Dans les forêts de Sibérie – Sylvain Tesson

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Auteur : Sylvain Tesson

Edition : Folio

Genre : Récit de voyage

Langue originale : Français

Date de parution : 2011

Nombre de pages : 304

ISBN : 978-2-07-045150-0

 

Résumé

«Assez tôt, j’ai compris que je n’allais pas pouvoir faire grand-chose pour changer le monde. Je me suis alors promis de m’installer quelque temps, seul, dans une cabane. Dans les forêts de Sibérie. J’ai acquis une isba de bois, loin de tout, sur les bords du lac Baïkal. Là, pendant six mois, à cinq jours de marche du premier village, perdu dans une nature démesurée, j’ai tâché d’être heureux. Je crois y être parvenu. Deux chiens, un poêle à bois, une fenêtre ouverte sur un lac suffisent à la vie.
Et si la liberté consistait à posséder le temps ?
Et si le bonheur revenait à disposer de solitude, d’espace et de silence – toutes choses dont manqueront les générations futures ?
Tant qu’il y aura des cabanes au fond des bois, rien ne sera tout à fait perdu.»

L’avis de la Papote

Encore une fois, c’est grâce à Margaud liseuse si ce livre s’est retrouvé d’abord sur ma Wishlist avant de finir sur les planches de ma bibliothèque (sa chronique ici). Elle en vantait tant les mérites, la couverture me faisait des clins d’oeil à chaque fois que je passais devant en librairie, bref, je n’ai pas pu résister bien longtemps.

Sylvain Tesson, grand voyageur et aventurier dans l’âme, décide de passer six mois seul dans une cabane au bord du lac Baïkal en Sibérie. Coupé de tous les affres de notre société consumériste, il retrouve une liberté perdue, il dispose de son temps sans pression, il pêche, il lit, il vit.

La pluie a été inventée pour que l’homme se sente heureux sous un toit. (p.219)

J’ai commencé cette lecture sur un coup de tête, après avoir passé une bien mauvaise journée, alors que j’avais déjà deux romans entamés. En plus, une intrigue qui se déroule dans un pays froid alors qu’on est en pleine saison printanière, si vous me connaissez, vous savez probablement que c’est une chose que je ne fais JA-MAIS. Mais bon, comme on dit chez moi, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Un livre qui vous promet de vous évader au bord d’un lac sibérien, l’isolement, la nature, la reconquête de son être, la lecture, le feu de bois, c’est tout ce dont j’avais besoin pour recharger les batteries. Et globalement, je n’ai pas été déçue du voyage.

Nous sommes seuls responsables de la morosité de notre existence. Le monde est gris de nos fadeurs. La vie paraît pâle? Changez de vie, gagnez les cabanes. (p.225)

Un petit mot d’abord sur le format particulier de l’ouvrage. L’auteur prend le parti de décrire son aventure sous forme d’un journal de voyage. Chaque jour (ou presque), le lecteur a l’immense privilège de prendre connaissance de sa vie en ermite au milieu des bois. L’agencement du quotidien, les routines qui s’installent malgré tout (observer les mésanges sur le rebord de la fenêtre, pêcher son dîner, couper le bois), la liste des livres qu’il a emportés avec lui, ses réflexions personnelles suite à ses lectures, l’observation en pleine conscience de la nature, des animaux, de la lumière du jour. Ouvrir ce livre, se plonger dans ses pages, c’est rejoindre Sylvain Tesson dans cette petite cabane en bois et s’accorder ces moments magiques hors du temps.

Sylvain Tesson, c’est également un style d’écriture bien particulier. Sa plume, je ne peux pas le nier, est incroyablement belle et poétique. Ses textes respirent la passion. Il choisit ses mots avec une précision d’orfèvre, il les enrobe avec douceur, il jongle avec les aphorismes (ce qui, d’ailleurs, a le don d’agacer de nombreux lecteurs). Pour ma part, j’ai adoré ce style riche. D’ailleurs, mon livre est rempli de post-it !

Il y a tout de même eu quelques petits points noirs dans cette lecture. Pas grand-chose me direz-vous, mais quand-même… Le premier que j’ai envie de citer, c’est le nombre incroyable de références littéraires qui m’étaient complètement inconnues. C’est pas de la faute de Sylvain, je suis d’accord avec vous, mais moi qui pense avoir un minimum de culture littéraire, eh ben je me sentais parfois complètement ignare. Pas très cool comme sensation. Vous êtes donc prévenus, vous avez plutôt intérêt à vous y connaître vachement beaucoup!

Et puis une chose, un tout petit passage dans l’entièreté du livre, a largement baissé mon niveau d’estime pour l’ouvrage. La voici :

Ce matin, Irina me fait les honneurs de sa bibliothèque. Dans de vieilles éditions de l’époque soviétique, elle possède des oeuvres de Stendhal, Walter Scott, Balzac, Pouchkine. Le livre le plus récent est le Da Vinci Code. Légère baisse de civilisation. (p.59-60)

S’il y a bien une chose que je ne peux tolérer, c’est la dévalorisation gratuite d’une oeuvre littéraire, quelle qu’elle soit. Alors certes, Dan Brown est un auteur que je chéris depuis très longtemps, mais même s’il s’agissait de Pierre-Paul-Jacques, chacun est libre de lire et d’apprécier un livre, même si celui-ci ne remporte pas un vif succès auprès des critiques littéraires, même s’il est qualifié de « roman de gare ». Et là, pour le coup, notre ami Sylvain Tesson ne s’est pas vraiment gêné. Il était même très loin d’émettre une critique négative constructive (comme j’essaie de le faire quand je vous chronique un livre que je n’ai pas aimé, parce que OUI ça arrive). Moi je dis, la lecture, c’est comme la nourriture. On ne dit pas « C’est dégueulasse », on dit juste « Je n’aime pas ». Légère baisse de civilisation, non mais Oh?!

Cela étant dit, je ne peux enlever la beauté de l’aventure à laquelle il nous fait participer. J’ai adoré suivre le cours de la nature, qui sort doucement de son manteau d’hiver pour s’éveiller au printemps. Je voyais les couleurs vives, je ressentais le froid polaire et la chaleur du feu de bois, je sentais les odeurs de poisson grillé, je m’émerveillais devant la bonté des chiens. Vous l’aurez compris, lire du Sylvain Tesson, c’est vivre une très belle aventure.

A tous les amoureux de la nature, à tous ceux qui ressentent le besoin de s’isoler de la société, de mettre la pression et le stress au fond d’un tiroir, de vivre une aventure exceptionnelle au cœur d’une nature sauvage, ouvrez « Dans les forêts de Sibérie » de Sylvain Tesson et laissez-vous emporter par la beauté de l’écriture. 

Notation : ♥♥♥♥♥

Quand souffle le vent du nord – Daniel Glattauer

Auteur : Daniel Glattauercouv22324997

Lecteurs : J.-M. Delhausse – N. Hugo

Edition : Audiolib (paru chez Grasset)

Genre : Contemporain Epistolaire

Langue originale : Allemand

Date de parution : 2010

Heures d’écoute : 5 heures 26 minutes

EAN : 9782356412300

Tome 2 : La septième vague

Résumé

«Un message anodin peut-il bouleverser votre vie ? Leo Leike reçoit par erreur un courriel d’une inconnue, Emmi Rothner. Poliment, il le lui signale. Elle s’excuse et, peu à peu, un dialogue s’engage, une relation se noue. Au fil des courriels, ils éprouvent l’un pour l’autre un intérêt grandissant.
Emmi est mariée, Leo se remet à grand-peine d’un chagrin d’amour. De plus en plus attirés l’un par l’autre, Emmi et Leo repoussent néanmoins le moment fatidique de la rencontre.»

L’avis de la Papote

« Quand souffle le vent du nord » est ma deuxième expérience d’écoute de livre. J’avais tellement adoré écouter « Le tailleur de pierre » de Camilla Läckberg que je n’ai pas traîné à commencer un nouveau livre audio. Cette petite romance contemporaine épistolaire me paraissait parfaite pour agrémenter mes trajets en voiture.

L’histoire, relativement peu originale, est la suivante : Emmi décide un jour de mettre fin à son abonnement périodique à un journal. Dans l’envoi du mail, elle se trompe de destinataire. Le message parvient dans la boîte de Leo Leike. S’ensuit une correspondance, un dialogue, le début d’une relation particulière où la vision de l’autre n’est que fantasme et imagination. Schéma classique d’une romance épistolaire moderne.

Cette deuxième expérience en livre audio ne fut pas aussi agréable et riche que la première. D’abord, je dois vous signaler que les romances et moi, ça fait dix. Ce n’est pas du tout mon genre de prédilection et je me dirige très rarement vers ce type d’intrigue. Mais je pense que la raison principale à mon sentiment négatif par rapport à cette écoute découle du format : un échange de mail doit se lire, non pas s’écouter. Entendre mille fois « 30 minutes plus tard. Objet : pas d’objet. Cher Leo… », je vous avoue que mes nerfs ne l’ont pas supporté très longtemps. J’ai trouvé le rythme monotone, ennuyant, écrasant, lourd. Heureusement, ce qui m’a permis de continuer l’écoute, c’est le fait que deux lecteurs différents vous racontent cette histoire : un homme et une femme. Malgré le format répétitif, cela ajoutait une dynamique non négligeable au récit.

Autre petit point noir : le personnage de Emmi est juste im-bu-va-ble. Pour moi en tout cas. Je n’ai pas du tout accroché avec ce personnage. J’ai levé les yeux au ciel plus d’une fois tant ses réactions m’incommodaient. Très indécise, un comportement de pré-adolescente dans certaines situations, inintéressante, bref, vous l’aurez compris, c’était pas ma grande copine.

Et finalement, j’ai ressenti une très grande frustration totalement liée au format épistolaire : à aucun moment vous n’accédez aux pensées véritables des personnages. C’est comme si vous tombiez par hasard sur cet échange de mail, mais sans narrateur omniscient, on n’en sait pas plus. Frustration. Frustration. Frustration.

Cela étant dit, ce ne fut pas un flop total puisque je lui ai tout de même accordé une note de 3/5. Malgré ma réticence tout au long de l’écoute, j’ai tenu bon jusqu’au bout. Et vous me trouverez certainement paradoxale, mais la fin m’a donné envie de lire le tome suivant (oui oui, il y un second tome!), « La septième vague ». Cliffhanger. Que voulez-vous, je suis faible face aux fins ouvertes, je dois savoir ! Il n’existe pas au format audio, mais je n’aurai de toute façon pas réitéré l’expérience. Par contre, j’irai probablement le louer en bibliothèque, hors de question de l’acheter neuf!

Quand souffle le vent du nord est une romance épistolaire au schéma classique. Si vous aimez les romances (et surtout le format épistolaire si particulier), n’hésitez pas à lire ce livre, vous serez probablement dans votre zone de confort. Je ne le conseille toutefois pas au format audio, qui écrase le rythme de l’histoire. 

Notation : ♥♥♥♥♥

Le garçon qui courait – François-Guillaume Lorrain

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Auteur : François-Guillaume Lorrain

Edition : Sarbacane

Genre : Jeunesse – Historique

Langue originale : Français

Date de parution : 2017

Nombre de pages : 288

ISBN : 978-2-84865-934-3

Résumé

«D’après l’incroyable et bouleversante histoire vraie de Sohn Kee-chung, le premier Coréen à avoir remporté l’épreuve du marathon aux J.O. de Berlin, en 1936 – alors que la Corée, annexée par le Japon, n’existait plus.»

L’avis de la Papote

Comme chaque mois, les éditions Sarbacane m’ont fait parvenir une parution de leur collection Exprim’, afin que je puisse la découvrir et vous faire profiter de mon opinion sur l’ouvrage. Pour ce premier mois de l’année 2017, j’ai voulu faire la connaissance de Kee-chung, le premier coréen à avoir remporté le marathon aux Jeux Olympiques de 1936 sous les couleurs du Japon, qui avait annexé son pays. Ayant très peu de connaissances sur cette période particulière de l’histoire de la Corée, j’y voyais là la parfaite occasion d’approfondir le sujet.

L’histoire, tirée de véritables faits historiques, se déroule donc en Corée du Nord, juste après la fin de la première guerre mondiale. Lors d’une révolte menée par son grand frère au sein même de leur école, Kee-chung se voit forcé de prendre la fuite en courant à toute vitesse. Fasciné par la rapidité avec laquelle son frère cadet avait mené la course, il lui donna l’impulsion nécessaire afin qu’il exploite ce talent de la meilleure manière possible. Tout au long du récit, nous, lecteurs, faisons connaissance avec cette Corée souffrante en voie d’extinction et nous suivons les aventures de ce petit Kee-chung, jusqu’à la fin de sa vie.

Avant toute chose, il me semble important de préciser que ce roman s’adresse aux enfants à partir de treize ans. Malgré le fait qu’il soit destiné à un public jeune, j’estime que le style de l’auteur aurait pu être davantage travaillé. Je n’ai pas, en tant qu’adulte, trouvé mon compte en terme d’écriture. Pourtant, je lis énormément de livres destinés à la jeunesse, et je suis rarement déçue par la plume des auteurs tels que Roald Dahl par exemple. Un livre pour les enfants ne doit pas forcément être écrit de manière plus simple, à mon sens. A l’exception de quelques rares passages, j’ai trouvé l’écriture assez plate. Certaines situations n’ont pas manqué de me faire lever les yeux au ciel, et la majorité des événements s’enchaînent à une telle vitesse que nous n’avons pas le temps de nous attacher aux différents personnages qui entrent en scène. Un peu trop survolés, je n’ai pas pu leur accorder mon empathie.

Mais non, ne partez pas tout de suite, il y a quand-même eu quelques points forts dans cette lecture! D’abord, le rythme de lecture est très fluide puisque les chapitres sont très courts, ce qui devrait ravir plus d’une jeune lecteur. Ensuite, les thèmes abordés restent forts, intéressants, et peu exploités dans la littérature jeunesse. Enfin, je me suis souvent demandée quels étaient les faits réels et les éléments de fiction, ce qui signifie que, finalement, l’auteur a bien fait son boulot de romancier!

« Il y avait donc, découvrit-il, une mémoire des mots, comme il y avait une mémoire du corps lorsque, d’abord engourdi, d’abord douloureux, celui-ci parvenait à se réveiller et à rassembler toutes ses forces oubliées. Les mots se rassemblaient aussi, ils se tendaient la main, reliés par des doigts invisibles, pour tracer une chaîne, ou plutôt une ligne, qui lui évoqua les chemins sur lesquels il s’entraînait. Il était donc possible d’avancer sur le papier comme on avançait sur une route, et Kee-Chung songea que toutes ces lignes misent bout à bout auraient peut-être fini par aboutir elles-mêmes à une sorte de… marathon. » (p.87)

Vous avez là un exemple d’extrait qui m’a beaucoup plu : ce parallèle entre l’écriture et le marathon, j’adhère complètement. Moi qui m’essaye depuis plusieurs années à l’écriture de mon premier roman, je peux vous assurer que la métaphore est particulièrement bien fichue. Un entraînement intensif, de nombreux obstacles, des phases d’excitation mais aussi de découragement, la régularité d’exercice, bref, tout s’accorde parfaitement. Ce n’est pas Murakami qui avait déjà fait usage de cette image du marathon lorsque l’on s’attelle à l’écriture d’un roman dans « Autoportrait d’un auteur en coureur de fond » ?

Le garçon qui courait de François-Guillaume Lorrain est, à mon sens, un roman au style inachevé qui aurait pu être davantage exploité, notamment au niveau de la psychologie des personnages. Malgré tout, la période et la situation géographique qu’il aborde sont rarement présents dans la littérature jeunesse, ce qui le rend intéressant sur certains abords. Une bonne lecture, mais vraiment destinée à un public plus jeune. 

Notation : ♥♥♥♥♥

L’étrange histoire de Benjamin Button – La lie du bonheur – Francis Scott Fitzgerald

couv2072579Auteur : Francis Scott Fitzgerald

Edition : Folio 2€

Genre : Nouvelles

Langue originale : Anglais

Date de parution : 1967 (2008 pour la traduction française)

Nombre de pages : 103

ISBN : 978-2-07-035639-3

Résumé

«Dès sa naissance, loin d’être un beau poupon joufflu, Benjamin Button ressemble à un vieillard voûté et barbu ! Ses parents découvrent peu à peu qu’il rajeunit chaque jour : de vieillard il devient un homme mûr, un jeune homme, un enfant… Bénédiction ou malédiction ?»

L’avis de la Papote

Cette histoire me fait envie depuis le jour où j’ai visionné l’adaptation cinématographique de « L’étrange histoire de Benjamin Button ». Ce film m’avait complètement émerveillée, j’étais littéralement amoureuse de cette intrigue. Naître vieux et mourir bébé, quelle idée de génie ! J’ai donc lu cette toute petite nouvelle en période de fêtes, la couverture s’y prêtant plutôt bien (même si j’ai beaucoup de mal à comprendre le lien entre cette canne à sucre et le contenu du livre. Soit.). Après un pavé de 500 pages, ça m’a fait le plus grand bien.

J’ai d’abord été très surprise de constater que ce tout petit ouvrage de 103 pages renfermait en fait deux nouvelles de Francis Scott Fitzgerald. Je vais donc vous donner mon avis sur ces deux nouvelles séparément car, selon moi, elles ne méritent pas la même notation.

L’étrange histoire de Benjamin Button

Cette nouvelle relate l’histoire de Benjamin Button, tout juste né à l’âge de septante ans. Un véritable mystère qui déroute complètement son père. D’années en années, plutôt que de vieillir comme tout un chacun, Benjamin rajeunit !

« Jadis, en 1860, il était bien vu de naître chez soi. A présent, l’Olympe de la médecine a décrété, paraît-il, que l’enfant pousserait son premier cri dans l’atmosphère antiseptique d’une maternité, de préférence une clinique en vogue. Les jeunes Mr. et Mrs. Button avaient donc cinquante ans d’avance lorsqu’ils décidèrent, un beau jour de l’été 1860, que leur premier enfant naîtrait en clinique. Nul ne saura jamais si cet anachronisme influa en aucune façon sur l’histoire étonnante que je m’apprête à coucher par écrit. » (p.11)

Quelle merveilleuse histoire ! Je l’ai tout bonnement adorée ! Tout m’a plu dans cette intrigue : l’originalité, les personnages, les thèmes abordés, la narration, absolument TOUT !

L’auteur aborde avec beaucoup de justesse et d’ironie les difficultés d’adaptation face à la différence d’autrui, la peur du jugement des autres (que va-t-on dire de nous, un enfant de septante ans?), la volonté de l’enfant à se soumettre aux attentes de ses parents pour ne pas les décevoir et être à la hauteur.

Cette toute petite histoire se lit à la manière d’un conte. L’écriture est tellement belle, malgré la traduction ! C’était vraiment très appréciable, je l’ai d’ailleurs relue une deuxième fois immédiatement après l’avoir terminée, c’est pour vous dire à quel point cette nouvelle m’a subjuguée. Coup de coeur !

Notation : ♥♥♥♥♥

La lie du bonheur

On change complètement de registre avec ce petit récit dramatique relatant l’histoire d’un couple d’élite dans les années folles, Jeffrey et Roxane. Lui est écrivain à succès, elle est actrice en vogue. Soudainement, la maladie s’abat sur l’un d’entre eux, et c’est ce déclin que l’on suit au fur et à mesure des pages.

« Il s’agissait d’un mariage d’amour. L’écrivain était assez gâté pour posséder beaucoup de charme; l’actrice gardait assez d’ingénuité pour être irrésistible. Comme deux troncs flottants poussés par les courants, ils s’étaient rencontrés, attachés l’un à l’autre et poursuivaient leur route ensemble. » (p.66)

Beaucoup moins originale que la première, j’ai peu apprécié cette nouvelle. L’écriture est toujours aussi belle, et c’est cette plume magnifique qui sauve la mise. On retrouve une marque de fabrique apparemment bien propre à l’auteur : la fascination pour le monde des riches, lui qui venait d’un milieu modeste. C’est d’ailleurs autour de ce monde particulier que tourne le roman « Gatsby le magnifique » qu’il me tarde de lire (je me suis empressée de l’acheter après avoir terminer ce livre, je l’avoue). Une lecture en demi-teinte donc pour cette histoire.

Notation : ♥♥♥♥♥

Si vous désirez découvrir le style de Francis Scott Fitzgerald et avoir un très bref aperçu de son talent, « L’étrange histoire de Benjamin Button » me paraît être une porte d’entrée fascinante! 

Les combustibles – Amélie Nothomb

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Auteur : Amélie Nothomb

Edition : Le Livre de Poche

Genre : Contemporain

Langue originale : Français

Date de parution : 1994

Nombre de pages : 89

ISBN : 978-2-253-13946-1

 

Résumé

«La ville est assiégée. Dans l’appartement du Professeur, où se sont réfugiés son assistant et Marina, l’étudiante, un seul combustible permet de lutter contre le froid : les livres…»

L’avis de la Papote

Brûler des livres, sacrilège ! En lisant le résumé en magasin, j’étais très curieuse de voir comment la célèbre romancière Amélie Nothomb avait procédé pour éliminer certains ouvrages d’une bibliothèque dans une optique de survie… A la recherche de petits romans courts, j’étais plutôt ravie de trouver celui-ci. Avec ses 89 pages, j’ai pu le lire en une petite soirée !

Ce livre est en fait une discussion entre trois personnages uniquement, un peu à la façon d’une pièce de théâtre : le Professeur, son assistant Daniel et Marina, étudiante et petite amie de Daniel. De très rares descriptions sont parsemées ça et là, ce qui rend le récit très vivant et dynamique. Tout se déroule dans une seule pièce, austère, et tristement meublée : quelques chaises, et une immense bibliothèque de 2000 livres.

« MARINA : Professeur, le poêle s’est éteint.

LE PROFESSEUR : Je sais, Marina. Je n’ai plus rien à brûler.

MARINA (en regardant la bibliothèque) : Et ça?

LE PROFESSEUR : Les étagères ? Elles sont en métal. 

MARINA : Non, les livres.

Silence gêné.

DANIEL : Ce n’est pas du combustible, Marina.

MARINA (avec un sourire ingénu) : Mais si, Daniel. Ça brûle très bien.

LE PROFESSEUR : Si nous nous mettions à brûler les livres, alors, vraiment, nous aurions perdu la guerre. » (p.16)

Finalement, il s’agit donc de répondre à la question suivante : quel livre mérite de finir dans les flammes? Quel ouvrage vaut qu’on lui sacrifie un petit moment de chaleur en période de froid intense ? Autrement dit, si l’on pose la question à l’envers, quel livre indispensable emporteriez-vous sur une île déserte ? Celui que vous sauveriez des flammes si un incendie venait à se déclarer chez vous? Celui que vous garderiez à vos côtés quoi qu’il advienne?

Même si j’ai beaucoup aimé le concept de l’intrigue et le format d’écriture, je dois dire que ce livre m’a laissé un petit goût de … perplexité. Les trois personnages sont à mon sens, inintéressants, pas assez approfondis pour pouvoir les comprendre ou s’y attacher réellement. De plus, les ouvrages auxquels ils font référence sont, pour la plupart, inconnus à ma culture livresque (*HONTEUSE*). Pour le coup, je n’ai donc pas pu saisir avec exactitude les subtilités et les arguments avancés par les personnages (et donc par l’auteur). Dommage…

Amélie Nothomb reste une de ces auteurs très chères à mon cœur de par son style très incisif et sa capacité à nous plonger dans son histoire, même si elle ne répond pas à nos attentes. Avec quelques situations perverses un peu dérangeantes (comme on a pu en lire dans « Mercure » dont je vous ferai une chronique très bientôt), Amélie Nothomb reste fidèle à elle-même…

Cela étant dit, je me suis quand-même prêtée au jeu en me posant cette question à mon tour. Quel livre serait assez précieux pour moi pour que je ne m’en sépare jamais ? C’est évidemment très difficile de n’en choisir qu’un quand on aime les livres à la folie.. Mais sans grande surprise, je garderais mon exemplaire de « Harry Potter et les reliques de la mort ». Le dernier de la série, le plus émouvant selon moi, pour revivre sans fin les derniers instants de Severus Rogue ♥.

Les combustibles est un petit ouvrage qui questionnera le lecteur sur la place que peut occuper un livre dans nos priorités et qui plaira certainement aux admirateurs de l’auteur. Un petit goût de trop peu pour moi… 

Et vous, quel livre garderiez-vous précieusement, même si vous mourrez de froid et qu’il ne vous restait que lui pour vous réchauffer le popotin?

Notation : ♥♥♥♥♥

L’enchanteur – Barjavel

couv9331859Auteur : Barjavel

Edition : Folio

Langue originale : Français

Genre : Fantastique

Date de parution : 1984

Nombre de pages : 480

ISBN : 978-2-07-037841-8

 

Résumé

« Qui ne connaît Merlin ? Il se joue du temps qui passe, reste jeune et beau, vif et moqueur, tendre, pour tout dire Enchanteur. Et Viviane, la seule femme qui ne l’ait pas jugé inaccessible, et l’aime ? Galaad, dit Lancelot du Lac? Guenièvre, son amour mais sa reine, la femme du roi Arthur ? Elween, sa mère, qui le conduit au Graal voilé ? Perceval et Bénie ? Les chevaliers de la Table Ronde ? Personne comme Barjavel, qui fait le récit de leurs amours, des exploits chevaleresques et des quêtes impossibles, à la frontière du rêve, de la légende et de l’Histoire. Dans une Bretagne mythique, il y a plus de mille ans, vivait un Enchanteur. Quand il quitta le royaume des hommes, il laissa un regret qui n’a jamais guéri. Le voici revenu. »

L’avis de la Papote

J’ai voulu faire l’acquisition de ce livre pour ma PAL d’automne, parce que j’étais en manque total de la plume de Barjavel et que le thème des légendes arthuriennes se prête assez bien à la saison selon moi. Je ne suis absolument pas une grande connaisseuse de l’histoire du Roi Arthur et des Chevaliers de la table ronde, raison de plus pour ajouter une flèche à mon arc et partir à la découverte de ces mythes dont tout le monde raffole. Aussitôt acheté, aussitôt commencé !

Barjavel revisite donc la légende arthurienne dans cet ouvrage, où l’on retrouve les grands personnages connus de tous : Arthur, Guenièvre, Lancelot, Perceval, Viviane, Morgane et bien sûr, Merlin l’Enchanteur. On y découvre l’histoire des Chevaliers de la table ronde, leur incessante quête du Graal, leurs histoires d’amour et leurs combats chevaleresques.

« Il y a plus de mille ans vivait en Bretagne un Enchanteur qui se nommait Merlin. Il était jeune et beau, il avait l’œil vif, malicieux, un sourire un peu moqueur, des mains fines, la grâce d’un danseur, la nonchalance d’un chat, la vivacité d’une hirondelle. Le temps passait sur lui sans le toucher. Il avait la jeunesse éternelle des forêts. »  (p.9)

Si vous vous attendiez à un « page turner », je vous arrête tout de suite, c’est loin d’être le cas. Honte à moi de vous l’avouer, mais j’ai traîné ce bouquin pendant au moins trois semaines, en l’entrecoupant de petites lectures par-ci par-là. Non pas que l’histoire soit inintéressante, ou mal contée, ou ennuyeuse, mais ça ne casse pas trois pattes à un canard, si vous voyez ce que je veux dire. Il y a de très nombreuses longueurs qui auraient largement pu être évitées selon moi, et l’action ne vous prend pas aux tripes. Pour moi, c’est le genre de livre qui se déguste à petit feu, sans précipitation, sans trop d’attentes non plus. J’étais contente d’en finir la lecture, même si la fin ne m’a pas forcément apporté toutes les réponses aux questions que je pouvais me poser.

J’ai malgré tout beaucoup apprécié la diversité des personnages et la description que Barjavel en faisait. Les situations auxquelles ils sont confrontés tout au long de l’ouvrage sont souvent originales, et font parfois sourire. Ce que j’ai préféré? La magie omniprésente et l’intervention du Diable, qui n’est autre que le père de Merlin !

« Et en découvrant cette enfant miraculeuse il avait compris que c’était pour lui que son père avait disposé ce piège, le pire qu’il lui eût jamais tendu. Il s’y était jeté tout droit, et il se demandait s’il pourrait jamais s’en libérer. Son père était le Diable. Merlin était créature de Dieu, et tout entier à son service, mais le Diable l’avait engendré, et ne désespérait pas de le reprendre en son pouvoir. Il profitait de toutes les occasions qui se présentaient pour essayer de le faire trébucher. Et quand elles ne se présentaient pas, il les créait. »  (p.13)

A côté de ça, le style de l’auteur est inimitable, je vous l’accorde. Barjavel a ce don de manier les mots, de rendre chacune de ses phrases poétiques et justes. Le plaisir de la langue est bien là, et heureusement !

L’Enchanteur est un roman à la croisée de la légende et de l’Histoire, avec des personnages attachants, une atmosphère pleine de magie et d’aventures. Une lecture qui, même si elle ne vous prend pas aux tripes, vous fera voyager au cœur des forêts verdoyantes de cette Bretagne mythique d’il y a plus de mille ans. 

Notation : ♥♥♥♥♥

Grey – E.L. James

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Edition : JC Lattès

Langue originale : Anglais

Genre : Roman érotique

Date de parution : 2015

Nombre de pages : 556

EAN : 978-2-298-10396-0

 

Résumé

« Christian Grey contrôle tous les aspects de sa vie : son monde est ordonné, organisé et désespérément vide, jusqu’au jour où Anastasia Steele tombe la tête la première dans son bureau. Il tente de l’oublier, mais il est emporté dans un tourbillon d’émotions qui le dépassent. À l’inverse des autres femmes, Ana l’ingénue semble lire en lui à livre ouvert, et deviner un cœur d’homme blessé derrière l’apparence glacée du magnat des affaires.
Ana pourra-t-elle effacer les horreurs que Christian a connues dans son enfance et qui ne cessent de le tourmenter ? Ou est-ce que la face sombre de la sexualité de Christian, son goût exacerbé du pouvoir et son peu d’estime de soi auront raison des sentiments de la jeune femme ? »

L’avis de la Papote 

La trilogie des « 50 nuances de Grey » a véritablement défrayé la chronique lors de sa sortie en 2012. Je me suis littéralement jetée sur ces ouvrages à l’époque, plus par curiosité face à l’ampleur que prenait le phénomène que par intérêt pour l’histoire. Je savais plus ou moins qu’il s’agissait d’un roman érotique à tendance sado-masochiste, et j’étais intriguée par la manière dont s’y était prise l’auteur pour construire son intrigue et ainsi vendre ses romans à plusieurs millions d’exemplaires à travers le monde. J’ai donc lu cette trilogie en même pas trois semaines de temps, parce que malgré les apparences un peu légères et les longueurs présentes dans le récit, le fond de l’histoire m’avait complètement embarquée.

Pour celles et ceux qui n’auraient mystérieusement jamais entendu parler de ce quatrième opus « Grey », il s’agit en fait de la réécriture du premier tome de la saga, décrit cette fois du point de vue de Christian, et plus de celui d’Anastasia. Christian Grey étant pour moi LE personnage marquant de cette trilogie, j’ai bien évidemment voulu me plonger dans ce livre et voir en quoi il différait du précédent.

« Un vacarme à ma porte me pousse à me lever d’un bond : un tourbillon de longs cheveux châtains, de membres pâles et de bottes brunes tombe tête la première dans mon bureau. Je lève les yeux au ciel en réprimant mon agacement légitime face à tant de maladresse, mais je me précipite vers la gamine qui a atterri à quatre pattes. J’agrippe ses frêles épaules pour l’aider à se relever. Un regard mortifié rencontre le mien. Je me fige. Ces yeux sont d’une couleur extraordinaire, bleu profond, d’une candeur stupéfiante. Un instant, j’ai l’affreuse sensation qu’elle peut lire directement en moi. Je me sens… mis à nu, et cette idée me trouble. Son petit visage adorable s’est teinté de rose. Je me demande brièvement si toute sa peau est comme ça – sans défaut – et à quoi elle ressemblerait, rosie, échauffée par la morsure de la canne.  »  (p.11)

Evidemment, il fallait s’attendre à un certain degré de redondance étant donné qu’il s’agit de la même histoire. Certaines répétitions étaient donc inévitables. Cependant, cet aspect n’a pas vraiment dérangé ma lecture. En effet, puisque Christian Grey est le narrateur de l’histoire, certains événements décrits ici ne pouvaient l’être dans le premier tome, puisqu’Anastasia ne pouvait simplement pas être au courant de ceux-ci. Il ne s’agit donc pas du tout d’un copier-coller du premier tome paru à la sauce Christian Grey.

J’ai particulièrement apprécié les très nombreux flash-backs et cauchemars présents dès le début de l’histoire, qui nous ramènent dans l’enfance tourmentée et obscure de Christian Grey et qui nous offrent un aperçu des raisons pour lesquelles il a opté pour ce mode de vie peu commun de domination. J’ai trouvé que cela ajoutait une dimension encore plus intéressante au personnage, et cela m’a permis de comprendre plus facilement certaines de ces réactions au cours de l’histoire. Selon moi, c’est surtout cet aspect qui marque la différence avec la première écriture du roman et qui le rend plus attrayant.

Flash-back : « J’ai trois voitures. Elles roulent vite sur le plancher. Super vite. J’en ai une rouge. Une verte. Une jaune. Ma préférée, c’est la verte. C’est la mieux. Maman les aime aussi. J’aime bien quand maman joue avec moi et mes voitures. Elle préfère la rouge. Aujourd’hui, elle reste assise sur le canapé à regarder le mur. « Maman! Ma voiture! » Elle ne m’entend pas. « Maman! » Je lui tire la main, elle s’allonge et ferme les yeux. Elle dit : « Pas maintenant, Asticot. Pas maintenant. » Ma voiture verte reste sous le canapé. Elle est toujours sous le canapé. Je la vois. Mais je ne peux pas l’attraper […] » (p.9)

Par contre, gros point négatif pour les dialogues qui sont parfois assez risibles et peu construits. On est d’accord, ce n’est pas de la grande littérature… Le vocabulaire employé est toujours aussi franc, direct, parfois vulgaire, et les scènes sexuelles sont un peu trop explicites voire dérangeantes à mon goût.

Personnellement, je trouve qu’il aurait été profitable à la saga d’avoir une double narration dès le début, tout au long des trois tomes, en faisant intervenir à tour de rôle le point de vue des deux protagonistes. Cela aurait probablement enrichi les personnages et les situations décrites…

En conclusion, « Grey » de E.L. James est une romance érotique qui pourrait vous plaire si vous êtes tombés sous le charme de Christian Grey lors de la lecture de la trilogie, dans la mesure où il offre au lecteur le point de vue direct de ce personnage marquant et intriguant. Toutefois, cela reste une réécriture d’un tome existant, ne vous attendez donc pas à de grandes révélations lors de votre lecture.

Notation : ♥♥♥♥♥