La princesse des glaces – Camilla Läckberg

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Auteur : Camilla Läkberg

Edition : Babel noir

Genre : Policier

Langue originale : Suédois

Date de parution : 2008

Nombre de pages : 509

ISBN : 978-2-330-00656-3

Résumé

« Erica Falk, trentenaire installée dans une petite ville paisible de la côte ouest suédoise où elle écrit des biographies, découvre le cadavre aux poignets tailladés d’une amie d’enfance dans une baignoire d’eau gelée. Impliquée malgré elle dans l’enquête, Erica est vite convaincue qu’il ne s’agit pas d’un suicide. Sur ce point – et sur beaucoup d’autres -, l’inspecteur Patrik Hedström, amoureux transi, la rejoint. Stimulée par cette flamme naissante, Erica se lance à la conquête de la vérité et met au jour, dans la petite société provinciale qu’elle croyait bien connaître, des secrets détestables. Bientôt, on retrouve le corps d’un peintre clochard – encore une mise en scène de suicide… »

L’avis de la Papote

Souvenez-vous. Il y a plusieurs mois de cela, je vous clamais le coup de coeur ressenti à la découverte du livre « Le tailleur de pierre » écrit par Camilla Läckberg, que j’avais écouté en format audio (par ici). J’avais adoré la noirceur des thèmes abordés, les nombreux voyages entre les époques, la profondeur des personnages. Souvenez-vous aussi que je m’étais promis de commencer par le premier tome de cette longue série de polars, « La princesse des glaces », rapidement et de lire la suite dans l’ordre chronologique de parution. Je dois vous avouer qu’entre-temps, j’ai écouté le huitième opus, « La faiseuse d’anges », tout simplement parce que je ne pouvais pas résister à la tentation. Je ne vous l’ai pas chroniqué sur le blog, le temps a passé et sans traces écrites de l’histoire, j’ai bien peur que mon avis soit des plus flous. Soit, passons les détails, l’important est que je me suis enfin lancée dans ce premier tome, en livre papier cette fois-ci, et l’heure est venue de vous en parler !

Nous faisons la rencontre d’Erica Falk, autrice reconnue de biographies, revenue dans sa maison natale de Fjällbacka à la mort de ses parents. Alors qu’elle découvre le cadavre de sa meilleure amie d’enfance, les poignets tailladés dans sa baignoire, le corps recouvert de glace suite à une panne de chaudière, elle décide de mener l’enquête bien malgré elle, avec l’aide de Patrik Hedström, jeune policier ambitieux et… amoureux.

La maison était abandonnée et vide. Le froid pénétrait le moindre recoin. Une fine pellicule de glace s’était formée dans la baignoire. La peau de la femme avait commencé à prendre une teinte légèrement bleutée. C’est vrai, elle ressemblait à une princesse, là dans la baignoire. Une princesse des glaces. (p.9)

Certes, même lorsque les tomes peuvent tout à fait se lire dans un ordre aléatoire, je préfère quand-même commencer par le premier. It makes more sense. Maiiiis je dois dire qu’il y a malgré tout quelques points positifs dans le fait de lire des tomes plus avancés avant de retourner au premier. J’ai vraiment apprécié l’expérience de retrouver Erica à ses tous débuts alors que je savais pertinemment comment elle allait devenir plus tard dans sa vie. Comme si, accompagnée de ma boule de cristal, je pouvais prédire la suite de son évolution en fonction des éléments déjà connus. Plutôt cool !

Là encore, on retrouve des thèmes vraiment très noirs et dérangeants. Je ne vous en dirai pas beaucoup plus parce que je risquerais de vous dévoiler quelques mystères avant même le commencement de votre lecture. Le résumé au dos du roman en dévoile déjà un peu trop à mon goût. C’est le troisième livre que je lis de cette série, et encore une fois, Camilla ne plaisante pas avec ses personnages et leur passé. Loin d’être glauquissime, cela reste difficile à aborder.

L’écriture reste très simple, sans chichi, sans fioriture, tout en étant travaillée. C’est une bonne brique, mais elle se dévore en un rien de temps! Pas de lenteur, un bon suspense, des pistes que l’on élabore et qui éclatent finalement en mille morceaux, bref, tout ce qu’on attend d’un bon roman policier. Petit plus : certains passages m’ont fait hurler de rire ! Voyez plutôt :

Patrik avait le cœur étrangement léger et il grimpa quatre à quatre l’escalier de chez Dagmar Petrén. Arrivé en haut, il fut cependant obligé de souffler un instant, plié en deux les mains sur les genoux. Il n’avait plus vingt ans. La femme qui ouvrit la porte non plus, définitivement. Il n’avait rien vu d’aussi petit et fripé depuis la dernière fois qu’il avait ouvert un sachet de pruneaux. (p.192)

Redoutablement efficace !

La princesse des glaces est le premier opus d’une longue série de romans policiers suédois prometteurs. Comme moi, vous tomberez indéniablement sous le charme de cette ville côtière, de ses hivers sans fin, de ses habitants et surtout, de leurs innombrables secrets… Affaire à suivre !

Notation : ♥♥♥♥

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La disparition de Stephanie Mailer – Joël Dicker

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Auteur : Joël Dicker

Edition : de Fallois

Genre : Contemporain – Thriller

Langue originale : Français

Date de parution : 2018

Nombre de pages : 635

ISBN : 979-10-321-0200-8

Résumé

« 30 juillet 1994. Orphea, petite station balnéaire tranquille des Hamptons dans l’Etat de New York, est bouleversée par un effroyable fait divers : le maire de la ville et sa famille sont assassinés chez eux, ainsi qu’une passante, témoin des meurtres. L’enquête, confiée à la police d’Etat, est menée par un duo de jeunes policiers, Jesse Rosenberg et Derek Scott. Ambitieux et tenaces, ils parviendront à confondre le meurtrier, solides preuves à l’appui, ce qui leur vaudra les louanges de leur hiérarchie et même une décoration. Mais vingt ans plus tard, au début de l’été 2014, une journaliste du nom de Stephanie Mailer affirme à Jesse qu’il s’est trompé de coupable à l’époque. Avant de disparaitre à son tour dans des conditions mystérieuses. Qu’est-il arrivé à Stephanie Mailer ? Qu’a-t-elle découvert ? Et surtout : que s’est-il vraiment passé le soir du 30 juillet 1994 à Orphea ? »

L’avis de la Papote

Ah, un nouveau Joël Dicker! Après avoir dévoré « La vérité sur l’affaire Harry Québert » et « Le livre des Baltimore », j’attendais ce nouveau roman de l’auteur Suisse avec la plus grande impatience. Si vous êtes dans le même cas que moi, vous vous êtes probablement jeté sur « La disparition de Stephanie Mailer » le jour de sa sortie, l’avez probablement lu dans la foulée, et regardé toutes les interviews de Dicker que l’on peut retrouver sur le net. Hein oui? C’est ce que moi j’ai fait, en tout cas. Je suis même allée l’écouter en conférence à la librairie Molière de Charleroi, et poireauté deux heures avec une crève à tuer un éléphant pour avoir une dédicace, certes sommaire, mais une dédicace tout de même. Alors, que vaut-il vraiment ce nouveau roman?

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Photo : La papote livresque © 

Joël Dicker plonge son lecteur au coeur d’une petite ville fictionnelle des Hamptons (eh non, Orphea n’existe pas!), un lieu paisible et presque paradisiaque si un quadruple meurtre n’avait pas fait trembler ses habitants un soir d’été en 1994. Les deux flics de l’époque ayant bouclé brillamment l’affaire, tout paraissait réglé une bonne fois pour toutes. C’était sans compter sur la curiosité d’une jeune journaliste, Stephanie Mailer, qui rouvre l’enquête de son côté. Jusqu’à ce qu’elle disparaisse mystérieusement…

Seuls les gens familiers avec la région des Hamptons, dans l’Etat de New York, ont eu vent de ce qui se passa le 30 juillet 1994 à Orphea, petite ville balnéaire huppée du bord de l’océan. Ce soir-là, Orphea inaugurait son tout premier festival de théâtre, et la manifestation, de portée nationale, avait drainé un public important. […] Vers 20 heures, dans le quartier totalement déserté de Penfield, la seule trace de vie était une voiture qui sillonnait lentement les rues abandonnées. Au volant, un homme scrutait les trottoirs, avec des lueurs de panique dans le regard. Il ne s’était jamais senti aussi seul au monde. Personne pour l’aider. Il ne savait plus quoi faire. Il cherchait désespérément sa femme : elle était partie courir et n’était jamais revenue. (p.9)

J’ai fait une erreur de débutante en commençant cette lecture. J’ai absolument voulu la comparer aux deux autres ouvrages de l’auteur que j’avais dévorés et adorés. Note à moi-même : A NE PLUS FAIRE. Un conseil si vous ne l’avez pas encore commencé : partez sans a priori. Parce qu’évidemment, et je ne le dirai qu’une fois puis j’arrête avec mes comparaisons sans lieu d’être, « La disparition de Stephanie Mailer » n’atteint pas le niveau des deux autres. Voilà, c’est dit, maintenant je reprends ma casquette d’objectivité et je vous argumente le tout !

Ce que j’ai préféré dans ce roman, c’est l’originalité de la narration. Les points de vue des différents personnages (et il y en a beaucoup!) s’alternent, et dans le cadre d’une enquête policière, c’était bien joué. Pourquoi? Parce qu’un personnage a vu quelque chose qu’il pensait être insignifiant mais qui prend tout son sens à la lumière de ce qu’un autre personnage a vu, et ainsi de suite. Tout s’enchaîne, on suspecte tout le monde, chaque personnage a sa place, sauf… Dakota et sa famille. Je n’ai pas trop compris ce qu’ils faisaient là. Pour moi, ce sont les seuls personnages qui tombent un peu de nulle part, probablement pour combler un trou dans l’intrigue à un moment donné, mais je ne les trouvais pas indispensables. J’ai espéré jusqu’à la toute fin de l’histoire, mais à moins que je ne sois passée à côté de quelque chose, je ne vois pas trop leur utilité.

Evidemment, l’enquête est très bien menée. Je n’ai pas été capable de trouver le coupable, Dicker a donc bien réussi son coup. Il faut dire que la signature de l’auteur est bien présente dans ce roman : il a un don de conteur incroyable. Ne vous attendez pas à un style très construit et recherché (il y a d’ailleurs pas mal de coquilles dans le texte, argh), même si je le trouve très agréable. Par contre, l’histoire vous attrape et ne vous lâche plus!

Peut-être vous demandez-vous pourquoi ce livre n’est pas classé dans le genre POLAR ou POLICIER. C’est une excellente question, qui a d’ailleurs été posée à maintes reprises  à l’auteur dans les interviews que j’ai pu voir. Pour lui, le but de l’ouvrage était de faire parler un panel important de personnages, de dépeindre leur vie à un moment donné, de raconter leur passé et les obstacles qui ont jonché leurs parcours respectifs. Joël Dicker insiste sur la REPARATION. Il n’a pas voulu en faire un policier, parce que n’étant pas lecteur de ce genre littéraire, il n’a pas voulu trompé le lecteur. Ce livre est d’ailleurs très compliqué à catégoriser… L’enquête reste un prétexte pour une exploration de la profondeur des personnages.

Autre précision : Joël Dicker travaille sans plan d’écriture. Je répète, Joël Dicker travaille sans plan d’écriture. On a du mal à y croire quand on lit ce livre, mais c’est pourtant la vérité. On ne peut qu’applaudir l’exploit !

La disparition de Stephanie Mailer est un roman qui vous tiendra en haleine. Avec des personnages hauts en couleur, une enquête incroyablement bien ficelée, un rythme soutenu. Même si ce n’est pas le meilleur de l’auteur selon moi, cela reste un très bon roman qui m’a fait passé un chouette moment de lecture.

Notation : ♥♥♥♥

Origine – Dan Brown

couv70090563Auteur : Dan Brown

Edition : JC Lattès

Genre : Thriller

Langue originale : Anglais

Date de parution : 2017

Nombre de pages : 564

ISBN : 978-2-7096-5980-2

Résumé

«Robert Langdon, le célèbre professeur en symbologie, arrive au musée Guggenheim de Bilbao pour assister à la conférence d’un de ses anciens élèves, Edmond Kirsch, un éminent futurologue spécialiste des nouvelles technologies. La cérémonie s’annonce historique car Kirsch s’apprête à livrer les résultats de ses recherches qui apportent une réponse stupéfiante aux questions fondamentales sur l’origine et le futur de l’humanité. Ma la soirée va brusquement virer au cauchemar. Les révélations de Kirsch risquent d’être perdues à jamais. Contraint de quitter précipitamment Bilbao, Langdon s’envole pour Barcelone en compagnie d’Ambra Vidal, la directrice du musée. Ensemble, ils vont se lancer en quête d’un étrange mot de passe qui permettra de dévoiler au monde la découverte de Kirsch.»

L’avis de la Papote

Quatre ans, les amis ! Quatre ans que j’attendais ce nouveau roman de Dan Brown, l’un des auteurs que je chéris le plus au monde! Aussitôt disponible en librairie, aussitôt procuré, aussitôt lu, cela va sans dire. Mon état d’excitation était tel que je ne pouvais me résoudre à attendre. Et même si cette dernière aventure de Robert Langdon n’a pas détrôné la place d’Inferno sur la première marche du podium, elle m’a fait passer un vrai moment de plaisir de lecture. Je me suis régalée du début à la fin !

Robert Langdon, notre très cher professeur en symbologie, est invité à une conférence menée par l’un de ses anciens élèves et célèbre scientifique, Edmond Kirsh, qui promet au monde entier la réponse à ces deux questions existentielles : d’où venons-nous? Où allons-nous? Evidemment, tout ne va pas se passer comme prévu et Langdon se verra emporté dans une course contre la montre afin que les révélations de Kirsch ne tombent pas dans l’oubli !

Le vieux train à crémaillère gravissait la pente raide. Edmond Kirsh observait la crête déchiquetée. Au loin, accroché à la falaise, le monastère en pierre semblait suspendu dans le vide, comme s’il ne faisait qu’un avec la paroi verticale. Ce sanctuaire de Catalogne résistait à la gravité depuis plus de quatre siècles, sans jamais faillir à sa mission : couper ses occupants du monde extérieur. Et pourtant, ils vont être les premiers avertis ! songea Kirsch. (p.13)

Si vous vous attendiez à une quelconque innovation avec ce nouveau roman, il n’en sera rien, je peux vous le garantir. Dan Brown utilise toujours la bonne vieille recette de toutes les autres fictions faisant intervenir le professeur Langdon. Le schéma est répétitif, mais il faut s’y attendre avec l’auteur. C’est comme ça ! La science contre la religion, le rythme effréné, les mystères, la course contre la montre, les organisations secrètes, tout ça est encore une fois bien représenté dans ce roman.

Cela dit, Dan Brown a tout de même osé prendre quelques libertés avec « Origine », et bien que j’en fus décontenancée au premier abord, j’ai compris qu’au final, tout était très cohérent. Je m’explique :

Alors que les autres opus écrits par l’auteur étaient relativement traditionnels, celui-ci laisse une part très importante aux nouvelles technologies et autres moyens de communication modernes : médias, réseaux sociaux, intelligence artificielle. Ponctuellement, au sein du roman, vous verrez donc apparaître un bulletin d’information paru sur internet, donnant les dernières informations en direct. Ou des passages mettant en avant la rapidité avec laquelle les infos sont relayées sur les réseaux sociaux. Ce roman, plus que les autres, est davantage ancré dans notre époque, met en avant la place prépondérante de la technologie dans nos vies.

Le message du livre est très fort, quand on prend le temps de se questionner sur les découvertes scientifiques de Kirsch. D’autant plus quand, au tout début du bouquin, ce message est adressé aux lecteurs :

« Tous les lieux, oeuvres, théories scientifiques et organisations religieuses cités dans cet ouvrage sont authentiques. »

Bien que je ne vous révélerai pas la nature de ces découvertes (et bien que cela reste une théorie), cela fait réfléchir, il n’y a aucun doute sur la question.

Autre petit point que j’avais envie de souligner concernant cette lecture, c’est l’endroit où toute l’action se produit. Une grande première pour Dan Brown : l’intrigue se déroule en Espagne, plus précisément à Barcelone ! Encore une fois, la part belle est faite à l’histoire de l’art et aux anecdotes historiques, pour mon plus grand plaisir. Gaudi est bien évidemment mis à l’honneur, et tout cela m’a juste donné envie de partir à la découverte de cette ville incroyablement riche et surprenante!

Vous l’aurez compris, cette lecture a encore une fois été à la hauteur de mes attentes. Dan Brown est le seul auteur à ce jour dont j’ai lu tous les ouvrages, et il m’émerveille à chaque fois !

Origine de Dan Brown ne vous décevra pas si vous êtes de grands adeptes de l’auteur. Les ingrédients magiques qui en font des thrillers hors du commun sont tous réunis dans cette nouvelle aventure du professeur Langdon. Partez à la découverte des origines et du futur de l’humanité, avec à la clé une réflexion profonde sur notre attachement aux technologies modernes.

Notation : ♥♥♥♥

C’est quand la Saint-Nicolas ? – Luc Foccroulle & Annick Masson

Couv-C-est-quand-la-Saint-NicolasScénario : Luc Foccroulle

Illustrations : Annick Masson

Edition : Mijade

Langue originale : Français

Genre : Album jeunesse

Date de parution : 2017

Nombre de pages : 32

ISBN : 978-2-8077-0018-5

Quatrième de couverture

« Patrick et Michel ont été très sages, ils attendent avec impatience le plus beau jour de l’année… « Mais, c’est quand la Saint-Nicolas? » Une histoire tendre et amusante pour faire rêver les enfants et rappeler de délicieux souvenirs aux parents. »

L’avis de la Papote 

Ce très joli album m’a été envoyé par les éditions Mijade. Pour vous, lecteurs français, la fête de la Saint-Nicolas ne revêt probablement pas la même importance qu’ici, en Belgique, ou encore en Suisse. Pour nous, la Saint-Nicolas est une fête très attendue par tous les enfants sages!

Pour celles et ceux qui ne savent pas du tout de qui je parle, Saint-Nicolas est un personnage emblématique qui apporte des cadeaux et des friandises aux enfants méritants le 6 décembre de chaque année. Il est accompagné de son âne et de Père Fouettard, un compagnon de route dont le rôle est de corriger les enfants qui n’ont pas été sages… Aïe.

Vous imaginez donc l’état d’effervescence actuelle dans le coeur des petits bambins belges ! Il sont surexcités, impatients et certains enfants ont soudainement l’envie de se rendre utile et de soigner leur comportement. Sait-on jamais, Saint-Nicolas voit tout depuis son nuage !

« C’est quand la Saint-Nicolas? » est un album tout doux qui explore l’attente fébrile de ce jour de décembre. Les traditions répandues de la Saint-Nicolas sont reprises au travers de cette histoire : la visite de Saint-Nicolas à l’école, l’attente de la venue du grand Saint à la maison, la rédaction de la lettre de souhaits, les friandises dans les souliers, le verre de whisky et la carotte pour l’âne, la chanson de Saint-Nicolas et enfin l’arrivée du grand jour tant attendu !

L’histoire en elle-même reste très simple et relativement banale, mais c’est avec certitude que je peux vous avancer qu’elle plaira aux enfants (tests à l’appui, mes petits patients l’ont adoré!). J’ai beaucoup aimé la douceur des illustrations de Annick Masson. Je vous insère quelques dessins, pour que vous puissiez juger par vous-même de la beauté des planches !

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Je ne sais pas vous, mais moi je trouve la lettre pour Saint-Nicolas trop chou !

C’est quand la Saint-Nicolas? est un album centré sur la visite du grand Saint et ses traditions telles qu’elles le sont depuis des années en Belgique. Ne vous attendez pas à découvrir la véritable histoire de Saint-Nicolas, il ne s’agit pas de cela. Ce livre fera surtout patienter les petits papoteurs en attendant de recevoir leurs cadeaux !

Sauveur & fils saison 1 – Marie-Aude Murail

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Auteur : Marie – Aude Murail

Edition : L’école des loisirs

Genre : Jeunesse

Langue originale : Français

Date de parution : 2016

Nombre de pages : 329

ISBN : 978-2-211-22833-6

Tome 2 Sauveur & fils – saison 2

Résumé

«Quand on s’appelle Sauveur, comment ne pas se sentir prédisposé à sauver le monde entier ? Sauveur Saint-Yves, 1,90 mètre pour 80 kg de muscles, voudrait tirer d’affaire Margaux Carré, 14 ans, qui se taillade les bras, Ella Kuypens, 12 ans, qui s’évanouit de frayeur devant sa prof de latin, Cyrille Courtois, 9 ans, qui fait encore pipi au lit, Gabin Poupard, 16 ans, qui joue toute la nuit à World of Warcraft et ne va plus en cours le matin, les trois soeurs Augagneur, 5, 14 et 16 ans, dont la mère vient de se remettre en ménage avec une jeune femme…
Sauveur Saint-Yves est psychologue clinicien.
Mais à toujours s’occuper des problèmes des autres, Sauveur oublie le sien. Pourquoi ne peut-il pas parler à son fils Lazare, 8 ans, de sa maman morte dans un accident ? Pourquoi ne lui a-t-il jamais montré la photo de son mariage ? Et pourquoi y a-t-il un hamster sur la couverture ?»

L’avis de la Papote

Si vous vous intéressez un tant soit peu aux sorties livresques récentes, vous n’êtes certainement pas passés à côté de cette série de livres trop mignonne, mettant en avant un cochon d’inde (et oui, petit FAIL de la maison d’édition. La bestiole sur la couverture, ce n’est pas un hamster les gars ^^). Sauveur & fils, série jeunesse en quatre tomes (trois tomes sont déjà sortis) écrite par la grande Marie-Aude Murail, fait l’unanimité sur la blogo. Ni une ni deux, comme un gros mouton, je me suis laissée tentée par le premier ouvrage. Et quand Lilian du blog et de la chaîne The book of Lilian (ici et encore ici) m’a proposé de le lire avec lui en lecture commune, je n’ai pas hésité bien longtemps, vous en conviendrez.

Sauveur est un psychologue clinicien Antillais, papa du jeune Lazare. Nous suivons au cours de ce récit le vécu de petits patients aux troubles variés, allant de la scarification à la phobie scolaire en passant par l’énurésie. Mais Sauveur doit lui aussi faire face à la vie et à ses obstacles.

Sauveur ouvrit la porte de la salle d’attente en douceur. Si les gens n’étaient pas prévenus, ils avaient un mouvement de surprise en l’apercevant.

–  Madame Dutilleux?

Madame Dutilleux arrondit les yeux et Margaux baissa les siens.

–  Nous avons rendez-vous. Je suis Sauveur Saint-Yves. C’est par ici. (p.9)

Quelle chouette moment de lecture passé en compagnie de ce livre ! C’est assez déstabilisant au vu des thèmes très forts abordés, mais ce fut pour moi une lecture doudou par excellence. Et je pense que Lilian est du même avis que moi. Dans mon métier, j’ai l’habitude d’être confrontée à toutes sortes de situations sociales précaires et bon nombre des enfants que j’ai eu l’occasion de rencontrer dans le cadre professionnel présentaient des troubles associés à ceux du langage. Ce milieu paramédical, je le connais. Imaginez donc mon intérêt pour les thérapies entreprises dans ce livre.

C’est extrêmement touchant de rencontrer des enfants qui doivent, si tôt déjà dans leur vie, faire face à des situations difficiles. C’est également très important de savoir que le travail d’un psychologue est indispensable dans ces cas-là. Le statut et le rôle des psys est encore aujourd’hui largement méconnu, et bon nombre de parents hésitent encore trop souvent à faire appel à leur service. Avec Sauveur & fils, Marie-Aude Murail dépeint de réelles difficultés actuelles, avec une plume absolument incroyable qui vous fait sourire. Si si, je ne sais pas quelle est sa recette, mais elle est parvenue à me faire rire malgré la noirceur des thèmes abordés ! Nous, lecteurs, avons l’opportunité de nous glisser dans la peau d’une petite souris et d’assister à plusieurs séances de psychothérapie (et ça, Lazare l’a bien compris!), d’observer les bienfaits d’une aide comme celle-là, de prendre conscience de l’importance de l’accompagnement. Rien que pour ça, tout le monde devrait lire ce livre.

J’ai eu un immense coup de coeur pour le personnage de Gabin, cet adolescent de 16 ans qui passe ses nuits sur l’ordinateur, qui fuit les cours et qui se retrouve seul avec une maman très affaiblie psychologiquement. Marie-Aude Murail a réussi à dépeindre avec brio la personnalité de Gabin, les dialogues sont si proches de la réalité, bref un pur kif !

Côté structure, l’autrice a eu l’idée brillantissime de découper son livre en semaines de consultation plutôt qu’en chapitres. Un concept original qui nous plonge dans l’agenda du psy!

Le vendredi matin, Saint-Yves recevait en première heure une maman avec son bébé pleureur. Comme il ne dormait jamais la nuit, elle envisageait la semaine précédente de le jeter par la fenêtre. Ce vendredi, elle parla de se défenestrer elle-même, et Sauveur se demanda si c’était un progrès. Ce fut ensuite le tour d’un papy et d’une mamie à qui leur belle-fille interdisait de voir leurs deux petits-fils. Motif : les grands-parents mangeaient de la viande et allaient à la messe. Elle, elle était végétarienne et athée. « On ne va pas marcher sur la tête pour lui faire plaisir », s’indignaient-ils en choeur. Tous les trois quarts d’heure, Sauveur changeait de drame et d’univers tandis que le niveau de sa boîte à kleenex baissait. ( p.81)

Et puis, même si Sauveur a la vocation d’aider les gens, il n’en reste pas moins un papa et un être humain comme les autres, avec son vécu personnel, ses souffrances, ses désirs aussi. L’histoire de la vie de Sauveur est hyper intéressante, et l’autrice nous en apporte des éléments petit à petit sans trop en dévoiler à chaque fois. Bref, on tourne les pages, on veut savoir ce qui arrive aux patients, à Sauveur, à Lazare, à Gabin. Une pépite !

Vous l’aurez compris, j’ai adoré cette lecture, et j’entame à l’instant le deuxième tome de la série, toujours en lecture commune avec Lilian. On ne refait pas une équipe qui gagne!

Sauveur & fils fait partie de ces ouvrages de la littérature jeunesse qu’il faut mettre entre toutes les mains. Les plus jeunes y verront une occasion d’augmenter leur empathie, de faire la connaissance de personnages en lutte contre la vie. Les plus grands y verront l’opportunité de découvrir l’importance des psychologues, même (et surtout) pour les enfants. 

Notation : ♥♥♥♥

Orages – Estelle Tharreau

51P2n5zNIeL._SX210_Auteur : Estelle Tharreau

Edition : Taurnada

Genre : Thriller

Langue originale : Français

Date de parution : 2016

Nombre de pages : 268

ISBN : 978-2-37258-016-8

Résumé

«Si vous éleviez seule une fille de seize ans et que votre petit ami devenait trop encombrant, refuseriez-vous un travail et une belle maison dans un village de carte postale où tout le monde semble prêt à vous aider ? Il est probable que non. Pourtant, vous auriez tort !
Les nuits d’orage peuvent s’avérer mortelles pour qui ne sait pas lire entre les lignes du présent et celles d’un passé enfoui depuis plus d’un siècle dans un cahier d’écolier jauni et écorné.»

L’avis de la Papote

La maison d’édition Taurnada m’a contactée cet été afin de me faire découvrir le roman d’une autrice prometteuse, Estelle Tharreau. Un thriller avec des secrets familiaux, il n’en fallait pas beaucoup pour me convaincre. Et je ne regrette pas un seul instant d’avoir accepté de lire ce roman!

Béatrice est une jeune femme devenue maman très -trop- jeune. Sa vie amoureuse est un véritable désastre et elle décide de tout plaquer pour recommencer ailleurs, avec sa fille Célia âgée de 16 ans. Elles arrivent dans un petit village où tout le monde semble aimable, gentil, serviable. Rapidement, un malaise s’immisce dans le quotidien de Béatrice, qui tente résolument de percer à jour les mystères de ce curieux patelin. Injures, mises en garde, morts inexpliquées viennent ternir ce paysage si beau … en apparence seulement.

Mon histoire ressemble à un soir d’orage. Après une longue journée de canicule, tout se fige dans le calme et le silence jusqu’à ce qu’un souffle de vent nous fasse espérer un moment de fraîcheur. Mais trop vite, les nuages noirs s’amoncellent pour laisser place au déchaînement de la pluie et de la foudre. Lorsque tout s’arrête, nous restons là, suffoquant dans la moiteur. L’orage n’apaise jamais. Tout devait pourtant s’arranger. (p.4)

Quel délice de lecture! Si vous aimez les secrets de famille, les mensonges, les non-dits, les mystères du passé, les coïncidences qui n’en sont probablement pas, alors ce thriller est fait pour vous. Avant de vous donner plus de détails sur ce que j’ai vraiment apprécié dans ce roman, je préfère donner tout de suite les éléments un peu perturbateurs à mon sens. Bah oui, ce serait trop beau…

Première petite épine de cette lecture, la lenteur de la mise en place de l’intrigue. Ce n’est pas le thriller qui vous scotche à votre canapé dès les premières lignes. Il faut attendre, attendre et attendre encore qu’un événement vienne tout chambouler. Après ça, je vous l’accorde, on ne peut plus le lâcher.

Autre petit point dérangeant, Béatrice et Célia mènent l’enquête un peu chacune de leur côté, sans jamais vraiment se douter des découvertes que l’autre a pu faire. Intérieurement, je me suis retenue plus d’une fois de secouer ma liseuse (à défaut de pouvoir réellement secouer les protagonistes) pour qu’elles se PARLENT, m**** à la fin ! Bon, en même temps, le livre aurait à peine frôler les 100 pages si mère et fille se confiaient l’une à l’autre sur l’avancée de leurs découvertes. Allez, je laisse passer pour ce point.

La dernière petite remarque je ferais concerne les dialogues. Vous savez, ces personnes d’un certain âge qui essaient tant bien que mal de paraître jeun’s en utilisant des mots soit disant IN qui ne le sont plus depuis trente ans (dont le mot jeun’s est un parfait exemple, soit dit en passant)? Vous voyez un peu le tableau? Eh bien c’est comme ça que j’ai perçu les dialogues entre Béatrice et Célia. Manque cruel de naturel. L’autrice, pour moi, n’a pas su retranscrire la façon de parler d’une ado actuelle. Et ça m’a un peu fait lever les yeux au plafond.

Sinon, la globalité du roman vaut plutôt la chandelle. Pas de lourdeur dans le style employé, des personnages bien dépeints, des flash-backs par le biais d’un vieux journal retrouvé dans la maison (vous savez à quel point j’adoooore les retours dans le passé), des mystères, de l’action, une belle métaphore avec le temps orageux (si si, le titre a une signification à part entière). Bref, j’ai passé un très chouette moment avec ce livre, et je pense que je me laisserai tenter à l’avenir par d’autres ouvrages de l’autrice. Son livre « L’impasse » me tente d’ailleurs beaucoup, dans la même veine qu’« Orages » d’après le résumé trouvé sur Livraddict.

Un thriller un peu lent à démarrer mais qui ne vous laissera pas indifférent. Amateurs de secrets, de cachotteries et de mystères, « Orages » d’Estelle Tharreau est fait pour vous! A découvrir sur le rebord d’une fenêtre, emmitouflé dans un plaid en pilou, en écoutant l’orage gronder au loin.

Notation : ♥♥♥♥

Matilda – Roald Dahl

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Auteur : Roald Dahl

Edition : Folio Junior

Genre : Jeunesse

Langue originale : Anglais

Date de parution : 1988

Nombre de pages : 257

ISBN : 978-2-07-057696-8

Résumé

«A l’âge de cinq ans, Matilda sait lire et a dévoré tous les classiques de la littérature. Pourtant, son existence est loin d’être facile, entre une mère indifférente, abrutie par la télévision et un père d’une franche malhonnêteté. Sans oublier Mlle Legourdin, la directrice de l’école, personnage redoutable qui voue à tous les enfants une haine implacable. Sous la plume acerbe et tendre de Roald Dahl, les événements se précipitent, étranges, terribles, hilarants. Une vision décapante du monde des adultes !»

L’avis de la Papote

Aaaaaah, Matilda, Matilda… C’était LE film de mon enfance. Aujourd’hui encore, je pourrais vous réciter les dialogues que je connais sur le bout des doigts, vous chantonner la bande originale et vous décrire le scénario comme si c’était moi qui l’avais écrit ! Matilda était l’un de ces films qui tournait en boucle pendant mes devoirs, mes sessions de jeux, de dessins, comme un bruit de fond rassurant. Je ne savais évidemment pas à l’époque que cette oeuvre génialissime du grand écran était en fait tirée d’un livre. C’est seulement lors de ma découverte de Roald Dahl, bien des années plus tard, que je l’ai appris.

J’avais très envie de revoir le film cette année, une façon indéniable de replonger l’histoire de quelques instants dans les tendres souvenirs de mon enfance. Mais, en bonne passionnée de lecture que je suis, j’ai plutôt pris le parti de suivre l’exemple de Matilda et de me réfugier dans le livre.

Matilda est une petit fille de 5 ans qui, avouons-le, n’a pas eu beaucoup de chance jusqu’à présent. Née dans une famille qui ne pense qu’à la réussite financière, peu importe le chemin (honnête ou pas) pour y arriver, elle passe son temps à fuir les émissions de télévision sans grand intérêt et se réfugie à la bibliothèque pour dévorer les livres. Parce que, oui, à 5 ans, Matilda lit du Charles Dickens. Si, Si.

– Papa, dit-elle, tu crois que tu pourrais m’acheter un livre?

– Un livre? dit-il. Qu’est-ce que tu veux faire d’un livre, pétard de sort !

– Le lire, papa.

– Et la télé, ça te suffit pas? Vingt dieux! on a une belle télé avec un écran de 56, et toi tu réclames des bouquins! Tu as tout de l’enfant gâtée, ma fille.  (p.11-p.12)

J’ai bien évidemment adoré cette lecture. J’étais rassurée de constater que le film est assez fidèle à l’oeuvre originale de Roald Dahl. Immersion totale et réussie donc dans cet univers que j’adorais tant! A l’exception de quelques ajouts de scènes et de quelques personnages secondaires, on s’y retrouve complètement. Notamment ce fameux Bruce, qui a eu le malheur de manger une part du gâteau au chocolat de Mlle Legourdin. Vous vous souvenez de cette scène? Eh bien dans le livre, en tout cas dans la traduction française, ce petit garçon s’appelle… Julien. Mouais.

Les personnages sont tels que je les percevais dans le film : une Matilda attachante et désireuse d’évoluer malgré le milieu familial très peu adapté à ses besoins, des Verdebois complètement à côté de la plaque, en bons spécimens de la société de consommation, une Mlle Candy adorable, douce, empathique et dévouée à son métier et, ne l’oublions pas celle-là, une Mlle Legourdin ignoble, sans vergogne, directrice impitoyable qui n’hésite pas à user de sa position de supérieure pour faire régner la terreur dans son établissement.

J’ai encore une fois été séduite par l’écriture de Roald Dahl. Un véritable conteur d’histoires, avec des phrases simples mais vraies, des dialogues finement construits, une construction rythmée. J’ai retrouvé les thèmes si chers à son coeur : un enfant incompris, à qui il arrive des aventures extraordinaires, une remise en question de la société avec une emphase sur les déboires de la télévision, peut-être aussi une remise en question du système scolaire et, bien sûr, une belle HAPPY END comme on les aime.

Bref, malgré la date de parution de ce roman (1988, cette histoire est plus âgée que moi!), je l’ai trouvé d’une actualité cinglante. Ce n’est pas ça, la définition d’un classique de la littérature? Un livre qui traverse le temps sans prendre une ride?

Amateur d’excellente littérature jeunesse, régalez-vous avec Matilda de Roald Dahl. Encore un conte merveilleux, des thèmes on ne peut plus actuels, une histoire qui ravira petits et grands et qui continuera de persister. Belle lecture!

Notation : ♥♥♥♥