Orages – Estelle Tharreau

51P2n5zNIeL._SX210_Auteur : Estelle Tharreau

Edition : Taurnada

Genre : Thriller

Langue originale : Français

Date de parution : 2016

Nombre de pages : 268

ISBN : 978-2-37258-016-8

Résumé

«Si vous éleviez seule une fille de seize ans et que votre petit ami devenait trop encombrant, refuseriez-vous un travail et une belle maison dans un village de carte postale où tout le monde semble prêt à vous aider ? Il est probable que non. Pourtant, vous auriez tort !
Les nuits d’orage peuvent s’avérer mortelles pour qui ne sait pas lire entre les lignes du présent et celles d’un passé enfoui depuis plus d’un siècle dans un cahier d’écolier jauni et écorné.»

L’avis de la Papote

La maison d’édition Taurnada m’a contactée cet été afin de me faire découvrir le roman d’une autrice prometteuse, Estelle Tharreau. Un thriller avec des secrets familiaux, il n’en fallait pas beaucoup pour me convaincre. Et je ne regrette pas un seul instant d’avoir accepté de lire ce roman!

Béatrice est une jeune femme devenue maman très -trop- jeune. Sa vie amoureuse est un véritable désastre et elle décide de tout plaquer pour recommencer ailleurs, avec sa fille Célia âgée de 16 ans. Elles arrivent dans un petit village où tout le monde semble aimable, gentil, serviable. Rapidement, un malaise s’immisce dans le quotidien de Béatrice, qui tente résolument de percer à jour les mystères de ce curieux patelin. Injures, mises en garde, morts inexpliquées viennent ternir ce paysage si beau … en apparence seulement.

Mon histoire ressemble à un soir d’orage. Après une longue journée de canicule, tout se fige dans le calme et le silence jusqu’à ce qu’un souffle de vent nous fasse espérer un moment de fraîcheur. Mais trop vite, les nuages noirs s’amoncellent pour laisser place au déchaînement de la pluie et de la foudre. Lorsque tout s’arrête, nous restons là, suffoquant dans la moiteur. L’orage n’apaise jamais. Tout devait pourtant s’arranger. (p.4)

Quel délice de lecture! Si vous aimez les secrets de famille, les mensonges, les non-dits, les mystères du passé, les coïncidences qui n’en sont probablement pas, alors ce thriller est fait pour vous. Avant de vous donner plus de détails sur ce que j’ai vraiment apprécié dans ce roman, je préfère donner tout de suite les éléments un peu perturbateurs à mon sens. Bah oui, ce serait trop beau…

Première petite épine de cette lecture, la lenteur de la mise en place de l’intrigue. Ce n’est pas le thriller qui vous scotche à votre canapé dès les premières lignes. Il faut attendre, attendre et attendre encore qu’un événement vienne tout chambouler. Après ça, je vous l’accorde, on ne peut plus le lâcher.

Autre petit point dérangeant, Béatrice et Célia mènent l’enquête un peu chacune de leur côté, sans jamais vraiment se douter des découvertes que l’autre a pu faire. Intérieurement, je me suis retenue plus d’une fois de secouer ma liseuse (à défaut de pouvoir réellement secouer les protagonistes) pour qu’elles se PARLENT, m**** à la fin ! Bon, en même temps, le livre aurait à peine frôler les 100 pages si mère et fille se confiaient l’une à l’autre sur l’avancée de leurs découvertes. Allez, je laisse passer pour ce point.

La dernière petite remarque je ferais concerne les dialogues. Vous savez, ces personnes d’un certain âge qui essaient tant bien que mal de paraître jeun’s en utilisant des mots soit disant IN qui ne le sont plus depuis trente ans (dont le mot jeun’s est un parfait exemple, soit dit en passant)? Vous voyez un peu le tableau? Eh bien c’est comme ça que j’ai perçu les dialogues entre Béatrice et Célia. Manque cruel de naturel. L’autrice, pour moi, n’a pas su retranscrire la façon de parler d’une ado actuelle. Et ça m’a un peu fait lever les yeux au plafond.

Sinon, la globalité du roman vaut plutôt la chandelle. Pas de lourdeur dans le style employé, des personnages bien dépeints, des flash-backs par le biais d’un vieux journal retrouvé dans la maison (vous savez à quel point j’adoooore les retours dans le passé), des mystères, de l’action, une belle métaphore avec le temps orageux (si si, le titre a une signification à part entière). Bref, j’ai passé un très chouette moment avec ce livre, et je pense que je me laisserai tenter à l’avenir par d’autres ouvrages de l’autrice. Son livre « L’impasse » me tente d’ailleurs beaucoup, dans la même veine qu’« Orages » d’après le résumé trouvé sur Livraddict.

Un thriller un peu lent à démarrer mais qui ne vous laissera pas indifférent. Amateurs de secrets, de cachotteries et de mystères, « Orages » d’Estelle Tharreau est fait pour vous! A découvrir sur le rebord d’une fenêtre, emmitouflé dans un plaid en pilou, en écoutant l’orage gronder au loin.

Notation : ♥♥♥♥

Publicités

La papoteuse #5 Comment faire naître le plaisir de la lecture à nos enfants

Chaque jour, pendant les séances de logopédie avec mes petits patients, je suis sidérée de voir à quel point la lecture est absente de leur vie. Du plus petit au plus grand d’entre eux, rares sont ceux qui lisent et qui aiment lire. Et mon petit coeur de lectrice se brise à chaque fois que j’entends « C’est nul de lire », « moi j’aime pas lire », « ça sert à rien », « c’est trop chiant de lire des livres pour l’école ». A côté de ça, d’autres enfants en réelles difficultés avec la lecture, souffrant de dyslexie mais aussi de troubles envahissants du développement, de troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité ou encore de dyspraxie, ne prennent aucun plaisir à lire parce que le matériel proposé n’est souvent pas en adéquation avec leurs difficultés.

Au travers de cet article, j’aimerais explorer avec vous l’importance du rôle des parents, enseignants, professionnels de la petite enfance mais aussi grands frères, grandes soeurs, cousins, cousines,  afin d’allumer l’étincelle qui enflammera le coeur de tous ces lecteurs de demain.

baby-2604853_960_720
Photo libre de droits : Pixabay

Donner l’accès aux livres aux tout-petits

La lecture, c’est possible dès le plus jeune âge. Déjà pendant la grossesse, lire des histoires à voix haute à votre bébé lui permettra de se familiariser avec le son de votre voix et les différences d’intonations. Cela donne également l’occasion au papa de prendre une place non négligeable s’il s’adonne lui aussi à cette petite routine. La lecture à voix haute sera votre petit rituel rien qu’à vous, à poursuivre bien évidemment dès la naissance de bébé. Même si vous avez l’impression que cela ne sert à rien puisque « Bébé ne comprend pas ce que je raconte », continuez, je peux vous assurer qu’il aime beaucoup ce moment privilégié entre vous!

Il existe une multitude de livres adaptés pour les futurs petits lecteurs : livres sonores, à toucher, en plastique pour le bain, en tissus. Certains livres sont plus adéquats que d’autres en fonction du stade de développement de vos enfants. Pour les bébés dès l’âge de trois mois, privilégiez les livres au contraste très fort (noir/blanc) pour attirer leur regard. Dès qu’ils peuvent manipuler le livre par eux-mêmes, mixez les présentations : différence de format, de thèmes, de textures, de bruitages. Bref, amusez-vous !

L’importance est de donner accès aux livres le plus tôt possible afin de susciter leur intérêt.

people-2557508_960_720
Photo libre de droits : Pixabay

Montrer l’exemple !

Bien souvent, lorsque je rencontre des enfants de plus de six ans qui n’aiment pas lire, je demande aux parents s’ils se considèrent comme lecteurs, ce qu’ils lisent et à quelle fréquence. Bien souvent, je suis étonnée de constater qu’ils sont eux-mêmes grands lecteurs et que les armoires de la maison débordent de livres.

Là où le bât blesse, c’est qu’ils lisent… quand ils sont seuls ! Le soir, avant de dormir, tôt le matin avant d’aller les réveiller, pendant le temps de midi au boulot. Bien que je puisse tout à fait comprendre que la lecture soit un moment privilégié baigné de calme et de sérénité, pourquoi ne pas instaurer un moment de lecture en famille? Chacun sur une place du canapé, avec sa lecture en cours, sa BD, son roman graphique, son journal, peu importe. Une petite vingtaine de minutes ensemble, lire chacun de son côté et puis, pourquoi pas, partager ses ressentis ? Parents de bébés en bas âge, n’hésitez pas non plus à prendre votre bouquin pendant que bébé joue à côté de vous. Intrigué, il viendra voir ce que vous faites et là vient le moment idéal pour lui donner l’un de ses propres livres, il sera ravi de faire comme vous!

Montrer aux enfants que l’on possède des livres, c’est super ! Mais leur montrer qu’on les lit vraiment et qu’on en retire le plus grand des plaisirs, c’est encore mieux!

Varier les expériences de lecture

Nombreux sont les parents qui attendent que l’école et les enseignants fassent naître le plaisir de la lecture à leurs enfants. Bien que le rôle de l’éducation scolaire soit indiscutable pour l’apprentissage de la lecture, bon nombre d’enfants considèrent les lectures de cours comme harassantes, fatigantes, sans intérêt. Une obligation. Les lectures imposées ne sont pas toujours appréciées. Là encore, vous, parents, profs et autres professionnels de la petite enfance, avez les clés en main pour faire découvrir toutes les expériences inédites qui gravitent autour des livres !

kids-1550017_960_720.jpg
Photo libre de droits : Pixabay
  • Conteur d’histoire : certaines librairies proposent des après-midis ludiques autour d’une histoire contée par un professionnel. Assis par terre sur un tas de coussins moelleux, les enfants écoutent attentivement le récit avant de réaliser un bricolage, une peinture, un dessin, un jeu autour de ce qu’ils viennent d’écouter.
  • Bibliothèque : il n’est évidemment pas nécessaire d’acheter une bibliothèque remplie de livres pour votre enfant (sauf si ça vous fait plaisir, of course!). Les bibliothèques publiques recèlent de trésors inestimables. Le choix est vaste et vous permettra de tester mille et un livres et de mieux cibler les goûts de votre enfant ! De plus, ces établissements organisent souvent des rencontres entre les enfants autour d’une thématique de lecture, des animations pour les bébés et même des temps de rencontres avec des auteurs.
  • L’histoire du soir : c’est probablement le rituel le plus instauré, et tant mieux! Les enfants adorent écouter une histoire avant de s’endormir. Les écrans avant le sommeil sont loin d’être adaptés si vous désirez que votre enfant passe une nuit paisible. Progressivement, passez-lui les rennes, laissez-le décrire les images, raconter l’histoire à sa façon ou demandez-lui de lire un livre au petit frère ou à la petite soeur. Quelle fierté pour lui !
  • Les salons littéraires : encore une façon de rendre le livre attrayant ! Les salons littéraires regorgent d’activités conçues pour les enfants, d’animations, d’auteurs et illustrateurs en dédicace! Le choix de livres est immense et l’effervescence qui découle d’un salon est unique. Faire la file pour obtenir un beau dessin dans son album préféré, feuilleter les livres dans les stands des maisons d’éditions, rencontrer l’auteur qui a écrit cette histoire qu’on lit ensemble tous les soirs. Magique!

Respecter ses intérêts et ses limites

Votre enfant ne lit que des Bandes dessinées? Pas la peine de lui mettre Charles Dickens entre les mains. Votre petit garçon veut lire « La vie compliquée de Léa Olivier »? Non, ce n’est pas qu’un livre pour filles ! Vous voyez probablement où je veux en venir : la lecture doit rester un plaisir. Notre rôle, en tant que lecteurs adultes désireux de leur transmettre cette passion, c’est de les laisser aller vers ce qui leur plaît, ne pas leur mettre de barrières inutiles, de leur proposer une variété de formats sans leur imposer quoi que ce soit. De plus en plus de professeurs proposent des listes de livres aux élèves en leur demandant de choisir celui qu’ils préfèrent : quelle idée merveilleuse! Une belle façon de cadrer tout en laissant un minimum de liberté !

Respecter les intérêts, certes, mais respecter les limites de l’enfant me semble tout aussi important. Bien qu’il me paraisse logique de respecter les limites d’âge conseillées sur les ouvrages (et encore, certaines sont discutables…), il est tout aussi indispensable de proposer un matériel adapté aux difficultés rencontrées par votre petit. Malheureusement, la dyslexie, le TDA/H, la dyspraxie (et j’en passe…) sont autant de troubles qui peuvent affecter le ressenti de votre enfant vis-à-vis de la lecture. En cas de troubles de l’attention, il ne sert à rien d’attendre de votre enfant qu’il puisse lire attentivement pendant une heure! Aménagez un cadre temporel clair et scindé. Des ouvrages spécialement adressé aux enfants dyslexiques sont maintenant disponibles sur le marché. Choisissez des livres à gros caractères, avec des interlignes plus importants. La liseuse a également révolutionné la lecture pour toutes ces personnes : vous avez la possibilité de choisir la police de caractère qui convient, la taille, les interlignes. Gardez à l’esprit les obstacles que vos enfants peuvent rencontrer afin d’adapter au mieux leur moment de lecture!

La lecture est un plaisir merveilleux qu’il est important de transmettre à nos chérubins : elle ouvre les portes d’un monde illimité, elle renforce l’imagination, apaise les peurs, apporte des réponses, permet l’évasion et la connaissance. Et même s’il me paraît utopique de faire aimer la lecture à TOUS, on peut au moins essayer 

 

Dans une coque de noix – Ian McEwan

couv14541943

Auteur : Ian McEwan

Edition : Gallimard

Genre : Contemporain

Langue originale : Anglais

Date de parution : 2016

Nombre de pages : 212

ISBN : 978-2-07-269680-0

Résumé

«À l’étroit dans le ventre de ma mère, alors qu’il ne reste plus que quelques semaines avant mon entrée dans le monde, je veille. J’entends tout. Un complot se trame contre mon père. Ma mère et son amant veulent se débarrasser de lui. La belle, si belle Trudy préfère à mon père, John, poète talentueux en mal de reconnaissance et qui pourtant l’aime à la folie, cet ignare de Claude. Et voilà que j’apprends que Claude n’est autre que mon oncle : le frère de mon père. Un crime passionnel doublé d’un fratricide qui me fera peut-être voir le jour en prison, orphelin pour toujours ! Je dois les en empêcher. » Il y a quelque chose de pourri au royaume d’Angleterre du XXIe siècle? Après L’intérêt de l’enfant, Ian McEwan n’en finit pas de surprendre et compose ici, dans un bref roman à l’intensité remarquable, une brillante réécriture d’Hamlet in utero.»

L’avis de la Papote

Lorsque François Busnel a présenté ce livre dans une émission « La grande librairie », j’ai tout de suite été séduite par l’intrigue hyper originale. Un foetus qui raconte ce qu’il entend autour de lui et qui veut empêcher le meurtre de son père? Avouez que c’est quand-même vachement accrocheur comme idée! Et puis François Busnel a l’art de me faire craquer pour beaucoup d’ouvrages. Sa manière de les présenter, de mener le débat avec les auteurs qui parlent de leur livre, ça le fait complètement pour moi. Je craque (beaucoup) trop souvent. Dans une coque de noix de Ian McEwan n’a d’ailleurs pas traîné trop longtemps dans ma PAL, à peine quelques semaines et je commençais ma lecture, impatiente de découvrir la plume de l’auteur.

Me voici donc, la tête en bas dans une femme. Les bras patiemment croisés, attendant, attendant et me demandant à l’intérieur de qui je suis, dans quoi je suis embarqué. (p.13)

Mon sentiment fut très partagé en refermant ce livre. L’ambiance était loin d’être celle que j’imaginais. Avec un meurtre en préparation, je m’attendais à un beau suspense, un page turner de malade, un rythme de lecture effréné. Eh ben non. Rien de tout ça finalement. Certaines scènes sont un peu malsaines et manquent de cohérence à mon goût. Exemple: Trudy, la jolie maman blonde, qui boit de l’alcool enceinte et qui vit dans une maison délabrée pleine de détritus, écoute des conférences podcastées sur l’état du monde et des livres audio d’accomplissement personnel. Mouais, ça me paraît un peu louche tout ça.

Ce foetus qui réfléchit, c’est plutôt perturbant au premier abord. Ma grossesse avait pris fin depuis quelques mois déjà, et j’avais beaucoup de peine à imaginer un petit être doté d’une raison incroyablement construite. On est d’accord, là n’est pas la question de démontrer qu’un foetus pense et peut avoir des réflexions poussées sur le monde qu’il perçoit au travers de la paroi utérine, mais tout de même, le côté cartésien de mon esprit avait du mal à lâcher prise.

Ce sont ces réflexions justement qui m’ont dérangée pendant la lecture. L’auteur n’hésite pas, à de très (trop) nombreuses reprises, à donner des points de vue personnels (ou pas d’ailleurs) à travers ce foetus qui cassent complètement le rythme de l’intrigue, selon moi. Petit à petit, on en apprend plus, et puis PAF une réflexion sur l’écologie par-ci, une réflexion sur le terrorisme par-là, et me voilà perdue dans les méandres d’une pensée qui ne m’intéresse pas plus que ça finalement. Je veux juste savoir si l’oncle va tuer le père, pas à quel rythme fondent les glaciers d’après le podcast qu’a écouté la mère la veille. Pigé?

Quant à l’espoir : j’ai entendu beaucoup de choses sur les récents massacres au nom d’une vie rêvée dans l’au-delà. Chaos dans ce monde, béatitude dans le suivant. Des jeunes gens avec une barbe toute neuve, une peau magnifique et des armes de guerre sur le boulevard Voltaire, qui regardaient droit dans les yeux magnifiques, incrédules, d’autres jeunes de la même génération. Ce n’est pas la haine qui a tué les innocents, mais la foi, ce fantôme insatiable encore vénéré, même dans les quartiers les plus paisibles. (p.174)

Je ne peux pas remettre en question la profondeur de ces réflexions, bien au contraire, mais je ne m’attendais pas à en trouver autant. La beauté de l’écriture, le choix des mots, les tournures de phrases sont évidemment à souligner. Le style de Ian McEwan est magnifique, j’en conviens. Je suis ravie d’avoir pu découvrir sa plume (traduite mais bon ça compte quand-même), même si ce livre est un peu l’ovni de ma bibliothèque.

Pour finir, je ne peux rien vous dire concernant l’aspect réécriture d’Hamlet de William Shakespeare, tout simplement parce que je n’ai jamais lu Hamlet. Je ne sais pas du tout à quel point l’histoire de Ian McEwan lui est fidèle, et je ne peux que vous encourager à commenter cet article si vous avez la possibilité d’en faire une comparaison, cela m’intéresse évidemment beaucoup!

Pour celles et ceux qui apprécient la plume d’Ian McEwan, vous serez ravis d’ajouter Dans une coque de noix à votre palmarès. Malgré l’intrigue originale laissant planer une atmosphère pleine de suspense et de rebondissement, il n’en est rien… Une belle lecture, mais j’en attendais probablement de trop.

Notation : ♥♥♥♥♥

Matilda – Roald Dahl

QUIZ_Matilda-de-Roald-Dahl-de-Thomas_1618

Auteur : Roald Dahl

Edition : Folio Junior

Genre : Jeunesse

Langue originale : Anglais

Date de parution : 1988

Nombre de pages : 257

ISBN : 978-2-07-057696-8

Résumé

«A l’âge de cinq ans, Matilda sait lire et a dévoré tous les classiques de la littérature. Pourtant, son existence est loin d’être facile, entre une mère indifférente, abrutie par la télévision et un père d’une franche malhonnêteté. Sans oublier Mlle Legourdin, la directrice de l’école, personnage redoutable qui voue à tous les enfants une haine implacable. Sous la plume acerbe et tendre de Roald Dahl, les événements se précipitent, étranges, terribles, hilarants. Une vision décapante du monde des adultes !»

L’avis de la Papote

Aaaaaah, Matilda, Matilda… C’était LE film de mon enfance. Aujourd’hui encore, je pourrais vous réciter les dialogues que je connais sur le bout des doigts, vous chantonner la bande originale et vous décrire le scénario comme si c’était moi qui l’avais écrit ! Matilda était l’un de ces films qui tournait en boucle pendant mes devoirs, mes sessions de jeux, de dessins, comme un bruit de fond rassurant. Je ne savais évidemment pas à l’époque que cette oeuvre génialissime du grand écran était en fait tirée d’un livre. C’est seulement lors de ma découverte de Roald Dahl, bien des années plus tard, que je l’ai appris.

J’avais très envie de revoir le film cette année, une façon indéniable de replonger l’histoire de quelques instants dans les tendres souvenirs de mon enfance. Mais, en bonne passionnée de lecture que je suis, j’ai plutôt pris le parti de suivre l’exemple de Matilda et de me réfugier dans le livre.

Matilda est une petit fille de 5 ans qui, avouons-le, n’a pas eu beaucoup de chance jusqu’à présent. Née dans une famille qui ne pense qu’à la réussite financière, peu importe le chemin (honnête ou pas) pour y arriver, elle passe son temps à fuir les émissions de télévision sans grand intérêt et se réfugie à la bibliothèque pour dévorer les livres. Parce que, oui, à 5 ans, Matilda lit du Charles Dickens. Si, Si.

– Papa, dit-elle, tu crois que tu pourrais m’acheter un livre?

– Un livre? dit-il. Qu’est-ce que tu veux faire d’un livre, pétard de sort !

– Le lire, papa.

– Et la télé, ça te suffit pas? Vingt dieux! on a une belle télé avec un écran de 56, et toi tu réclames des bouquins! Tu as tout de l’enfant gâtée, ma fille.  (p.11-p.12)

J’ai bien évidemment adoré cette lecture. J’étais rassurée de constater que le film est assez fidèle à l’oeuvre originale de Roald Dahl. Immersion totale et réussie donc dans cet univers que j’adorais tant! A l’exception de quelques ajouts de scènes et de quelques personnages secondaires, on s’y retrouve complètement. Notamment ce fameux Bruce, qui a eu le malheur de manger une part du gâteau au chocolat de Mlle Legourdin. Vous vous souvenez de cette scène? Eh bien dans le livre, en tout cas dans la traduction française, ce petit garçon s’appelle… Julien. Mouais.

Les personnages sont tels que je les percevais dans le film : une Matilda attachante et désireuse d’évoluer malgré le milieu familial très peu adapté à ses besoins, des Verdebois complètement à côté de la plaque, en bons spécimens de la société de consommation, une Mlle Candy adorable, douce, empathique et dévouée à son métier et, ne l’oublions pas celle-là, une Mlle Legourdin ignoble, sans vergogne, directrice impitoyable qui n’hésite pas à user de sa position de supérieure pour faire régner la terreur dans son établissement.

J’ai encore une fois été séduite par l’écriture de Roald Dahl. Un véritable conteur d’histoires, avec des phrases simples mais vraies, des dialogues finement construits, une construction rythmée. J’ai retrouvé les thèmes si chers à son coeur : un enfant incompris, à qui il arrive des aventures extraordinaires, une remise en question de la société avec une emphase sur les déboires de la télévision, peut-être aussi une remise en question du système scolaire et, bien sûr, une belle HAPPY END comme on les aime.

Bref, malgré la date de parution de ce roman (1988, cette histoire est plus âgée que moi!), je l’ai trouvé d’une actualité cinglante. Ce n’est pas ça, la définition d’un classique de la littérature? Un livre qui traverse le temps sans prendre une ride?

Amateur d’excellente littérature jeunesse, régalez-vous avec Matilda de Roald Dahl. Encore un conte merveilleux, des thèmes on ne peut plus actuels, une histoire qui ravira petits et grands et qui continuera de persister. Belle lecture!

Notation : ♥♥♥♥

La voyageuse: tome 1 – Iman Eyitayo

couv51618112

Auteur : Iman Eyitayo

Edition : CreateSpace

Genre : Romance – Fantastique

Langue originale : Français

Date de parution : 2017

Nombre de pages : 248

ISBN : 978-1548588687

Résumé

«À 18 ans, Kanyin vient de terminer son lycée avec brio et ne tient plus en place à l’idée d’entrer enfin à l’université. Toutefois, lorsque sa mère lui annonce qu’elle doit passer ses vacances au Bénin, auprès de son père, sa bonne humeur s’évapore. Ce dernier étant constamment accaparé par son métier de chirurgien, la jeune fille s’attend à deux mois d’ennui et de solitude. Elle ne prévoyait certainement pas retrouver un vieil ami d’enfance dans une situation plus qu’inattendue : dans le coma. Et elle s’attendait encore moins à ce qu’en le touchant, elle se retrouve projetée dans un endroit des plus étranges…»

L’avis de la Papote

Cette fois-ci, c’est l’autrice qui m’a directement proposé de découvrir le premier tome de « Voyageuse », une romance fantastique young adult. Avouez-le, vous aussi vous auriez accepté sans hésitation à la lecture de ce résumé. Parce que même si la romance et moi on n’est pas très copains, il faut bien dire ce qui est : se retrouver dans un autre monde simplement en touchant un jeune homme dans le coma, c’est assez intriguant… C’est donc plutôt le côté fantastique de l’intrigue qui m’a happée.

Nous suivons donc Kanyin, la narratrice, une jeune fille de 18 ans qui se voit forcée de passer l’été avec son-père-le-chirurgien-qui-ne-fait-que-bosser. En arrivant au Bénin, elle découvre que l’un de ses meilleurs amis d’enfance, Jun (pour qui elle avait le béguin OF COURSE), est dans le coma depuis deux semaines. Rusant pour lui rendre visite, elle se retrouve bien malgré elle emportée dans un monde parallèle après avoir touché le bracelet qu’il portait au poignet. Evidemment, les aventures qui vont suivre seront loin d’être de tout repos…

Je clignai des yeux sans comprendre pendant un long moment. Puis, je m’extirpai de la voiture et rejoignis mon père, qui ouvrait les portes du garage :

– Comment ça, dans le coma?

La nouvelle n’avait aucun sens. Jun n’avait que dix-neuf ans, pourquoi serait-il dans un tel état? (p.22)

J’ai passé un très bon moment de lecture avec cet ouvrage. La construction du récit m’a, je dois l’avouer, complètement surprise. J’ai dévoré les pages les unes après les autres, avide de savoir ce qui allait se dérouler sous mes yeux. Un petit page turner qui fait du bien au moral pendant l’été!

L’univers construit est très intéressant bien que difficilement visualisable, si vous voyez ce que je veux dire par là. Selon moi, il manquait quelques descriptions supplémentaires pour rendre le tableau plus clair et moins confus. J’ai parfois ressenti quelques difficultés à imaginer l’endroit… Si vous aimez la culture asiatique, je pense que vous pourriez être séduit par ce monde parallèle. Il y a notamment de nombreuses allusions aux caractères chinois et aux signes astrologiques qui constituent des éléments primordiaux de l’intrigue. Encore une fois, ne vous attendez pas à un univers extrêmement fouillé, mais c’est plaisant à lire malgré tout.

Pour ce qui est de l‘écriture, rien de transcendant au niveau du style employé. Simple mais efficace, suffisant pour un livre Young Adult. Si vous recherchez une écriture marquée, incisive ou au contraire douce et poétique, passez votre chemin! Ce n’est pas pour ça qu’il faut lire « La voyageuse », mais bien pour la construction du récit et l’intrigue qui valent le coup d’être découverts.

Un petit point concernant les personnages. Les deux protagonistes principaux, Kanyin et Jun, m’ont bien souvent agacée de par leur comportement que j’ai rarement compris. Les jet’aime-moi-non-plus, ça m’a un peu gavé… Je pense sincèrement que les adolescents et très jeunes adultes peuvent s’y retrouver, mais à mon âge (ça va hein, j’ai pas encore 30 ans ^^) ça ne l’a pas fait du tout. Certains personnages secondaires m’ont parus mieux construits, plus réalistes et moins clichés. Après, c’est une question de feeling !

Malgré les quelques petits bémols cités dans cette chronique, je vous invite évidemment à découvrir le travail de l’autrice (sur son site ici) et à vous lancer dans ce premier tome de saga afin de vous en faire votre propre avis! L’important, c’est que j’ai passé un très bon moment en compagnie de Kanyin, Jun et les autres et que, malgré tout, j’ai quand-même envie de connaître la suite de l’histoire …

La voyageuse, premier tome d’une saga fantastique Young Adult, vous transportera dans un univers original bien que trop peu exploité à mon goût. Un très bon page turner qui vous fera passer un agréable moment !

Notation : ♥♥♥♥♥

Les forêts d’Acora – Thomas Clearlake

couv20324855

Auteur : Thomas Clearlake

Edition : Moonlight

Genre : Science-fiction – Fantasy

Langue originale : Français

Date de parution : 2017

Nombre de pages : 362

ISBN : 978-2-9561316-0-1

Tome 2 Sur le seuil des mondes

Résumé

«Dans un futur très lointain, aux confins de l’univers, à des milliers de cycles-lumière de notre galaxie… De mystérieux objets célestes viennent de s’écraser sur une planète du nom d’Acora. Sous le sceau de l’Alliance universelle secrète, trois agents y sont envoyés en mission. Leur objectif : entrer en contact avec un ordre siégeant au sein d’une cité-monastère perdue dans les montagnes. Les rudes conditions du protocole autarcique en vigueur sur cette planète vont rendre le voyage des plus périlleux. Des profondes forêts jusqu’aux vallées de glace, en passant par les déserts, les trois émissaires vont être mis à l’épreuve malgré eux. Mais ils ne sont pas les seuls à chercher à rejoindre la cité-monastère. La plus terrible des menaces qu’ait connu l’Univers les poursuit dans l’ombre…»

L’avis de la Papote

La science-fiction et moi, on n’a jamais fait bon ménage. C’est comme la fantasy un peu trop riche, je trouve ça toujours beaucoup trop complexe, trop long pour comprendre l’univers, pour retenir les termes spécifiques qui définissent des peuples ou des royaumes. Et c’est bien dommage pour une lectrice telle que moi qui SURKIFFE la littérature de l’imaginaire. Dès que cela devient trop poussé, très peu pour moi.

Quand la toute jeune maison d’édition Moonlight m’a proposé de recevoir et de lire « Les forêts d’Acora » écrit par Thomas Clearlake, j’ai tout de suite été … sceptique. Je comptais gentiment décliner leur offre, mais ils ont eu  l’excellente idée d’inclure dans leur mail le premier chapitre de l’ouvrage. Et, contre toute attente, je me suis laissée emporter par ce début de récit!

« Les forêts d’Acora » est le premier tome de la saga « Au-delà des étoiles ». Dans ce Space Opera, on suit les aventures de Jaadhur, Esval et Hoggar qui ont pour mission de se rendre sur la planète Acora afin de récupérer un objet mystérieux dans un monastère. Evidemment, l’objet en question est convoité par d’autres personnes aux intentions plutôt… mauvaises. De la réussite de ces trois émissaires dépend l’avenir de l’Univers tout entier. Sympa, hein?

Les faits qui vont être évoqués à travers les lignes de ce manuscrit prennent place dans les galaxies de notre nouveau cosmos, situé à des milliards de cycles-lumière de la Voie lactée… et de la Terre, qui vit l’Homme naître, grandir, et partir coloniser les confins… (p.9)

De prime abord, je dirais que c’est une lecture TRÈS complexe. En tout cas, c’est le sentiment que j’ai éprouvé pendant toute ma lecture. N’y voyez là aucune critique négative, mais simplement un sentiment tout à fait personnel et subjectif. Je pense que je me suis enfin sentie à l’aise avec l’univers à la fin du récit. Vous êtes prévenus, ce n’est probablement pas un livre fait pour vous si vous êtes comme moi des novices en science-fiction. L’univers est tellement riche, tellement complexe, tellement difficile à imaginer (en tout cas ça l’a été pour moi) que je m’y suis souvent perdue. D’ailleurs, à la fin du livre, vous pourrez trouver un lexique reprenant tous les termes inventés par l’auteur pour caractériser les lieux, les peuples, les planètes, les systèmes métriques et autres. Et les nombreux allers et retours vers cette annexe ont cassé mon rythme de lecture… J’ai également eu beaucoup de peine à m’attacher aux personnages. Je n’avais pas forcément envie de savoir ce qui allait leur arriver. Bref, vous l’aurez compris, j’ai pris le risque de sortir de ma zone de confort et ça ne l’a pas trop fait avec moi.

Cela étant dit, il me paraît très important de souligner l’important travail de création fourni par Thomas Clearlake. L’univers est extrêmement fouillé et je pense que les amateurs de science-fiction y trouveront leur bonheur. L’objet livre est absolument irréprochable, vous trouverez même une double page en couleur dans l’annexe décrivant la carte du nouveau cosmos. Ne vous contentez donc pas de mon avis en demi-teinte, tentez l’expérience si le coeur vous en dit!

Les forêts d’Acora n’a pas réussi à me convertir définitivement en amatrice de Space Opera. L’univers trop complexe a eu raison de moi. Perdue, je n’ai pas pu m’attacher aux personnages et à l’intrigue. Je ne le conseille pas aux novices en science-fiction, mais si ce genre littéraire n’a plus de secrets pour vous, alors foncez, vous y trouverez probablement tous les éléments de la bonne pure SF !

Notation : ♥♥♥♥♥

Sonderkommando – Shlomo Venezia

Sonderkommando-dans-l-enfer-des-chambres-a-gazAuteur : Shlomo Venezia

Edition : Le livre de poche

Genre : Témoignage

Langue originale : Italien

Date de parution : 2009

Nombre de pages : 250

ISBN : 978-2-253-12891-5

Résumé

«Issu de la communauté juive italienne de Salonique, Shlomo Venezia fut déporté à l’âge de vingt et un ans à Auschwitz-Birkenau, et incorporé dans les Sonderkommandos, ces « équipes spéciales » chargées par les SS de vider les chambres à gaz et de brûler les corps des victimes, avant d’être éliminées à leur tour au bout de quelques mois. Plus d’un demi-siècle après, le témoignage d’un des rares rescapés.»

L’avis de la Papote

Premier tirage de la Bookjar des booktubeurs… Et quel tirage, je ne vous le fais pas dire. Pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas encore le principe de la Bookjar des booktubeurs (la vidéo ici), il s’agit en fait d’un ensemble de livres conseillés par les booktubeurs lorsque je leur ai posé la question suivante : quel est LE livre qui doit être lu au moins une fois dans sa vie?

J’ai donc pioché le titre conseillé par Eric things, « Sonderkommando ». Un témoignage bouleversant sur la vie dans les camps de concentration, et sur le travail immonde de ces juifs faisant partie de la brigade des Sonderkommandos. Il y a plus léger comme lecture d’été me direz-vous, et je suis bien d’accord avec vous. Mais ce livre est vraiment un indispensable. Vraiment.

La préface a été écrite par Simone Veil, notre chère et tendre disparue il y a maintenant quelques semaines. Rien qu’en lisant cette introduction, je vous mets au défi de ne pas verser une larme. Vient ensuite le témoignage à proprement parler, sous forme d’une interview. Le livre est également doté de documents inédits : dessins, plans, photos.

Ce témoignage a été rédigé à partir d’une série d’entretiens que j’ai eus avec Shlomo Venezia à Rome, aidée par l’historien Marcello Pezzetti, entre le 13 avril et le 21 mai 2006. Les entretiens, menés en italien, ont été traduits et  transcrits au plus près de la version originale et revus par Shlomo Venezia lui-même afin de ne pas altérer l’authenticité de son récit. Pour avoir été au coeur de cette machine à broyer les vies humaines, Shlomo Venezia fait partie des rares survivants à pouvoir porter le témoignage des victimes « absolues », celles noyées dans la multitudes des visages oubliés qui n’ont pas été sauvés par le hasard et l’exception. Son témoignage va au-delà de l’acte de mémoire : c’est un document historique qui apporte la lumière sur le point le plus sombre de notre histoire. (p.17)

Cette chronique est de loin la plus difficile que j’ai eu à écrire depuis le commencement du blog. Tout simplement parce que les mots ne semblent pas assez forts pour rendre hommage à ce témoignage. Rien de ce que je pourrais écrire ici ne reflétera avec exactitude ce que j’ai ressenti tout au long de cette lecture. Poignant, bouleversant, fracassant, insupportable par moments. Vous voyez, je ne parviens même pas à sélectionner les mots justes.

Il m’était impossible de lire ce livre le soir, avant de m’endormir, raison pour laquelle j’ai mis pas mal de temps à le terminer. Moi qui suis dotée d’une empathie immense et d’une grande hypersensibilité, chaque phrase, chaque mot, chaque idée évoquée me donnait la nausée. Comment diable l’être humain peut-il être à ce point violent, détestable, méprisant? Comment est-ce possible de considérer l’autre avec tant de dégoût, tant de haine? Comment le meurtre d’enfants, de mères, de pères a pu être possible à cette échelle? J’ai refermé le bouquin avec un seul mot à la bouche : INCOMPRÉHENSION.

Shlomo Venezia insiste beaucoup dans ses réponses sur le fait qu’il tente au maximum de décrire ce qu’il a vécu, ce qu’il a vu, et rien de plus. Il dément parfois certaines anecdotes ou certaines suppositions qui ont été véhiculées. Il donne des détails affolants sur le système mis en place, sur la sensation de froid et de faim extrême qui ne les quittait jamais, sur les actes méprisables des SS. J’ai été profondément marquée par un épisode en particulier. Si vous comptez lire le livre, vous penserez à moi quand vous arriverez au passage du SEUL survivant des chambres à gaz…

Naïvement, j’ai toujours pensé qu’à l’intérieur des camps, les prisonniers ne pouvaient que s’entraider, se soutenir, faire en sorte d’alléger leurs souffrances mutuelles. Après avoir lu Sonderkommando, il me paraît maintenant évident que, dans de telles conditions, la survie primait avant tout. Chacun pour soi et ses proches, pour tenter de vivre même si la mort paraissait alors plus belle.

Shlomo Venezia est décédé en septembre 2012, à Rome, à l’âge de 89 ans. Encore une des trop nombreuses voix juives éteintes.

Je remercie encore vivement Eric pour son excellent conseil de lecture.

Sonderkommando est un témoignage unique sur la période la plus tristement célèbre de l’histoire de l’humanité. A l’heure où tous ces miraculés, survivants des camps de l’enfer, disparaissent les uns après les autres, à l’heure où la tolérance et l’amour de l’autre sont bien trop souvent oubliés au profit de la haine et de la violence, Sonderkommando est et restera une lecture indispensable.

Notation : ♥♥♥♥