…

Chanson douce est un roman à la construction originale, à l’intrigue douloureuse, poignante et au style percutant qui restera longtemps dans un coin de votre tête, une fois la lecture terminée. Une petite claque littéraire. Un prix Goncourt mérité, haut la main.  

Notation : ♥♥♥♥

George – Alex Gino

004501019

Auteur : Alex Gino

Edition : L’école des Loisirs

Genre : Contemporain Jeunesse

Langue originale : Anglais

Date de parution : 2017

Nombre de pages : 172

ISBN : 978-0545812542

 

Résumé

« Beaucoup de gens aiment George. Maman est très fière de son petit garçon, elle pense qu’il deviendra « un jeune homme très bien ». Scott aime beaucoup son « frérot ». Et Kelly le tient pour son « meilleur ami ». Mais George sait que les gens ne voient pas qui elle est vraiment. Car, George en a la certitude, elle est une fille. Alors, quand sa maîtresse propose de jouer une pièce de théâtre à l’école, George veut plus que tout interpréter le personnage de Charlotte. Elle sera parfaite, et les gens comprendront enfin qui elle est. Comment leur faire comprendre que c’est le rôle de sa vie ? »

L’avis de la Papote

Ce roman est de loin le plus original que j’ai eu l’occasion de lire depuis un certain temps. Je n’ai jamais rencontré d’autres livres destinés à la jeunesse traitant du sujet abordé dans ce bouquin. Le transgenre destiné aux enfants. Paf. Bim. Boum. Une thématique forte, engagée, peut-être un peu taboue encore à l’heure d’aujourd’hui. C’est sur le blog de Pikobooks (ici) que j’ai pu découvrir ce roman, et je me suis empressée de l’acheter lors de mon passage en librairie.

George est un garçon, mais son ressenti en est tout autre. Il est persuadé, au fond de lui, qu’il est une fille. Son nom secret ? Mélissa. Elle aime les magazines féminins, les jolis vêtements, elle rejette l’image masculine que son miroir lui renvoie. Son entourage voit en elle un petit garçon modèle, comme les autres. Si seulement ils pouvaient la comprendre…

« Elle faillit trébucher en entrant et appela : « Hello ? » Aucune lumière n’était allumée. Elle voulait tout de même s’assurer que la maison était vide. La porte de la chambre de maman était ouverte et les draps bien lisses. La chambre de Scott était également inoccupée. Certaine d’être seule, George se rendit dans la troisième chambre, ouvrit la porte du placard et inspecta la pile d’animaux en peluche et les autres jouets qui étaient à l’intérieur. Tout était en ordre. Maman reprochait à George de ne plus s’amuser avec ses jouets depuis des années et disait qu’il faudrait en faire cadeau à des familles dans le besoin. Mais, pour George, ils étaient nécessaires, ils étaient les gardiens de sa collection secrète, celle à laquelle elle tenait plus que tout. Elle fouilla sous les ours et les lapins en peluche, à la recherche d’un sac plat en jean. Dès qu’elle l’eut en main, elle courut dans la salle de bains et ferma la porte au verrou. Elle se laissa glisser sur le sol en serrant fortement le sac dans ses bras. Quand elle renversa le sac en jean sur le côté, les pages soyeuses et glacées d’une douzaine de magazines tombèrent sur le carrelage. » (p.9-10)

Comme vous pouvez déjà le remarquer dans l’extrait ci-dessus, l’auteur emploie le pronom personnel « ELLE » pour désigner George tout au long de l’histoire, une belle façon d’insister sur sa véritable identité. Le style est évidemment assez simple puisque le livre est destiné à de très jeunes lecteurs, mais tout est cohérent et mignon finalement, avec une naïveté enfantine touchante. Le rythme est très bon, de courts chapitres, ce qui en fait une lecture rapide et très appréciable.

George est un personnage extrêmement attachant. Je pense sincèrement que les petits lecteurs seront très empathiques envers elle. Les situations auxquelles elle est confrontée m’ont tellement touchées, je ressentais son mal-être, son envie de crier au monde entier qui elle était vraiment, je percevais l’importance pour elle d’être qui elle voulait être.

« – Ce que je veux dire, c’est qu’il faut avoir certaines qualités pour pleurer sur un livre. Ça prouve qu’on a de la compassion et de l’imagination. (Elle tapota l’épaule de George.) Reste comme tu es, George, et je suis sûre que tu deviendras un jeune homme très bien. » Le mot « homme » tomba comme une pierre sur le crâne de George. C’était cent fois pire que « garçon », et elle en eut le souffle coupé. Elle se mordit la lèvre et sentit de nouvelles larmes couler le long de ses joues. Elle posa la tête sur son pupitre et regretta de ne pas être invisible. » (p.21)

Les réactions de son entourage face à certaines révélations sont parfois étonnantes. L’institutrice qui reste sur des préjugés ridicules (« un garçon ne peut pas jouer le rôle d’une fille dans une pièce de théâtre, même si le jeu d’acteur est très bon ») ou encore la maman qui refuse d’admettre la vérité. Je ne doute pas que le choc soit important pour une maman de savoir son petit garçon malheureux, de connaître les obstacles qui entraveront sa route, les moments difficiles qui l’attendent, mais avant tout, n’est-ce pas d’un soutien infaillible dont George a réellement besoin ? La réaction des camarades de classe sont tout en nuance, avec d’une part des critiques cruelles sur la personnalité de George, mais aussi une compréhension et une compassion incroyables, qui lui apportent un élan de bien-être et de confiance en l’avenir. Quant à Scott, le grand frère, il réagit de manière tout à fait inattendue.

J’ai adoré cette lecture, elle m’a enrichi à tant de niveaux que je ne peux que vous conseiller de faire la connaissance de George !

George est un ouvrage touchant à mettre entre toutes les mains possibles. Les enfants, les parents, les instituteurs et autres professionnels de l’enfance ne pourront que bénéficier d’une telle lecture qui ouvre les modes de pensées et renforce l’empathie, le respect et la compréhension de l’autre dans sa volonté d’être soi.

Notation : ♥♥♥♥

Tu seras notre enfant – Charity Norman

9782266242844

Auteur : Charity Norman

Edition : Pocket

Genre : Contemporain

Langue originale : Anglais

Date de parution : 2011

Nombre de pages : 445

ISBN : 978-2-266-24284-4

Résumé

«Cette bonne nouvelle, Leïla et David l’attendaient depuis trois ans. Très bientôt, un bébé leur sera confié : une petite fille, Grace. Elle va combler leur désir le plus cher, celui de fonder un foyer. Mais c’est sans compter sur la famille biologique de Grace, les Harrison. Bien décidés à faire valoir leurs droits, ce clan aux personnages hauts en couleur va se lancer dans une quête éperdue. Avec, à la clé, une décision, forcément déchirante…»

L’avis de la Papote

« Tu seras notre enfant » est le premier ouvrage que je lis depuis le lancement du livre mystère sur le blog. Pour rappel, je me suis mise au défi de lire de temps à autre un livre dont je ne connais ni l’auteur, ni l’intrigue, ni la popularité. J’étais super excitée à l’idée de me plonger dans un livre complètement inconnu, sans savoir ce que j’allais y trouver. Je m’étais prêtée à l’exercice de la supposition préalable juste sur base du titre et de la couverture, et voici ce que j’attendais de cette lecture :

Selon moi, il doit s’agir d’un roman historique se déroulant dans une Amérique des années 1950. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai l’impression qu’il va être question de ségrégation raciale, et également d’espoir. J’imagine une famille noire au parcours difficile. J’imagine des injustices, peut-être un peu de violence. Mais avant tout, je pense que ce livre parlera de la puissance de l’amour maternel.

Autant vous dire que j’étais complètement à côté de la plaque ! L’histoire est contemporaine et se déroule en Angleterre, bien loin de l’Amérique des années 1950. Il n’est absolument pas question de ségrégation raciale dans ce bouquin… Par contre, je ne me suis pas trompée sur l’importance de l’amour d’une mère, d’un père à son enfant. Mais bon, vu le titre, je n’ai pas vraiment de mérite !

Nous suivons l’histoire de deux familles distinctes et nous découvrons au fil du roman à quel point leurs destins sont liés. Au milieu de ces deux univers que tout semble opposer, une petite fille, Grace, née d’une jeune fille complètement perdue et vouée à l’adoption le jour même de sa naissance, alors que sa mère meurt dans un accident de voiture après avoir fuit la maternité (n’ayez crainte, je ne vous spoile rien du tout, c’est dans les dix premières pages du roman). En tant que lecteurs, nous devenons les témoins du combat mené sur les deux fronts dans le processus d’adoption : d’une part, le père biologique, très jeune, qui craint de ne pouvoir s’occuper de sa fille malgré l’amour inconditionnel qu’il ressent à son égard. D’autre part, un couple dans une trentaine bien avancée qui ne peut concevoir d’enfant et qui attend depuis de nombreuses années qu’une adoption leur soit enfin accordée.

« Grace Serenity avait eu une première mère. Une mère qui l’avait mise au monde dans un grand hôpital gris. Elle s’appelait Cherie King et elle avait seize ans. Mais son père n’avait pas arpenté la salle d’accouchement. Ses grands-parents n’avaient pas attendu fébrilement de déboucher le champagne près du téléphone. On ne lui avait tricoté ni brassières, ni chaussons. Les sages-femmes mises à part, une seule personne avait assisté à sa naissance, et encore, par hasard : Imogen Christie, son assistante sociale. » (p.9)

J’ai vraiment passé un agréable moment de lecture avec ce livre. Je suis tombée sous le charme du style narratif choisi par l’auteur, une narration omnisciente alternée avec une narration interne. De quoi accrocher l’attention du lecteur tout en donnant suffisamment d’informations sur l’ensemble des personnages de l’histoire. Parce que des personnages, il y en a un sacré paquet dans ce roman ! Malgré tout, on ne s’y perd pas une seconde.

De nombreuses situations ont résonné en moi en tant que jeune maman. La description de la scène de l’accouchement m’a ravivé des souvenirs on ne peut plus intenses qui ont fait battre mon cœur à 100 km/h. Je le sais depuis maintenant trois mois, l’amour que l’on porte à son enfant est incommensurable et inconditionnel. J’ai pris conscience que les liens de sang ne sont pas une finalité en soi, et que cet amour est tout aussi fort et intense envers un enfant adopté. Ce petit être est le prolongement de nous-mêmes, qu’il soit de notre propre chair ou non. Le combat mené par ces deux familles pour cet enfant, je sais que je le mènerai chaque jour, chaque minute, chaque seconde de ma vie pour ma fille.

Il m’est arrivé de pleurer à plusieurs reprises, de paniquer avec les personnages quand la tournure des événements devenait incertaine, d’espérer avec ces deux familles pour que chacune y trouve son compte, alors que le bonheur de l’une sera nécessairement le malheur de l’autre. Je n’en demande pas beaucoup plus à un bouquin pour qu’il me plaise!

« Tu seras notre enfant » fera chavirer le coeur des parents ou des presque-parents par la force du thème principalement abordé. Un véritable ode à l’amour !

Notation : ♥♥♥♥

Muchachas 1 – Katherine Pancol

muchachasAuteur : Katherine Pancol

Edition : Albin Michel

Genre : Contemporain

Langue originale : Français

Date de parution : 2014

Nombre de pages : 417

ISBN : 978-2-226-25444-3

Tome 2 : Muchachas 2

Résumé

« Les filles sont partout dans ce roman. Elles mènent la danse. De New York à Paris, de la Bourgogne à Londres ou à Miami. Des filles qui inventent, s’enflamment, aiment. Des filles qui se battent pour la vie. Et les hommes ? Ils sont là aussi. Mais ce sont les muchachas qui dansent, dansent, dansent. Elles font voler les destins en éclats. Et ça n’en finit pas ! »

L’avis de la Papote

J’adore Katherine Pancol. J’ai lu sa première trilogie il y a quelques années maintenant (« Les yeux jaunes des crocodiles » – « La valse lente des tortues » – « Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi ») et je m’étais terriblement attachée aux personnages et à leur histoire. Une belle littérature contemporaine et une écriture simple qui m’avait séduite. Lorsque cette deuxième trilogie est sortie en 2014, je me suis ruée sur les deux premiers tomes que j’ai lus dans la foulée, mais je n’ai jamais lu le tome 3. Et comme l’histoire n’était plus très fraîche dans ma mémoire, j’ai préféré recommencer du début. Il s’agit donc d’une relecture pour le coup!

Je me souviens avoir été surprise de retrouver les personnages de la première trilogie dans Muchachas. Pour celles et ceux qui les reconnaîtront, on commence notre lecture en retrouvant Hortense, la fille de Joséphine Cortès, déterminée et sûre d’elle, ainsi que son compagnon Gary, musicien prodige. Puis l’auteur nous parle de Joséphine et de son amour Philippe, ainsi que de Zoé, la fille cadette de Joséphine. Enfin, Katherine Pancol nous introduit de nouveaux personnages, Léonie et sa fille Stella ainsi que leur famille assez… compliquée. Certains diront qu’il n’est pas indispensable de lire la première trilogie de l’auteur pour comprendre la saga Muchachas. Personnellement, je vous déconseille de la commencer sans avoir fait connaissance au préalable avec la famille Cortès, certains détails pourraient vous échapper.

« (Hortense) – Tous habillés de marron, de gris, de noir. Pas de boutons rouges ni d’écharpe verte ! Des chaises, je te dis, des chaises. Une armée de chaises qui attendent en tremblant le postérieur du patron. Tu veux que je te dise, Gary? Ces gens portent le deuil. Ces gens n’ont plus d’espoir. Ils marchent dans la rue parce qu’on leur a dit de se lever tôt, de prendre le train ou le métro, de se rendre à leur bureau, de hocher la tête devant le bellâtre pommadé qui leur sert de maître. Je refuse d’être une chaise! » (p.12)

Puisque le résumé ne nous donne pas d’information claire sur l’intrigue de l’histoire, je m’y suis plongée les yeux fermés, sans savoir à quoi m’attendre. Certes, ce premier tome met en avant des femmes au caractère souvent bien trempé, qui prennent leur destin en main et qui survivent à des situations pas toujours simples. Au risque de vous spoiler quelque peu, je tiens à vous avertir que les thèmes abordés dans ce roman sont très durs : violence conjugale, abus moraux et physiques, viol, secrets de famille, manipulation. Oui, oui, tout ça.

« Stella promenait ses doigts sur le bras de sa mère. Elle caressait les bleus qui noircissaient sa peau comme pour réparer sa chair tuméfiée. Elle avait envie de demander pourquoi on appelle ça des bleus alors que c’est jaune, violet, rouge et noir? Mais elle n’osait pas. Elle pensait juste qu’en la caressant la peau repousserait rose et lisse. Il y avait tellement de choses qu’elle ne comprenait pas. Tellement de choses dont elle ne pouvait parler à personne. La honte remplissait chaque mot qu’elle avait dans la bouche. » (p.87)

J’ai beaucoup apprécié retrouver ces personnages auxquels je m’étais tant attachée dans la première saga de l’auteur. En ce qui concerne cette nouvelle famille (très) dysfonctionnelle, mes sentiments sont plus mitigés. Entre cette mère, Léonie, qui se laisse tabasser et qui ne fait strictement RIEN pour s’en sortir, ce mari violent, Ray, au passé difficile qui m’a complètement dégoûté et cette fille, Stella, qui pardonne à sa mère des choses qui me paraissent impardonnables, j’ai eu beaucoup de mal à les apprécier autant que les autres. Logique, me direz-vous.

Même si on se perd un peu au début dans le caractère désorganisé du roman (on parle de Joséphine, puis on parle de Hortense, puis on revient à Stella…) et qu’on ne comprend pas trop le lien entre la famille Cortès et la nouvelle famille, Katherine Pancol nous dévoile à la toute fin de l’histoire comment les destins de toutes ces personnes sont liés. Et ça, j’ai a-do-ré ! J’ai tellement hâte de lire la suite pour en savoir davantage, vous n’avez pas idée ! De plus, la dernière phrase nous laisse sur un suspense de OUF, impossible pour moi de ne pas continuer cette saga là maintenant tout de suite. Ça ne m’arrive pas souvent, mais je pense enchaîner les trois tomes les uns après les autres. Je reconnais bien là Katherine Pancol !

Muchachas est une saga familiale riche et intense, qui aborde des thèmes difficiles et controversés. Avec son écriture simple mais efficace, Katherine Pancol nous emmène au cœur de la vie de ces femmes au destin entremêlé. Un premier tome fort qui laisse présager une suite très intéressante !

Notation : ♥♥♥♥

Les combustibles – Amélie Nothomb

nothomb000

Auteur : Amélie Nothomb

Edition : Le Livre de Poche

Genre : Contemporain

Langue originale : Français

Date de parution : 1994

Nombre de pages : 89

ISBN : 978-2-253-13946-1

 

Résumé

«La ville est assiégée. Dans l’appartement du Professeur, où se sont réfugiés son assistant et Marina, l’étudiante, un seul combustible permet de lutter contre le froid : les livres…»

L’avis de la Papote

Brûler des livres, sacrilège ! En lisant le résumé en magasin, j’étais très curieuse de voir comment la célèbre romancière Amélie Nothomb avait procédé pour éliminer certains ouvrages d’une bibliothèque dans une optique de survie… A la recherche de petits romans courts, j’étais plutôt ravie de trouver celui-ci. Avec ses 89 pages, j’ai pu le lire en une petite soirée !

Ce livre est en fait une discussion entre trois personnages uniquement, un peu à la façon d’une pièce de théâtre : le Professeur, son assistant Daniel et Marina, étudiante et petite amie de Daniel. De très rares descriptions sont parsemées ça et là, ce qui rend le récit très vivant et dynamique. Tout se déroule dans une seule pièce, austère, et tristement meublée : quelques chaises, et une immense bibliothèque de 2000 livres.

« MARINA : Professeur, le poêle s’est éteint.

LE PROFESSEUR : Je sais, Marina. Je n’ai plus rien à brûler.

MARINA (en regardant la bibliothèque) : Et ça?

LE PROFESSEUR : Les étagères ? Elles sont en métal. 

MARINA : Non, les livres.

Silence gêné.

DANIEL : Ce n’est pas du combustible, Marina.

MARINA (avec un sourire ingénu) : Mais si, Daniel. Ça brûle très bien.

LE PROFESSEUR : Si nous nous mettions à brûler les livres, alors, vraiment, nous aurions perdu la guerre. » (p.16)

Finalement, il s’agit donc de répondre à la question suivante : quel livre mérite de finir dans les flammes? Quel ouvrage vaut qu’on lui sacrifie un petit moment de chaleur en période de froid intense ? Autrement dit, si l’on pose la question à l’envers, quel livre indispensable emporteriez-vous sur une île déserte ? Celui que vous sauveriez des flammes si un incendie venait à se déclarer chez vous? Celui que vous garderiez à vos côtés quoi qu’il advienne?

Même si j’ai beaucoup aimé le concept de l’intrigue et le format d’écriture, je dois dire que ce livre m’a laissé un petit goût de … perplexité. Les trois personnages sont à mon sens, inintéressants, pas assez approfondis pour pouvoir les comprendre ou s’y attacher réellement. De plus, les ouvrages auxquels ils font référence sont, pour la plupart, inconnus à ma culture livresque (*HONTEUSE*). Pour le coup, je n’ai donc pas pu saisir avec exactitude les subtilités et les arguments avancés par les personnages (et donc par l’auteur). Dommage…

Amélie Nothomb reste une de ces auteurs très chères à mon cœur de par son style très incisif et sa capacité à nous plonger dans son histoire, même si elle ne répond pas à nos attentes. Avec quelques situations perverses un peu dérangeantes (comme on a pu en lire dans « Mercure » dont je vous ferai une chronique très bientôt), Amélie Nothomb reste fidèle à elle-même…

Cela étant dit, je me suis quand-même prêtée au jeu en me posant cette question à mon tour. Quel livre serait assez précieux pour moi pour que je ne m’en sépare jamais ? C’est évidemment très difficile de n’en choisir qu’un quand on aime les livres à la folie.. Mais sans grande surprise, je garderais mon exemplaire de « Harry Potter et les reliques de la mort ». Le dernier de la série, le plus émouvant selon moi, pour revivre sans fin les derniers instants de Severus Rogue ♥.

Les combustibles est un petit ouvrage qui questionnera le lecteur sur la place que peut occuper un livre dans nos priorités et qui plaira certainement aux admirateurs de l’auteur. Un petit goût de trop peu pour moi… 

Et vous, quel livre garderiez-vous précieusement, même si vous mourrez de froid et qu’il ne vous restait que lui pour vous réchauffer le popotin?

Notation : ♥♥♥♥♥

Songe à la douceur – Clémentine Beauvais

couv-songe-a-la-douceur-620x987

Auteur : Clémentine Beauvais

Edition : Sarbacane

Genre : Jeunesse – Contemporain

Langue originale : Français

Date de parution : 2016

Nombre de pages : 240

ISBN : 978-2-84865-908-4

Résumé

«Quand Tatiana rencontre Eugène, elle a 14 ans, il en a 17 ; c’est l’été, et il n’a rien d’autre à faire que de lui parler. Il est sûr de lui, charmant, et plein d’ennui, et elle timide, idéaliste et romantique. Inévitablement, elle tombe amoureuse de lui, et lui, semblerait-il… aussi. Alors elle lui écrit une lettre ; il la rejette, pour de mauvaises raisons peut-être. Et puis un drame les sépare pour de bon. Dix ans plus tard, ils se retrouvent par hasard. Tatiana s’est affirmée, elle est mûre et confiante ; Eugène s’aperçoit, maintenant, qu’il la lui faut absolument. Mais est-ce qu’elle veut encore de lui ? Songe à la douceur , c’est l’histoire de ces deux histoires d’un amour absolu et déphasé – l’un adolescent, l’autre jeune adulte – et de ce que dix ans à ce moment-là d’une vie peuvent changer. Une double histoire d’amour inspirée des deux Eugène Onéguine de Pouchkine et de Tchaikovsky – et donc écrite en vers, pour en garder la poésie.»

L’avis de la Papote

Aaaaah, ce livre, ce livre … Dans ma Wishlist depuis sa sortie, je ne cessais d’en entendre parler autour de moi. En voyant les revues et les chroniques de mes copinautes du web, ce bouquin ne cessait de hanter chacune de mes pensées livresques. Toujours dans un coin de ma tête. Jusqu’à ce jour béni où les éditions Sarbacane m’ont enfin permis de le lire (je dois encore une fois leur dire MERCI pour leur confiance). Alléluia, je pouvais me plonger corps et âmes dans cette histoire!

Tatiana et Eugène se rencontrent d’abord adolescents, s’aiment, se perdent, se retrouvent une fois adultes et … le reste je ne vous le dévoile pas (niark niark).

« Parce que leur histoire ne s’était pas achevée au bon endroit, au bon moment, parce qu’ils avaient contrarié leurs sentiments, il était écrit, me semble-t-il, qu’Eugène et Tatiana se retrouvent dix ans plus tard, sous terre, dans le Meteor, ligne 14 (violet clair), un matin d’hiver. » (p.7)

Comme le précise le résumé ci-dessus, tout le roman est écrit en vers. Oui madame, oui monsieur, c’est d’une poésie à couper le souffle ! Pour moi, c’est le vrai point fort de l’ouvrage. La plume de Clémentine Beauvais est exquise, chaque mot employé est à sa place, chaque phrase est juste, pas de longueur inutile, un rythme de lecture effréné, une véritable ode à la langue française. L’auteure s’amuse avec les mots, et le lecteur ne peut que s’amuser avec elle. Je suis passée par toutes les émotions en lisant ce livre : j’ai pleuré, j’ai ri, j’ai espéré, j’ai aimé, je me suis emportée à plusieurs reprises (il faut dire qu’Eugène est un sacré personnage!). Vous l’aurez compris, « Songe à la douceur » est un véritable coup de littéraire. Cela faisait très longtemps que je n’avais pas été séduite à ce point par un livre!

Certains d’entre vous pourraient penser -à  tort- qu’un roman écrit en vers doit forcément être ennuyeux au possible. C’est vrai que la poésie n’a pas le vent en poupe ces dernières années. Ça peut paraître ringard, démodé, hors du temps. Détrompez-vous, Clémentine Beauvais remporte haut la main le pari risqué de ce roman hors du commun.

Les personnages sont d’une profondeur rare. On s’y attache comme si on les avait toujours connus. On se reconnaît dans les émotions ressenties à l’extrême, on retrouve la saveur des premiers amours adolescents, les émois et les passions d’un amour naissant. Tatiana, Eugène, mais aussi Lensky et Olga, les autres protagonistes de l’intrigue, chacun à sa manière reflète une partie de moi-même. Si comme moi vous étiez adolescents dans les années 2000, vous retrouverez également dans ce livre des tonnes de petites références à ce qui a marqué notre jeunesse. J’ai notamment retenu les SMS payants et les conversations MSN !

Enfin, je dirais un dernier mot sur le jeu de narration exceptionnel. L’histoire nous est contée d’un point de vue externe, mais les personnages s’entretiennent parfois avec le narrateur. Une idée de génie qui nous intrigue jusqu’au bout : mais qui est ce narrateur? On ne le saura jamais (ou alors je suis complètement passée à côté de l’info ^^).

Je pourrais vous parler de « Songe à la douceur » pendant des lignes et des lignes, je pourrais vous dire à quel point il est exceptionnel, je pourrais vous marteler l’esprit de mes louanges sans fin, la seule façon pour vous de découvrir ce roman incroyable, eh bien c’est de le lire… Faites-moi plaisir, lisez-le ! Offrez-le autour de vous ! Parlez-en !

Encore un petit extrait, juste pour le plaisir (héhé)?

« Lensky écrit à Olga des déclarations d’amour aberrantes. Je les ai précieusement gardées, car elles me plaisent bien. Elles sont marrantes. Mais pas seulement. Elles ont cette douce disgrâce des choses qu’on trouvait belles avant, cette saveur aigrelette des paroles que l’on regrette quelques années plus tard. Ces grands serments, ces gigantesques promesses, ces phrases folles, ces métaphores qui nous font après coup crisser des dents, ces monstrueuses hyperboles, ces anaphores ridicules, et qui pourtant alors nous paraissaient si vraies, si belles, et que nous pensions être coulé en elles jusqu’à n’avoir plus d’autres corps que les courbes de leurs majuscules, et d’autre réalité que les murmures, et les mouvements des lèvres, de celui ou celle à qui elles étaient destinées et qui les lisait quelque part roulant sur sa langue nos r et faisant frissonner nos f … Il nous semblait alors que nous n’étions rien de plus et rien de moins que ce souffle chaud : la sculpture de nos mots ouvragée par ces lèvres. » (p.30)

Une romance adolescente, une romance adulte, « Songe à la douceur » est une histoire d’une poésie incroyable à découvrir de toute urgence. 

Notation : ♥♥♥♥♥