Les silences de Dieu – Gilbert Sinoué

Auteur : Gilbert Sinoué513eRAjV8lL._SX195_

Edition :  Albin Michel

Langue originale : Français

Genre : Policier – thriller

Date de parution : 2003

Nombre de pages : 365

EAN : 978-2-702-88437-1

Résumé

« Peut-on croire que l’auteur d’un carnet codé, trouvé près d’un cadavre au fin fond de l’Ecosse, ne soit autre que… l’archange Gabriel? Est-il possible qu’un tueur en série sévisse au paradis? Est-il pensable que Jésus, Moïse et Mahomet fassent partie des suspects? Mrs. Clarissa Gray, célèbre auteur de romans policiers, va se retrouver, malgré elle, entraînée dans une enquête aux portes de la folie. »

L’avis de la Papote

Plutôt alléchant comme résumé, vous ne trouvez pas? Lorsque l’une des tantes de mon mari m’a tendu ce bouquin et que j’ai découvert ce quatrième de couverture, j’ai su que c’était une histoire faite pour moi. Un zeste de crime, dans une ambiance mystique, se déroulant dans les paysages verdoyants et mystérieux de l’Ecosse, et un carnet codé par-dessus le marché? Hop hop hop, illico presto dans ma bibliothèque !

Clarissa Gray est donc une auteur de romans policiers renommée, vivant isolément sur une petite île au large de l’Ecosse. Autant vous dire que le cadre dans lequel se déroule l’histoire ne pouvait pas être mieux choisi. Les bourrasques, la pluie, les grandes plaines et surtout, les légendes si caractéristiques de ce pays en font un lieu parfait pour une enquête policière aux allures paranormales.

« La patrie de l’inexplicable […]. Je suis policier, mais je suis aussi et avant tout écossais. Nous vivons dans un pays qui respire le surnaturel. Les chemins, les tourbes, les lacs, les montagnes. Et jusqu’à notre drapeau ! Lié sur une croix, au fin fond de la Grèce, saint Andrew, notre protecteur, a continué de prêcher l’Évangile jusqu’à sa mort. Le roi Angus eut une vision où saint Andrew lui disait de marcher sur ses ennemis avec une croix blanche diagonale contre le ciel bleu. Cette bannière qui le mena à la victoire est aujourd’hui notre drapeau national. Le drapeau d’une légende! Vous pouvez sourire, mais je sais, pour en avoir été témoin, que dans certaines maisons résonnent certains soirs les lamentations de la fée Bean Sidhe, lorsque la mort s’apprête à fondre sur l’un des membres de la famille. Non loin d’ici, vous n’êtes pas sans savoir qu’à Machrie Moor se dressent de mystérieux cercles de pierres hantés par l’esprit des druides. Le Kelpie, ce cheval magique qui peut prendre la forme d’un homme afin d’attirer les jeunes filles au loin, galope dans nos vallons les nuits de pleine lune. Rappelez-vous aussi les Selkies, capables de changer de forme à volonté, pour se montrer tantôt humains, tantôt phoques. Et je ne vous parlerai pas de Nessie. Notre montre du Loch Ness. Tout, chez nous, baigne dans la fantasmagorie. Nous ne sommes pas un pays, nous sommes un mythe incarné. » (p.164-165)

L’histoire débute sur les chapeaux de roue. Le ton est donné dès les premières lignes du roman, et je me suis surprise à ne pas pouvoir poser le livre avant d’avoir atteint les 100 premières pages. Question suspense, on peut dire que Gilbert Sinoué est plutôt doué ! L’action s’enchaîne et le rythme de lecture est, par conséquent, vraiment très fluide et agréable.

Clarissa Gray, le héros principal, est une dame d’une septantaine d’années aux manies un peu vieillottes mais très attachante. J’ai trouvé très intéressant de voir comment une romancière de fictions policières allait à son tour mener l’enquête face aux différents meurtres qui se déroulent tout au long de l’histoire. J’ai vraiment aimé sa façon de s’identifier au héros de ses propres bouquins, Archie Rhodenbarr, pour la guider dans cette aventure.

Un autre point fort de ce roman, c’est la richesse des thèmes abordés. En plus d’être un thriller haletant, il soulève des sujets parfois délicats et même métaphysiques. Tout d’abord, une enquête qui se déroule au paradis, avec pour suspects des personnages bibliques historiques, nous fait réfléchir à l’éventualité de la vie après la mort, et de l’existence véritable de Dieu. De plus, l’auteur met l’accent sur les différences qui contrastent les religions monothéistes et exploite de très nombreuses références bibliques, ce qui nous pousse à réfléchir aux différents conflits soulevés au cours de l’Histoire de l’humanité au nom de la foi (un sujet d’une actualité brûlante). Il se sert également des personnages de Jésus, Moïse et Mahomet pour tenter d’apporter des explications concrètes (ou du moins l’interprétation que l’auteur en fait) aux phénomènes surnaturels des Écritures comme la résurrection de Jésus ou encore la traversée des eaux par Moïse. Il en profite aussi pour donner la parole à ces personnages mythiques afin de discuter des particularités propres à certaines religions et régulièrement pointées du doigt, comme le port du voile par exemple.

« Apprends, petit, qu’il existe deux sortes d’hommes, ceux qui déforment les Écritures à leur convenance et ceux qui en prennent le meilleur. Allah n’y est pour rien si l’humanité dans sa grande majorité n’y puise que le pire. D’autre part, apprends aussi que le djihad, c’est la lutte du croyant contre les passions et les mauvais penchants de l’âme. S’ils ont défiguré les mots sacrés c’est leur problème » (p.315)

L’auteur introduit aussi quelques références historiques écossaises comme Marie Stuart d’Ecosse et son code secret de communication, des données sur la numérologie et les mathématiques, etc. Bref, un beau petit mélange !

« Les silences de Dieu » de Gilbert Sinoué est une très belle découverte, une enquête policière haletante et énigmatique à l’intrigue maîtrisée, une réflexion sur les croyances religieuses et leurs conséquences, une escapade dans les plaines verdoyantes de l’Ecosse, bref, une lecture comme je les aime et que je conseille vivement de découvrir !

Notation : ♥♥♥♥

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Forteresse digitale – Dan Brown

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Auteur : Dan Brown

Edition : Le Livre de Poche

Langue originale : Anglais

Genre : Thriller

Date de parution : janvier 2007

Nombre de pages : 503

EAN : 978-2253127079

Résumé

« Lorsque le super-ordinateur de décryptage de la NSA ne parvient pas à déchiffrer un code, l’agence appelle à la rescousse sa cryptanalyste en chef, Susan Fletcher, une belle et brillante mathématicienne. Ce que va découvrir Susan ébranle tous les échelons du pouvoir : la NSA est prise en otage – non sous la menace d’une arme ou d’une bombe, mais par un système de cryptage inviolable qui, s’il était mis sur le marché, pulvériserait tout le renseignement américain ! Prise dans un tourbillon de secrets et de faux-semblants, Susan se bat pour sortir l’agence de ce piège. Trahie de tous côtés, il ne s’agit bientôt plus seulement pour elle, de défendre son pays mais de sauver sa propre vie, ainsi que celle de l’homme qu’elle aime. »

L’avis de la Papote 

Dan Brown, comme je vous le disais dans mon article précédent, est l’un de mes auteurs favoris. Très souvent critiqué pour avoir créé un moule au fil de ses ouvrages dans lequel il lui suffit de développer une histoire différente, moi je suis plutôt friande de ses thrillers. Ayant déjà lu tous les livres mettant en scène son très cher Robert Langdon, je me suis penchée récemment sur son tout premier roman, Forteresse digitale.

Je savais d’ores et déjà à quoi m’attendre grâce au résumé et à cette fameuse trame dans laquelle grandit chacune de ses oeuvres. Un bon thriller plein de suspense et d’action, de nombreux retournements de situations, une ambiance angoissante, une chasse aux indices et un rythme de lecture très soutenu. Et tous ces ingrédients se sont bien retrouvés dans ce roman. On ne peut pas lui enlever cette qualité, le thriller, c’est son truc!

Concernant le contexte de l’histoire, il ne m’a pas particulièrement passionnée. Je ne suis pas une adepte de cryptologie informatique, ni des services secrets américains. Par contre, les messages codés, les secrets et les complots, ça j’aime ! Je préfère de loin le côté historique et la symbologie présents dans la majorité de ses autres récits (Inferno, Da Vinci Code, etc.), qui m’emportent à chaque fois dans des connaissances du passé fabuleuses et qui me donnent envie de reprendre des études en Hitsoire de l’Art !

Les personnages ne sont pas initéressants, mais je dois dire que Robert Langdon m’a énormément manqué. Cela dit, j’ai beaucoup aimé le personnage de Strathmore, le directeur de l’agence, et tous les retournements de situation qui gravitent autour de lui. Je ne m’attendais pas du tout, mais alors pas du tout, à un tel dénouement. Je sais que je peux très souvent me laisser surprendre par Dan Brown, mais là, je n’ai vraiment rien vu venir ! C’est quand je lis ce genre d’histoire que je me rappelle les raisons de mon amour pour les thrillers. Top !

Forteresse digitale est un roman haletant, plein de suspense, qui ravira les amateurs de thrillers et les adeptes de l’auteur. Un récit dans la lignée de toutes les oeuvres qui ont suivi.

Un extrait pour mes Papoteurs !

« Strathmore ne se retourna pas. D’une pâleur cadavérique, l’air choqué, il continuait à fixer le gouffre, comme tétanisé. Susan suivit son regard. Pendant un moment, elle n’aperçut rien d’autre que les nuages de vapeur. Puis soudain, elle distingua une silhouette. Six niveaux plus bas. Une brève apparition entre deux nappes de brouillard, puis la vision s’évanouit. Une nouvelle trouée… là! un pantin désarticulé… »

Notation : ♥♥♥♥

Dix petits nègres – Agatha Christie

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Auteur : Agatha Christie

Edition : Le Livre de Poche

Langue originale : Anglais

Genre : Policier

Date de parution : 1940

Nombre de pages : 222

EAN : 978-2253003960

Résumé

« Dix personnes apparemment sans point commun se retrouvent sur l’île du Nègre, invités par un mystérieux M. O’Nyme, malheureusement absent. Un couple de domestiques, récemment engagé, veille au confort des invités. Sur une table du salon, dix statuettes de nègres. Dans les chambres, une comptine racontant l’élimination minutieuse de dix petits nègres. Après le premier repas, une voix mystérieuse s’élève dans la maison, reprochant à chacun un ou plusieurs crimes. Un des convives s’étrangle et meurt, comme la première victime de la comptine. Une statuette disparaît. Et les morts se succèdent, suivant le texte à la lettre. La psychose monte. Le coupable se cache-t-il dans l’île, parmi les convives ? »

L’avis de la Papote

Pour le coup, il s’agissait d’une relecture pour moi. Je me souviens avoir lu ce livre lorsque j’avais treize ans, suite à un travail scolaire qui nous demandait de faire l’analyse d’un livre au choix. Je vois encore très clairement le bouquin dans les rayons de la librairie, et j’ai tout de suite accroché à l’histoire. Un policier, comme c’est étrange. D’habitude, ce n’est absolument pas le genre de roman vers lequel je me tourne, surtout si j’ai le choix.

En cette période automnale, j’ai souvent envie de lire des livres plus sombres, avec davantage de suspense, des meurtres ou des évènements surnaturels. J’ai donc eu envie de me replonger dans Dix petits nègres d’Agatha Christie, plus de dix ans après la découverte de l’ouvrage. Et je n’ai pas été déçue !

Quel chef d’oeuvre ! J’ai tellement aimé me replonger dans cette intrigue ingénieuse et pour laquelle on obtient le dénouement qu’au dernier chapitre ! On est tenu jusqu’au bout. Je me suis surprise à ne plus quitter mon livre d’une semelle pendant trois jours. Les chapitres sont très brefs, ce qui facilite grandement la lecture et permet de faire une mise au point assez régulièrement. Parce que, mine de rien, dix personnages à cerner, c’est pas de la tarte. Etant donné que le roman est très court, les descriptions ne coulent pas à flot, et les événements arrivent très vite, ce qui nous laisse peu de temps pour bien gérer les personnages et leur histoire.

Le suspense est présent jusqu’au bout. Je me suis surprise à retenir la comptine par coeur, à me demander sans arrêt la suite de l’histoire, à suspecter chacun des personnages tour à tour en changeant d’avis toutes les cinq lignes. La plume d’Agatha Christie n’est plus à présenter, certes, mais quelle allure, quel chic ! Aucune vulgarité, aucune description détaillée de violences, un dosage parfait dans le choix des mots. A chaque fois que je parvenais à déceler une faille dans le récit, je trouvais systématiquement la réponse quelques pages plus loin. Sans parler de la fin ! Un dénouement du tonnerre, qui nous donne envie de relire encore une fois le livre avec la connaissance du ou de la coupable.

Dix petits nègres est un roman policier topissime, plein de suspense, de rebondissements, d’ingéniosité. Si vous voulez un aperçu du crime parfait, je vous recommande chaudement cette lecture !

Notation : ♥♥♥♥♥