Fangirl – Rainbow Rowell

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Auteur : Rainbow Rowell

Edition : Castelmore

Genre : Contemporain

Langue originale : Anglais

Date de parution : 2014

Nombre de pages : 576

ISBN : 978-2-36231-296-0

 

Résumé

« Cath ne vit que pour et par l’écriture. Elle est une fan inconditionnelle de la série de romans à succès Simon Snow… au point de rédiger elle-même les aventures de son héros préféré, en attendant la parution du dernier tome! Elle vit dans une bulle qu’elle ne partage qu’avec Wren, sa soeur jumelle, loin de toute vie sociale. Pourtant, c’est désormais en solo qu’elle devra affronter le monde extérieur. Wren vient de lui annoncer l’impensable : cette année, à la fac, elles feront chambre à part. Cath saura-t-elle s’ouvrir aux autres et profiter de sa vie d’étudiante? Et l’amour, dans tout ça? »

L’avis de la Papote

S’il y a bien un livre qui était dans ma wish list depuis une plombe, c’est Fangirl. Margaud liseuse en a tellement fait l’éloge (ici, ici ou encore ici) qu’il était totalement impensable que je ne m’y intéresse pas. Pourquoi avoir attendu tant d’années avant de me lancer? Excellente question. L’idée d’une romance? La peur que ce soit trop jeunesse à mon goût? Parfois, il n’y a pas vraiment d’explication… Le coeur a ses raisons, que voulez-vous. Puis, il y a quelques jours de ça, Margaud a posté une photo sur Instagram où elle proposait de remporter un exemplaire de Fangirl tout juste sorti en format poche chez Castelmore. Et ce même jour, alors que je me baladais en librairie (pour pas trop changer de d’habitude), je suis tombée nez à nez avec ce roman. Pile devant moi. Il m’attendait, c’est certain. Autant vous dire que je n’avais qu’une hâte, c’était de finir ma lecture en cours pour me plonger dedans illico presto !

Cath est une jeune adulte prête à rejoindre la fac. Plutôt introvertie, fan invétérée de Simon Snow (un peu notre Harry Potter à nous), elle passe tout son temps libre à écrire des fanfictions sur cet univers, écrits qui remportent un franc succès sur la toile. Mais son entrée à la Fac va quelque peu bouleverser ses habitudes et la confronter comme jamais au monde réel.

Un garçon se trouvait chez elle. Cath leva les yeux vers le numéro peint sur la porte, avant de relire le papier sur lequel étaient inscrites les références de la chambre qu’on lui avait attribuée. « Pound Hall, 913. » Elle était bien au 913, pas de doute là-dessus, mais pour Pound Hall, elle en était moins sûre : les dortoirs se ressemblaient comme autant de gouttes d’eau, ici, à l’instar des tours de gériatrie dans lesquelles l’Etat parque les personnes âgées. Peut-être Cath devrait-elle joindre son père avant qu’il monte le reste des cartons… (p.11)

J’ai eu le coup de foudre pour cette histoire que j’ai dévorée en même pas trois jours ! Pour reprendre l’expression de Margaud, ce livre est un chocolat chaud livresque. Si j’avais attendu l’hiver pour le découvrir (oui parce que l’intrigue se déroule sur la période automne-hiver, important de le préciser), mon niveau de surkiffance aurait atteint des sommets, j’en suis certaine! J’ai absolument tout aimé dans ce livre : l’histoire, la plume, le monde de la fanfiction, l’ambiance universitaire, les personnages, le découpage original des chapitres… Je m’égare, je m’emporte, autant pour moi. Reprenons.

Parlons tout d’abord de l’intrigue. Rien de folichon à l’horizon : juste l’histoire d’une jeune adulte un peu coincée qui préfère passer sa soirée à écrire des récits fantastiques plutôt que de se mêler à la société, qui préfère manger des barres protéinées cachées sous son lit plutôt que d’affronter le monde terrible de la cafétéria de la fac, qui cherche le moins de contact possible avec le monde réel puisque l’univers de Simon Snow est teeeeeeellement mieux. Une petite histoire d’amour qui se profile, des aventures de fac, des cours hyper motivants, bref, comme je le disais, la vie normale quoi. Mais ça fait du bien aussi, de lire des histoires sur la vie normale! Et puis, me retrouver dans cette ambiance universitaire que j’ai quittée il y a cinq ans maintenant, ça m’a rappelé tant de souvenirs … #nostalgiequandtunoustiens.

Niveau personnages, Cath, c’est moi. Alors non, je n’étais pas comme ça en entrant à l’université, mais j’étais bien comme ça au début de mon adolescence. Alors évidemment, je m’y suis attachée à cette petite Cath. Je m’y suis retrouvée à bien des niveaux. J’arrivais à la comprendre, à me mettre à sa place, à vouloir l’épauler et lui dire : « t’inquiète ma vieille, I get it« . Ça faisait bien longtemps que je n’avais pas eu un tel coup de coeur pour un personnage féminin. Et puis les autres personnages sont tout aussi intéressants et riches : Reagan, sa coloc’ un peu timbrée qui fait sourire, Lévi, le mec qu’on aurait voulu connaître nous aussi à la fac, Wren, la soeur à claques qu’on a jamais eue, bref, un beau petit monde!

Je ne sais pas vous, mais personnellement, je n’ai jamais été branchée fanfiction. Peut-être ne savez-vous même pas ce qu’est la fanfiction. Vous écrivez de la fanfiction si vous vous inspirez de l’univers d’un auteur pour écrire : vous pouvez emprunter ses personnages et les faire évoluer dans différentes directions, vous pouvez écrire une suite ou un préquel à une saga, inventer des histoires d’amour entre des personnages, etc. Evidemment, sur le net, vous trouverez des milliers de fanfictions sur Harry Potter, le Seigneur des Anneaux et encore plein d’autres univers. En fait, je ne connaissais pas l’existence des fanfictions quand j’étais adolescente. Sinon j’aurais probablement mordu à l’hameçon. Moi qui aime tant écrire, je pense que j’aurais adoré cet engouement. Du coup, en lisant Fangirl, j’ai appris un tas de trucs que je ne savais pas. Ça soulève beaucoup de questionnements intéressants, comme le plagiat par exemple. Et même si je ne lis et n’écris toujours pas de fanfiction (rien à faire, pour moi l’univers n’existe que dans l’esprit de l’auteur), je trouve ça fantastique que ça encourage des milliers de personnes à écrire ! Et puis, Cath n’écrit pas n’importe quel genre de fanfiction. Elle écrit en fond de romance entre Simon… Et Baz ! Et oui, une romance entre deux jeunes garçons, ça fait du bien de voir ça !

Je terminerai par faire l’éloge de la plume de Rainbow Rowell. C’était mon premier livre de cette autrice (non, je n’ai pas lu Eleanor & Park, ne me jetez pas la pierre…) et je n’ai vraiment pas été déçue par son style! Et ce découpage en chapitres entrecoupés de passages de fanfiction, c’est juste brillantissime. D’ailleurs, Carry on, la fanfiction de Cath, a été écrite par Rainbow Rowell et je pense bien me la procurer prochainement!

Laissez vous séduire par Fangirl, un livre qui ne me promettait rien et qui m’a pourtant apporté tant d’émotions ! Si je peux me permettre, achetez ce livre, attendez la rentrée scolaire, et lisez-le sous la couette avec un chocolat chaud. Bonheur suprême garanti! 

Notation : ♥♥♥♥♥

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Maman – Hélène Delforge & Quentin Gréban

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Textes : Hélène Delforge

Illustrations : Quentin Gréban

Edition : Mijade

Langue originale : Français

Genre : Album jeunesse

Date de parution : 2018

Nombre de pages : 64

ISBN : 978-2-8077-0027-7

Quatrième de couverture

« Maman. Un des premiers mots du monde. Un nom unique, porté par des milliards de femmes. Un mot pour dire l’amour, la tendresse, le lien, parfois le manque. Il y a autant de mamans qu’il y a d’enfants. Pourtant, sur tous les continents, lorsqu’elles prennent leur bébé dans les bras, les mamans se ressemblent. »

L’avis de la Papote 

En ce dimanche de fête des mères française, je tenais absolument à vous présenter cet album magique paru chez Mijade en avril 2018 et qui m’a été envoyé par cette maison d’édition que j’affectionne tout particulièrement. La dernière parution de Quentin Gréban, illustrateur phare bien de chez nous, vous vous doutez bien que je ne pouvais pas passer à côté !

Il ne s’agit pas d’un album traditionnel en ce sens que vous ne trouverez pas d’histoire à raconter à proprement parler. Il s’agit véritablement d’une ode à toutes les mamans du monde, quelle que soit leur situation, leur origine, leur statut. Il met en avant l’universalité avec une poésie inégalable, aussi bien au niveau des textes que des illustrations. L’album a été conçu dans un format XXL qui rend vraiment justice au magnifique travail de Môsieur Gréban, jugez donc par vous-même.

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Photo : La papote livresque ©

Chaque double page comprend un texte de Hélène Delforge et une illustration de Quentin Gréban. Leurs univers respectifs se complètent à merveille, menant à une belle cohérence artistique. Les textes sont parfois courts, parfois longs, parfois poétiques, parfois conversationnels, toujours justes et empreints de tendresse, parfois mélancoliques aussi.

Tu es au bord des mondes. L’un disparaît, l’autre se détruit. Au milieu, trouve ta voie. Garde l’amour, le bonheur d’être toi, la saveur des instants, la joie d’être parmi les autres, le courage de changer, la nécessité du partage et le goût du rire. Si tu suis ces idées, chacune de tes journées, si tu restes toi-même, partout même en famille, si tu sais écouter, mais refuses de juger,

Tu seras une femme, ma fille. (p.7)

 

Je ne peux que vous conseiller de vous plonger dans les pages de cet ouvrage. Chaque maman se reconnaîtra dans les textes de par leur diversité et leur richesse ! Lisez-le à vos enfants, offrez-le à votre maman, bref , savourez cet album somptueux. Et c’est un coup de coeur, bien évidemment !

Notation : ♥♥♥♥♥

La part de l’autre – Eric-Emmanuel Schmitt

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Auteur : Eric-Emmanuel Schmitt

Edition : Le livre de poche

Genre : Uchronie

Langue originale : Français

Date de parution : 2001

Nombre de pages : 503

ISBN : 978-2-253-15537-9

Résumé

« 8 octobre 1908 : Adolf Hitler recalé. Que se serait-il passé si l’École des beaux-arts de Vienne en avait décidé autrement ? Que serait-il arrivé si, cette minute-là, le jury avait accepté et non refusé Adolf Hitler, flatté puis épanoui ses ambitions d’artiste ? Cette minute-là aurait changé le cours d’une vie, celle du jeune, timide et passionné Adolf Hitler, mais elle aurait aussi changé le cours du monde… » »

L’avis de la Papote

J’ai assez honte de vous avouer ce qui va suivre: à part « Oscar et la dame rose » lu en sixième et que j’aimerais beaucoup relire cette année, je n’avais jamais rien lu du grand Eric-Emmanuel Schmitt avant « La part de l’autre ». Hum. D’accord, il faut un début à tout, mais quand-même, je n’en suis pas très fière.

En grande amatrice de l’Histoire, je m’intéresse énormément au XXème siècle, à la montée des nationalismes, des dictatures et des conséquences désastreuses que l’on connaît tous. Probablement pour mieux comprendre le monde d’aujourd’hui (#maisquefaittrumpaupouvoir), et surtout pour apprendre des erreurs passées. Ce livre me paraissait important, alors je ne l’ai pas fait traîner plus longtemps dans ma PAL.

L’auteur tente, par le biais de la fiction, d’imaginer quel aurait été le parcours d’Adolf Hitler s’il avait été admis à l’Académie des Beaux Arts de Vienne. Quel aurait été son destin? Le monde aurait-il connu l’un de ses pires cauchemars si Hitler avait pu s’épanouir pleinement en tant qu’artiste peintre?

– Adolf H. : admis.

Une vague de chaleur inonda l’adolescent. Le flux du bonheur roulait en lui, inondait ses tempes, bourdonnait à ses oreilles, lui dilatait les poumons et lui chavirait le cœur. Ce fut un long instant, plein et tendu, muscles bandés, une crampe extatique, une pure jouissance comme le premier orgasme accidentel de ses treize ans. (p.12)

Je ne sais pas pourquoi je l’ai sorti de ma pile à lire maintenant, il m’a appelé, tout simplement. Toujours est-il qu’il correspondait à 1000% à mes envies de lecture du moment: de la profondeur, de l’originalité dans la narration, une mise à l’honneur de l’art, un malaise profond de voir cet Adolf devenir le Hitler que l’on connaît tous. C’est bien simple, ce livre a absolument tout pour être un grand livre. Je n’ai pas passé mon temps à corner les pages, coller des post-it ou encore souligner les passages marquants du livre : TOUT est bon, TOUT est à souligner, à marquer, à corner.

L’un des bouleversements que ce livre m’aura apportés est qu’il m’a ouvert les yeux sur l’importance de la politique. Ne vous méprenez pas, je le sais depuis toujours, parce que j’ai eu la chance d’avoir une prof d’Histoire passionnante qui nous mettait en garde contre la nonchalance vis à vis de la politique (Madame Bouniton, si vous passez par là ^^). Mais malgré cela, j’ai toujours peiné à comprendre ce monde plein de belles paroles et de peu d’actions, de spectacle et de propagande, de discours soporifiques et j’en passe. Déjà en cours d’Histoire, je l’avais compris. Mais en lisant ce roman, en me replongeant dans la situation politique de l’Europe du XXème siècle, en en comprenant les enjeux, les accords, les trahisons à travers la littérature, j’ai eu les éclairages nécessaires pour pouvoir enfin m’y intéresser de plus près. Et ça, si ce n’est pas un bouleversement dans une vie, alors je ne sais pas ce que c’est.

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Photo : La papote livresque ©

Le message de ce roman est universel : ce ne sont pas les gènes qui déterminent un monstre. Non, Hitler n’était pas voué à devenir un être sanguinaire exceptionnellement abjecte, non, son passé n’explique pas la totalité de sa personnalité. Il n’y a pas de déterminisme : nos choix, nos interprétations des circonstances, font de nous des êtres de lumière ou d’obscurité. Hitler sommeille en chacun de nous. C’est glaçant, mais il faut se rappeler que le monde n’est pas tout noir ni tout blanc … Nous sommes tous des êtres nuancés de gris, à nous de faire les bons choix.

L’écriture de ce livre m’aura beaucoup appris. Tant qu’on ne reconnaîtra pas que le salaud et le criminel sont au fond de nous, on vivra dans un mensonge pieux. Qu’est-ce qu’un salaud? Quelqu’un qui n’a jamais tort à ses propres yeux. Qu’est-ce qu’un criminel? Quelqu’un dont les actes négligent l’existence des autres. Nécessairement, j’ai ces deux pentes en moi, je peux y glisser. […] Après l’expérience de ce livre, je suspecterai tout homme qui désigne un ennemi. (p.502 – extrait du journal de l’auteur)

Parlons un peu de ce journal tenu par l’auteur pendant la rédaction du roman et inclus dans la version de poche que je possède. Puissant. Je dirais même effrayant sur certains points : voir à quel point l’écriture de ce livre a bouleversé son quotidien pendant des mois, ça fait peur. Toutes les réflexions qu’il pose dans ce journal sont celles que le lecteur attentif et actif aura pu soulever pendant sa lecture. Très juste, passionnant, bref une belle plus-value au roman.

Et puis quelle plume! Quelle poésie! Quelle maîtrise du mot! Un écrivain que je suivrai de près désormais.

La part de l’autre fait partie de ces livres coups de poing qui vous laissent une marque indélébile. N’ayez plus peur de tenter de comprendre le monstre, c’est un acte citoyen indispensable pour ne pas glisser du côté sombre de l’humanité. Plus jamais ça. Lisez La part de l’autre

Notation : ♥♥♥♥♥

La liste de mes envies – Grégoire Delacourt

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Auteur : Grégoire Delacourt

Edition : Le livre de poche

Genre : Contemporain

Langue originale : Français

Date de parution : 2012

Nombre de pages : 184

ISBN : 978-2-253-16853-9

 

Résumé

« Les femmes pressentent toujours ces choses-là. Lorsque Jocelyne Guerbette, mercière à Arras, découvre qu’elle peut désormais s’offrir tout ce qu’elle veut, elle se pose la question : n’y a-t-il pas beaucoup plus à perdre? »

L’avis de la Papote

Ma passion pour la lecture est née d’une formidable rencontre, il y a de très nombreuses années. Vous savez, LA rencontre que tous les lecteurs cherchent assidûment, celle qui bouleverse une vie, qui chamboule l’existence. Enfant, j’ai rencontré Harry Potter, et la lecture ne m’a plus jamais quittée. Il y a de ces livres que l’on achète par hasard, sans trop pouvoir se l’expliquer. D’autres que l’on met dans notre Wishlist parce que tout le monde en parle et qu’ils attisent notre curiosité. Certains encore nous sont offerts par des êtres chers. Si j’ai bien appris quelque chose dans ma vie de lectrice, c’est que ces merveilleuses rencontres ne se calculent pas. Plus on la recherche, moins on est susceptible de recevoir cette claque littéraire qui nous retourne le coeur.

C’est en début de soirée, le premier jour d’un repos bien mérité, que j’ai sorti « La liste de mes envies » de ma bibliothèque. Je voulais une lecture courte, doudou, qui m’enveloppe dans un nuage de coton sans mettre mes émotions sens dessus dessous. Il avait rejoint mes étagères quelques jours plus tôt, offert à l’occasion de mon anniversaire. Je me suis posée dans le canapé, prête à mettre mon cerveau en pause. Ce soir-là eut lieu l’une des plus belles rencontres littéraires de ma vie.

Jocelyne est une femme de quarante-sept ans, mariée, deux grands enfants. Elle tient une mercerie à Arras, et partage sa passion pour les beaux tissus et les boutons sur son blog. Sa petite vie bien rangée basculera le jour où elle gagne 18 millions d’euros à la loterie. Que faire de tout cet argent? Elle commence par écrire la liste de ses besoins, de ses envies, de ses folies… et se demande si finalement, les plus belles choses de la vie ne s’achètent pas si facilement.

On se ment toujours. Je sais bien, par exemple, que je ne suis pas jolie. Je n’ai pas des yeux bleus dans lesquels les hommes se contemplent ; dans lesquels ils ont envie de se noyer pour qu’on plonge les sauver. Je n’ai pas la taille mannequin ; je suis du genre pulpeuse, enrobée même. De genre qui occupe une place et demie. J’ai un corps dont les bras d’un homme de taille moyenne ne peuvent pas tout à fait faire le tour. Je n’ai pas la grâce de celles à qui l’on murmure des longues phrases, avec des soupirs en guise de ponctuation ; non. J’appelle plutôt la phrase courte. La formule brutale. L’os du désir, sans la couenne ; sans le gras confortable. (p.11)

« La liste de mes envies » n’est pas une lecture doudou, feel good. Elle m’a bousculée. C’était la bonne lecture, au bon moment. C’était la rencontre que je voulais faire depuis longtemps et qui est arrivée, sans que je ne l’attende, sans que je ne la recherche volontairement. Grégoire Delacourt a dépeint une femme si différente de moi et pourtant si proche. Un personnage émouvant, fort malgré sa faiblesse apparente, heureuse malgré la banalité de sa vie. Je me suis retrouvée en elle. J’avais envie de la voir, de lui parler, de lire son blog. Une femme fictionnelle et pourtant férocement réelle.

La force du récit ne réside pas seulement dans ce personnage féminin. La plume de Grégoire Delacourt est difficile à décrire, mais elle a su me toucher en plein coeur. Il s’en dégage une douce poésie, et une cruauté brutale parfois. Des mots justes, qui résonnent en vous encore longtemps après leur lecture. Des phrases tissées avec passion, menant à un patchwork d’émotions : j’ai ri, j’ai pleuré, j’ai soupiré de désespoir, j’ai espéré, j’ai dressé la liste de mes envies.

Le coup de coeur est de mise pour ce roman. Il pose les bonnes questions, amène à une profonde réflexion sur notre vie, renverse les idées reçues. Non, gagner à la loterie n’est pas toujours un cadeau. L’argent n’est pas le but d’une vie heureuse, l’argent divise, et si vous n’en êtes pas convaincus, lisez « La liste de mes envies ».

Notation : ♥♥♥♥♥

La tour des anges – Philip Pullman

product_9782070541898_195x320Auteur : Philip Pullman

Edition : Folio Junior

Genre : Fantasy Jeunesse

Langue originale : Anglais

Date de parution : 1997

Nombre de pages : 404

ISBN : 978-2-07-054189-8

Tome 3 Le miroir d’ambre

Résumé

« Le jeune Will, à la recherche de son père disparu depuis de longues années, est persuadé d’avoir tué un homme. Dans sa fuite, il franchit une brèche presque invisible qui lui permet de passer dans un monde parallèle. Là, à Cittàgaze, la ville au-delà de l’Aurore, il rencontre Lyra. Ensemble, les deux enfants devront lutter contre les forces obscures du mal et, pour accomplir leur quête, pénétrer dans la mystérieuse tour des Anges.»

L’avis de la Papote

Souvenez-vous. En juin dernier, je vous chantais (ou plutôt je vous tapais sur le clavier de mon ordinateur. Hum) les louanges du premier tome de la saga « A la croisée des mondes : les royaumes du Nord » de Philip Pullman dans cet article (ici). Tout m’avait plu dans ce premier opus : l’univers, les personnages, la plume, les concepts, la réflexion. Je vous quittais en laissant entendre que j’entamerais le deuxième tome en hiver. Eh bien puisque je vous en fais la chronique maintenant, c’est que je n’ai pas pu résister bien longtemps. Et encore, je vous en parle un peu tard, puisque je l’ai lu au mois de septembre. C’est tellement rare quand je lis une saga entièrement (oups, spoiler alert, j’ai déjà lu le tome 3 pardi!) en si peu de temps. C’est la meilleure preuve que je puisse vous donner de la qualité de cette série jeunesse!

Si le premier tome commençait directement dans un monde différent du nôtre avec la petite Lyra, dans ce deuxième opus nous découvrons un nouveau personnage, Will, qui fait partie de notre monde à nous. Alors que deux hommes s’introduisent chez lui pour dérober un bien précieux, Will s’enfuit, après avoir violemment poussé l’un d’entre eux. Dans la rue, alors qu’il cherche un endroit sûr pour se cacher, il découvre une ouverture vers un autre monde.

De nouveau, le chat fit un bond en arrière, mais moins brutalement, avec moins de frayeur cette fois. Après quelques secondes de reniflements, de coups de patte timides, de tressaillements de moustaches, la curiosité l’emporta sur la méfiance. Le chat s’avança … et disparut. Will demeura bouche bée. (p.23)

De toute la saga, je peux vous affirmer que ce deuxième tome est de loin mon préféré. Je pense que la raison principale réside dans l’absence de longueurs, du début à la fin. L’histoire commence dans le vif du sujet, se poursuit avec de très nombreuses scènes d’action, et se termine sur un tel Cliff Hanger que j’ai dû enchaîner de suite avec le troisième tome, sans interruption ! J’ai adoré me retrouver dans notre monde, et j’ai obtenu beaucoup de réponses aux questions que je me posais après avoir refermé le premier opus. Certains termes très spécifiques dans le monde de Lyra, que je ne comprenais qu’à moitié, ont enfin trouvé leur traduction dans notre langage propre. Toute la lumière est faite sur l’existence de mondes parallèles, et les liens se font très vite. Ce tome est loin de la critique habituelle faite aux seconds d’une saga, à savoir qu’ils seraient des liaisons entre le premier et le troisième tome.

Le personnage de Will est particulièrement bien réussi. Il ne fait pas l’unanimité sur la blogo, mais personnellement, je l’ai adoré ! Alors certes, il a parfois des comportements que l’on pourrait qualifier de *pas terrible* (quand il ordonne à Lyra de faire la vaisselle, par exemple. Mouais.), mais il m’a beaucoup plu. Mme Coulter est toujours aussi méprisante, cela va de soi. Les nouveaux personnages sont également incroyablement  bien dépeints! Bref, vous l’aurez compris, je n’ai pas grand-chose à redire à ce niveau-là.

Encore une fois, le deuxième niveau de lecture est assez spectaculaire dans cette histoire. Les enfants se délecteront de l’intrigue passionnante, mais les adultes se questionneront sur des concepts absolument fascinants. Les Spectres, par exemple, qui se nourrissent de poussière et attaquent les adultes en épargnant complètement les enfants, sont terrifiants et présentent beaucoup de points communs avec les détraqueurs de J.K. Rowling.

– Quand un Spectre attrape un adulte, ce n’est pas beau à voir. Il lui mange toute la vie à l’intérieur, en quelques secondes. Je n’ai pas envie de devenir grande, vous pouvez me croire. Au début, quand ils comprennent ce qui se passe, les adultes ont peur, ils hurlent, ils pleurent ou ils essayent de regarder ailleurs, pour faire comme si ce n’était pas vrai. Mais c’est déjà trop tard. Et personne ne veut s’approcher pour les aider; ils sont tout seuls. Au bout d’un moment, ils deviennent tout pâles et ils ne bougent plus. Ils sont toujours vivants, mais c’est comme si on les avait dévorés de l’intérieur. Quand on les regarde dans les yeux, on voit l’arrière de leur crâne. C’est tout vide. (p.80-81)

Les messages sont profonds, les sens cachés sont nombreux, les thèmes abordés sont universels et posent question depuis des centaines d’années. Je suis tombée sous le charme de cette saga, j’encourage tout le monde à la lire depuis que je l’ai terminée. Restez connectés, je vous parle du troisième tome très bientôt !

La tour des Anges reste dans la lignée de son prédécesseur : un livre destiné aux petits comme aux plus grands, à la plume incroyablement belle, aux thématiques profondes. Une oeuvre à la densité incroyable, un chef d’oeuvre de la littérature jeunesse. A lire, à relire, à chérir longtemps.

Notation : ♥♥♥♥♥

Les royaumes du Nord – Philip Pullman

couv8123741Auteur : Philip Pullman

Edition : Folio Junior

Genre : Fantasy Jeunesse

Langue originale : Anglais

Date de parution : 1998

Nombre de pages : 482

ISBN : 978-2-07-054188-6

Tome 2 :  La tour des anges

 

Résumé

«Pourquoi la jeune Lyra, élevée dans l’atmosphère confinée d’une prestigieuse université anglaise, est-elle l’objet de tant d’attentions? De quelle mystérieuse mission est-elle investie? Lorsque son meilleur ami, Roger, disparaît, victime des ravisseurs d’enfants qui opèrent dans tout le pays, elle n’hésite pas à se lancer sur ses traces. Un voyage vers le Grand Nord, périlleux et exaltant, qui lui apportera la révélation de ses extraordinaires pouvoirs et la conduira à la frontière d’un autre monde.»

L’avis de la Papote

Philip Pullman est un grand maître de la littérature jeunesse. Un conteur d’histoires, comme il aime se faire appeler. Ne faisant pas partie de celles et ceux qui ont eu la chance de découvrir la trilogie « A la croisée des mondes » pendant mon enfance, je me suis décidée à l’acquérir lors de mon périple alsacien, après avoir fait le tour des magnifiques marchés de Noël de la région.

J’aurais pu le lire en hiver, me direz-vous. C’était évidemment le moment idéal pour entamer ce voyage dans le grand Nord. Mais bébé papote ne me laissait pas beaucoup d’opportunités d’ouvrir un bouquin (dur dur la vie de jeune maman!). Le challenge du mois de la fantasy de mai m’a finalement convaincue de le sortir de ma PAL. Que je suis heureuse de l’avoir fait ! Ce premier tome est une véritable petite pépite !

Nous suivons Lyra, petite fille au caractère bien trempé, au cœur de Londres, à l’université d’Oxford. Orpheline, elle est élevée par les Érudits du Jordan College. Elle mène une vie relativement paisible, jusqu’à ce que les Enfourneurs, horribles ravisseurs d’enfants, enlèvent Roger, son meilleur ami. Bien déterminée à le récupérer, elle s’engage dans un périple vers le grand Nord.

Je n’ai qu’un mot pour qualifier cet univers hors du commun : WAOUW. Ce livre m’a totalement envoûtée. L’aspect fantasy créé par Philip Pullman est extrêmement riche et même complexe par moment, mais quel talent ! Pour ma part, la majorité de mes excellentes lectures ont toutes un point commun  : l’ascenseur émotionnel. Et là pour le coup, mon petit cœur s’est régalé ! Émerveillement, surprise, avidité, impatience, abattement, espoir, tristesse, bref, un véritable arc-en-ciel d’émotions.

Ce qui a grandement contribué à mon adoration pour cette histoire, ce sont les personnages et le concept de daemons. Lyra est extrêmement attachante, et ce dès les premières pages. Iorek, l’ours polaire, l’est également à sa façon. Leur personnalité est si bien dépeinte qu’on a l’impression de les connaître depuis toujours. Les petits deamons qui accompagnent chaque être humain sont d’un génie saisissant. Plus qu’un animal de compagnie, les daemons sont une partie inséparable de l’âme de chacun. Leur reflet.

Et cette plume, on en parle ? Raffinée. Poétique. Naïve. Merveilleuse. Enchanteresse. Captivante. Saisissante. Convaincus ou je continue?

Je sens qu’il y a un bel enseignement à tirer de cette lecture, en tant qu’adulte. Et même si j’ai compris bon nombre de subtilités dans le récit et réalisé les bonnes inférences, j’ai le sentiment très puissant qu’il me faut une deuxième lecture pour en apprécier véritablement l’intensité. Un peu comme « Le petit prince » de Saint-Exupéry. Avant de lire le tome 2 (cette fois-ci, je me le garde pour cet hiver), je pense bien relire celui-ci. Histoire de bien m’en imprégner et de ne rien laisser au hasard.

Je conclurai en insistant sur l’importance de mettre ce genre de livre entre les mains des enfants. C’est de la pure bombe de littérature jeunesse, un joyaux à l’état pur. L’auteur ne prend pas les enfants pour des imbéciles, et c’est ça que j’aime par-dessus tout dans la littérature jeunesse. C’est un livre qui marquera leurs esprits, qui guidera leur réflexion, qui enchantera leurs soirées de lecture. 

Notation : ♥♥♥♥♥

Les disparus du Clairdelune – Christelle Dabos

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Auteur : Christelle Dabos

Edition : Gallimard Jeunesse

Genre : Fantasy Jeunesse

Langue originale : Français

Date de parution : 2015

Nombre de pages : 550

ISBN : 978-2-07-066198-5

Tome 3 :  La mémoire de Babel

 

Résumé

«Fraîchement promue vice-conteuse, Ophélie découvre à ses dépens les haines et les complots qui couvent sous les plafonds dorés de la Citacielle. Dans cette situation toujours plus périlleuse, peut-elle seulement compter sur Thorn, son énigmatique fiancé? Et que signifient les mystérieuses disparitions de personnalités influentes à la cour ? Ophélie se retrouve impliquée malgré elle dans une enquête qui l’entraînera au-delà des illusions du Pôle, au cœur d’une redoutable vérité.»

L’avis de la Papote

C’est parce que la sortie du tome 3 est imminente que j’ai voulu poursuivre cette série débutée l’hiver dernier. J’avais apprécié la lecture du premier tome de cette saga bien connue, sans que ce ne soit pour autant un coup de cœur. Certains personnages m’agaçaient un peu de trop et la fin ne m’avait pas laissé sur un cliffhanger suffisant pour enchaîner le tome 2 tout de suite après. Je dois vous dire que ce second tome fut bien plus plaisant à lire pour ma part ! D’ailleurs, c’est bien simple, je lui ai attribué un bon gros coup de cœur ! Rien que ça !

Pour rappel, on suit les aventures d’Ophélie, jeune habitante de l’arche Anima, héroïne un peu gauche et maladroite, ayant la capacité de lire le passé des objets en les touchant et de voyager en traversant les miroirs. Elle est vouée à un mariage arrangé avec le mystérieux Thorn, intendant de l’arche du Pôle. Ophélie se voit donc forcée à quitter sa famille et ses proches, et à se rendre sur cette arche où complots et manigances ne tarderont pas à faire leur apparition.

Je ne vous cache pas que je me suis surprise à sourire lorsque j’ai commencé ce deuxième opus. Oui, finalement, j’étais bien contente de retrouver l’univers si atypique construit par Christelle Dabos. Petit point positif à l’ouverture du livre : un arbre généalogique et une carte ! Parfait pour se replonger dans l’histoire en visualisant clairement les clans, les familles et les endroits décrits. Parce que mine de rien, c’est quand-même vachement compliqué de s’y retrouver parfois…

J’ai eu l’occasion de lire quelques chroniques sur la blogo depuis ma lecture et, bien qu’il rencontre majoritairement un franc succès, il lui est souvent reproché de posséder ce vilain défaut des seconds tomes : le lien entre le premier et le troisième opus, avec un manque cruel de révélations. Personnellement, je ne suis pas du tout de cet avis. Il y a une véritable intrigue qui tient en haleine, des personnages de plus en plus construits, du suspense, et, pour ma part, un nombre satisfaisant de révélations qui mènent à des réflexions qui me torturent l’esprit depuis la fin de ma lecture. Certainement que l’autrice aurait pu en donner davantage, mais c’est justement ça que j’ai apprécié : il fallait en garder pour la suite de la saga! Maintenant, je suis complètement happée par l’histoire et je VEUX savoir! Et, soit dit en passant, ne revenons plus sur la qualité de la plume de Christelle Dabos. Simple mais efficace!

Ophélie s’affirme de plus en plus au fur et à mesure de ses aventures, alors que Thorn reste supermégagigaultra mystérieux. J’ai vraiment appris à apprécier ce personnage. Pourtant, c’était loin d’être le cas dans le premier opus de la saga. Trop froid, trop sauvage, trop abrupt, il avait tendance à m’agacer fortement. Là, il se dévoile un tout petit peu (mais vraiment rikiki mini hein) mais suffisamment pour attiser ma curiosité. Quant à Archibald, ce personnage qui m’avait laissé une impression en demi-teinte, il n’est pas aussi présent que je l’aurais souhaité dans ce tome. Ô frustration.

Et cette fin !! On en parle de cette fin? Bah non, évidemment, sinon je spoile. Pas bien. Non mais, qui l’a déjà lu? Qu’on en parle de cette fin de ouf !

Vous l’aurez compris, je suis hyper impatiente d’avoir le troisième tome entre les mains (sortie prévue le 1er juin * niark niark) et d’obtenir une réponse à toutes les questions qui restent encore en suspens. De plus, il nous promet encore de voyager dans un univers inconnu jusqu’alors, puisque l’intrigue se déroule sur l’arche de Babel ! Et vous connaissez probablement la bonne nouvelle, mais je vous le dis quand-même parce que ça réchauffe mon petit coeur de lectrice : il y aura un tome 4 !!

A tous ceux qui, comme moi, avaient fait l’expérience d’une lecture en demi-teinte pour le commencement de la saga « La passe-miroir », je ne peux que vous encourager à lire la suite. Et à tous ceux qui n’auraient pas encore commencé le premier tome, n’hésitez plus!

Notation : ♥♥♥♥♥