Grey – E.L. James

417KPZSKfiL._SY344_BO1,204,203,200_Auteur : E.L. James

Edition : JC Lattès

Langue originale : Anglais

Genre : Roman érotique

Date de parution : 2015

Nombre de pages : 556

EAN : 978-2-298-10396-0

 

Résumé

« Christian Grey contrôle tous les aspects de sa vie : son monde est ordonné, organisé et désespérément vide, jusqu’au jour où Anastasia Steele tombe la tête la première dans son bureau. Il tente de l’oublier, mais il est emporté dans un tourbillon d’émotions qui le dépassent. À l’inverse des autres femmes, Ana l’ingénue semble lire en lui à livre ouvert, et deviner un cœur d’homme blessé derrière l’apparence glacée du magnat des affaires.
Ana pourra-t-elle effacer les horreurs que Christian a connues dans son enfance et qui ne cessent de le tourmenter ? Ou est-ce que la face sombre de la sexualité de Christian, son goût exacerbé du pouvoir et son peu d’estime de soi auront raison des sentiments de la jeune femme ? »

L’avis de la Papote 

La trilogie des « 50 nuances de Grey » a véritablement défrayé la chronique lors de sa sortie en 2012. Je me suis littéralement jetée sur ces ouvrages à l’époque, plus par curiosité face à l’ampleur que prenait le phénomène que par intérêt pour l’histoire. Je savais plus ou moins qu’il s’agissait d’un roman érotique à tendance sado-masochiste, et j’étais intriguée par la manière dont s’y était prise l’auteur pour construire son intrigue et ainsi vendre ses romans à plusieurs millions d’exemplaires à travers le monde. J’ai donc lu cette trilogie en même pas trois semaines de temps, parce que malgré les apparences un peu légères et les longueurs présentes dans le récit, le fond de l’histoire m’avait complètement embarquée.

Pour celles et ceux qui n’auraient mystérieusement jamais entendu parler de ce quatrième opus « Grey », il s’agit en fait de la réécriture du premier tome de la saga, décrit cette fois du point de vue de Christian, et plus de celui d’Anastasia. Christian Grey étant pour moi LE personnage marquant de cette trilogie, j’ai bien évidemment voulu me plonger dans ce livre et voir en quoi il différait du précédent.

« Un vacarme à ma porte me pousse à me lever d’un bond : un tourbillon de longs cheveux châtains, de membres pâles et de bottes brunes tombe tête la première dans mon bureau. Je lève les yeux au ciel en réprimant mon agacement légitime face à tant de maladresse, mais je me précipite vers la gamine qui a atterri à quatre pattes. J’agrippe ses frêles épaules pour l’aider à se relever. Un regard mortifié rencontre le mien. Je me fige. Ces yeux sont d’une couleur extraordinaire, bleu profond, d’une candeur stupéfiante. Un instant, j’ai l’affreuse sensation qu’elle peut lire directement en moi. Je me sens… mis à nu, et cette idée me trouble. Son petit visage adorable s’est teinté de rose. Je me demande brièvement si toute sa peau est comme ça – sans défaut – et à quoi elle ressemblerait, rosie, échauffée par la morsure de la canne.  »  (p.11)

Evidemment, il fallait s’attendre à un certain degré de redondance étant donné qu’il s’agit de la même histoire. Certaines répétitions étaient donc inévitables. Cependant, cet aspect n’a pas vraiment dérangé ma lecture. En effet, puisque Christian Grey est le narrateur de l’histoire, certains événements décrits ici ne pouvaient l’être dans le premier tome, puisqu’Anastasia ne pouvait simplement pas être au courant de ceux-ci. Il ne s’agit donc pas du tout d’un copier-coller du premier tome paru à la sauce Christian Grey.

J’ai particulièrement apprécié les très nombreux flash-backs et cauchemars présents dès le début de l’histoire, qui nous ramènent dans l’enfance tourmentée et obscure de Christian Grey et qui nous offrent un aperçu des raisons pour lesquelles il a opté pour ce mode de vie peu commun de domination. J’ai trouvé que cela ajoutait une dimension encore plus intéressante au personnage, et cela m’a permis de comprendre plus facilement certaines de ces réactions au cours de l’histoire. Selon moi, c’est surtout cet aspect qui marque la différence avec la première écriture du roman et qui le rend plus attrayant.

Flash-back : « J’ai trois voitures. Elles roulent vite sur le plancher. Super vite. J’en ai une rouge. Une verte. Une jaune. Ma préférée, c’est la verte. C’est la mieux. Maman les aime aussi. J’aime bien quand maman joue avec moi et mes voitures. Elle préfère la rouge. Aujourd’hui, elle reste assise sur le canapé à regarder le mur. « Maman! Ma voiture! » Elle ne m’entend pas. « Maman! » Je lui tire la main, elle s’allonge et ferme les yeux. Elle dit : « Pas maintenant, Asticot. Pas maintenant. » Ma voiture verte reste sous le canapé. Elle est toujours sous le canapé. Je la vois. Mais je ne peux pas l’attraper […] » (p.9)

Par contre, gros point négatif pour les dialogues qui sont parfois assez risibles et peu construits. On est d’accord, ce n’est pas de la grande littérature… Le vocabulaire employé est toujours aussi franc, direct, parfois vulgaire, et les scènes sexuelles sont un peu trop explicites voire dérangeantes à mon goût.

Personnellement, je trouve qu’il aurait été profitable à la saga d’avoir une double narration dès le début, tout au long des trois tomes, en faisant intervenir à tour de rôle le point de vue des deux protagonistes. Cela aurait probablement enrichi les personnages et les situations décrites…

En conclusion, « Grey » de E.L. James est une romance érotique qui pourrait vous plaire si vous êtes tombés sous le charme de Christian Grey lors de la lecture de la trilogie, dans la mesure où il offre au lecteur le point de vue direct de ce personnage marquant et intriguant. Toutefois, cela reste une réécriture d’un tome existant, ne vous attendez donc pas à de grandes révélations lors de votre lecture.

Notation : ♥♥♥♥♥