Gardiens des cités perdues 1 – S. Messenger

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Auteur : Shannon Messenger

Edition : Lumen

Genre : Fantasy Jeunesse

Langue originale : Anglais

Date de parution : 2014

Nombre de pages : 510

ISBN : 978-2-37102-004-7

Tome 2 : Exil

Résumé

« Depuis des années, Sophie sait qu’elle n’est pas comme tout le monde. Elle se sent à part à l’école, où elle n’a pas besoin d’écouter les cours pour comprendre. La raison? Elle est dotée d’une mémoire photographique… Mais ce n’est pas tout : ce qu’elle n’a jamais révélé à personne, c’est qu’elle entend penser les autres comme s’ils lui parlaient à voix haute. Un casque vissé sur la tête pour empêcher ce bruit de fond permanent de la rendre folle, elle se promène un matin avec sa classe au musée d’Histoire naturelle quand un étrange garçon l’aborde. Dès cet instant, la vie qu’elle connaissait est terminée : elle n’est pas humaine et doit abandonner son existence entière pour rejoindre un autre univers, qu’elle a quitté douze ans plus tôt. L’y attendent une pléiade de nouveaux condisciples, amis et ennemis, et une question obsédante : qui est-elle? Pourquoi l’a-t-on cachée dans le monde des humains?Pourquoi n’a-t-elle que des souvenirs partiels de son passé? »

L’avis de la Papote

Gardiens de cités perdues est généralement présentée comme LA nouvelle saga jeunesse du moment. Dans les critiques, on la compare même très souvent à Harry Potter. Ce qui, selon moi, n’est pas forcément une bonne chose… Certes, ce doit être un très beau compliment pour Shannon Messenger, mais quel coup de pression ! En tout cas, moi, potterhead jusqu’au bout du chapeau, j’ai voulu en avoir le coeur net une bonne fois pour toutes. Je me suis donc procuré ce premier tome et aussitôt acheté, aussitôt lu!

Sophie, jeune fille a priori comme les autres mais aux particularités étonnantes, voit sa vie changer du tout au tout lorsque Fitz, un garçon un peu étrange, lui annonce qu’elle ne fait pas partie de ce monde. Sa capacité à entendre les pensées des autres, son incroyable don pour la mémorisation, rien n’est dû au hasard. Elle est une elfe, et elle doit absolument tout quitter pour commencer sa scolarité à Foxfire.

Le cerveau de Sophie captait des bribes de pensées éparpillées, déconnectées les unes des autres, un peu comme dans une pièce remplie de télévisions qui beugleraient toutes en même temps des programmes différents. Lorsqu’il tranchait dans le vif de sa conscience, chacun de ces fragments éveillait une douleur aiguë. Un monstre, voilà ce qu’elle était. (p.12)

Est-ce que la lecture de ce premier tome m’a ramené dans mes souvenirs d’enfance, lorsque l’univers de J.K. Rowling m’avait subjugué? Non. Est-ce qu’il vaut les louanges et les comparaisons avec l’oeuvre magistrale du jeune sorcier? Encore non. Cela dit, je peux voir où les lecteurs font le rapprochement. Une jeune fille qui quitte sa famille pour entrer dans une école sur mesure pour les elfes, le parallèle est assez flagrant, on est bien d’accord. Mais pour moi, les ressemblances s’arrêtent là.

L’univers, bien que très intéressant, me paraît sous exploité. Je n’ai pas eu la sensation, en lisant ce premier opus, que Shannon Messenger connaissait son univers sur le bout des doigts. Pourquoi? Parce qu’en le refermant, deux jours plus tard, j’aurais bien été incapable de vous faire une description de l’école, de son organisation, de l’endroit où vit Sophie ou encore des autres lieux décrits dans l’histoire. Je n’ai pas pu ancrer visuellement l’espace dans mon esprit. Et ça, ça devient compliqué à gérer quand la saga fait sept tomes… J’étais dans le flou, tout simplement. La  plume est très simple et très abordable pour un jeune public, rien à signaler de ce côté-là!

Le très grand point fort de ce roman est sans aucun doute la richesse et la diversité des personnages. Sophie est attachante, Fitz est très intéressant, Keefe reste le plus mystérieux pour moi, je sens que sous la couche d’humour se cache un secret bien gardé. Flair de lectrice. Dex m’a beaucoup fait rire ! Certains personnages restent ternes et plats, un peu comme Biana la soeur de Fitz, mais peut-être qu’ils vivront une chouette évolution tout au long de cette série.

Si je m’abstiens de comparer ce début de saga à celui de Harry Potter, je dois avouer malgré tout que c’est une série qui a du potentiel. J’ai passé un très bon moment de lecture, mais à l’avenir, j’éviterai d’avoir en arrière-pensée les avis d’autres lecteurs. C’est une saga à part entière, qu’il faut entreprendre sans a priori pour en tirer le meilleur. Le tome 2 est déjà dans ma PAL, mais s’il ne parvient pas à me séduire davantage, j’ai bien peur de ne pas avoir l’envie de poursuivre cette saga jusqu’à son terme.

Gardiens des cités perdues n’a pas vraiment su toucher la corde sensible. L’univers reste sous-exploité, trop vague et trop flou pour me donner l’envie d’aller plus loin. Les comparaisons avec l’univers de Harry Potter sont trop hâtives et superficielles à mon goût. Néanmoins, les personnages rehaussent un peu le niveau. Je lirai la suite, en espérant qu’une belle évolution me surprenne !

Notation : ♥♥♥♥♥

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Malenfer 1 : La forêt des ténèbres – Cassandra O’Donnel

couv59475289Auteur : Cassandra O’Donnel

Edition : Flammarion jeunesse

Genre : Fantasy Jeunesse

Langue originale : Français

Date de parution : 2014

Nombre de pages : 216

ISBN : 978-2-0813-4432-7

Tome 2 La source magique

Résumé

«Malenfer, la forêt maléfique, grandit et s’approche chaque jour davantage de la maison où vivent Gabriel et sa petite sœur Zoé. Seuls depuis le départ de leurs parents, partis chercher de l’aide en terre de Gazmoria, les enfants doivent faire face aux ténèbres qui recouvrent lentement Wallandar. Mais aussi à un tout nouveau danger : ni les visions de Zoé, ni ses pouvoirs magiques ne parviennent encore à l’identifier.»

L’avis de la Papote

Malenfer est une petite saga jeunesse qui fait beaucoup parler d’elle sur la blogo. Très souvent pendant mes escapades en librairie, les couvertures attisaient ma curiosité et, je ne sais pour quelle raison, je les reposais systématiquement sans parvenir à les ramener chez moi. Il faut dire ce qui est, Jérémie Fleury a fait un travail d’illustration incroyable, impossible de passer à côté. Finalement, c’est mon petit frère qui m’a offert les trois premiers tomes de cette série parue en quatre opus, et outre la beauté de son geste (dois-je rappeler qu’il est un non lecteur accompli?), j’étais très impatiente de découvrir le contenu de ces petits bijoux.

Nous suivons les aventures de Gabriel et Zoé, frère et soeur, qui vivent à l’orée d’une forêt maléfique, Malenfer, qui prend de l’ampleur à chaque instant et engloutit tout sur son passage. Afin d’obtenir l’aide d’un grand sorcier pour venir à bout de ces arbres destructeurs, les parents des deux enfants se sont absentés, laissant Gabriel et Zoé seuls à la maison depuis près de deux mois. Lorsqu’un camarade de classe disparaît dans les profondeurs du lac qui entoure leur école, Gabriel et Zoé, avec l’aide de quelques amis, décident de fourrer leur nez là où ils ne devraient pas …

 

Gabriel fut réveillé au petit matin par une sensation de froid intense. Il alluma sa lampe de chevet, se tourna vers sa petite soeur Zoé qui dormait dans le lit jumeau en face du sien et lui lança un oreiller sur la tête. Elle ouvrit aussitôt les yeux et posa sur lui un regard interrogateur.

– Que se passe-t-il?

– Les dévoreurs se rapprochent. Je le sens, dit-il d’une voix angoissée.

Zoé pinça les lèvres puis son regard s’échappa vers la fenêtre et la forêt de Malenfer. Les dévoreurs, les arbres magiques qui entouraient leur maison, s’approchaient de jour en jour en mangeant tout sur leur passage : les animaux, les humains et même les insectes. (p.7-8)

J’aimerais préciser d’emblée le contexte d’écriture très particulier de ce roman. Cassandra O’Donnel a basé la construction de cette saga sur les désirs de jeunes enfants de CM1/CM2 (4ème et 5ème primaire pour nous les belges), après leur avoir présenté les méthodes de construction d’une histoire. Plutôt sympathique comme projet de classe, non?

J’ai passé un bon moment de lecture avec ce premier tome, même si je peux vous le dire en toute transparence, ça ne casse pas trois pattes à un canard. On est loin de la profondeur de « A la croisée des mondes » de P. Pullman, certes. C’est très jeunesse, certes. C’est très survolé, on est d’accord. Mais en même temps, si c’est ce que veulent les lecteurs de 10 ou 11 ans, WHY NOT?

Je ne suis évidemment pas du tout le public visé pour ce genre de lecture, et c’est très compliqué de se mettre dans la peau de l’enfant que l’on était à 9 ans, mais une fois de temps en temps, ça fait du bien de prendre un peu de bon temps littéraire sans se prendre la tête. Et c’est exactement comme ça qu’il faut le voir. Malenfer, c’est pas OUF, mais c’est cool quand-même.

Il y a quelques rebondissements, des histoires de différences, de tolérance, de quête d’identité, de magie. Un directeur d’école qui se trouve être un loup-garou. Une infirmière sorcière. Bref, je pense que l’enfant de 9 ans qui sommeille en moi aurait été très satisfaite de sa lecture et le tome 2 sera lu très prochainement !

A noter : ce premier tome a été adapté en bande dessinée, il paraîtra le 17 janvier 2018 toujours chez Flammarion jeunesse !

Malenfer 1 : la forêt des ténèbres démarre bien la saga. Conseillé pour un public très jeune, il ne répondra probablement pas à vos attentes si vous vous attendiez à un chef d’oeuvre de la littérature jeunesse. Néanmoins, à lire avec ses enfants, ses frères et soeurs, nièces, neveux ou autres cousins et cousines, il vous fera passer un très chouette moment de lecture!

Notation : ♥♥♥♥♥

C’est quand la Saint-Nicolas ? – Luc Foccroulle & Annick Masson

Couv-C-est-quand-la-Saint-NicolasScénario : Luc Foccroulle

Illustrations : Annick Masson

Edition : Mijade

Langue originale : Français

Genre : Album jeunesse

Date de parution : 2017

Nombre de pages : 32

ISBN : 978-2-8077-0018-5

Quatrième de couverture

« Patrick et Michel ont été très sages, ils attendent avec impatience le plus beau jour de l’année… « Mais, c’est quand la Saint-Nicolas? » Une histoire tendre et amusante pour faire rêver les enfants et rappeler de délicieux souvenirs aux parents. »

L’avis de la Papote 

Ce très joli album m’a été envoyé par les éditions Mijade. Pour vous, lecteurs français, la fête de la Saint-Nicolas ne revêt probablement pas la même importance qu’ici, en Belgique, ou encore en Suisse. Pour nous, la Saint-Nicolas est une fête très attendue par tous les enfants sages!

Pour celles et ceux qui ne savent pas du tout de qui je parle, Saint-Nicolas est un personnage emblématique qui apporte des cadeaux et des friandises aux enfants méritants le 6 décembre de chaque année. Il est accompagné de son âne et de Père Fouettard, un compagnon de route dont le rôle est de corriger les enfants qui n’ont pas été sages… Aïe.

Vous imaginez donc l’état d’effervescence actuelle dans le coeur des petits bambins belges ! Il sont surexcités, impatients et certains enfants ont soudainement l’envie de se rendre utile et de soigner leur comportement. Sait-on jamais, Saint-Nicolas voit tout depuis son nuage !

« C’est quand la Saint-Nicolas? » est un album tout doux qui explore l’attente fébrile de ce jour de décembre. Les traditions répandues de la Saint-Nicolas sont reprises au travers de cette histoire : la visite de Saint-Nicolas à l’école, l’attente de la venue du grand Saint à la maison, la rédaction de la lettre de souhaits, les friandises dans les souliers, le verre de whisky et la carotte pour l’âne, la chanson de Saint-Nicolas et enfin l’arrivée du grand jour tant attendu !

L’histoire en elle-même reste très simple et relativement banale, mais c’est avec certitude que je peux vous avancer qu’elle plaira aux enfants (tests à l’appui, mes petits patients l’ont adoré!). J’ai beaucoup aimé la douceur des illustrations de Annick Masson. Je vous insère quelques dessins, pour que vous puissiez juger par vous-même de la beauté des planches !

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Je ne sais pas vous, mais moi je trouve la lettre pour Saint-Nicolas trop chou !

C’est quand la Saint-Nicolas? est un album centré sur la visite du grand Saint et ses traditions telles qu’elles le sont depuis des années en Belgique. Ne vous attendez pas à découvrir la véritable histoire de Saint-Nicolas, il ne s’agit pas de cela. Ce livre fera surtout patienter les petits papoteurs en attendant de recevoir leurs cadeaux !

La tour des anges – Philip Pullman

product_9782070541898_195x320Auteur : Philip Pullman

Edition : Folio Junior

Genre : Fantasy Jeunesse

Langue originale : Anglais

Date de parution : 1997

Nombre de pages : 404

ISBN : 978-2-07-054189-8

Tome 3 Le miroir d’ambre

Résumé

« Le jeune Will, à la recherche de son père disparu depuis de longues années, est persuadé d’avoir tué un homme. Dans sa fuite, il franchit une brèche presque invisible qui lui permet de passer dans un monde parallèle. Là, à Cittàgaze, la ville au-delà de l’Aurore, il rencontre Lyra. Ensemble, les deux enfants devront lutter contre les forces obscures du mal et, pour accomplir leur quête, pénétrer dans la mystérieuse tour des Anges.»

L’avis de la Papote

Souvenez-vous. En juin dernier, je vous chantais (ou plutôt je vous tapais sur le clavier de mon ordinateur. Hum) les louanges du premier tome de la saga « A la croisée des mondes : les royaumes du Nord » de Philip Pullman dans cet article (ici). Tout m’avait plu dans ce premier opus : l’univers, les personnages, la plume, les concepts, la réflexion. Je vous quittais en laissant entendre que j’entamerais le deuxième tome en hiver. Eh bien puisque je vous en fais la chronique maintenant, c’est que je n’ai pas pu résister bien longtemps. Et encore, je vous en parle un peu tard, puisque je l’ai lu au mois de septembre. C’est tellement rare quand je lis une saga entièrement (oups, spoiler alert, j’ai déjà lu le tome 3 pardi!) en si peu de temps. C’est la meilleure preuve que je puisse vous donner de la qualité de cette série jeunesse!

Si le premier tome commençait directement dans un monde différent du nôtre avec la petite Lyra, dans ce deuxième opus nous découvrons un nouveau personnage, Will, qui fait partie de notre monde à nous. Alors que deux hommes s’introduisent chez lui pour dérober un bien précieux, Will s’enfuit, après avoir violemment poussé l’un d’entre eux. Dans la rue, alors qu’il cherche un endroit sûr pour se cacher, il découvre une ouverture vers un autre monde.

De nouveau, le chat fit un bond en arrière, mais moins brutalement, avec moins de frayeur cette fois. Après quelques secondes de reniflements, de coups de patte timides, de tressaillements de moustaches, la curiosité l’emporta sur la méfiance. Le chat s’avança … et disparut. Will demeura bouche bée. (p.23)

De toute la saga, je peux vous affirmer que ce deuxième tome est de loin mon préféré. Je pense que la raison principale réside dans l’absence de longueurs, du début à la fin. L’histoire commence dans le vif du sujet, se poursuit avec de très nombreuses scènes d’action, et se termine sur un tel Cliff Hanger que j’ai dû enchaîner de suite avec le troisième tome, sans interruption ! J’ai adoré me retrouver dans notre monde, et j’ai obtenu beaucoup de réponses aux questions que je me posais après avoir refermé le premier opus. Certains termes très spécifiques dans le monde de Lyra, que je ne comprenais qu’à moitié, ont enfin trouvé leur traduction dans notre langage propre. Toute la lumière est faite sur l’existence de mondes parallèles, et les liens se font très vite. Ce tome est loin de la critique habituelle faite aux seconds d’une saga, à savoir qu’ils seraient des liaisons entre le premier et le troisième tome.

Le personnage de Will est particulièrement bien réussi. Il ne fait pas l’unanimité sur la blogo, mais personnellement, je l’ai adoré ! Alors certes, il a parfois des comportements que l’on pourrait qualifier de *pas terrible* (quand il ordonne à Lyra de faire la vaisselle, par exemple. Mouais.), mais il m’a beaucoup plu. Mme Coulter est toujours aussi méprisante, cela va de soi. Les nouveaux personnages sont également incroyablement  bien dépeints! Bref, vous l’aurez compris, je n’ai pas grand-chose à redire à ce niveau-là.

Encore une fois, le deuxième niveau de lecture est assez spectaculaire dans cette histoire. Les enfants se délecteront de l’intrigue passionnante, mais les adultes se questionneront sur des concepts absolument fascinants. Les Spectres, par exemple, qui se nourrissent de poussière et attaquent les adultes en épargnant complètement les enfants, sont terrifiants et présentent beaucoup de points communs avec les détraqueurs de J.K. Rowling.

– Quand un Spectre attrape un adulte, ce n’est pas beau à voir. Il lui mange toute la vie à l’intérieur, en quelques secondes. Je n’ai pas envie de devenir grande, vous pouvez me croire. Au début, quand ils comprennent ce qui se passe, les adultes ont peur, ils hurlent, ils pleurent ou ils essayent de regarder ailleurs, pour faire comme si ce n’était pas vrai. Mais c’est déjà trop tard. Et personne ne veut s’approcher pour les aider; ils sont tout seuls. Au bout d’un moment, ils deviennent tout pâles et ils ne bougent plus. Ils sont toujours vivants, mais c’est comme si on les avait dévorés de l’intérieur. Quand on les regarde dans les yeux, on voit l’arrière de leur crâne. C’est tout vide. (p.80-81)

Les messages sont profonds, les sens cachés sont nombreux, les thèmes abordés sont universels et posent question depuis des centaines d’années. Je suis tombée sous le charme de cette saga, j’encourage tout le monde à la lire depuis que je l’ai terminée. Restez connectés, je vous parle du troisième tome très bientôt !

La tour des Anges reste dans la lignée de son prédécesseur : un livre destiné aux petits comme aux plus grands, à la plume incroyablement belle, aux thématiques profondes. Une oeuvre à la densité incroyable, un chef d’oeuvre de la littérature jeunesse. A lire, à relire, à chérir longtemps.

Notation : ♥♥♥♥♥

Sauveur & fils saison 1 – Marie-Aude Murail

Sauveur-fils

Auteur : Marie – Aude Murail

Edition : L’école des loisirs

Genre : Jeunesse

Langue originale : Français

Date de parution : 2016

Nombre de pages : 329

ISBN : 978-2-211-22833-6

Tome 2 Sauveur & fils – saison 2

Résumé

«Quand on s’appelle Sauveur, comment ne pas se sentir prédisposé à sauver le monde entier ? Sauveur Saint-Yves, 1,90 mètre pour 80 kg de muscles, voudrait tirer d’affaire Margaux Carré, 14 ans, qui se taillade les bras, Ella Kuypens, 12 ans, qui s’évanouit de frayeur devant sa prof de latin, Cyrille Courtois, 9 ans, qui fait encore pipi au lit, Gabin Poupard, 16 ans, qui joue toute la nuit à World of Warcraft et ne va plus en cours le matin, les trois soeurs Augagneur, 5, 14 et 16 ans, dont la mère vient de se remettre en ménage avec une jeune femme…
Sauveur Saint-Yves est psychologue clinicien.
Mais à toujours s’occuper des problèmes des autres, Sauveur oublie le sien. Pourquoi ne peut-il pas parler à son fils Lazare, 8 ans, de sa maman morte dans un accident ? Pourquoi ne lui a-t-il jamais montré la photo de son mariage ? Et pourquoi y a-t-il un hamster sur la couverture ?»

L’avis de la Papote

Si vous vous intéressez un tant soit peu aux sorties livresques récentes, vous n’êtes certainement pas passés à côté de cette série de livres trop mignonne, mettant en avant un cochon d’inde (et oui, petit FAIL de la maison d’édition. La bestiole sur la couverture, ce n’est pas un hamster les gars ^^). Sauveur & fils, série jeunesse en quatre tomes (trois tomes sont déjà sortis) écrite par la grande Marie-Aude Murail, fait l’unanimité sur la blogo. Ni une ni deux, comme un gros mouton, je me suis laissée tentée par le premier ouvrage. Et quand Lilian du blog et de la chaîne The book of Lilian (ici et encore ici) m’a proposé de le lire avec lui en lecture commune, je n’ai pas hésité bien longtemps, vous en conviendrez.

Sauveur est un psychologue clinicien Antillais, papa du jeune Lazare. Nous suivons au cours de ce récit le vécu de petits patients aux troubles variés, allant de la scarification à la phobie scolaire en passant par l’énurésie. Mais Sauveur doit lui aussi faire face à la vie et à ses obstacles.

Sauveur ouvrit la porte de la salle d’attente en douceur. Si les gens n’étaient pas prévenus, ils avaient un mouvement de surprise en l’apercevant.

–  Madame Dutilleux?

Madame Dutilleux arrondit les yeux et Margaux baissa les siens.

–  Nous avons rendez-vous. Je suis Sauveur Saint-Yves. C’est par ici. (p.9)

Quelle chouette moment de lecture passé en compagnie de ce livre ! C’est assez déstabilisant au vu des thèmes très forts abordés, mais ce fut pour moi une lecture doudou par excellence. Et je pense que Lilian est du même avis que moi. Dans mon métier, j’ai l’habitude d’être confrontée à toutes sortes de situations sociales précaires et bon nombre des enfants que j’ai eu l’occasion de rencontrer dans le cadre professionnel présentaient des troubles associés à ceux du langage. Ce milieu paramédical, je le connais. Imaginez donc mon intérêt pour les thérapies entreprises dans ce livre.

C’est extrêmement touchant de rencontrer des enfants qui doivent, si tôt déjà dans leur vie, faire face à des situations difficiles. C’est également très important de savoir que le travail d’un psychologue est indispensable dans ces cas-là. Le statut et le rôle des psys est encore aujourd’hui largement méconnu, et bon nombre de parents hésitent encore trop souvent à faire appel à leur service. Avec Sauveur & fils, Marie-Aude Murail dépeint de réelles difficultés actuelles, avec une plume absolument incroyable qui vous fait sourire. Si si, je ne sais pas quelle est sa recette, mais elle est parvenue à me faire rire malgré la noirceur des thèmes abordés ! Nous, lecteurs, avons l’opportunité de nous glisser dans la peau d’une petite souris et d’assister à plusieurs séances de psychothérapie (et ça, Lazare l’a bien compris!), d’observer les bienfaits d’une aide comme celle-là, de prendre conscience de l’importance de l’accompagnement. Rien que pour ça, tout le monde devrait lire ce livre.

J’ai eu un immense coup de coeur pour le personnage de Gabin, cet adolescent de 16 ans qui passe ses nuits sur l’ordinateur, qui fuit les cours et qui se retrouve seul avec une maman très affaiblie psychologiquement. Marie-Aude Murail a réussi à dépeindre avec brio la personnalité de Gabin, les dialogues sont si proches de la réalité, bref un pur kif !

Côté structure, l’autrice a eu l’idée brillantissime de découper son livre en semaines de consultation plutôt qu’en chapitres. Un concept original qui nous plonge dans l’agenda du psy!

Le vendredi matin, Saint-Yves recevait en première heure une maman avec son bébé pleureur. Comme il ne dormait jamais la nuit, elle envisageait la semaine précédente de le jeter par la fenêtre. Ce vendredi, elle parla de se défenestrer elle-même, et Sauveur se demanda si c’était un progrès. Ce fut ensuite le tour d’un papy et d’une mamie à qui leur belle-fille interdisait de voir leurs deux petits-fils. Motif : les grands-parents mangeaient de la viande et allaient à la messe. Elle, elle était végétarienne et athée. « On ne va pas marcher sur la tête pour lui faire plaisir », s’indignaient-ils en choeur. Tous les trois quarts d’heure, Sauveur changeait de drame et d’univers tandis que le niveau de sa boîte à kleenex baissait. ( p.81)

Et puis, même si Sauveur a la vocation d’aider les gens, il n’en reste pas moins un papa et un être humain comme les autres, avec son vécu personnel, ses souffrances, ses désirs aussi. L’histoire de la vie de Sauveur est hyper intéressante, et l’autrice nous en apporte des éléments petit à petit sans trop en dévoiler à chaque fois. Bref, on tourne les pages, on veut savoir ce qui arrive aux patients, à Sauveur, à Lazare, à Gabin. Une pépite !

Vous l’aurez compris, j’ai adoré cette lecture, et j’entame à l’instant le deuxième tome de la série, toujours en lecture commune avec Lilian. On ne refait pas une équipe qui gagne!

Sauveur & fils fait partie de ces ouvrages de la littérature jeunesse qu’il faut mettre entre toutes les mains. Les plus jeunes y verront une occasion d’augmenter leur empathie, de faire la connaissance de personnages en lutte contre la vie. Les plus grands y verront l’opportunité de découvrir l’importance des psychologues, même (et surtout) pour les enfants. 

Notation : ♥♥♥♥

Matilda – Roald Dahl

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Auteur : Roald Dahl

Edition : Folio Junior

Genre : Jeunesse

Langue originale : Anglais

Date de parution : 1988

Nombre de pages : 257

ISBN : 978-2-07-057696-8

Résumé

«A l’âge de cinq ans, Matilda sait lire et a dévoré tous les classiques de la littérature. Pourtant, son existence est loin d’être facile, entre une mère indifférente, abrutie par la télévision et un père d’une franche malhonnêteté. Sans oublier Mlle Legourdin, la directrice de l’école, personnage redoutable qui voue à tous les enfants une haine implacable. Sous la plume acerbe et tendre de Roald Dahl, les événements se précipitent, étranges, terribles, hilarants. Une vision décapante du monde des adultes !»

L’avis de la Papote

Aaaaaah, Matilda, Matilda… C’était LE film de mon enfance. Aujourd’hui encore, je pourrais vous réciter les dialogues que je connais sur le bout des doigts, vous chantonner la bande originale et vous décrire le scénario comme si c’était moi qui l’avais écrit ! Matilda était l’un de ces films qui tournait en boucle pendant mes devoirs, mes sessions de jeux, de dessins, comme un bruit de fond rassurant. Je ne savais évidemment pas à l’époque que cette oeuvre génialissime du grand écran était en fait tirée d’un livre. C’est seulement lors de ma découverte de Roald Dahl, bien des années plus tard, que je l’ai appris.

J’avais très envie de revoir le film cette année, une façon indéniable de replonger l’histoire de quelques instants dans les tendres souvenirs de mon enfance. Mais, en bonne passionnée de lecture que je suis, j’ai plutôt pris le parti de suivre l’exemple de Matilda et de me réfugier dans le livre.

Matilda est une petit fille de 5 ans qui, avouons-le, n’a pas eu beaucoup de chance jusqu’à présent. Née dans une famille qui ne pense qu’à la réussite financière, peu importe le chemin (honnête ou pas) pour y arriver, elle passe son temps à fuir les émissions de télévision sans grand intérêt et se réfugie à la bibliothèque pour dévorer les livres. Parce que, oui, à 5 ans, Matilda lit du Charles Dickens. Si, Si.

– Papa, dit-elle, tu crois que tu pourrais m’acheter un livre?

– Un livre? dit-il. Qu’est-ce que tu veux faire d’un livre, pétard de sort !

– Le lire, papa.

– Et la télé, ça te suffit pas? Vingt dieux! on a une belle télé avec un écran de 56, et toi tu réclames des bouquins! Tu as tout de l’enfant gâtée, ma fille.  (p.11-p.12)

J’ai bien évidemment adoré cette lecture. J’étais rassurée de constater que le film est assez fidèle à l’oeuvre originale de Roald Dahl. Immersion totale et réussie donc dans cet univers que j’adorais tant! A l’exception de quelques ajouts de scènes et de quelques personnages secondaires, on s’y retrouve complètement. Notamment ce fameux Bruce, qui a eu le malheur de manger une part du gâteau au chocolat de Mlle Legourdin. Vous vous souvenez de cette scène? Eh bien dans le livre, en tout cas dans la traduction française, ce petit garçon s’appelle… Julien. Mouais.

Les personnages sont tels que je les percevais dans le film : une Matilda attachante et désireuse d’évoluer malgré le milieu familial très peu adapté à ses besoins, des Verdebois complètement à côté de la plaque, en bons spécimens de la société de consommation, une Mlle Candy adorable, douce, empathique et dévouée à son métier et, ne l’oublions pas celle-là, une Mlle Legourdin ignoble, sans vergogne, directrice impitoyable qui n’hésite pas à user de sa position de supérieure pour faire régner la terreur dans son établissement.

J’ai encore une fois été séduite par l’écriture de Roald Dahl. Un véritable conteur d’histoires, avec des phrases simples mais vraies, des dialogues finement construits, une construction rythmée. J’ai retrouvé les thèmes si chers à son coeur : un enfant incompris, à qui il arrive des aventures extraordinaires, une remise en question de la société avec une emphase sur les déboires de la télévision, peut-être aussi une remise en question du système scolaire et, bien sûr, une belle HAPPY END comme on les aime.

Bref, malgré la date de parution de ce roman (1988, cette histoire est plus âgée que moi!), je l’ai trouvé d’une actualité cinglante. Ce n’est pas ça, la définition d’un classique de la littérature? Un livre qui traverse le temps sans prendre une ride?

Amateur d’excellente littérature jeunesse, régalez-vous avec Matilda de Roald Dahl. Encore un conte merveilleux, des thèmes on ne peut plus actuels, une histoire qui ravira petits et grands et qui continuera de persister. Belle lecture!

Notation : ♥♥♥♥

Les royaumes du Nord – Philip Pullman

couv8123741Auteur : Philip Pullman

Edition : Folio Junior

Genre : Fantasy Jeunesse

Langue originale : Anglais

Date de parution : 1998

Nombre de pages : 482

ISBN : 978-2-07-054188-6

Tome 2 :  La tour des anges

 

Résumé

«Pourquoi la jeune Lyra, élevée dans l’atmosphère confinée d’une prestigieuse université anglaise, est-elle l’objet de tant d’attentions? De quelle mystérieuse mission est-elle investie? Lorsque son meilleur ami, Roger, disparaît, victime des ravisseurs d’enfants qui opèrent dans tout le pays, elle n’hésite pas à se lancer sur ses traces. Un voyage vers le Grand Nord, périlleux et exaltant, qui lui apportera la révélation de ses extraordinaires pouvoirs et la conduira à la frontière d’un autre monde.»

L’avis de la Papote

Philip Pullman est un grand maître de la littérature jeunesse. Un conteur d’histoires, comme il aime se faire appeler. Ne faisant pas partie de celles et ceux qui ont eu la chance de découvrir la trilogie « A la croisée des mondes » pendant mon enfance, je me suis décidée à l’acquérir lors de mon périple alsacien, après avoir fait le tour des magnifiques marchés de Noël de la région.

J’aurais pu le lire en hiver, me direz-vous. C’était évidemment le moment idéal pour entamer ce voyage dans le grand Nord. Mais bébé papote ne me laissait pas beaucoup d’opportunités d’ouvrir un bouquin (dur dur la vie de jeune maman!). Le challenge du mois de la fantasy de mai m’a finalement convaincue de le sortir de ma PAL. Que je suis heureuse de l’avoir fait ! Ce premier tome est une véritable petite pépite !

Nous suivons Lyra, petite fille au caractère bien trempé, au cœur de Londres, à l’université d’Oxford. Orpheline, elle est élevée par les Érudits du Jordan College. Elle mène une vie relativement paisible, jusqu’à ce que les Enfourneurs, horribles ravisseurs d’enfants, enlèvent Roger, son meilleur ami. Bien déterminée à le récupérer, elle s’engage dans un périple vers le grand Nord.

Je n’ai qu’un mot pour qualifier cet univers hors du commun : WAOUW. Ce livre m’a totalement envoûtée. L’aspect fantasy créé par Philip Pullman est extrêmement riche et même complexe par moment, mais quel talent ! Pour ma part, la majorité de mes excellentes lectures ont toutes un point commun  : l’ascenseur émotionnel. Et là pour le coup, mon petit cœur s’est régalé ! Émerveillement, surprise, avidité, impatience, abattement, espoir, tristesse, bref, un véritable arc-en-ciel d’émotions.

Ce qui a grandement contribué à mon adoration pour cette histoire, ce sont les personnages et le concept de daemons. Lyra est extrêmement attachante, et ce dès les premières pages. Iorek, l’ours polaire, l’est également à sa façon. Leur personnalité est si bien dépeinte qu’on a l’impression de les connaître depuis toujours. Les petits deamons qui accompagnent chaque être humain sont d’un génie saisissant. Plus qu’un animal de compagnie, les daemons sont une partie inséparable de l’âme de chacun. Leur reflet.

Et cette plume, on en parle ? Raffinée. Poétique. Naïve. Merveilleuse. Enchanteresse. Captivante. Saisissante. Convaincus ou je continue?

Je sens qu’il y a un bel enseignement à tirer de cette lecture, en tant qu’adulte. Et même si j’ai compris bon nombre de subtilités dans le récit et réalisé les bonnes inférences, j’ai le sentiment très puissant qu’il me faut une deuxième lecture pour en apprécier véritablement l’intensité. Un peu comme « Le petit prince » de Saint-Exupéry. Avant de lire le tome 2 (cette fois-ci, je me le garde pour cet hiver), je pense bien relire celui-ci. Histoire de bien m’en imprégner et de ne rien laisser au hasard.

Je conclurai en insistant sur l’importance de mettre ce genre de livre entre les mains des enfants. C’est de la pure bombe de littérature jeunesse, un joyaux à l’état pur. L’auteur ne prend pas les enfants pour des imbéciles, et c’est ça que j’aime par-dessus tout dans la littérature jeunesse. C’est un livre qui marquera leurs esprits, qui guidera leur réflexion, qui enchantera leurs soirées de lecture. 

Notation : ♥♥♥♥♥