BDimanche #1

Je ne sais pas si cela vous arrive parfois, mais personnellement, il y a des périodes où je peux m’enfiler 5 ou 6 BD d’affilée, juste parce que j’ai besoin de faire le plein d’images. Ce sont des lectures très rapides, très agréables, où l’on s’attarde sur les détails graphiques qui nous transportent dans une dimension bien différente des romans. Et j’adore ça !

J’ai donc décidé de vous proposer, de temps à autre, une petite sélection de cinq BD/comics/mangas dans ce nouveau rendez-vous livresque du BDimanche afin de vous faire découvrir mes dernières lectures graphiques. Pourquoi les dimanches me direz-vous? Parce que c’est pour moi le seul jour de la semaine qui se prête à une bonne séance de cocooning sous la couette, armée d’une tasse de thé fumante et d’une pile de BD. Une bonne façon de repousser très loin le blues du dimanche et la fin du weekend. En espérant que cette nouvelle catégorie sur le blog vous plaira !

  • Orval – J.-C. Servais – Edition intégrale (tome 1 et tome 2) – Dupuis
dsc_0315
Photo : La papote livresque

Certes, cette BD n’intéressera peut-être que mes papoteurs belges (ou les amateurs de notre bonne bière trappiste nationale?). Cette édition intégrale de 116 pages retrace l’Histoire de cette magnifique abbaye d’Orval, située dans les Ardennes belges, en mêlant les faits historiques et la fiction. Jean-Claude Servais, auteur et illustrateur, interprète cette histoire autour d’une période très marquante pour l’abbaye : la Révolution française. Vous pourrez y trouver de nombreuses références religieuses (qui dit Abbaye dit moines, je ne vous apprends rien), mais aussi de la romance et des légendes à propos d’un mystérieux trésor caché. Vous l’aurez compris, il n’est pas du tout question de bière dans cette Bande Dessinée!

dsc_0316
Photo : La papote livresque
dsc_0317
Photo : La papote livresque

Les planches sont très belles, un vrai régal pour les yeux. J’ai particulièrement apprécié les jeux de couleurs, changeant selon les moments de la journée ou les saisons.

De plus, vous pourrez trouver quelques pages entièrement consacrée à l’Histoire véritable de l’abbaye d’Orval à la fin de l’ouvrage. Vous en apprendrez plus sur les débuts de l’abbaye, les abbés qui se sont succédés au fil du temps, la destruction et la reconstruction de l’édifice, etc.

J’ai vraiment beaucoup apprécié ma lecture, même si, je ne vais pas vous le cacher, il ne s’agit pas de l’intrigue la plus recherchée du monde. Certains passages sont un peu niais, mais la beauté des dessins l’emporte !

  • Super Sourde – Cece Bell – Les arènes

Cette BD m’a d’abord intriguée par son format un peu original : petite mais bien fournie en nombre de pages (239 tout de même!). Puis, c’est le thème de la surdité qui m’a attirée. Pour celles et ceux d’entre vous qui ne le savent pas, je suis logopède (orthophoniste) et, par conséquent, tout ce qui touche au handicap de la communication m’intéresse fortement. Enfin, quand j’ai lu l’avis plus que positif de Pénélope Bagieu sur l’arrière de l’ouvrage, j’ai décidé de m’y plonger rapidement!

dsc_0318
Photo : La papote livresque

Il s’agit d’une BD autobiographique à propos de l’enfance d’une petite fille, Cece, frappée soudainement par la surdité. On la suit dans son quotidien à l’hôpital, à l’école, au sein de sa famille. L’accent est évidemment porté sur le ressenti de Cece face à toutes les difficultés qui peuvent se présenter à elle : les moqueries, les tentatives d’aide vaines et énervantes, le manque de compréhension de la pathologie de la part de son entourage, les obstacles auxquels on ne pense pas quand on est entendant, etc. Exemple tout bête : la lecture labiale, excellent adjuvant pour améliorer la compréhension du langage, est tout simplement impossible pour des cartoons de dessins animés! Embêtant pour une petite fille…

L’histoire est touchante, et elle nous replonge inévitablement dans l’ambiance scolaire parfois très difficile à vivre lorsqu’on est « différent ». J’ai beaucoup aimé la capacité de l’auteur à transformer une faiblesse en grande force, d’où le titre de la BD, Super Sourde !

dsc_0319
Photo : La papote livresque

Concernant les graphismes, je dirais que ce n’est pas le point fort de la BD. Je ne suis pas fan du fait que chaque personnage soit un lapin, et je trouve les dessins un peu simplistes. Bon, ça c’est une question de goût personnel, on est d’accord.

Je pense que Super Sourde est une très chouette lecture graphique à mettre dans les mains des enfants, afin qu’ils puissent prendre conscience du ressenti de leurs camarades un peu différents.

  • Jolies ténèbres  – Vehlmann & Kerascoët – Dupuis

Je ne sais pas trop comment décrire cette bande dessinée, destinée aux adolescents à partir de 14 ans… Elle est vraiment très belle, la couverture a tout de suite attiré mon regard avec ses tonalités bleues et sombres, un titre on ne peut plus intriguant et des aquarelles vraiment sublimes.

dsc_0320
Photo : La papote livresque

Ma lecture avait pourtant très bien commencé. L’histoire a des allures de conte avec une princesse et un prince qui s’apprêtent à entamer une belle histoire d’amour, quand tout à coup, tout s’écroule autour d’eux. Leur environnement s’effrite, et on comprend très vite pourquoi. Je ne voudrais en aucun cas vous spoiler sur, selon moi, le seul événement valable de la BD, donc je ne vous en dirai pas plus. Mais franchement, c’est bien le seul moment où je me suis dit « Ah, chouette, ça c’est complètement original, j’ai hâte de poursuivre ». Une belle petite claque.

dsc_0321
Photo : La papote livresque
dsc_0322
Photo : La papote livresque

Le charme a ensuite rapidement cessé d’opérer. L’intrigue n’a ni queue ni tête, on ne nous apporte plus aucune information sur ce fameux événement dont je ne vous dirai rien (vous suivez quand-même là?). J’ai tenu bon jusqu’à la fin uniquement dans l’espoir de connaître le dénouement, mais RIEN. On suit simplement le quotidien des personnages principaux (la princesse, le prince et leur communauté) dans des situations très malsaines, morbides et parfois cruelles. Tout s’enchaîne sans logique aucune. Je me suis perdue plus d’une fois à devoir refaire marche arrière afin de comprendre une situation, pour finalement me rendre compte que je n’avais rien manqué…

Bref, j’ai trouvé cette BD très dérangeante, elle m’a laissé une impression très bizarre que je voulais oublier rapidement. Heureusement, la lecture suivante a bien sauvé la mise !

  • Un petit livre oublié sur un banc  (tome 1) – Jim & Mig – Bamboo Editions

J’avais beaucoup entendu parler de cette BD sur la blogo et Booktube il y  a déjà quelques temps, avec des avis majoritairement positifs. Le titre me plaisait beaucoup et j’avais hâte de découvrir l’histoire de ce petit livre oublié et les éventuels secrets qu’il pouvait renfermer.

dsc_0324
Photo : La papote livresque

Le récit commence donc avec la découverte d’un livre, seul, abandonné sur un banc dans un parc. Camélia décide de le prendre et fait la découverte d’un message à l’intérieur du bouquin. Elle y griffonne une réponse, l’abandonne à son tour, et s’ensuit une correspondance mystérieuse avec cette autre personne dont elle ignore tout et qui pourtant, l’aide à faire le point sur sa vie amoureuse.

Les graphismes sont très jolis, bien que ce ne soit pas tout à fait le style d’illustrations que j’affectionne particulièrement. Je trouve le coup de pinceau un peu trop net à mon goût, mais encore une fois, ce n’est que mon avis.

dsc_0325
Photo : La papote livresque
dsc_0326
Photo : La papote livresque

J’ai vraiment apprécié retrouver ce côté aventureux et mystérieux d’une correspondance dans un objet aussi précieux et rétrograde qu’un livre, à l’heure actuelle où le monde est hyper connecté, joignable à tout moment, et où la vie privée s’affiche sans détour sur internet.

L’intrigue est assez banale finalement, avec une fin qui surprend et qui donne envie de découvrir la suite. Parfois, une petite lecture douce, simple et généreuse, ça fait du bien au moral !

  • Death Note  (tomes 1 et 2) – Tsugumi Ohba & Takeshi Obata – Editions Kana

Je pense qu’on ne présente plus Death Note dans la catégorie manga shonen. Cette série terminée en 12 tomes (avec un 13ème tome bonus qui constitue un guide complet sur la saga) a vraiment connu un grand succès mondial, et après avoir découvert les deux premiers tomes,  je comprends l’engouement incroyable qui a pu graviter autour de ces mangas.

dsc_0334
Photo : La papote livresque

On retrouve donc Light Yagami, un jeune lycéen qui trouve par hasard un carnet portant l’inscription « Death Note ». Quelques indications présentes au début de ce carnet informent Light que la personne dont le nom est écrit dans les pages du Death Note mourra dans les 40 secondes. Quelques jours plus tard, Light fait la connaissance de l’ancien propriétaire du carnet : Ryûk, un dieu de la mort, très curieux de voir comment Light va se servir de ce carnet aux pouvoirs saisissants.

dsc_0336
Photo : La papote livresque

L’intrigue est quand-même bien foutue, pas vrai ? La lecture est un vrai régal. Un bon thriller psychologique avec de l’action, un rythme de lecture soutenu, des surprises, de l’humour, des dessins accrocheurs, bref, une compilation d’ingrédients qui en font une lecture passionnante. J’ai lu les deux tomes d’affilée, complètement absorbée par l’histoire, en pestant contre le monde entier parce que je n’avais pas les tomes suivants dans ma PAL. A découvrir sans plus tarder si vous ne connaissez pas la saga !

Publicités